‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 29 sur 485 · LIVRE DE · texte numérisé non relu

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le Temple, et la dévastation se répandra jusqu’à la ruine absolue et décrétée. »

il. Interprétalion verbale. — Le premier verset, 24, est un sommaire de la prophétie; les autres, 25, 26, 27, en sont un développement. — 1° Soixante -dix semaines sont fixées et arrêtées, pour le peuple et la ville chers au prophète, comme époque de la rénovation messianique. Les soixante-dix semaines dont il s’agit sont des semaines d’années, en tout 49ü ans, et non pas des semaines de jours, un peu plus de seize mois ; seize mois, en effet, ne suffiraient pas pour remplir tout ce qui est annoncé. Les semaines sont fixées et arrêtées. Le verbe néhlak, usité ici seulement et dans les Targums, signifie exactement : « découpées [dans le temps J, » ce qui revient à dire : « définies et déterminées. » Théodotion traduit : cuvsTp.rôrjcav. Leur terme final est la rénovation messianique, b = ad. La rénovation messianique, dont il est tant parlé dans les prophètes, comprend ici six choses distinctes ou deux séries de biens surnaturels. Les uns sont négatifs : 1. la cessation de l’apostasie ou de la rupture avec le Dieu de l’alliance : lekalê’ est mis pour lekalêh, selon toutes les anciennes versions. On doit rejeter l’opinion de plusieurs Pères, saint Hippolyte, Origène, Eusèbe, saint Jean Chrysostome, Théodoret, Euthy.mius; cf. F. Fraidl, Die Exegese der siebzig Wochen Daniel, p. 154, qui entendent ce verset du déicide, qui fut le comble (ad consummandum) mis à leurs crimes par les Juifs coupables; 2. l’abolition ou la rémission du péché: lehâtém (ad finiendum) ne s’écarte pas sensiblement de lehatém (ad cohibendum [ne serpat]), qu’ont lu Théodotion et la vieille Vulgate latine; 3. l’expiation de l’iniquité originelle, ’âvôn, par la satisfaction due au Messie. Cf. D. Palmieri, De vent. Inst. I. Judith, De Valicinio Danielis, Gulpen, 1886, p. 71. — Les autres biens positifs sont : 1. l’avènement de la justice = la sainteté morale éternelle ; 2. l’accomplissement des visions et des prophéties : le verbe est lahelôm , qui peut signifier ou « accomplir » ou « faire cesser », plutôt « accomplir », croyons - nous , bien que l’autre sens ait sa valeur; 3. Fonction du Saint des, saints. Le Saint des saints, selon nous, est l’Église, cf. Ephes., n, 21, 22; I Tim., m, 15; Apoc., xxi, 2; mais l’Église dont la tête et le fondement est le Messie Jésus-Christ. Que ce soit le Messie, en tous cas, c’est certain ; il y a même obligation de le croire, à cause des Pères et des écrivains ecclésiastiques, qui làdessus sont moralement unanimes. Que ce soit le Messie, et son corps mystique l’Église , c’est ce que nous soutenons pour de très graves raisons. J. Knabenbauer, In Daniel., p. 239-242; D. Palmieri, Vaticinium, p. 72-76. Cf. J. Corluy, Spicilegium dogmatico - biblicum , Gand, 1884, 1. 1, p. 496. Et tels sont les grands biens qui doivent se réaliser dans l’intervalle ou à la fin des soixante-dix semaines : c’est « l’ordre des grands siècles » ou les temps messianiques qui s’annoncent. — 2° La distinction des semaines et la fixation à ces semaines distinctes des événements qui s’y rapportent sont exprimées dans les versets qui suivent, et c’est ce qui explique que la Vulgate ait rendu l’hébreu vetéda' par « scito ergo ». Les soixantedix semaines sont donc divisées en trois groupes inégaux : 7 + 62 + 1. Les deux premiers sont ouverts et fermés par un grand fait. Le fait initial des soixante -neuf semaines est la publication d’un décret. Le fait qui les ferme est l’avènement du Messie-Roi. Le décret a pour objet de rebâtir Jérusalem. Le mot lehàsib , qui fait difficulté, se traduit avec quelques-uns par ad restituendum , mais avec la Vulgate, ce qui est mieux, par iterum. Pour l’autre terme, le « Messie -Roi », c’est un être déterminé, quoiqu’il manque de l’article. De plus, il faut prendre le second titre, nàgid (princeps), comme une apposition du premier, maéiah (unctus). Et, en fait, c’est d’un Prêtre- Roi qu’il s’agit, puisque c’est par un sacrifice, cf. ÿ. 27, qu’il remplit son rôle. Notons que ïalnach qui affecte le mot sibe üh n'est pas disjonctif. 11 s'écoulera

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donc d’après cela , entre le décret et le Messie -Roi, soixante-neuf semaines ou 483 ans. — Le fuit assigné à lu fin des sept semaines, premier groupe, est la reconstruction de Jérusalem, de ses portes et de ses murs ou de ses fossés dans des temps difficiles. Plusieurs précisent davantage. Ils pensent que la ville a été restaurée en 49 ans, comme il est dit; mais, coupant le verset, ils avancent que les places et les murs l’ont été dans un temps plus court, très court. D. Palmieri, Vaticinium, p. 78. Il n’est pas nécessaire de faire cette coupure, car le féminin nibenefâh peut très bien avoir pour sujet le féminin rehôb, qui suit immédiatement. Mais remarquons, par contre, que la conjonction ve est tombée du texte devant tâsûb (iterum), car l’autorité et la critique s'accordent pour en réclamer la présence. — Le fait qui se rattache aux soixante -deux semaines, second groupe, est la mort violente du Messie, avec les deux effets terribles qu'elle entraîne. Il s’agit du déicide. Le verbe ikkârét ( occidetur ) est usité des grands coupables à qui l’on applique une mort violente. Voir Gen., xvm, 14; Num., ix, 13; Exod., xn, 15; Lev., vii, 20; xvn, 4, 9, etc. 11 est donc bien affirmé que le Messie sera frappé de mort. Au lieu du Messie, plusieurs, entre autres Théodolion, ont lu l’abstrait : « onction » (-/f Mais c’est manifestement une faute, le texte, Aquila, Symmaque, la Vulgate, portant uniformément le Messie. Le premier effet de cette mort violente est l’abandon et le rejet du peuple, ce qui est exprimé par: ve'én lô (et non ei). Phrase obscure, une croix pour les interprètes. Littéralement traduite, elle donne ce sens : « il n'y a pas à lui, » ou mieux : « n’est pas à lui (le Messie). » Il y a évidemment ellipse. Le supplément de l’ellipse doit se trouver dans le contexte. Parmi les hypothèses possibles, deux paraissent probables. L’une : « Il sera frappé de mort, mais il n’y aura pas de mort pour lui ; » opinion qui s'autorise du contexte prochain (logique) et d’une analogie étroite avec, en particulier, la doctrine d’Isaïe, qui, dans le même contexte, présente le serviteur de Dieu comme étant tué et comme n’étant pas tué. Is., lui, 3-9; cf. Ps.xxi, 22, 23; xv, 10. Voir J. Knabenbauer, In Daniel., p. 23G. L’autre : « Il sera frappé de mort, et il n’aura pas ce qu’il doit avoir, ce qui lui appartient. » Or ce qui lui appartient comme Messie, c’est le peuple, qui en le répudiant cessera d’être un peuple à lui. La Vulgate, en ajoutant fnpulus, qui eum negaturus est, a paraphrasé justement le texte : c’est le sens qu'il faut suivre. D. Palmieri, Vaticinium , p. 99. Le second effet prédit du déicide est, dans un intervalle imprécis , la destruction complète de la ville et du Temple et le renversement du culte et de la- nation. Le peuple d’un prince marchera, habbd' ( = «venir » dans un sens militaire hostile, I, 1 ; xi , 10), contre la ville et le sanctuaire, et les ruinera. Cette destruction finale aura la violence rapide et l’enveloppement absolu de l’inondation, du grand déluge sans doute. Le mot du texte rendu par vastitas est basèléf (avec l’article), qui exprime l’image du cataclysme universel auquel est comparée l’armée vengeresse qui viendra. La guerre, en effet, durera jusqu’à l’extrême fin : c’est une dévastation irrévocablement décrétée. Hébreu : Et finis ejus (erit) in inundatione, et usque ad finem (extremitatem) ejus, bellum ; decretum vastalionum. — Il ne reste plus qu’une semaine, la soixante-dixièrne. Il s’y passe deux faits précis qui la distinguent : 1. l’affermissement de l’alliance et 2. la cessation du culte ancien. L’alliance, qui renferme les biens messianiques mentionnés plus haut, est confirmée ou affermie, en ce sens que de promise seulement elle devient un fait et une réalité ; et c’est le Messie qui en est l’auteur. C’est lui également qui fait tomber le culte ancien, au milieu, — non pas dans une moitié, — de cette dernière semaine. L’hostie et l’oblation, ce sont les deux grandes divisions des sacrifices mosaïques, désignent le culte tout entier, dont le sacrifice est le centre. Au fond, c’est la prédic-

tion que la nouvelle alliance est substituée à l’ancienne; car, les sacrifices abrogés, il est nécessaire que l’économie dont ils font partie soit abrogée aussi : abrogation de droit d’ailleurs plutôt que de fait. — Ensuite, après cette semaine, à une date non fixée, il y aura dans le Temple des abominations qui causeront une irréparable et éternelle ruine. Les auteurs sont partagés sur le sens de ces phrases difficiles, que nous entendons ainsi : « Il y aura (hébreu : 'al kenaf = « sur l’aile [du Temple], » pour : dans le Temple; Septante : in\ r'o ispov; Vulgate : in templo; Mattli. , xxiv, 15) des choses abominables, savoir des idoles, des actes d’idolâtrie, des crimes horribles (siqûsîm) , qui amèneront comme châtiment la dévastation complète. Voir t. i, col. 09 Et ce sera ainsi jusqu’à la ruine finale décrétée, qui couvrira au loin, comme un voile de deuil étendu, ces lieux désolés (hébreu : Et [erit] usque ad inter necionem eamque décrétant [ quæ ] effundet se super vastatum). » Septante, Théodotion, Symmaque. — La prophétie ainsi comprise peut se ramener à ce qui suit : 1° 11 y a soixante-dix semaines de fixées pour établir un nouvel ordre de choses, que distinguent la cessation du péché et l’avènement de la sainteté morale. 2° Il y aura soixante -neuf semaines qui s’ouvriront au décret enjoignant de reconstruire Jérusalem et qui finiront à l’arrivée du Messie- Roi. Ces soixante-neuf semaines se divisent en deux séries : l’une de sept semaines, pendant lesquelles la ville sera rebâtie belle et forte; l’autre de soixante -deux semaines, après lesquelles le Messie- Roi sera violemment mis à mort. L’effet de cette mort violente sera 1. la répudiation du peuple qui l’a sacrifié et 2. la destruction totale de la cité sainte et du Temple. 3° Il y aura une dernière semaine durant laquelle la nouvelle alliance sera conclue. Exactement au milieu de cette semaine le culte ancien cessera en droit. Puis l’abomination, qui causera la ruine, pXe- 8-JYp.x -trjç âprjptotJÉ'aç, régnera dans le Temple, et il en sera ainsi jusqu’à la destruction complète décrétée. Voyons maintenant à qui s’applique cette prophétie.

iii. Interprétation réelle. — 11 existe présentement deux grandes conceptions de la prophétie, l’une rationaliste, l’autre catholique. Ajoutons -en une troisième, qui l’applique à 1a fin des temps. N’ayant pour elle ni le texte ni le nombre, il suffit de l avoir nommée. Voir J. Knabenbauer, In Danielem, p. 266-208. — Les rationalistes rapportent donc cette prophétie aux temps d’Antiochus IV Épiphane, et ils en fixent l’accomplissement final avant l’an 1G3 au plus tard. Pour eux, c’est non pas une prophétie, — ils n’en reconnaissent point, — mais un vaticinium post eventum, c’est-à-dire une histoire passée écrite en style prophétique. Ils n’admettent pas qu’il y soif aucunement question du Messie. Ils 1 interprètent à peu près chacun à sa guise, et ils se divisent à T envi les uns des autres en l’interprétant. Division sur le point de départ des soixante-dix semaines, sur leur point d’arrivée, sur la nature de ces semaines (les uns en faisant des semaines de jours, d’autres des semaines d’années, d’autres des semaines symboliques, imprécises), sur la fin des sept semaines , sur le commencement et la fin des soixantedeux semaines, sur la succession des différents groupes de semaines, et enfin sur la date initiale de la dernière semaine. Puis division sur les Messies nommés ÿ. 25 et 26: les uns les identifient, les autres les distinguent. Division sur la personne de ces Messies ; ils nomment, quand ils les séparent : pour le premier, Cyrus, Onias III, Josué, Zorobabel, N’abuchodonosor, Sédécias ; pour le second, Onias, Séleucus Philopator, Alexandre, le sacerdoce (unctio), le souverain pontificat suspendu par Antiochus ou interrompu après Onias. Naturellement l’exégèse du texte répond à cette divergence de conceptions, elle est d’une variété infinie : l’on s’y perd. Impossible donc d’exposer, même très rapidement, ce chaos d’opinions. On s’en fera quelque idée en lisant A. Rohling, Das Buch Daniel, p. 302, et en étudiant le tableau des vingt -cinq

systèmes principaux qu’il a dressé, p. 290, et sur lesquels il porte avec raison le jugement suivant : « Ils sont unanimes, dit- il, à exclure de la prophétie le vrai Messie, le Rédempteur. En dehors de cela ils abandonnent tout le reste, libéralement, au gré et au caprice de chaque chercheur. Aussi le résultat est-il une vaine chimère où sont foulées aux pieds toutes les lois de la langue, de l’exégèse et de l’histoire, » p. 285. — La conception catholique, au contraire, regarde unanimement cette prophétie comme messianique, c'est-à-dire, pour parler nettement, comme se rapportant à Jésus -Christ Notre- Seigneur, à son temps et à son œuvre. Que s’il reste encore des points obscurs, ils ne nuisent pas à l’attribution générale, et l’on peut commodément les éclaircir.

Preuves. — 1° Aux dates et aux laits du texte répondent exactement les dates et les faits de la vie de Jésus, et seuls ils y répondent. Les soixante -dix semaines (490 ans) linissent à l’apparition des biens messianiques, dont nous avons parlé. La crucifixion de Jésus a amené la rémission des péchés, la réalisation des anciennes prophéties et l'onction par l'Esprit de l’Eglise naissante. La date du décret de reconstruction de Jérusalem, date qui ouvre la période totale des 490 ans et la période initiale des 49 ans, est, suivant un plus grand nombre, — car plusieurs ont préféré la septième année, ce qui en somme ne fait pas un grand écart, — la vingtième année d’Artaxerxès Longue- Main, c’est-à-dire, d’après un comput probable, l’an 290 de Rome fondée. Ajoutez les soixante- dix semaines ou 490 ans, et vous arrivez à l’an 780, date effective de la rénovation prédite. La ville est rebâtie dans les sept premières semaines (49 ans); dans quelles angoisses! on le sait par Esdras. Soixante-deux semaines après (434 ans), le Christ est mis à mort. Puis le peuple qui l’a renié est rejeté. Puis, à une date qui suit, la ville et le Temple sont détruits par l’armée de Titus, et la ruine et la dévastation persévèrent. Dans la soixante-dixième semaine, Jésus inaugure l’alliance avec ses Apôtres d’abord, les sacrifices anciens sont abrogés, et peu après des horreurs se commettent dans le Temple par les idolâtres et par les zélotes eux -mêmes, et une guerre de dévastation amène une désolation irrémédiable. L'accord entre la prophétie et l’histoire de Jésus et de son temps est donc parfait. Tel est par conséquent le sens dans lequel il faut l’entendre. On objecte que les chiffres ne coïncident pas. Avouons-le Mais il n’y a rien de « fort surprenant, dit Bossuet, Discours sur l’histoire universelle , II" partie, ch. ix, s’il se trouve quelque incertitude dans les dates... Le peu d’années dont on pourrait disputer sur un compte de 490 ans ne fera jamais une importante question ». L’écart du reste est presque insignifiant, sept ou huit ans au plus, et il tient à l'ignorance où nous sommes de la date précise de la naissance de Jésus. « Mais pourquoi discourir davantage? Dieu a tranché lui-même la difficulté..., dit encore Bossuet, ibid. Un événement manifeste nous met au-dessus de tous les raffinements des chronologistes, et la ruine totale des Juifs, qui a suivi de si près la mort de Notre -Seigneur, fait entendre aux moins clairvoyants l’accomplissement de la prophétie.» — 2° Une autre preuve de la vérité de la conception catholique est l’unanime tradition des anciens et nommément des Pères et des écrivains ecclésiastiques. Il est fait allusion par Notre- Seigneur à 26c‘d et à 27c‘d dans Matth., xxiv, 15; Marc., xm, 14 : nul doute qu’il ne s’agisse de la catastrophe de l’an 70. L’historien Josèphe, Ant. jud., X, xi, 7, y rapporte aussi cette partie de la prophétie, et il voit ailleurs, Bell, jud., IV, vi, 3; v, 2; ii, 1, dans les profanations et les crimes des zélotes la cause de cette ruine. Cf. Fr. Fraidl, Die Exegese, p. 19-23. Les premiers Juifs l’entendent aussi comme lui, notamment ceux du temps de saint Jérôme, In Dan., t. xxv, col. 552. Ils se divisent plus tard, mais les plus illustres maintiennent à cet oracle le caractère messianique et reconnaissent la ruine de leur nation dans les «derniers versets. Nommons Saadias

ha-Gaon, R. Salomon Jarchi, Aben-Esra, Abarbanel. Cf. Fr. Fraidl, Die Exegese, p. 124-134. — Les Pères et les auteurs chrétiens sont unanimes. Il en est quelquesuns, saint Justin, saint Cyprien , Lactance et saint Grégoire de Nysse, qui, ayant occasion de citer cette prophétie, ne la citent pas. 11 faut attribuer ce silence à l'incertitude des dates et à des difficultés singulières d’interprétation, mais non à leur méconnaissance de sa messianité. 11 n'y a, que l’on sache, que trois écrivains qui en doutent ou la nient. Deux modernes, le P. Hardouin et D. Calmet, tranchent sur le commun en ce sens qu’ils ne l’appliquent au Messie qu’au sens spirituel. A part cela, tous, les rationalistes exceptés, l’interprètont de Jésus de Nazareth et de son temps. Fr. Fraidl, qui a étudié consciencieusement les quinze premiers siècles à cet égard, en est arrivé comme résultat aux conclusions suivantes : Les auteurs qui l'ont commentée avec soin, à l’exception de Julius Ililarianius et des deux eschatologues Apollinaire et Ilésychius, font considérée tous comme étant messianique. La justice éternelle est le Christ lui -même ou les biens surnaturels apportés par lui. En somme : « A côté de l’unanimité dans l’explication générale de la prophétie, il règne une grande division sur le sens des phrases particulières et sur la computation des semaines. On doit admettre une interprétation traditionnelle de la prophétie , mais il faut dire qu’il n’en existe pas sur la manière de compter les semaines. » A cet égard , on distingue trois sortes d'opinions, les unes fixant la venue du Messie au milieu de la soixante-dixième semaine, les autres exactement à la fin de la soixante- neuvième ou encore de la soixante-dixième, et les troisièmes après la soixante -neuvième, mais en la combinant avec l’oracle de Jacob sur le sceptre qui doit sortir de Juda. Voir Fr. Fraidl, Die Exegese, p. 153-159 : on y voit un tableau de trente-deux computations diverses des soixante-dix semaines. Et ainsi l’histoire s’accorde avec la tradition exégétique pour rapporter à Jésus-Christ les grands traits de cette prophétie. Que si après tant d’éclaircissements elle offre encore quelque obscurité, disons que cette obscurité a été voulue de Dieu. « Il veut que sa révélation soit assez claire pour qu’un esprit attentif et droit puisse la saisir, mais il ne veut pas que l’évidence tue la liberté. Le langage de Daniel aurait pu être plus clair, si Dieu l’avait voulu; mais il est suffisamment intelligible pour l’homme sincère. » Mar Lamy, La prophétie de Daniel, p. 214, dans La Controverse , février 1886 Cf. E. B. Pusey, Daniel, p. 166. Telle est cette magnifique révélation, qui complète en les précisant les révélations précédentes, en particulier celle de Jacob, sur les temps messianiques. — A voir : Scholl , Comment, exeget. de Septuaginta hebdomad. Danielis, 1829; * VVieseler, Die 10 Wochen und die 63 Jarhwochen des Propheten Daniels, Gœttingue, 1839; * K. Hoffmann, Die 10 Jalire des Jerem. und die 63 Jaliresvoochen des Daniels, Gœttingue, 1839; Stawars, Die Weissagung Daniels in Beziehung auf das Taufjahr Christi, dans la T'ùbing. Quartalschrift, 1868, p. 416; Neteler, Die Zeit der 10 Jahreswochen Daniels, dans la Tïibing. Quartalschrift , 1875, p. 133; Reusch, Patristische Berechnung der 10 Jahreswochen, dans la Tübing. Quartalschrift , 1868, p. 536; Franz Fraidl, Die Exegese der Siebzig Wochen Daniels, Grâtz, 1883; Corluy, Spicilegium dogmatico-biblicum, Gand, 1884, 1. 1, p. 474-515; D. Palmieri, De veritate historien libri Judith, Appendix, Vaticinium Danielis, Gulpen, 1886, p. 61-112; * J. W. van Lennep, De zeventig Jaarweeken van Daniel, Utrecht, 1888 ; L. Reinke, Die Messianischen Weissagungen , Giessen , 1862 , t. iv , p. 167-440; J. Bade, Christologie des Allen Testament, iii, 2, Munster, 1852, p. 75-134; G. K. Mayer, Die messianischen Prophezien des Daniel, Vienne, 1866, p. 158.

IX. Bibliographie. — 1° Prolégomènes. — * Ilengstenberg, Die Authentie des Daniel, Berlin, 1831; J. Fabre d’Envieu, Le livre du prophète Daniel, Introduction

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