‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 373 sur 454 · SENTENCES · texte numérisé non relu

SENTENCES

subit cinq fois, comme il nous l'apprend lui-même, la rigueur des pénalités judaïques. II Cor., χι, 24. Mais aussi il était citoyen romain, et, en cette qualité, il était justiciable des tribunaux impériaux, en sorte que, si l'un de ces tribunaux était une fois légalement saisi d’une affaire criminelle contre sa personne, ce tribunal était compétent, et rien ne pouvait le dessaisir, à moins que l’accusé lui-même n'y consentit. Le cas se présenta, pour saint Paul, au tribunal romain de Césarée. Les Juifs, ennemis acharnés de saint Paul, qui se trouvait alors à Jérusalem (an 58), avaient comploté sa mort; le tribun romain de Jérusalem, Claudius Lysias, voulant le soustraire à leur fureur, le fit enlever pendant la nuit et conduire à Césarée, où demeurait le procurateur de la Judée, Félix, signifiant en même temps à ses accusateurs qu’ils eussent à porter leurs griefs au tribunal du procurateur. Act., ΧΧΠΙΙ, 12-30. En conséquence, les accusateurs juifs, étant descendus à Césarée, comparurent devant Félix, en même temps que Paul, et formulèrent contre lui leurs accusations. Saint Paul les réfuta et les réduisit au silence. Félix aurait dû le mettre en liberté; mais, sous prétexte de nouvelles informations à recueillir, et au fond pour faire plaisir aux Juifs, il retint saint Paul en prison, lui laissant toutefois une certaine liberté. Au bout de deux ans, Félix est remplacé, comme procurateur, par Festus. Les Juifs demandent à celui-ci la condamnation à mort de Paul. Act., xxv, 15. Le procurateur refuse, alléguant la loi romaine, qui défend de condamner un accusé sans l'avoir entendu, et il invite les accusateurs de Paul à se présenter à son tribunal à Césarée, pour formuler leurs plaintes. En effet (vers l'an 60), les accusateurs juifs, ayant comparu avec Paul devant Festus, renouvelèrent les mêmes accusations qu'ils avaient déjà formulées, deux ans auparavant, devant Félix; mais ils ne purent pas davantage les prouver, et de nouveau Paul les réduisit au silence. Act., xxv, 6-9. C’est ici que se place son appel à César.

Les ennemis de saint Paul avaient conjuré Festus de renvoyer son accusé devant le sanhédrin de Jérusalem, comme pour l'y faire juger suivant leur loi, mais en réalité pour avoir l'occasion d'exécuter, pendant le voyage, l'infûme complot tramé contre sa vie deux ans auparavant. Act., χχν, 3, cf. xxII1, 12-15. Festus ignorait sans doute cet odieux dessein des Juifs. Quoi qu'il en soit, pour leur faire plaisir, il forma le projet de leur accorder cette demande, et de renvoyer Paul devant le sanhédrin ; il fallait pour cela, comme nous l'avons dit, son consentement : « Veux-tu, lui dit Festus, aller à Jérusalem, et y être jugé, devant moi, sur tous ces chefs ? » Ces mots « devant moi » signifiaient que, le sanhédrin ayant porté sa sentence, le procurateur, suivant son droit, la reviserait, et au besoin la réformerait. Saint Paul ne se laissa pas tromper par ces paroles insidieuses. Le renvoi à Jérusalem était pour lui la mort certaine; il n'ignorait pas le complot des Juifs contre sa vie, Act., xxIII, 16 ; il savait que le sanhédrin voulait à tout prix le condamner à mort, et que peut-être Festus, qui avait déjà donné plusieurs marques de lâche complaisance aux Juifs, n'aurait pas le courage de résister à leur fureur. Il déclare donc qu'il ne veut pas être renvoyé à Jérusalem : «Je suis, dit-il, devant le tribunal de César (appelant de ce nom le tribunal du procurateur, légat et vicaire de César; ef. D., 1, x1x, De officio procuratoris Cæsaris, 1. 1), c’est ici que je dois être jugé; si 16 suis coupable, je ne refuse pas la mort; mais, puisque je suis innocent, personne ne peut me sacrifier aux Juifs. J'en appelle à César, Καίσαρα ἐπιχαλοῦμαι.» Act., XXV, 11.

Sans doute le precurateur n'avait pas encore porté de sentence définitive; mais la loi romaine permettait d'appeler même d’une sentence interlocutoire, c'est-à-dire d'une décision rendue, au cours de la procédure, sur une question incidente, quand cette décision était manifestement contraire aux lois (ef. D., XLIX, v, De appellationibus recipiendis, 1. 11), et surtout quand cette décision était de nature à causer à l'accusé un dommage irrépa-

rable. Cf. Voetius, Ad Pandectas, De appellationibus et relationibus, XLIX, 1, n° 19, Venise, 1898, t. νι, p. 308. C'était le cas pour le décret de renvoi au sanhédrin. Saint Paul avait donc le droit d'en appeler à César. Aussi Festus, ayant délibéré quelque temps avec ses assesseurs, revint et dit : « Tu en as appelé à César, tu iras à César. » L'appel de Paul n'était que conditionnel, puisque le décret de renvoi n'était pas porté, mais seulement proposé. Cf. Kuinoel, 1n Actus Apost., xxv, n° 12; Beelen, In Actus Apost., χχν, 11, p. 551. Par l'acceptation de Festus, l'appel devint absolu. Dès lors il produisit tout son effet, c'est-à-dire qu'il suspendit complètement la juridiction du procurateur dans cette affaire. En effet, d’après la loi romaine, l'appel une fois interjeté, le juge ne pouvait plus rien contre l'appelant; s’il faisait quelque acte à son préjudice, cet acte étail réputé « une violence publique ». D., XLVIIL, vi, Ad legem Juliam de vi publica, 1. vis. Cf. Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquilés grecques et romaines, au mot Appellalio. Bien plus, après l'appel, le juge ne pouvait rien faire même en faveur de l'appelant. C'est ce qui explique ces paroles d'Agrippa à Festus, tous deux convaincus de l'innocence de Paul : « Si cet homme n'en avait pas appelé à César, on aurait pu le renvoyer absous. » Act., xXVI, 32. Dans l'affaire de cet appel, saint Paul n'avait pas été guidé seulement par le désir d'échapper à la mort; il avait des vues plus hautes; dès l'an 97, étant à Éphèse, il manifesta clairement l'intention d'aller à Rome, Act., xix, 21; en 58, étant à Corinthe, il écrivit aux Romains, et leur témoigna le vif désir qu'il avait de les voir, pour leur communiquer les dons de Dieu. Rom., 1, 10-12. La même année, à Jérusalem, Jésus lui apparut et l'assura qu'il lui rendrait témoignage à Rome, comme il le faisait à Jérusalem. Act., χχπι, 11. Les Actes racontent comment cet appel fut suivi. Festus envoya Paul à Rome; c’est ainsi que les procurateurs envoyaient à la capitale les citoyens romains de leur province qui en avaient appelé à l'empereur. Pline, Epist. x, 97. Paul, étant arrivé à Rome, attendit pendant deux ans sa comparution devant l'empereur Néron, ou plutôt devant le conseil chargé de juger les appels faits à César. Cf. Daremberg et Saglio, Dictionnaire, au mot Appellatio. Du reste, il jouit pendant ce temps d'une assez grande liberté, habitant dans une maison louée par lui, accompagné du soldat qui le gardait, mais pouvant recevoir tous ceux qui se présentaient. Act., XXVIIT, 30-31. C'était la « garde militaire », custodia milituris, prévue par les lois romaines. Cf. D., XLVIIT, πι, De Custodia reorum, 1. 1, XII, XIV. Enfin Paul comparut devant le conseil impérial; d'après toutes les vraisemblances, c'est de cette comparution qu'il faut entendre les paroles de saint Paul à Timothée, IT Tim., 1v, 16-18; suivant ce texte, personne n'osa assister l’Apôtre dans le pressant danger qu'il courait; mais le Seigneur Jésus lui tint lieu de tout, le secourut, le fortifia, et «il fut délivré de la gueule du lion ». — Sur l'appel de saint Paul à César, voir surtout Krebs, De provocatione Pauli ad Cæsarem, dans ses Opuscula academica, Leipzig, 1783, p.143; Santoroccius, Dissertatio de Pauli ad Cæsarem appellatione, Marbourg, 1721. S. MANY.

APPHAIM (hébreu : ’Appaim, Cnarines ; » Septante : ’Arout), fils de Nadab, de la tribu de Juda. I Par., 11, 30-31.

APPHUS (Septante : ᾿Απφαῦς), surnom de Jonathas Machabée. 1 Mach., 11, 5. C'est probablement le nom hébreu happus, « rusé, habile. »

APPIA (᾿Απφία), chrétienne du 1er siècle, Dans son épitre à Philémon, 2, saint Paul souhaite grâce et paix à Appia, sa sœur très chère. Saint Jean Chrysostome, Théodoret et d'autres exégètes à leur suite ont cru qu'elle était l'épouse de Philémon. Appia faisait certainement partie de la maison de celui-ci; elle est nommée dans les

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