Absinthe
ABSTINENCE. Dans le langage actuel de l'Église catholique, le mot abstinence s'entend de la privation de certains aliments dont les lois ecclésiastiques interdisent l'usage à certains jours déterminés, par un motif de mortification et de pénitence. Voir JEUNE. Les Hébreux avaient aussi leurs abstinences; toutefois, généralement parlant, elles n'étaient pas prescrites seulement pour certains jours déterminés, mais d'une manière permanente, et le législateur les avait imposées pour les causes les plus diverses : tempérance, religion, hygiène, séparation plus complète d'avec les peuples voisins, etc.
On peut elasser en deux catégories les aliments prohibés dont s’abstenaient les Hébreux : les uns étaient défendus d'une manière absolue, c'est-à-dire pour tous et toujours; les autres n'étaient défendus que d'une manière relative. — La première catégorie renferme les animaux ünpurs, le sang, les viandes étouffées (carnes suffocatæ), certaines portions de la graisse des animaux, la chair des anünaux morts de maladie ou déchirés par les bêtes, les viandes immolées aux idoles, les aliments
souillés ou frappés d'une impureté légale. Voir ces mots. — Les aliments de la seconde catégorie n'étaient pas défendus absolument, mais relativement, c'est-à-dire à certaines personnes ou dans certaines circonstances. Ainsi une certaine abstinence était prescrite soit aux nazaréens, soit aux prêtres, pendant le temps qu'ils servaient dans le temple; les pains de proposition ne pouvaient être mangés que par les prêtres; la chair des victimes que par des personnes non atteintes d'impureté légale, et jamais au delà du second jour; le pain levé était interdit à tout le monde pendant les huit jours de la fête de Pâques. Voir aux articles spéciaux la nature et l'étendue de ces différentes prohibitions. — D'après plusieurs auteurs, les hommes, avant le déluge, devaient s'abstenir en général de la chair des animaux. Voir ce mot. L. Many.
ABULENSIS, surnom par lequel les théologiens et les commentateurs désignent souvent Alphonse Tostat, ainsi appelé parce qu'il était originaire d’Avila en Espagne. Voir Tosrar.
ABULFARAGE. Voir BAR-HEBRÆUS.
ABYSSINIE. Voir ÉTHIOPIE.
ACACE LE BORGNE, disciple d'Eusèbe de Césarée, lui succéda comme évêque sur le siège de cette dernière ville, en Palestine, l'an 340. Il mourut en 366. D'un caractère inconstant et inquiet, il changea souvent d'opinion, mais n’abandonna une hérésie que pour tomber dans une autre. Il fut le chef de la secte des Acaciens, à laquelle il donna son nom. Les anciens ont loué son érudition et l'élégance de son style. Il avait composé sur l'Ecclésiaste un long commentaire (17 volumina in Ecclesiasten, dit saint Jérôme) et des Questions diverses, 2iyμίχτα ζητήματα, qui sont perdus, comme ses autres écrits, dont il ne reste que des fragments insignifiants. Voir S. Jérôme, De viris illustribus, 98, t. ΧΧΠῚ, col. 699 ; Epist. ΟΧΙΧ, 6, t. ΧΧΙΙ, col. 970; Sozomène, Hist. eccl., 1v, 93, t Lxvu, col. 1185; Hefele, Conciliengeschichte, 26 édit., t. 1, p. 677, 712, 714, 721, 734.
ACACIA (hébreu : &ittim), arbre de la famille des Mimosées, tribu des Acaciées. La Vulgate a conservé ordinairement le nom hébreu dans sa traduction, « bois de setim, » ligna setim, Exod., xxv, 5, etc.; les Septante l'ont traduit par « bois incorruptible », ξύλον ἄσεπτον. L'acacia véritable n'est point celui auquel on donne vulgairement parmi nous le nom d'acacia. Ce dernier est du genre Robinia ou Robinier, qui se distingue par plusieurs caractères importants de l’acacia vera. Celui dont parle l'Écriture est un acacia proprement dit, qui croît partout dans la péninsule du Sinaï. On le trouve aussi dans la partie méridionale de la vallée du Jourdain. I} est connu sous le nom d'acacia seyal. Ses feuilles, qui sont mangées par les chameaux, se composent de sept à huit paires de folioles oblongues très fines; ses fleurs, jaunes, à têtes globuleuses, s'épanouissent à l’aisselle des feuilles. Il est armé d’aiguillons géminés très aigus. Ses graines, de forme allongée, sont enfermées dans une longue gousse sèche, s'ouvrant en deux valves, cornme celle du haricot (fig. 12). Le seyal produit la véritable gomme arabique. 1] est communément de la grosseur d'un prunier, G. Ebers, Durch Gosen zum Sinai, 2 édit., 1881, p. 138; mais il peut atteindre et il atteignait probablement autrefois des proportions beaucoup plus considérables, H. 5. Palmer, Sinai (1878), p. 39, 209, lorsqu'on lui laissait le temps d'atteindre son plein développement. Aujourd'hui les grands seyals sont rares dans la péninsule, parce que les Bédouins coupent les jeunes arbres de bonne heure, sans leur laisser le temps de grandir, afin d'en faire du charbon, qu'ils vont vendre en Egypte. Son bois, quoique fort léger, est très dur et se conserve fort longtemps, ce qui nous