ANIS — ANNALISTE
ibid., p. 258. Comme ce n'était pas seulement la graine, mais aussi la tige et les feuilles qui servaient à l'alimentation, Räbbi Éliézer décide qu'il faut payer la dîme pour le tout, et les pharisiens zélés se conformaient rigoureusement à cet usage, justifiant ainsi le reproche que leur fait Notre-Seigneur d’attacher beaucoup d'importance aux petites choses et de négliger les grandes. Ce n'était, en effet, que par un zèle affecté pour l'observation de la loi
150, — Anelhum graveolens.
que l’on s'astreignait à donner la dime d'une récolte aussi insignifiante que celle de l'anis. La Mischna ellemême semble reconnaitre l'exagération de Rabbi Éliézer en ajoutant immédiatement, après avoir rapporté sa décision : « Les sages disent : La semence et la plante ne sont pas assujetties à la dime. » Jbid. Cf. Le Talmud de Jérusalem, taduct. M. Schwab, t. 111, in-80, Paris, 1879, p. 182. A. ORBAN.
ANIWA (VERSION) DE LA BIBLE. Les Évangiles de saint Matthieu et de saint Luc ont été traduits en ce dialecte, parlé dans l'ile d'Aniwa, en Australie, par un ministre protestant, J. G. Paton. Ils ont été imprimés à Melbourne, en 1877.
ANNA. Voir ANNE.
ANNALISTE, historiographe officiel chargé. d'écrire les annales des rois et de les conserver, Il s'appelait en hébreu mazhir. 11 Sam. (IT Reg.), xx, 24; 1 (IV) Reg., ΧΥΠΙ, 18 (Septante : ἀναμιμνήσχων ; Vulgate: a commentariis). La coutume de faire écrire l'histoire des rois, soit dans des inscriptions gravées, soit dans des livres, existait chez les Égyptiens, les Chaldéens, les Assyriens, les Perses, etc. Cf. Esther, νι, 1. Nous voyons apparaître un annaliste, en Israël, dès le règne de David, qui se créa une cour complète à la manière orientale. 11 Reg., xx, 2%, Diverses allusions contenues dans le récit de l'histoire de ses successeurs nous montrent que ses descendants, ainsi
que les rois d'Israël, suivirent son exemple et firent écrire régulièrement l'histoire de leur règne. II Reg., xr, 41; χιν, 19; xv, 7, etc.
ANNE, nom d'homme et de femme. Hébreu : Hannäh, « grâce ; » Septante : Αννα.
4. ANNE, épouse d'Elcana, I Reg.,1, 1, mère de Samuel, après l'épreuve d’une longue stérilité, 1 Reg., 1,5, honorée cependant de l'affection constante de son mari, qui lui donnait comme à Phénenna, sa seconde femme, mère de plusieurs enfants, une part (d’après le syriaque : une double part) des sacrifices d'actions de grâces qu'il offrait à Silo, aux jours marqués, sur l'autel du Seigneur. 1 Reg., 1, 3-7. Cette attention avait excité la jalousie de Phénenna à ce point, qu'elle se répandait en invectives contre Anne, lui reprochant sa stérilité. La vertueuse Anne supportait en silence cet affront; mais elle le sentait si vivement, qu'elle ne pouvait manger la part du sacrifice qui lui était offerte, et elle pleurait amèrement. Un jour, après le sacrifice, Elcana, la trouvant à l'écart et baignée de larmes, chercha à la consoler, et la détermina à prendre un peu de nourriture. 1 Reg., 1, 8-9. Puis par une inspiration d’en haut, Anne, s'étant approchée du tabernacle, y répandit longtemps sa prière, et fit le double vœu (nédér, vœu positif de faire quelque chose, par opposition à ’issär, Num., xxx, 3, vœu par lequel on s’engageait à s'abstenir), si Jéhovah mettait un terme à sa stérilité et lui donnait un fils, de le lui consacrer, non seulement comme les lévites qui n'étaient obligés au service du temple que depuis vingtcinq, Num., vin, 24, ou trente ans, Num., IV, 2, jusqu'à cinquante, et à des temps déterminés, mais durant tout le cours de sa vie; puis de l’élever selon les règles du nazaréat, Num., vi, 1-21, dont les prescriptions principales étaient de ne jamais couper sa chevelure, et de ne point user de liqueurs enivrantes. Voir NAZARÉAT. Les Septante expriment ces deux conditions du vœu de la mère de Samuel : οἶνον καὶ μέθυσμα οὐ πίεται χαὶ σίδηρος οὖν ἀναθήσεται ἐπὶ τὴν χεφαλὴν ἀυτοῦ, 1 Reg., 1, 11, tandis que la Vulgate n’exprime que la seconde. Anne, en faisant ce vœu, ne prétendait point et ne pouvait d’ailleurs engager la liberté de son enfant; elle promettait seulement à Dieu de faire son possible pour le déterminer à observer ce qu’elle avait promis à son sujet.
Dans cet acte de religion elle eut à subir un nouvel affront, là d'où elle devait le moins l’attendre; car, comme elle priait tout bas, « parlant à son cœur » selon l'hébreu, cf. Gen., xxxIV, 3, et remuant seulement les lèvres, contrairement à la pratique ordinaire chez les Juifs de prier à haute voix, Héli, le grand prêtre, par une légéreté de jugement difficile à excuser, la prit pour une femme de mauvaise vie, € une fille de Bélial, » 1 Reg., 1, 16, et l'invectiva rudement. Les Septante, à cause sans doute de la dureté de ces paroles, ont attribué ce reproche au serviteur du grand prêtre : Kat εἴπεν αὐτῇ τὸ παιδάριον "Ha. ÿ. 1%, ce qui est invraisemblable puisque Anne répondit directement au grand prêtre, ÿ. 15. Elle se justifia avec force et modération, sans toutefois manifester l’objet de sa prière, qui demeura son secret, et sans doute aussi celui d'Elcana, qui parait avoir fait le même vœu que son épouse. 1 Reg., 1, 21. L'accent de sincérité d'Anne, sa modestie et sa douceur, firent reconnaitre au grand prétre son erreur, si bien qu'à son départ il la salua par des paroles de bénédiction, que le Seigneur exauça; car Anne rentra à Ramathaïim-Sophim, le cœur consolé et si plein d'espoir, que, selon l'hébreu, € son visage ne fut plus (le même). » 1 Reg., 1, 18. Quelques mois après naissuit Samuel, « exaucé de Dieu, » qui était ainsi non seulement Je fruit de son sein, mais encore et surtout le fruit de sa foi, de ses prières et de ses larmes. 1 Reg., 1, 20, Quand l'enfant fut sevré, ce qui avait lieu vers l'âge de trois ans, I Mach., vi, 27 (ou peut-être : fut élevé, 22 et 2%, s'entend aussi dans ce
cur le mot gümäl, ὃ.