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de taille, soit qu'il fût plus Jeune que Jacques, frère de Jean. Il est à la tête d'hommes moins connus : Jude, son frère; Simon Qananit, ou «le Zélé », selon le sens que le Talmud donne à ce mot, dérivé de Qanna, et enfin Judas, l'homme de Kérioth, ou l'homme à la ceinture de cuir.
Ce n'est pas ici le lieu d'apprécier chacun des Douze d'après ce que nous savons de lui, puisqu'ils doivent avoir tous, dans ce Dictionnaire, leur biographie individuelle. Notons cependant la place d'honneur et de réelle primauté que Pierre occupe dans ces listes, place qui répond exactement à la mission spéciale que Jésus devait lui donner, et au rôle que, sans conteste, il s’est toujours attribué, surtout après la Pentecôte. L’exégèse moderne, même la plus hostile à la doctrine catholique, ne nie guère plus aujourd'hui cette prééminence de Pierre. Seulement elle déclare que ce fut là une prérogative résultant de ses qua-
S. Matthieu S. Marc S. Luc Les Actes x, 2-4 | 111, 16-19 vi, 44-16 1, 19 1 SIMON-PIERRE ! 2 André Jacques André Jacques 3 Jacques Jean Jacques Jean 4 Jean André Jean André Ὁ PHILIPPE | | 6 Barthélemy Barthélemy Barthélemy Thomas ἢ Thomas Matthieu Matthieu Barthélemy | ὃ Matthieu le péager Thomas Thomas Matthieu 9 JACQUES, FILS D'ALPHÉE 10 Lebbée Thaddée Simon le Zélote Simon le Zélote 11 Simon le Cananite Simon le Cananite Jude de Jacques Jude de Jacques 12 Judas [scariote Judas Iscariote Judis Iscariote OT
Pierre est invariablement le premier dans la liste, πρῶτος Σίμων, et plus immédiatement le chef du premier groupe, que constituent avec lui trois autres disciples privilégiés, André, Jacques et Jean. Nous retrouvons là les deux couples de frères que Jésus avait d'abord appelés à être pêcheurs d'hommes. Philippe, qui, lui aussi, s'était de très bonne heure, Joa., 1, 43, mis à la suite du Seigneur, est le chet du second groupe, constitué par Barthélemy, le mème probablement que Nathanaël, cet ami conduit à Jésus par Philippe et qui, dès ce moment, devint son compagnon ordinaire, soit sous son nom propre de Nathanaël, que saint Jean emploie toujours, soit sous son nom patronymique de Barthélemy ou fils de Tolmai, que les synoptiques préfèrent, pour éviter peut-être le rapprochement de Nathanaël et Matthieu, deux noms signifiant l’un et l’autre : Théodore ou don de Dieu; Thomas ou le Jumeau, «le Besson, » comme on disait dans notre vieille langue française, et Matthieu qui, dans sa propre liste, se qualifie de péager, et se place modestement après Thomas, tandis que saint Marc et saint Luc le mettent en avant. Matthieu, si l'on compare Luc., v, 27-32, et Marc., 11, 13-17, avec Matth., 1x, 9-13, est évidemment le même personnage que Lévi, le nom de Matthieu, don de Dieu, élant le nom du nouvel homme, et Lévi celui de l'ancien péager, Le chef du troisième groupe est un cousin de Jésus, Jacques, surnommé le Mineur, soit qu'il fut petit
lités personnelles, de sa nature ardente, expansive et toute d'intuition première; or ce qui est personnel ne se transmet pas. Il est facile de prouver que, tout en concordant avec ses qualités morales, dont elle fut en partie la récompense, sa suprématie reposa sur un droit authentiquement conféré par Jésus-Christ, droit qui dut passer à ses successeurs.
Quant à l'histoire générale des Apôtres, elle a consisté à réaliser le but pour lequel ils avaient été institués. Du vivant du Muitre, ils sont autour de lui, forment sa société ordinaire, et s'occupent de lui rendre tous les services matériels qu'il peut attendre d'eux. Matth., xx, 17-99; xxvi, 17-920 Luc., 1x, 52; Joa., ἵν, 8: Is écoutent ses enseignements, désireux qu'ils sont d'être des docteurs instruits pour le royaume des cieux, Matth., XII, 92; mais leur intelligence est souvent bien courte, et le Maitre doit plus d'une fois reprendre en particulier, avec de nouvelles explications, ce qu'ils n'avaient pas saisi quand il parlait en public. Matth., Χαμ, 18, 36, etc. Il les forme à la vertu par son exemple et aussi par ses amicales réprimandes. Matth., vin, 20; xvi, 23; xvIn, 1, 21; Luce. IX, 00, 55; Joa., ΧΠΙ, 12, etc. Ils reçoivent de lui le pouvoir de faire des miracles, Marc., 111, 14, et ses solennels avis pour prêcher le royaume de Dieu. Matth., Χ - ΧΙ et parall. Ils sont institués les porte-clefs du royaume de Dieu, Matth., xvur, 18; ΧΙχ, 28; Luc., xx11, 30, avec l’as-
surance de recevoir le Saint-Esprit, sous l'inspiration duquel 115 fonderont l'Église. Joa., χιν, 16, 17, 26; xv, 26, 27; xvI, 7-15. Ils prennent part aux luttes et aux triomphes du Seigneur en Galilée, en Pérée et à Jérusalem, jusqu'à l’inoubliable banquet final où ils sont institués sacrificateurs de la nouvelle loi. Puis vient la catastrophe, et la fuite des Onze est aussi douloureusement surprenante que le cynisme avec lequel le douzième, Judas, trahit son Maitre et le livre à ses ennemis.
Après la mort de Jésus, l'histoire des Apôtres devient l'histoire de l'Église elle- même. Les apparitions du Ressuscité relèvent leur courage, en faisant revivre leurs espérances. Ils voient de leurs propres yeux que tout ce que les prophètes et le Maitre avaient annoncé s'est accompli. Dès lors, le groupe se reconstitue, et, plein de foi, attend la réalisation des promesses du Seigneur. Pour remplacer le traître, on procède à l'élection de Matthias. Le jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit descend sur les
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inconcevable inaction. L'incendie allumé de tous côtés et simultanément dans le monde suppose des envoyés, des prédicateurs, des témoins, arrivant partout à la fois, et la croyance universelle de l'Église primitive déclare, en effet, qu'il en fut ainsi. Qui pourrait affirmer que tout est imaginaire dans les Actes apocryphes qui nous sont restés de plusieurs d’entre les Apôtres? La fin abrupte du livre de saint Luc autorise à croire qu'il avait écrit, ou qu'il devait écrire une suite des Actes, comme les Actes étaient la suite de son Évangile. A-t-il fini sa trilogie ? Son dernier livre a-t-il été tellement défiguré à l'origine par les sectes gnostiques, que, tombé en discrédit, il ait été sacrifié par l'Église ? C'est possible, En tout cas, nous sommes unanimes à regretter la désespérante lacune qu'il y ἃ dans cette partie si intéressante de l'Église primitive, et c’est à la science chrétienne de fouiller partout pour essayer de la combler.
Les Apôtres furent représentés de bonne heure par les
186. — Les douze Apôtres. D'après E. Le Blant, Études sur les sarcophages de la ville d'Arles, pl. XIV.
Douze et sur les disciples qui sont au Cénacle, achevant, sous la forme de langue de feu, leur transformation morale. Désormais ils ne seront plus les mêmes hommes. Ces irrésolus, ces ignorants, ces timides, se montreront pleins d'enthousiasme, d’éloquence, d'indomptable énergie. A travers des luttes pleines de péril et de gloire, ils fondent l'Église de Jérusalem; mais l'ordre du Maitre est d'aller prêcher ensuite en Samarie et dans le monde entier. L'Esprit les pousse bon gré mal gré à cette évangélisation de l'univers entier. L'hellénisme ἃ préparé les voies, Pierre a officiellement ouvert la marche vers la Gentilité en baptisant Corneille et tous les siens, Paul exploite le vaste champ offert à son zèle. Tous les Douze finissent par comprendre qu'il en faut faire autant; mais nous ignorons la part réelle que chacun d'eux ἃ eue dans l’évangélisation du monde d'alors. Il y a là une lacune bien regrettable dans l'histoire sacrée. On la comble par des conjectures très plausibles et en partie fondées sur des traditions vénérables, Un résultat aussi grand, aussi universel, aussi rapide que l'évangélisation du monde dans l'espace de quelques années ne saurait être l'œuvre de Paul tout seul et de ceux qui rayonnaient autour de lui, quelle que füt leur vaillance. Les autres Apôtres y ont eu leur part. Ainsi, malgré le silence de l'histoire, nous savons, d'après certaines indications, toutes fortuites d'ailleurs et comme insignifiantes de saint Paul, que saint Pierre ἃ dû précher à Corinthe et dans d’autres contrées que la Palestine, comme il précha à Rome. De ce que d'heureuses allusions ne sont pas venues faire la lumière sur l'histoire des autres, on n'en saurait conclure que cette histoire se résume en une
artistes de la primitive Église, dans les Catacombes et spécialement sur les sarcophages chrétiens (fig. 186). 115 sont ordinairement vêtus d’une longue tunique qui descer.d jusqu aux pieds et d'un pallium comme vêtement de dessus. Dans les monuments des huit premiers siècles, en Occident, ils se tiennent debout ou assis, à droite et à gauche de Notre-Seigneur, figuré sous sa forme humaine ou sous une forme symbolique ; les uns sont barbus, les autres imberbes. Ils portent généralement comme insigne, dans la main gauche, un volume ou rouleau, qui rappelle la parole divine qu'ils ont prêchée; quelquefois ils ont à la main une couronne, symbole de leur triomphe et de la récompense céleste,
Quand les Apôtres sont figurés par des symboles, ils sont représentés par douze brebis, se tenant six par six à côté du bon Pasteur, assis d'ordinaire sur un rocher d'où coulent les quatre fleuves du paradis terrestre, emblèmes des quatre Évangiles. Voir F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, ἄρ édit., t. 1, p. 232-938. Les deux groupes de brebis sortent le plus souvent de deux tours qui sont l'image de Bethléhem et de Jérusalem, D'autres symboles mystiques, palmier, vigne, arbres divers, accompagnent fréquemment ces représentations (fig. 187).
Pris individuellement, les Apôtres ont pour caractéristique : S. Pierre, les clefs; S. Paul, le glaive ; 5. André, la croix désignée sous son nom; ὃ. Jean, un calice d'où sort un serpent; S. Jacques le mineur, un livre et un bâton; 5. Philippe, une ur dont le montant ἃ des nœuds comme un roseau ; S. Jacques le majeur, un bâton de peierin et un grand ἀπε μη avec des coquillages ;
S. Barthélemy, un livre et un coutelas ; S. Thomas, une équerre; 5. Matthieu, une lance; S. Simon, une scie; 5. Jude, une massue; S. Matthias, une hache.
On trouvera des documents sur les Apôtres dans les diverses Vies de Jésus-Christ, écrites à un point de vue critique et sérieusement savantes; dans les bons commentaires sur le livre des Actes. Cave, Antiq. Apostol., Londres, 1677; Id., Lives of the Apostles, in-f°, Londres, 1677; nouvelle édit. par Cary, in-8°, Oxford, 1840; Perionius, Vitæ Apostolorum, Paris, 1551; Francfort, 1774; Sandini, Ilistoria apostolica, ἴῃ - ὃν, Padoue, 1731; G. Erasmus, Peregrinationes Apostolorum, Ratishonne, 1702; Jacobi, Geschichte der Apostel, in-8°, Gotha, 1818; Rosenmüller,