‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 8 sur 485 · I. Nom. — Le nom hébreu, ptoST, Damméséq , dont · texte numérisé non relu

I. Nom. — Le nom hébreu, ptoST, Damméséq , dont

l’origine est obscure (cf. Gesenius, Thésaurus , p. 345), se retrouve exactement avec la même forme dans les langues anciennes. Sur les murailles de Karnak, il est

écrit liI)T> , Ti-ms-qu, ou Dimasqou. Cf. A. Mariette, Les listes géographiques des pylônes de Karnak, Leipzig, 1875, p. 17; G. Maspero, Sur les noms géographiques de la Liste de Thoutmès III qu’on peut rapporter à la Galilée, extrait des Transactions of the Victoria Institut e , or Philosophical Society of Great Britain, 1886, p. 4; W. Max Müller, Asien und Europa nach altâgyptischen Denkmàlern , Leipzig , 1893, p. 98. Une inscription de Salmanasar II le transcrit Di-ma's -qi,. Cf. Cuneiform In-

scriptions of Western Asia, t. m, pl. 5, n° 6; A. Amiaud et V. Scheil, Les Inscriptions de Salmanasar II, Paris, 1890, p. 60. Les monuments assyriens le représentent ainsi avec ou sans le redoublement de la seconde radicale : Di-ma-aë-qi = Dimaëqi ; Dimaëqa; Dim-maë-qa = Dimmasqa. Cf. E. Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament , Giessen, 1883, p. 138, 209, 213. — Le livre des Paralipomènes nous a conservé la forme araméenne, p\va~-, Darméééq, dans laquelle le daguesch

fort s’est, suivant le dialecte syrien, résolu en resch; c’est ainsi que l’hébreu kissê’ devient en chaldéen korsê’, en arabe koursî, « siège, trône. » Cf. Gesenius, Thésaurus , p. 1245. Le scribe égyptien de la Liste de Ramsès III l’a reproduite, avec un léger changement de l’orthographe

ancienne (k pour q ; i pour u) : j 8 jjj ^ TT, Ti -ramas-ki. Cf. W. Max Millier, Asien und Europa, p. 234. Elle existe également dans le syriaque, jSaaüoM, Darmsûq , et le talmudique, ppDOin , Dôrmasqin. Cf. F. Mühlau et W. Volck, W. Gesenius’ Handwôrterbuch , Leipzig, 1890, p. 197; A. Neubauer, La Géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 296. — Le nom ancien s'est maintenu chez les Arabes, Dimaschq

(cf. Abulféda , Tabula Syriæ , édit. Kœhler, Leipzig, 1766, p. 50, 100), bien que celui de Esch-Schâm,

« la Syrie, » soit plus usité, suivant leur habitude de donner le nom du pays à sa capitale, comme le Caire est appelé Mise, « l’Égypte. » — Le mot Damméèéq est employé une fois, Ezech., xxvn, 18, pour « habitant de Damas », avec ellipse de 'is , « homme. » Enfin dans le Dcméséq d’Atnos, ai, 12, les plus vieilles versions,

grecque, syriaque, latine, ont reconnu la ville de Damas, tandis que plusieurs exégètes modernes attribuent plutôt à l’expression bi-dméséq 'âréè le sens de « coussin en soie ou en velours ». Cf. Trochon, Les petits Prophètes, Paris, 1883, p. 155; pour la critique textuelle, voir J. B. de Rossi, Variæ lectiones Vet. Testamenti , Parme, 1785, t. ni, p. 186.

IL Description. — 1. Site. — Damas est située dans une vaste plaine, appelée El-Ghoûtah , bornée au nord, au nord-ouest et au sud par des montagnes, et ouverte à l’est du côté du désert. C’est une admirable oasis qui a été célèbre de tout temps, et dont la beauté réalise, aux yeux des Arabes en particulier, l’idéal de toutes les magnificences terrestres. Rien plus, c’est le reflet du paradis pour les disciples du Coran, qui conçoivent le ciel comme un splendide jardin, arrosé d’eaux vives, plein de fruits et embaumé de senteurs. Nous ne pouvons sans réserve souscrire à ces louanges, et il est tel coin de l’Italie, de la France ou des bords du Rhin , qui les mériterait mieux. Ce qui rend plus sensibles les merveilles de la nature dans ce lieu de délices, c’est le contraste avec le cadre qui l’entoure. Après les longues marches dans un désert brûlé, on comprend l’éblouissement du voyageur orienta], tombant tout à coup au sein d’une végétation luxuriante. De quelque côté qu’on aborde la grande cité, il faut traverser des pays rocailleux et nus, d’une morne tristesse. Tous ceux qui ont fait le voyage de Jérusalem à Damas se rappellent les cris de joie avec lesquels ils ont salué l’espèce d’île enchantée qui apparaît à l’horizon comme le rivage longtemps attendu. Pour mieux en juger, du reste, jetons un premier coup d’œil sur le splendide panorama qui se déroule aux regards du spectateur placé non loin du village de Doummar, sur les hauteurs du Djébel Qasioûn (voir fig. 464). A ses pieds s’étend la ville, inondée de lumière, avec un fond de verdure qui se détache admirablement sur le jaune doré du désert. Une vaste ceinture de vergers, de prairies, de massifs d’arbres, entoure l’amas confus des maisons en terrasses, dominé par d’innombrables coupoles et minarets. A l’ouest, la montagne s’élève jusqu’au grand Hermon, qui semble très rapproché et dresse sa tête blanche dans l’azur du ciel. A gauche, vers le nord-est, l’Anti- Liban s’abaisse en collines arrondies et marque d’une ligne violacée la direction que suivent les caravanes qui s’en vont à Homs, Palmyre et Bagdad. En face, au delà de la Ghoùtah, se dressent, regardant l’un par-dessus l’autre, le Djébel el-Asouad et le Djébel el-Mâni'a. Enfin, comme fond de tableau, se dessinent à l’horizon les cimes bleues du Djébel Hauran et, plus à l’est, les collines coniques du Touloùl.

2. Eaux et jardins. — Le plateau sur lequel est bâtie Damas est à une altitude de 697 mètres. Assez froid en hiver, en raison même de cette élévation, il devient brûlant en été, sous le souflle des vents desséchés qui arrivent des déserts de la Mésopotamie et de l’Arabie. La température moyenne de l’année est assez forte pour donner aux orangers et aux palmiers une belle venue dans les endroits abrités. Mais ce qui fait la richesse do ce territoire, au milieu des contrées sablonneuses et rocheuses qui l’enserrent, c’est le Barada, l’Abaiia de l’Écriture. IV Reg., v, 12. Sorti, à travers de profondes crevasses, des gorges de l’Anti- Liban, ce torrent débouche dans la plaine de Damas, coupe un coin de la ville au nord, et va se perdre, à une vingtaine de kilomètres à l’est, dans un grand lac, le Bahr el-Atéibéh. Voir Abana, t. i, col. 13. Ses eaux, distribuées par une multitude do canaux, portent partout dans les jardins la fraîcheur et la vie, alimentent de nombreuses fontaines, se répandent même, par un aménagement très bien entendu, jusqu’au sein des demeures les plus importantes. Grâce à ce système de canalisation , pratiqué dès les temps les plus reculés, et sous les rayons d’un soleil qui, au printemps ot en été, brille dans un ciel toujours pur, les jardins de

404. — Vue de Damas, prise de Es-Salahiyéh. D'après une photographie.

DAMAS

Damas sont ce qu’on peut rêver de plus délicieux. Séparés les uns des autres par des murs en pisé pétri avec de la paille hachée, ils sont aussi riches par la variété que par la beauté des arbres qu'ils renferment. Amandiers, figuiers, grenadiers, pêchers, cerisiers, citronniers, mûriers, noyers, etc., y étendent et y entremêlent leurs branches vigoureuses, chargées à la saison de fruits abondants, et auxquelles la vigne entrelace ses rameaux grimpants. Les abricotiers surtout y sont superbes; leurs produits, appelés mischmisch, sont petits, mais d’un jaune doré, à peau lisse, et d'un goût excellent. Les habitants en font des piites célèbres dans tout l’Orient. Les raisins, à grains allongés et à peau épaisse, sont mangés frais, secs , ou sont transformés en un sirop qui remplace le

que la ville avait des faubourgs autrefois comme aujourd’hui. Neuf portes donnaient accès dans la cité, qui, partout où elle n’est pas protégée par le Barada, était défendue par un large fossé, à présent aux trois quarts comblé, et par un avant- mur, presque entièrement détruit. L une des plus remarquables actuellement est celle qu’on désigne sous le nom de Bâb èsch-Scharqi, « la porte orientale. » D'un caractère monumental et de construction romaine, elle se compose d’une grande arcade centrale accostée de deux autres moitié plus petites, l’une au sud, l'autre au nord. Cette dernière seule est restée ouverte, les baies centrale et méridionale ayant été murées, il y a plusieurs siècles, par les musulmans. L'entrée actuelle est défendue par une tour surmontée d'un minaret, du

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