ANTIOCHUS IV ÉPIPHANE
au roi de Syrie, qui assistait à Tyr aux jeux quinquennaux, trois cents drachmes d’argent destinées à célébrer un sacrifice en l'honneur d'Hercule. II Mach., 1v, 18-19. Voir JAsoN. Il reçut aussi Antiochus avec les plus grands honneurs à Jérusalem. II Mach., 1v, 22. Cependant tant de servilité et de bassesse furent impuissants à le maintenir dans sa charge. Un compétiteur non moins ambitieux que lui, appelé Ménélas , employa pour le supplanter le moyen dont il s'était servi lui-même pour usurper les fonctions d'Onias IT; il offrit à Antiochus IV trois cents talents d’argent de plus; ses propositions furent acceptées, et Jason obligé de chercher un refuge chez les Ammonites (Josèphe commet τς erreur, Ant. jud., XII, v, 1;
cf. XV, 111, 1; XIX, vi, 2, quand il dit que Ménélas était frère de Jason). Le grand prêtre évincé ne put se consoler de sa disgràce, et il guetta une occasion favorable pour se venger. Il crut l'avoir trouvée, pendant qu'Épiphane était occupé en Égypte par sa seconde campagne contre Ptolémée Philométor (170). Une fausse rumeur s'étant répandue que le roi de Syrie était mort, Jason, à la tête de mille hommes, s'empara par un coup de main de Jérusalem, et son rival Ménélas fut contraint de se réfugier dans la citadelle.
Malheureusement pour Jason, Antiochus IV était toujours vivant, et de plus vainqueur. Il avait remporté les plus grands succès; à la tête d’une armée formidable, I Mach., 1, 18, il était entré « dans des villes riches et opulentes », et fait («ce que n'avaient pas fait ses pères et les pères de ses pères », Dan., ΧΙ, 24, il s'était emparé d’une grande partie de l'Égypte, et Ptolémée Philométor luiméme était tombé entre ses mains. I Mach., 1, 20 (170 avant J.-C.). La nouvelle de ce qui s'était passé à Jérusalem irrita profondément Épiphane. Au retour de son expédition, il marcha contre la cité sainte à la tête de son armée victorieuse , y fit un grand massacre, pilla la ville et le temple, et en emporta les vases sacrés et tout ce qu'il renfermait de précieux, [ Mach., 1, 20-29; IT Mach., v, 11-21; Josèphe, Ant. jud., XIE, v, 3; Cont. Apion., 11, 7. Ménélas lui-même, altéré de vengeance, dirigea le roi dans le pillage de la maison de Dieu. IT Mach., v, 15. Les profanations sacrilèges d'Antiochus furent plus douloureuses au cœur des Juifs fidèles que ses rapines. Il Mach., v, 15-17. Ce n'étaient là cependant que les premiers présages de la persécution qui devait éclater plus tard avec tant de violence, mais l'horreur qu'inspira la conduite du roi souillant la demeure de Dieu fut le germe de la réaction qui devait amener la glorieuse révolte des Machabées contre le joug impie des étrangers.
La troisième expédition du roi de Syrie contre l'Égypte n'eut aucune conséquence particulière pour la Judée, mais la quatrième devait lui être fatale. L'orgueil d’° Épiphane fut cruellement humilié dans cette dernière campagne. Cette τας ὦ ne fut pas « semblable à la preimière ». Dan., 29; L'Égypte fut d’abord réduite aux abois. Le Sin se voyait à la veille de réaliser ses rêves les plus ambitieux, lorsque les Romains intervinrent. Le général Popilius Læœna lui signifia un ordre du sénat lui enjoignant de renoncer à ses projets sur le royaume des Ptolémées, s’il ne voulait pas être l'ennemi des Romains. Antiochus voulut gagner du temps et lui demanda à réfléchir. Popilius traçca un cercle avec un bäton autour du roi et le somma de se prononcer avant d'en sortir. ᾿Ενταῦθα βουλεύον, « Délibére là, » lui dit le fier général. Le vainqueur des Ptolëmées, qui avait vécu plusieurs années à Rome, en connaissait la puissance ; il savait qu'il ne pouvait y résister; il se soumit (168 avant J.-C.). Dan., x1, 29-30; Polybe, χχιχ, 11: Diodore de Sicile, xxx1, 2; Tite Live, xLv, 12; Appien, Syr., 66; Justin, XXXIV, 3. Mais son amour-propre avait été cruellement blessé. Il s’en vengea sur les Juifs. « Les vaisseaux de Kittim [les xomains | viendront contre lui, avait prédit Daniel, et il sera frappé, et il s’en retournera, et il s'irritera contre l'alliance sainte, et il fera [du mal]. » Dan., x1, 90,
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Comme nous l’avons vu, Antiochus IV était très dévoué au culte de ses dieux ; il poussait pour eux le zèle jusqu’au fanatisme ; il se croyait même personnellement un dieu, et il s'en attribuait le titre sur ses monnaies (fig. 174). Obligé de renoncer à tous ses projets de conquête en Égypte, il voulut du moins rendre païenne cette petite terre de Judée qu'il croyait incapable de lui résister, et d'où il résolut d'extirper la religion véritable. En l'an 168 ou 167 avant J.-C., il y envoya à la tête d'une armée un collecteur des impôts, I Mach., τ, 30 (grec, 29), nommé Apollonius, Il Mach., v, 14, avec la mission d’Chelléniser » complètement Jérusalem. Afin d'y réussir, l'officier syrien devait anéantir une grande partie de la population juive, et la remplacer par des Hellènes ou des Hellénisants. ΟΕ I Mach., 1, 38-40 ; IT Mach., v, 24. ΠΠ arriva à Jérusalem en affectant des intentions pacifiques; mais au jour du sabbat, lorsque les Juifs ne se croyaient même pas le droit de se défendre, de peur de violer le repos du jour du Seigneur, les soldats syriens se précipitèrent sur eux, massacrérent tous les hommes qu'ils rencontrèrent, s’'emparérent des femmes ἢ des enfants et les vendirent comme esclaves. I Mach., 1, 30-34; IT Mach., v, 24-96. Aucune précaution ne fut néglirée pour assurer au roi de Syrie la tranquille possession de la capitale de la Judée, et rendre ainsi facile la perversion de ses habitants et le triomphe de l'hellénisme : les murs de la ville furent renversés, afin que le peuple füt sans défense; mais la cité de David, où s'établirent les soldats G'Apollonius, fut fortifiée avec le plus grand soin, entourée d’une muraille solide, flanquée de fortes tours, et transformée en une citadelle inexpugnable, 1 Mach., 1, 35, où la garnison syrienne vécut en sécurité. Sa position était si forte, qu'elle ÿ main-
tint la domination des Séleucides même pendant les succès ᾿
des Machabées, et ce ne fut que vingt-six ans plus tard (142-141 avant J.-C.) que Simon réussit à s'emparer de cette acropole et à briser ainsi complètement le joug des oppresseurs de son peuple.
Une fois que le lieutenant d'Antiochus Épiphane eut ainsi assuré sa position à Jérusalem, la persécution ouverte contre la religion judaique commença. Le roi ordonna par écrit de pratiquer sa propre religion, 1 Mach., 1, 45, 46, 53. L'observation de la loi mosaique fut interdite, le culte légal aboli, la sanctification du sabbat et la circoncision défendues sous peine de mort. 1 Mach., 1, 46-53. Dans toutes les villes de Juda, on dut offrir des sacrifices aux dieux paiens. I Mach., 1, 54. Le 15 casleu de l'an 145 de l'ère des Séleucides, c’est-à-dire en décembre 168, un autel paien fut construit sur l'autel juif des holocaustes, dans le temple même de Jérusalem, et dix jours après, le 25 casleu, on y immola pour la première fois des victimes. 1 Mach., 1, 54 (texte grec). Antiochus IV Epiphane avait voué un culte particulier à Jupiter Olympien; il prenait ses titres sur ses monnaies (voir plus haut, col. 693), et se faisait représenter avec ses attributs : c'est à cette divinité qu'il consacra le temple du vrai Dieu. I Mach., vi, 2. Il ordonna aussi qu'on célébrät tous les mois le jour où il était né selon les rites paiens, avec des couronnes de lierre en l'honneur de Bacchus. II Mach., vi, 7. Voir ANNIVERSAIRE, col. 648-649
Pour assurer l'exécution de ces édits, des émissaires, envoyés par le roi, les publiérent dans toutes les villes de Judée. I Mach., 1, 46. Des inspecteurs eurent la charge de les faire observer. [ Mach., 1, 53. Tous les mois, on faisait des perquisitions régulières. I Mach., 1,61. Quiconque était trouvé possesseur des Écritures Saintes, ou avait gardé les observances de la loi, était impitoyablement mis à mort, 1 Mach., 1, 60. Les femmes mêmes qui avaient fait circoncire leurs enfants étaient massacrées avec le fruit de leurs entrailles et avec ceux qui les avaient circoncis, a. les ordres exprès du roi Antiochus. 1 Mach., 1,
3-64; IT Mach... vr, 10. Partout la Terre Sainte était souillée τῷ des sacrifices idolâtriques. 1 Mach., 1, 49-50, 57-58. Un certain nombre de Juifs courbérent la tête sous la