‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 25 sur 485 · LIVRE DE · texte numérisé non relu

LIVRE DE

décora = Israël) Ezech., xx , 6-15; x, 6 nehôsêt gâlal (æs læve) Ezech., i, 7. x, 21 ketab ( scriptum ) pour séfêr (liber) Ezech., xiii, 9; xii, 3 zoliar ( splendor ); Ezech., vm, 2. xii, 6; lebxts habbadim (indutus lineis) Ezech., ix, 3. D'autre part, l'araméen de Daniel est l’araméen d'Esdras, c’est-à-dire qu’il reproduit, à quelques différences près, — différences justifiées du reste par le court espace qui sépare les deux écrivains, — l’araméen même d’Esdras, lexique et grammaire, et de plus qu’il s’écarte beaucoup de l’araméen des Targums postérieurs, ce qui est une preuve, répétons- le, que le livre est de l’exil. L’araméen ou chaldéen biblique a été l’objet de travaux récents. Nommons en particulier les grammaires de Fr. Delitzsch , dans S. Baer, Daniel, p. xm et suiv., de E. Kautzsch, Grammatik des Biblisch Aramaïsclien, 1884, et de Hermann L, Strack, Abriss, etc. L’araméen de Daniel notamment a été scrupuleusement étudié par E. B. Pusey, Daniel, p. 45 et suiv., note D, p. 602 et suiv. sur la base d’un article de J. Mac-Gill ( The Chaldee of Daniel and Ezra dans Journal for sacred Littérature, janvier 1861, p. 373-391). Malgré ces imperfections de langue, le livre est loin d’être, littérairement parlant, « un livre de complète décadence littéraire,... dont la langue soit détestable, plate, prolixe, incorrecte. » Il ne rappelle sans doute ni Isaïe, ni même Ilabacuc ; mais il a des chapitres ( il , VI ) qui par le grandiose des images et le relief extraordinaire de la pensée prophétique ne le cèdent en rien aux plus beaux. Le style en est très varié. « On y distingue, dit Pusey, Daniel, p. 37, quatre styles : 1. celui du simple récit, cliap. i; 2. celui de la prière ardente, chap. ix, joignez-y les versets d’actions de grâces en chaldéen, chap. il, 20-24 ; 3. celui de la prophétie pure, dans la vision des soixante-dix semaines , chap. ix, et 4. celui de la description prophétique, chap. xi, où chaque phrase, presque chaque mot exprime tout un événement ou même une série d'événements. La simplicité du récit, l’ardeur émue de la prière, la noblesse et la grandeur de la prophétie, la vie intense de la vision historique, tout cela témoigne clairement de la maîtrise incontestable de l'écrivain. » Ses mérites littéraires peuvent être inégaux dans ce livre, mais nul ne lui refusera une rare vigueur d’imagination et un grand talent d’exposition. — Pour achever de faire connaître le livre, disons comment il diffère des autres Livres Saints par le fond et par la forme. 11 en diffère par le fond de trois manières : — 1. Le prophète reçoit ses révélations, ou en songe, ou d’un ange qui lui en explique le songe ou la vision, ou encore simplement d'un ange qui lui raconte l’avenir : ce qui n’existe pas pour les autres prophètes. — 2. Il annonce le sort et la succession des quatre grands empires antimessianiques, ne parlant d'Israël qu’indirectement en général, si l'on peut dire. Vivant à Babylone, attaché au palais des rois, leur conseiller très influent et leur ami, il est moins le prophète des Juifs que le prophète des gentils. Tels ne sont pas les autres : dans ceux-ci l’horizon est circonscrit à la Judée, à Sion, au temple, aux prêtres, au peuple. Ont -ils des échappées sur le monde des nations, c’est qu’ainsi le veulent les rapports qu’ils ont avec Israël. — 3. Il recule l’arrivée du Messie bien au delà de ce que l’on se figurait suivant les autres prophéties, d’où l’on concluait, à tort, que la fin de l’exil amènerait nécessairement la fin des maux et coïnciderait avec l’avènement de la paix messianique. Désormais, par Daniel, on sait que de longs jours et de longues calamités sépareront le retour de l’exil , la venue du Messie et l’établissement de son royaume. Et c’est ainsi que ce livre se distingue des autres par son objet: il universalise, complète, précise ce qu’ils renferment. — Il s’en distingue aussi par sa forme. La forme est la forme dite apocalyptique. Deux éléments la constituent : 1. des révélations générales, àTroxdXvnjn; , ayant pour objet principal la fin de toutes choses, và 'érryjxza. , et 2. de grandioses images, des symboles extraordinaires

perçus dans des visions divines. Ézéchiel (i) et Zacharie (i-vi) ont eu de ces visions, mais ni aussi nombreuses ni aussi pleines et larges que Daniel. L’étrangeté des figures et des emblèmes dont il s'est servi pour s’exprimer est providentiellement causée par le milieu babylonien et chaldéen dans lequel il a vécu. Cf. R. Cornely, Introd., il, 2, p. 483. Auberlen, Le prophète Daniel , trad. franç., Lausanne, 1880, p. 92 et suiv.

V 1 1 1 . Prophéties de Daniel. — Elles comprennent deux visions, n et vu, vm, et deux révélations, ix-xii.

i. vision des quatre empires, ii et vu. — Les visions du chap. il et du ehap. vu ont le même objet en général. On peut donc les expliquer l’une par l’autre. La vision du chap. vu eut lieu dans un songe, la nuit, l’année même (542) où Baltassar fut associé au trône. On y distingue trois parties. — 1° La vision des quatre grands animaux, vu, 1-8. «Les quatre vents du ciel soufflaient avec rage sur la grande mer, l'un contre l’autre. » Voir cette image dans G. Smith, Transactions of lhe Society of the Bihlical Archæologie, t. n, p. 221; t. m, p. 530. Puis « il monta de la mer successivement, cf. y . 6, 7, quatre grands animaux différents », symboles d’empires selon la conception biblique connue, et surtout les idées babyloniennes et assyriennes. J. Fuller, Daniel, p. 324.

« Le premier était un lion ( Vulgate : quasi leæna) avec des ailes d’aigle. . . Ses ailes lui furent arrachées , et lui -même enlevé de terre et mis sur ses pieds comme un homme ( ke'ènôs ), et il reçut un cœur d’homme. » Après « une autre bête parut, pareille a un ours ». « Il avait un côté plus élevé que l’autre. » Voir dans J. Knabenbauer, In Daniel,, p. 190, les sens donnés à cette expression. « Il avait entre les dents trois côtes ou trois proies, et on lui disait : Lève-toi et mange des chairs. »

« Puis une autre bête semblable à un léopard , avec quatre ailes d’oiseau sur le dos et quatre têtes, et il eut l’empire. » « Voici maintenant après les autres la quatrième bête, » anonyme, un loup peut-être, J. Fuller, Daniel, p. 332, « différente des autres, avec des dents et des griffes de fer (d’airain) : elle dévorait et broyait tout, n, 40, et le reste elle le foulait aux pieds, et elle avait dix cornes. » Voir les dix doigts des pieds de la statue. Cf. n, 41, 42. J. Fuller, Daniel, p. 326. « Je considérais attentivement ces cornes, quand une autre corne, plus petite, surgit du milieu d'elles et en arracha trois, et elle avait des yeux comme des yeux d'homme et une bouche I disant de grandes choses, des blasphèmes, » 25; ix, 36. Apoc., xiii, 5. — 2° Le jugement, 9-16. Un changement se produit alors. « Des trônes de juges sont dressés entre ciel et terre, et l’Ancien des jours ('atiq iômîn) s’assied » avec ses assesseurs les anges. La gloire, la sainteté, la majesté divine, sont indiquées par son âge, son vêtement et sa blanche chevelure. « Son trône est de flammes, soutenu sur des roues de feu. Un fleuve de feu j sort rapide devant lui, » ce qui donne l'impression d’un rayonnement infini de la gloire divine et d'une justice purifiant tout, au loin, irrésistiblement, très rapidement. Cf. Deut., iv, 24; Ps. cm, 2; lxxxviii, 46; xevi, 3. « La justice {dinà’ =judicium=judices) prend place.» «Les livres » où sont relatées les actions humaines, base de la sentence, « sont ouverts. » Le jugement est rendu. Puis, quand le prophète a encore devant lui la petite corne qui blasphème, soudain, sans transition, il voit la sentence exécutée : la quatrième bête tuée et livrée au feu, et les autres bêtes, dont la durée de pouvoir était fixée, f. I21», détruites. Vient ensuite le Messie et son royaume. Il vient « sur les nuées comme un fils d’homme (kebar ’énôs) », et il s’arrête devant l'Ancien des jours, auquel il est conduit par des anges. 11 reçoit de lui une puissance indéfectible et un royaume éternel. Nul doute qu’il ne s'agisse ici du Messie: c'est la tradition juive et chrétienne, et c est le sens absolument exigé par le texte. Or Jésus- Christ s est attribué ce mode d’apparition, ce tilre de Fils ■de 1 homme et ce genre d’empire et de pouvoir. Matth.,

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