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les Assyriens faisaient élever à leur cour de jeunes étrangers, dont ils se servaient ensuite pour le gouvernement des pays conquis. — 9. La folie de Nabuchodonosor était une lycanthropie. Le texte, Dan., iv, 22, rend la chose indubitable. Voir E. B. Pusey, op. cit., p. 428 - 440. Cf. F. Vigouroux, Les Livres Saints, t. iv, p. 331 et suiv.; A. Hebbelynck, De auctoritate, p. 159-169. La difficulté, à proprement parler, n’est donc pas là. La difficulté est plutôt historique. Il n’est parlé nulle part de cette longue folie. Donc elle n’a pas existé, c'est une légende. Notons d’abord que sa durée n’est pas définie. Le texte annonce « sept temps », ce qui peut être, selon nous, trois ans et demi; moins encore, suivant d'autres. Puis, du silence des contemporains on ne saurait conclure à l'inexistence du fait. Le silence est explicable. Parmi ceux qui pouvaient écrire ou écrivirent de Nabuchodonosor, plusieurs, comme Jérémie et Ézéchiel, étaient morts sans doute; du reste rien ne les amenait à traiter ce sujet; d’autres vinrent plus tard, comme Esdras et Néhémie, assez longtemps après; d'autres ne nous ont laissé que de simples fragments ou se sont bornés à une partie du règne, comme l’auteur des Annales des Phéniciens et Philostrate. Mais encore n’est -il pas absolument vrai qu’il n’y a aunune trace du fait. On s’accorde généralement à le reconnaître, quelque peu défiguré, dans un texte d’Abydène. (Voir Eusèbe, Præp. Ev., ix, 41, t. xxi , col. 760 ; Chron. arm., édit. Aucher, t. i, p. 59.) De plus, ne pourrait-on pas voir, avec des assyriologues de renom, une allusion à cette folie dans la Standard Inscription of Nebucliadnezzar , rapportée par les Western Asiatic Inscriptions, t. i, tabl. 56-64, col. vin. Cf. G. Brunengo, L’impero, p. 254 et suiv. et p. 340, 341. On ne s’attend pas d'ailleurs à la voir rappelée par les successeurs; car c'est une loi des rois d’Assyrie et de Babylonie de taire tout ce qui peut, à certains égards, obscurcir leur gloire ou celle de la dynastie. Et enfin, cet accident singulier n’a pas dû laisser de trace bien sensible, parce qu’il dura peu, et qu'il est censé n’avoir été connu dans l'immense empire que très discrètement, les affaires continuant d’être dirigées fermement, comme d’habitude, ou par la femme favorite, ou par le rab-mag Bel-labar-iskun, ou même, a-t-on dit, par un conseil ayant Daniel à sa tête. L’édit qui annonce aux peuples, en style de curie, cet étrange événement, pour irrégulière qu’en paraisse la rédaction, n’offre vraiment aucune difficulté. Il n’y en a pas non plus dans les termes de suprême louange dont il se sert, lui, et après lui Darius et Cyrus même, pour exalter le grand Dieu d’Israël; car ils pouvaient en agir ainsi tout en restant idolâtres. Leur polythéisme, car ils étaient polythéistes, même Cyrus (on n’en doute plus aujourd’hui), excluait le monothéisme, mais non pas la confession et le culte d’un premier et souverain Dieu, — Deus exsuperantissimus , — dominant la foule des dieux inférieurs. Il n’y a donc pas contradicition. Cf. E. B. Pusey, Daniel, p. 440.
2° Objections philologiques. — « Le verdict de la langue est clair. Les mots persans [qu'on y rencontre] font conclure à une époque postérieure à l’établissement de l’empire des Perses. D’autre part, les mots grecs demandent, les mots hébreux appuient, les mots araméens permettent une date postérieure aussi à la conquête de la Palestine par Alexandre le Grand (332). » S. R. Driver, Introduction, p. 469. — Réponse. — Ni les mots ni la langue ne réclament cette date et celte époque. Les mots persans ne sont pas si nombreux qu’on prétend, « probablement quinze au moins, » dit M. Driver, p. 469, note 1. Du reste, on n’est pas encore fixé sur leur véritable origine (E. B. Pusey, Daniel, note A, p. 569 et suiv.); mais, quoi qu'il en soit, Daniel ayant vécu à la fin de sa vie sous la domination perse, rien n'empêche qu'il y ait des, mots perses dans son livre. En tout cas, leur présence renverse l’opinion de la date macliabéenne du livre; car très certainement, en 163, l’inlluence persane n'existait
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plus en Judée. Leur très petit nombre enfin n’exige pas qu’on reporte après l'exil la composition de l'ouvrage. — II en faut dire autant au sujet des mots grecs. Il y en a quatre, y compris même sabeka, <xxp.ëô xy], ni, 5, 7, 10, 15, qu’on reconnaît aujourd’hui comme asiatique, savoir : qiterôs = vJAxçnç,, ni, 5, 7, 10, 15; pesantérin — 'j/aX-njptov, m, 5, 7 ( pesantérin ), 10, 15; et sumfôniah = (7up.'po)via, ni, 5, 15. Or il n’est pas prouvé que ces mots soient certainement grecs. De bons critiques en doutent et retrouvent en Asie, bien avant Daniel, les instruments qu’ils désignent. J. M. Fuller, Hohj Bible, t. vi, p. ‘281 ( Excursus on the Musical Instruments). Et quand même ils seraient déraciné grecque, il n’en résulterait pas que le livre où ils sont mentionnés fut écrit après l’exil : on établit très bien que dès le vms siècle les Grecs étaient en relations avec les Assyriens et les Babyloniens. Les auteurs ont là-dessus les plus curieux détails. Voir Troclion, Daniel, p. 36 et suiv. On s’explique par là que ces instruments aient passé avec leur nom grec, — « le nom voyage avec la chose, » — dans l’Asie. — La conclusion que l’on tire du caractère de l’hébreu et de l’araméen de Daniel n’est pas plus juste. On l’a dit déjà, ces deux langues du livre sont bien du temps de la captivité, et non pas des siècles qui vinrent même immédiatement après. Nous donnerons les preuves à l’appui.
3° Objections doctrinales. — « La théologie du livre, dans ce qui la distingue, prouve qu’il a été composé après l’exil. Cette preuve, certes, a été présentée maintes fois, avec exagération. Par exemple, lorsqu’on avance que la doctrine de la résurrection ou la distribution hiérarchique des anges que I on y rencontre est due à l’inlluence du parsisme, ou que l’ascétisme de Daniel et de ses compagnons et la fréquence de leurs prières sont des traits particuliers au judaïsme synagogul. Ces exagérations se justifient difficilement. Néanmoins il est indéniable que les doctrines du livre sur le Messie, les anges, la résurrection, le jugement du monde, y sont enseignées plus clairement, plus distinctement et plus largement que partout ailleurs dans l’Ancien Testament, et avec des traits approchant fort, sans être identiques, de ce qui se remarque dans la première partie du livre d’Hénoch, cent ans avant notre ère. Quoi qu’il en soit de quelques-uns de ces développements, qu’ils soient dus ou non, en partie, à des inlluences étrangères, ce qui n’est pas douteux, c’est qu’ils trahissent dans l’histoire de la révélation une période postérieure à la date traditionnelle du livre. Et cette conclusion est confirmée par le souffle général qui le traverse et le ton qui y règne : ce souffle et ce ton ne se rencontrent dans aucune des écritures appartenant au temps de l’exil. Ils sont plutôt de l’époque qui sépare la littérature postexilienne de la littérature juive qui surgit après le dernier écrit inspiré. Un certain nombre de considérations indépendantes l’une de l’autre, et dont plusieurs sont très pressantes, s’unissent ainsi pour établir que le livre de Daniel n’a pas été écrit avant l’an 300. » S. R. Driver, Introduction , p. 477. — Réponse. — Tout cela ne prouve pas que le livre n’a pu être écrit dans l’exil; encore moins qu’il l’a été vers l’an 300, et plus radicalement en l’an 163. — 1. Les doctrines dont il s’agit ne proviennent certainement pas du parsisme. On a soutenu que les deux systèmes religieux, parsisme ou mazdéisme et judaïsme, ont puisé à une source commune; mais on a soutenu aussi que c’est le parsisme qui a emprunté à l’autre, et cette affirmation de Mffr de Harlez, dans 1 e Journal asiatique, 1880, t. xvi, p. 150, n’a pas été réfutée. U est donc faux de rapporter au parsisme l’angélologie du livre, en particulier. Les rationalistes, en le faisant, vont même contre leur thèse, en un sens; car enfin, en Tan 163, si une influence dominait parmi les Juifs, ce n’était pas celle des Perses, mais celle des Grecs. L’auteur avait du reste, sans aller en Terse, dans les théogonies chaldéennes de l’exil de quoi se créer une angélologie très développée. On trouve,
en effet, dans le Vieux système accadien et dans le système plus épuré des Babyloniens, une hiérarchie très compliquée et très exactement classifiée d’esprits bons et d’esprits mauvais, que les études des assyriologues nous ont révélés. Voir Fr. Lenormant, La magie chez les Chaldéens , p. 23, 138, 139; G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient, t. i, 1895, p. 630 et suiv. — 2. D’ailleurs pourquoi serait -il sorti du judaïsme? Toute sa théologie se retrouve dans les écrits parus avant la captivité. Le peu qu’il a surajouté ne sont que des développements attendus, appropriés au temps et au degré de culture de l’époque. Les anges, — leur existence, leur nombre, leur office, leur condition, même leurs classes, — sont mentionnés dans les livres historiques, les Psaumes, les Prophètes. Voir E. B. Pusey, Daniel, p. 517 et suiv. Il n’a de nouveau que les deux noms d’anges, Michel et Gabriel. La résurrection des corps est exprimée dans Job, xix, 25-27, et très clairement enseignée dans Is., xxvi, 10. Il y est fait allusion dans Ose., vi, 2, et Ton ne peut en méconnaître l’idée dans Ezech., xxxvii, 1-10. Or Ézéchiel est contemporain de Daniel. — Toutes les pratiques d’ascétisme, qu’on rapporte au bas judaïsme, on en constate l’origine et l’exercice avant Daniel, comme ces abstinences rigoureuses, dont parlent les livres des Rois et des Prophètes; comme ces prières faites trois fois par jour, dont parle déjà le Psaume liv, 18. Il n’y a pas jusqu’au développement de l’idée messianique qui ne soit parfaitement à sa place, tel qu’il nous est offert par le livre, au temps de l’exil. Il n’est que l’évolution régulière des révélations antérieures sur le Messie, sa personne, son empire, contenues dans les Ecritures. Ainsi les doctrines en question ne sauraient être invoquées contre l’origine que nous affirmons. Le souffle qui traverse les pages de ce livre vient bien de l’époque indiquée. Comment, du reste, en serait -il autrement, quand le livre tout entier respire les idées et la culture babyloniennes juives du VIe siècle? — Et telles sont les difficultés qu’une critique prévenue a soulevées contre l’authenticité de Daniel. La plupart ont leur principe dans un préjugé dogmatique. Toutes, par les réponses qu’on y fait, contribuent en un sens à confirmer la thèse de la composition du livre par un contemporain, par Daniel lui-même.
4° Difficultés spéciales relatives aux Additions cle Daniel ou parties deutérocanoniques de son livre. — Ce sont: 1. la prière d’Azarius et l’hymne Bénédicité, ni, 24-90; 2. l’histoire de Susanne, xm; 3. Bel et le dragon , xiv. Plusieurs anciens et des modernes en assez grand nombre les regardent comme inauthentiques : saint Jérôme les appelle fabules, Jules l’Africain les traitait de pièces fausses, pipo; •HSôrfoy ov, qu’il faut ranger parmi les apocryphes. Mais il n’en est pas ainsi. On peut établir, en effet, qu’elles ont Daniel pour auteur, ou du moins qu’elles complètent son livre. — 1. Il est certain qu’elles ont été écrites en hébreu, et non en grec. Actuellement nous avons de ces parties deux versions grecques , celle de Théodotion et celle des Septante. Or il est reconnu que la première diffère radicalement de la seconde, donc elle n’en vient pas; donc elle a été faite sur l’hébreu (ou l’araméen), comme le reste de la version, de l’aveu de tous. De plus , on y constate des hébraïsmes tels qu’ils supposent un original hébreu. Cf. J. Knabenbauer, In Daniel., p. 51. Enfin deux manuscrits, le chisianus et le syro-hexaplaire, portent les signes critiques d’Origène, révélateurs, comme on sait, d’un texte hébraïque, et dans le manuscrit 87, on voit distinctement, xm, 1-5, les sigles AS© qui indiquent les trois traducteurs grecs (Aquila, Symmaque et Théodotion), ayant tous trois traduit de l’hébreu. — 2. Il est également certain que ces Additions sont historiquement vraies : il ne s’y trouve aucune trace d’erreur. Aucune, en effet, dans la prière d’Azarias et l’hymne Bénédicité : ce qu’on y reprend est insignifiant. Wicderholt, Das Débet Azai'ias dans la lu-
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binger Quartalschrift , 1871, p. 389 et suiv. Aucune dans l'histoire de Susanne : le jeu de mots (en grec) que l’on oppose comme preuve d’origine grecque n'est pas une difficulté, car il existe trois ou quatre façons de l'expliquer admises même par des rationalistes. T rochon, Daniel.,g. 11 et 12; F. Vigoureux, Mélanges bibliques, 1889, p. 477; AViederholt , Die Geschiclile Susanna, dans la Tïibinger Quartalschrift , 1 809 , p. 533 et suiv. Aucune enfin dans Bel et le dragon ; le culte du serpent à Babylone, le polythéisme politique de Cyrus,le renversement du , et non de la pyramide elle -même de Bel, difficultés objectées, sont aujourd’hui des faits établis. L’identification d’Habacuc, dont il est question dans cet épisode avec le prophète de ce nom (Septante : ’Agêxy.o-jp.), cf. Hab. i, l, est bien douteuse. AViederholt, Bel und der Drache , 1872, p. 555. Cf. J. Fiirst, Der Kanon des Alte Testament , Leipzig, p. 102, 110. — 3. Telles qu’elles sont enfin, les Additions font partie du livre. C’est l'opinion universellement reçue, avec quelques exceptions. Aussi bien cette opinion est-elle confirmée par le contexte. Ainsi, ni, 23, pris avec le f. 91 , exige les versets deutérocanoniques intermédiaires. Ainsi le chap. xm et le chap. xiv rentrent dans le plan du livre, pour lui donner l'unité : accrédité auprès du roi, il faut que Daniel le soit aussi auprès de son peuple, or c’est ce qui a lieu chap. xm ; ayant, par des prodiges, fait confesser le Dieu d'Israël à Nabuchodonosor, à Darius, il faut qu'il le fasse confesser aussi au Perse Cyrus, par des prodiges analogues, or c’est ce qui a lieu chap. xiv. Les Additions se joignent donc parfaitement au livre, et font avec lui un seul et même tout. Mais le livre est de Daniel, donc aussi les Additions, qui le complètent et lui appartiennent. On ne saurait d’ailleurs objecter à cela l’existence séparée des Additions; car, si on lésa détachées du livre, ce n'est que plus tard, et pour des raisons adventices. La première, ni, 21-90, a été retranchée parce qu’elle retarde le récit et est en dehors du but final. La seconde, chap. xm, parce qu’elle est infamante pour les juges d’Israël (V. Urigène, t. xi, col. 61). La troisième, chap. xiv, parce qu’elle parut à tort, aux Juifs, faire double emploi avec un récit pareil, vi. A'oir J. Knabenbauer, In Dan., p. 56; R. Cornely, lntrod. sp., n, 2, p. 510 et suiv., et les auteurs cités. — On peut d’ailleurs admettre, avec plusieurs critiques, que les chapitres xiii-xiv ne sont pas de Daniel, mais d'un auteur différent, sans que leur valeur historique en soit diminuée ou atteinte.
VI. Inspiration et canonicité du livre de Daniel. — L’inspiration et la canonicité ne font aucun doute. Prenons seulement les cinq premiers siècles. Il est aisé de montrer que dans cet intervalle le livre de Daniel n’a cessé d’appartenir au canon. Il est cité comme prophétique dans deux évangiles, et il y est fait allusion ailleurs, comme on l’a vu. Les deux premiers siècles en parlent peu. Nommons toutefois saint Paul, saint Jean, puis saint Clément Romain, I ad Cor., édit. Gebhardt, p. 90; II ad Virg., édit. Beelcn , p. 103. Mais peu après il se répand partout comme livre canonique. Voici trois séries de témoignages qui le prouvent ; — 1° Il fait partie de 1a version des Septante transmise à l’Église par les Apôtres. Il est lu publiquement — et l’on sait la signification dogmatique de la lecture liturgique — dans l’oflice divin. Il sert à établir le dogme, à combattre les Juifs et les hérétiques, ce qui est assez dire qu’il est reçu universellement comme livre inspiré et canonique. La meilleure preuve d’une telle réception sont les manuscrits grecs que nous avons encore, 1 Alexandrinus , le V aticanus , le Sinaiticus, le Claromontanus. Le Sinaiticus ne l’a pas aujourd’hui, mais c’est par accident. Ajoutez les autres versions faites sur les Septante, ou Théodotion, qui dans les Septante succéda en son temps à la première version grecque. La syro-hexaplaire, la peschito actuelle, l’éthiopienne, etc., contiennent aussi Daniel et ses Additions. — 2° Il est cité très fréquemment par les Pères. Lisant le Daniel grec !
complet, c’est lui qu’ils reproduisent. Indiquons les principales citations. Saint Irénée, t. vii, col. 984, 1054: « Et ils entendront les paroles qui ont été dites par Daniel le prophète : Race de Chanaan, etc. » Dan., xiii. Cf. Dissert., m, a. 1, 247 suiv. Clément d’Alexandrie, t. vm, col. 327, 1330. Origène nommément défend tout Daniel comme canonique. Il s’en explique clairement dans sa réponse à Jules Africain, qui avait attaqué l'histoire de Susanne, parce qu'elle n’est pas dans l’hébreu et qu’elle renferme des erreurs et des jeux de mots tirés du grec. Il réfute « ex professo » cette série d’objections, affirmant entre autres qu’en matière de textes inspirés, ce ne sont pas les Juifs, c’est l'Eglise qu’il faut croire, t. xn, col. 405; t. xiv, col. 687; t. xi, 42-47, 47-86. Cf. L. Coletta, Del libro di Esther, Naples, 1869, p. 220-230. Tertullien, t. n, col. 963 (Dan., xm). Saint Ilippolyte, t. x, col. 690, et suiv. 866 : il a composé un commentaire sur Daniel, édité par O. Bardenhewer, Des h. Hippolytus Commentai' zum Bûche Daniels, Fribourg en Brisgau, 1877, p. 71 (Susanne), p. 80 (Bel et le dragon). Lucifer de Cagliari, t. xm , col. 894-899. Eusèbe de Verceil, t. xn, col. 952, 964. Zénon de Vérone est remarquable. 11 a écrit neuf petits traités sur Daniel ; De Daniele , qui sont très beaux. Il y rappelle, entre autres, l'hymne Bénédicité (incensi hymnum canunt), et la seconde fosse aux lions (cœlesti prandio satur). Il loue éloquemment Susanne : De Susanna, t. xi, 443, 444, 299, 300 (magnifique), 523, 525, 526, 527. Saint Ambroise, t xv, col. 150, 151, cf. 154, 594, 789. Saint Athanase, t. xxv, col. 35 , 39 , 387 , 542, 547, 618, 671, 1192, 1193, 1255, 1378. Didyme, t. xxxix, col. 374, 431, 548, 654 (quia apud Danielem in judicio de Susanna habito legitur ; Suscitavit, etc.); xm, 45 'Hic quoque Deurn esse Spiriturn sanctum ostendit Scriptura), 1084. Cf. Mingarelli, De sacra Script., 994, 995. Saint Cyrille de Jérusalem, t. xxxm, 403 , 639 , 857 , 962. Méthode, t. xvm, col. 390. Eusèbe de Césarée, t. xxi, 483. Saint Grégoire de Nazianze, t. xxv, col. 471, 699, 898, 1182; xxxvi, 270. Saint Grégoire de Nysse, t. xlv, col. 1235, 1284. Théodoret, t. lxxxi, col. 1159, 1251, 1314 (1316 tojj.oç y, commentaire du chapitre m, avec l’Addition deutérocanonique). Saint Jean Chrysostome, édit. Gaume, i, p. 710; m, p. 676, 805, 191, 192; vi, p. 253, 294, 368 seqq. Cf. p. 363 (Synopse), x, p. 153. Les trois jeunes Hébreux, épisode familier au grand docteur, t. iv, p. 582, 851, 882, 899; t. v, p. 121, 183, 337, 352 , 385 , 589; t. ix, p. 119, 727; x, p. 182, 184; xi, p. 496, 564; xii, p. 346. Saint Isidore de Péluse, t. lxxviii, 970, 1055, 1095, 1235 , 730, 1130 (Susanne). Ammonius, Fragmenta in Daniel., t. lxxxv, col. 1363- 1369. Rufin, t. xxi, 611. Saint Jérôme, t. xxii, col. 329, 332, 353, 1027; t. xxiii, 245 , 568 (Daniel et omnes prophetæ, Dan., m, 27); xxv, 509, cf. 511, 568 , 569 , 570 , 580 seqq., 581, 582, 1274, 1542; t. xxvi, 350; t. xxvm. 11 admet les Additions. Voir Prol., de can. hebr. verit., t. v, col. 87. Il affirme, t. v, col. 1291, cf. noie h, col. 1292, que les Additions ne sont pas dans l’hébreu, mais que cependant elles sont universellement reçues dans l’Eglise. Ses textes contraires expriment moins son opinion que celle d’autrui. Saint Augustin, édit. Gaume, t. vu, col. 448 (Sancta Scriptura), 2075, 1970 seqq.; t. x, p. 1118. De tout cela il résulte que la foi ecclésiastique à l’inspiration du livre est, du moins à cette époque, très constante et très distincte. On peut donc ne pas rapporter les listes ou canons, officiels ou privés, qui la confirment, depuis la liste du concile de Nicée passée en Afrique, approuvée à Rome et reproduite ailleurs, jusqu’aux listes des grands docteurs et des écrivains moins autorisés. Toutes renferment Daniel et ses Additions. — 3° Il est encore un troisième genre de preuves qu’il faut exposer très rapidement Il est tiré de l’archéologie chrétienne primitive, et il regarde moins le livre que les Additions. Il consiste dans des verres dorés , des fresques , des sarcophages de ce temps-là, représentant des sujets empruntés au Daniel
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controversé. Voici une première série de sujets , mêlés à I d’autres qui proviennent des protocanoniques : — Dans ; un verre à fond d’or du musée Kireher, les trois enfants dans la fournaise, les mains levées comme s'ils priaient, la tiare flottant au vent, comme pour rappeler ce verset :
« Il envoya un vent, » etc. Dan., ni, 26 (R. Garrucci, Vetri ornati di figure in oro. Tavole. Roma, 1864, tav. i, f. 1). Dans deux Fragments de la patène de Cologne, un Daniel qui prie et un de ses lions, puis un des trois enfants avec sa mitre flottante (P. Allard, Rome souterraine, Paris, 177, p. 422). Voir aussi pl. xix, p. 437 et 439, et Canon, col. 158, 159. La série des sujets isolés est plus considérable. — 1. Les trois jeunes Hébreux. — Un de ces jeunes gens sur un sarcophage du cimetière de Callixte, — le groupe tout entier, et en outre, par derrière, comme un ange ailé sur un arcosolium du même cimetière, — le même avec un ange en dehors sur un sarcophage du Vatican, — le même sur un ivoire du Ve siècle, — un ange au-dessus des trois enfants dont l’un, à droite, touche d’un instrument, Azarias sans doute, sur une très belle lampe d’Afrique (R. Garrucci, Vetri, tav. ni, fig. 8, 9, 11). Voir col. 156. — 2. Susanne. — On la voit debout, voilée, entre deux vieillards lui parlant avec feu, sur trois sarcophages d'Italie, — la même sur des sarcophages du midi delà Gaule, avec cette différence que l'un d’eux représente deux arbres derrière lesquels les vieillards aux yeux ardents se dissimulent, et l’autre reproduit en plus un serpent enroulé autour d’un arbre qui cherche à atteindre, au sommet, un nid de colombes , — une brebis sur une colline entre un léopard et un loup , peinture symbolique très belle et très simple du cimetière de Callixte. Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, Paris, 1877, p. 447. —
3. Bel et le dragon. — Dans un bas-relief de sarcophage (riie siècle), un autel, un arbre avec un serpent lové derrière l’autel, et devant lui Daniel donnant au serpent le gâteau qu’il a pétri, — le même, sur un sarcophage de Vérone, — le même, avec, auprès de Daniel, une autre figure (le Sauveur?), qui lui communique son pouvoir. Garrucci, Vetri, tav. iii, fig. 13. Texte p. 38. — Sur une tombe de Brescia, le ciel figuré par sept étoiles, d’entre lesquelles sort une main tenant, par la tête, Ilabacuc avec sa corbeille de pains. U. Ubaldi, Introductio in S. Script., Rome, 1878, il, p. 391, 395 (avec les planches), etc. De tout cela il ressort que le livre de Daniel et ses Additions était très connu dans cette période, et qu’il était connu et reçu comme inspiré et canonique, car c'est une doctrine affirmée par les théologiens, que, dans les travaux de ce genre , les premiers artistes chrétiens ne devaient s’inspirer que des Livres Saints universellement admis, ce qui du reste est confirmé par le voisinage de sujets exclusivement bibliques, et tirés des protocanoniques, mêlés à ceux que nous venons de décrire. Voir P. Allard, Rome, p. 357, cf. p. 285, 286 , 369. Nul doute que ces Additions et le livre entier, comme l'entendent les conciles de Florence et de Trente, ne soient inspirés et canoniques.
VII. Texte du livre de Daniel. — 1° Texte original. — Le texte primitif, que nous possédons encore, est en mauvais état, surtout la partie chaldéenne : aucun livre peut-être de la Bible hébraïque n’est aussi corrompu. Le nombre considérable des variantes placées en marge ou au bas des éditions imprimées en est la preuve. J. -B. de Rossi en a relevé plus d’une centaine dans ses Variæ Lecliones Veteris Testamenti, Parme, 1788, t. iv, p. 139 et suiv., et il en est une foule d’autres qu’il n’a pas notées. Cf. S. Baer, Libri Danielis , Esdræ et Nehemiæ, Leipzig, 1882, p. 62-85, et à la marge inférieure du texte. Ce sont en général des mots ajoutés, omis, altérés, des lettres tombées, changées, transposées, surtout des différences d écriture et d’accent. En voici quelques exemples : mizzéra' pour ûmizzéra’, i, 3; min kol pour min, i, 15; upiseréh ( ejus ) pour ûpiserâ’ (et interpretatio), ii, 4-5, v, 17; ûbe'ah pour ûbe'd’, n 16; kol medinàt pour kol \
! medinat , ii , 48, et souvent 'ad dî pour 'al di., iii, 19;
; besa'âli pour kesâ'âh, iv, 16; savîiv pour savii, v, 21; velistar pour velislar , vu, 5; lehagid lekâ pour leliagid, ix, 23; lekalah (ad consumendum) pour lekalè' (ad cohibendum) , ix, 24; ûlehatam (et ad finienda) pour ûlehâtêm (et ad sigillanda), ix, 24; hattat pour hatlâ'ôt, ix, 24; môtsâ' ( exitum ) pour min môtsâ’ (ab exitu) , ix, 25; mesiah nâgid (une tus ducis) pour mâsiah nâgid (unctus dux) , ix, 25; seba'im sSânâh pour Sabu'ûn sibe'âh, ix, 25; ’âm (populus) pour ’om nâgid (popidus ducis), ix, 25; ishêt pour iâshît (deslruel) , ix, 26; ‘im (cum) pour ’am (populus), ix, 26; ve’ ad (et usque) pour ve' al (et super), ix, 27; ’ at (tempus) pour qêts (finem), ix, 26; ubehcikol ieheiêli siqûts (et in templo erit abominatio) pour ve'al kenaf siqûtsim (et super alam- abominât ionum). Cf. J. -B. de Rossi, Variæ lecliones, p. 147, etc. Aucune de ces variantes n’affecte, on le voit, la substance du livre. Toutes portent sur les accidents et la forme. — On a très peu fait pour améliorer à cet égard le texte primitif. J. Norzi est le premier, je crois, qui ait essayé une correction critique dans son commentaire intitulé: Minhat saî , Mantoue, 1742. Récemment, ce travail de révision a été repris par S. Baer, qui s’est aidé de manuscrits que ne connut pas J. Norzi. Voir S. Baer, Libri Danielis , p. i-vi. Son édition, plus parfaite certainement, ne saurait être définitive. Du reste, elle ne vise qu’à, donner le texte massorétique. On pourrait élargir la base de reconstitution du premier texte. Il y aurait avantage à y faire figurer les anciennes versions immédiates trop négligées. On aurait par là, non pas toujours sans doute la leçon massorétique, mais souvent le texte vraiment original. Exemples : au lieu de liselêvetâke (tranquillitati tuæ) on aura lesàlevàtâkc (peccatis tuis), iv, 24, que donnent quatre manuscrits de Théodotion, la peschito, la Vulgate (delictis tuis); au lieu de savi , on aura sovi, Théod. ( èSoôrj ) , la peschito, Vulgate (position est), etc. Kaulen, op.cit., p. 402. Disons enfin que Hermann L. Straek vient de publier le texte araméen de Daniel, en prenant pour base celui de S. Baer. Il l’a modifié et corrigé, mais légèrement; il a utilisé des manuscrits, dont il fait la description. Abriss des Biblischen Aramaïsch , Leipzig, 1896. Texte : Liber Danielis, n-vii, p. 9* -29*. Voir aussi A. Kamphausen, The Book of Daniel, A critical édition of tlie Hebrew and Aramaic text printed in colors exhibiting the bilingual cliaraclér of the Book , Leipzig, 1896. — Le texte grec des Additions a suivi le sort du texte des Septante.
2° Versions. — Les versions immédiates du livre sont : les Septante, la version de Théodotion, la peschito et la Vulgate hiéronymienne, moins les Additions traduites de Théodotion. Les versions dérivées sont : l'italique (Muenter, Fragmenta vers, antiq. lat. antelder. Prophetæ Danielis, Copenhague, 1819), la syro-hexaplaire de Paul de Tela, qui date de 617, du reste très fidèle, presque servile, la philoxénienne revue en 616 par Thomas de Harkel, les égyptiennes, sahidique et memphitique, Muenter, Specimen versionum Danielis copticarum, Rome, 1786; P. Ciasca, Sacr. Bibl. fragmenta copto-saliidica Mus. Borg., II Rome, 1889 (Daniel, p. 306-324); Tattam, Prophetæ majores, Londres, 1852 (Daniel, t. n, p. 270 suiv.), l’éthiopienne, l’arménienne et la géorgique, la slavonne et l'arabe. Toutes, excepté la seconde et la troisième, sont faites sur Théodotion, disent les uns. Selon d'autres, elles descendraient des Septante. A. Bludau , De Alexandrinæ Interp. libri Danielis indole critica, Munster, 1891, p. 31, 32. Quoi qu'il en soit de leur origine, elles sont d'une médiocre utilité. Ajoutez que plusieurs n’ont pas encore été imprimées. Il en est autrement des versions immédiates. Ne parlons pas de la peschito et de la Vulgate. La version de Théodotion, faite plus probablement vers l'an 120 ou 1.30, suit les Septante I d'assez près, mais en les corrigeant sur l’original : elle I donne le sens plus qu'elle ne rend les mots (S. Jérôme,
t. xxm, 1024; xxix, 120; xxvin, 35); au fond, elle s’accorde avec l'hébreu et la Vulgate. Le Daniel des Septante, qui parut en Égypte en 140 à peu près, passa « aux églises où il fut lu » (S. Jérôme, t. xxv, 493) jusqu’au milieu du IIe siècle, comme on le prouve par les citations des Pères. A. Bludau, op. cit., p. 12-20. Cette version « fut alors répudiée par un jugement des maîtres de l'Église » (S. Jérôme, t. xxv, col. 514) et remplacée par celle de Théodotion, qui est éditée parfois dans les Septante même. — On peut croire qu’elle fut abandonnée parce qu’ « elle s’éloignait beaucoup trop de la vérité hébraïque » et qu’elle était particulièrement infidèle dans ix, 25-27. Cf. A. Bludau, op. cit., p. 33 et suiv. Le fait est que, si on la compare au texte, elle en diffère beaucoup, surtout pour les récits. On y constate, en elfet, fréquemment des additions, des omissions, parfois même un autre sens. Additions: I, 20; il, 8; ni, 18, 24, 46; iv (très bouleversé). Omissions et abréviations : vi, 8 (omis); vi, 3,
6, 7, 10, 15; vu, 6 (abrégés). Autre sens : vu, 13, 18, 22, 23, 27, 28; vm, 11, 12, 25. Voir J. Knabenbauer, In Daniel., p. 47-50. A. Bludau, op. cit., p. 44 et suiv.
E. B. Pusey, Daniel, p. 624-637, note E. Wiesler (Die 10 Wochen und die 63 Jahrwochen des Prop/t. Daniels, Gœttingue, 1839, p. 197 et suiv.), et F. Fraidl (Die Exegese der Siebzig Wochen Daniels, Gratz, 1883, p. 4-11) nommément, ont noté avec soin les divergences des Septante et de l’hébreu dans ix, 24-27. Cf. A. Bevan, The Book of Daniel, Cambridge, 1892, p. 43-54. Les Septante de Daniel ainsi répudiés, on n'en lut plus les manuscrits. On les croyait disparus, lorsqu'on découvrit le Codex Chisianus (Bibliothèque Chigi), lequel fut publié à Rome en 1772, par Simeone de Magistris : Daniel secundum LXX ex Tetraplis Origenis nunc primum éditas e singulari chisiano codice annorum supra DCCC. Il fut ensuite réédité par J. D. Michaelis, in-8°, Gœttingue, 1773, et in-4°, 1774; par C. Segaar, in-8°, Utrecht, 1775, et par Pearsons, 1818 et 1848. Autres éditions : AaviYjX -xava touç dëôop.ï)xovTa, e codice chisiano post C. Segaarum ediclit secund. syro hex. recognovit A. Hahn , Leipzig, 1845;
J. Cozza, Sacr. Bibl. vetustis. Fragmenta, P. ni, Rome, 1877. Le Codex chisianus, qui est du xie siècle, cf. A. Bludau, op. cit., p. 38, est cependant moins précieux qu'un manuscrit de la Bibliothèque ambrosienne, attribué au vme siècle et publié sous ce titre : Daniel secundum editionem LXX Interpretxim ex Tetraplis desumptus ex codice syro estrangelo Bibliotheeæ Ambrosianæ syriace edidit latine vertit et notis illustravit CaiusBugati, in-4°, Milan, 1788. M. J. Ceriani le réédita depuis avec ce titre: Codex syro-hexaplaris Ambros. photolithographice éditas, Milan, 1874 (t. vm, Monumenta sacra et prof.). Il représente la version de Paul de Tela faite sur une copie des hexaples possédée par Eusèbe et Pamphile. Il offre en général un texte plus pur et plus complet. Il pourrait servir à reconstituer fidèlement le Daniel des Septante. Cf. S. Davidson, Introduction , etc., t. iii , p. 226, 227.
3° Langue. — Le livre est écrit en hébreu et en araméen. Il contient en outre, mais en petit nombre, des mots d’origine aryenne , mots grecs et mots persans. Iiébr. i, 1-11, 4aetvn, 1; xii, 13. Aram. n, 4b; vii, 28. Mots grecs : nous les avons cités plus haut. Mots persans : ce sont des noms d’office ou d’emploi, de vêtements, d’instruments de musique, de nourriture, et ils se trouvent presque exclusivement dans la partie chaldéenne. E. B. Pusey, d’après Max Muller, op. cit., 378 et 569. Notes A et C. Cf. J. N. Fuller, op. cit., p. 246 et suiv. Ajoutons-y les mots syriens ’âsaf, n , 10, 27; resam, vi, 10, 11, 13, 14; v, 24; apliadnô , xi, 47; palmônî, vm, 13. Reprenons. L’hébreu do Daniel est l'hébreu de l’exil , que distinguent les aramaïsmes. Gesenius, Geschichte der hebraïschen Sprache und Schrift, p. 25, 26. 11 se rapproche en effet beaucoup des écrits de l’exil. Ézéchiel nommément a avec Daniel, à cet égard , l’affinité la plus étroite : — i, 10 hiiêb (réuni fecit ) Ezech., xvm, 1; vm, 9; xi, 16, 41 Isebi ( terra