III. UTILISATION MANUELLE DU TEXTE DE LA BIBLE
les concordances. — La nécessité où étaient les prédicateurs et les professeurs de recourir incessamment au texte sacré pour y chercher leurs autorités amena Hugues de Saint- Cher à l'idée de la confection d’un dictionnaire contenant par ordre alphabétique les mots de la Bible. Ce travail fut accompli au couvent de Saint-Jacques de Paris, d’où le nom de Concordantiæ S. Jacobi . voir Archiv, t. n, p. 235. Voir Concordances de la Bible, col. 895-896. Le système adopté par Hugues de Saint-Cher pour ses concordances avait l’avantage de donner un manuscrit peu volumineux, mais il avait l’inconvénient d’obliger de recourir à la Bible, sans qu’on pùt comparer d’un seul coup d’œil les passages contenant le même mot. On obvia à cet inconvénient en citant sous chacun des mots formant le dictionnaire des concordances les phrases entières de la Bible qui contenaient ce mot. Ce système donna des concordances très développées, chaque phrase de la Bible paraissant plusieurs fois en divers endroits; de là leur nom de Concordantiæ magnæ. Elles furent l’œuvre des religieux que l’ordre envoyait étudier en Angleterre, c'est-à-dire à Oxford, où était le studium generale. Voir Archiv, t. n, p. 234. L’initiative semble en revenir à Jean de Derlington. Richard de Stavenesby et Hugues de Croyndon paraissent avoir été ses principaux collaborateurs. Elles sont connues sous le nom de Concordantiæ anglicanæ. Elles ne sont pas antérieures à 1246. Voir plus haut, col. 896. — Au commencement du xive siècle, un dominicain allemand, Conrad de Halberstadt, simplifia les concordances anglaises en ne laissant dans les citations que les mots les plus importants pour déterminer le sens. C’est sous la forme que leur a donnée Conrad que les premières concordances ont surtout été imprimées. Les éditions sans date de Strasbourg ont été publiées vers 1470 et 1475. Voir col. 896. Échard, t. i, p. 610. Les concordances achevèrent leur évolution au temps du concile de Bâle, sous l’action de Jean Stojkowich, plus connu sous le nom de Jean de Raguse. Voir col. 896-897. La création et le développement essentiel des concordances bibliques avaient donc été l'œuvre exclusive des Dominicains. Au xvie et au xvne siècle, les concordances furent encore polies ou remises au point. La révision de Luc de Bruges a joui plus que les autres de beaucoup de faveur. Mais elle a continué à porter le nom de Hugues de Saint-Cher comme auteur principal.
IV. ÉTUDE ET SCIENCE DU TEXTE BIBLIQUE: LES COMMEN- TAIRES. — La place fondamentale occupée par la Bible dans l’enseignement des maîtres dominicains en conduisit