ÉPAULE
contraire, ont éitlp ^(xtâv, « pour nous. » De sorte que le sens serait qu'Épaphras était le ministre de Jésus -Christ auprès des Colossiens à la place de l’Apôtre; mais cette leçon est douteuse. Voir Ch. J. Ellicott, St Paul's Epistles ' to the Philippians, the Colossians, 4e édit., Londres, 1875, I p. 117. — D'après certains critiques, tels que Grotius, In j Col., ii,7, Opéra, Amsterdam, 1679, t. ii, part, ii, p. 922, j le nom d’Épaphras étant une contraction d’Épaphrodite, le personnage qui porte ce dernier nom, Phil . , ii, 15; iv, 18, ne serait pas différent d’Épaphras. Cette identification ne repose que sur l’identité possible du nom et est peu vraisemblable. On célèbre sa fête dans l'Église latine le 19 juillet. Voir Épaphrodite. Cf. J. D. Strohbach,
De Epaphra Colossensi , in -4°, Leipzig, 1710; Acta sanctorum, t. iv julii (1725), p. 581-582.
ÉPAPHRODITE ( ’ETracppôSrroç, « d’Aphrodite,» nom correspondant au latin Venustus), chrétien de Philippes,
« coopérateur et compagnon de lutte, ') o-uvepy'o; xai cjudTpaTiüiTVii;, de saint Paul. Phil., n, 25; iv, 18. Nous ne savons de lui que ce que nous en apprend l’Apôtre dans son Épître aux Philippiens. Ses compatriotes le chargèrent de porter à Rome des aumônes à saint Paul, qui y était prisonnier. Là il fut gravement malade, et, après sa guérison, saint Paul le chargea de rapporter à l’Église de Philippes ses lettres de remerciements. Phil., n, 25-30.
A cause de la similitude de nom d'Épaphras et d'Épaphrodite ( voir Épaphras ) , quelques commentateurs ont supposé que le messager des Philippiens auprès de saint Paul était le même que le fondateur de l’Église de Colosses, Col., i,7; mais leur opinion est sans vraisemblance. Le nom d’Épaphrodite était très répandu. Suétone, Nero, 49; Domit., 14; Josèphe, Cont. Apion., i, 1; n, 41, etc.; Tacite, Ann., 15, 55, etc. On le rencontre souvent dans les inscriptions. Bôckh, Corp. inscript, græc., 1811, 2562. Voir AV. Pape, Wôrterbuch der griechischen Eigennamen, 3e édit., Brunswick, 1863, t. i, p. 363. Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait dans les Épitres de saint Paul un Épaphras et un Épaphrodite. On ne s'expliquerait pas d’ailleurs pourquoi l’Apôtre nomme toujours, sous la forme Épaphras, le Colossien qui était 1 son compagnon de captivité, et toujours, sous la forme j Épaphrodite l’envoyé des Philippiens, si c’était le même personnage. De plus, la ville macédonienne de Philippes était si éloignée de Colosses en Phrygie, qu'on ne voit pas comment elle aurait pu charger Épaphras de porter ses aumônes à Rome. Enfin Épaphras était compagnon de captivité de saint Paul, et rien n’indique que l'Apôtre ait pu lui faire porter son Épître à Philippes. Phil., n, 20.
Les Grecs qualifient saint Épaphrodite d'apôtre. Quoique l’expression de saint Paul, igcov ànôcz o>ov, apostolam j vestrum, qui est suivie de ministrum necessilatis meæ,
« mon aide dans mes nécessités, » Phil., n, 25, doive se prendre dans le sens général de « votre messager, qui a subvenu à mes nécessités » (en m’apportant vos aumônes), ce Philippien mérita assurément le titre d’apôtre comme les autres prédicateurs de la foi à cette époque. Le Pseudo- Dorothée, De septuaginta discipul., 54, Patr. gr., t. xcii, col. 1065. le compte parmi les soixante -dix disciples du Sauveur et le fait évêque d'Andriaque, ville de Lycie, à l’embouchure de la rivière qui passe à Myra : c’est la ville où saint Paul, conduit de Césarée à Rome, dut s’embarquer sur le navire d'Alexandrie. Act., xxvn, 5-6. Mais le témoignage du Pseudo- Dorothée est très contestable. Théodoret, In Phil., ii, 25, t. lxxxii, col. 576, pense qu’il était évêque de Philippes. Voir Tülemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique , 2e édit., Paris, 1701, t. i, note 65, p. 574; Acta sanctorum, 22 mariii, t. m (1668), p. 370; J. A. Siep, De Epaphrodito Philippensium apostolo ex Sacra Scriptura, in-4°, Leipzig, 1741.
F. Vigouroux.
ÉPAULE (hébreu : kâtéf ; Septante : ùp.o;; A’ulgale : humérus, scapula ), partie supérieure du bras par laquelle