EFFRAIE
honte de sa mère. » Prov., xxrx, 15. « Ne ménage pas la correction à l'enfant; car. si tu le frappes de la verge, il ne mourra point (de la mort de l'âme). Frappe-le de la verge, et tu sauveras son âme du Se'ôl. » Prov., xxm, 13 et 14. C'est en considération de ces heureux fruits que Salomon disait encore : <c Le père qui ménage la verge n'aime pas son Mis; celui qui chérit son enfant le corrige au matin de sa vie. » Prov., xm, 24. Le sage roi ne recommande pas la correction aveugle et brutale qui n'aboutit pas ; il condamne seulement une faiblesse coupable, qui serait contraire à la véritable affection du père pour ses enfants. En conséquence, il conseille aux fils d'écouter les instructions et les avis de leurs parents. Prov., i, 8 et 0; XXIII, 22. « L'enfant sage est le fruit de la discipline paternelle; mais celui qui est moqueur n'écoute pas quand on le reprend. » Prov., xm, 1. «L'insensé se rit des enseignements de son père ; mais celui qui tient compte des réprimandes deviendra plus habile. ■• Prov., xv, 5. — 2° Le fils de Sirach a sur l'éducation morale des enfants les mêmes idées -que Salomon; il est toutefois plus sévère, et il l'ait appel à des motifs moins élevés. Il préfère un seul fils pieux à une nombreuse postérité d'enfants impies. Eecli., XVI, 1-5. La mauvaise éducation des enfants ne procure aux parents que honte et désavantages, xxu, 3-5. La correction et l'instruction sont en tout temps des œuvres de sagesse, xxu, G. Le morceau xxx, 1-13, est un court traité de pédagogie, et dans le texte grec il a pour titre : fhpi tsxvwv, « Des enfants, a Le Sage indique d'abord les motifs qui doivent porter les parents à corriger et à instruire leurs enfants. La correction, marque d'une véritable affection, procurera finalement le bonheur du père, qui n'aura pas besoin dans sa vieillesse d'aller frapper à la porte des voisins. y. 1. L'instruction produira au père la gloire et le profit au milieu de ses amis et de ses ennemis eux-mêmes, durant sa vie et après sa mort, puisqu'elle lui préparera dans ses fils de dignes successeurs et héritiers, f. 2-6. Le père ne cédera donc pas aux caprices de son lils, il ne le flattera pas, ne plaisantera pas avec lui; il ne lui laissera pas une trop grande liberté, mais surveillera toutes ses démarches et punira ses folies, y. 7-11. « Fais plier sa tête pendant qu'il est jeune, et ne lui ménage pas les coups tandis qu'il est enfant, de peur qu'il ne devienne opiniâtre, ne t'obéisse pas et fasse la douleur de ton âme. » f. 12. L'éducation est une œuvre laborieuse, qui mérite attention, y. 13. Le Sage avait déjà dit précédemment : « As-tu des fils'? Élève-les bien et plie-les au joug dès leur enfance. As-tu des filles? Veille sur leur corps et ne leur montre pas un visage gai. » VII, l25 et 20. L'éducation des filles est particulièrement difficile, parce qu'il faut garder la jeune fille à la maison paternelle et en même temps lui trouver un parti honorable, vu, 27. Le Sage a été frappé des sollicitudes que causent aux parents les jeunes filles, xlii, 9-11. Les motifs naturels et parfois même égoïstes sur lesquels il appuie ses conseils et justifie sa sévérité montrent bien l'imperfection de l'ancienne alliance, qui faisait compter plus sur la récompense temporelle que sur le bonheur éternel. Card. Meignan, Les derniers prophètes d'Israël, Paris, 1894, p. 423-426. D'ailleurs la correction sévère a toujours été employée dans l'éducation de l'enfance. H. Lesêtre, Le livre des Proverbes, Paris, 1879, p. 128. — 3" Saint Paul, qui exigeait de la veuve chrétienne qu'elle ait bien élevé ses enfants, I Tim., v, 10, a tracé' aux pères leurs devoirs. Ephes., vi, 4; Col., m, 21. Par une application touchante de l'esprit de douceur de l'Évangile, il leur recommande d'abord de ne pas provoquer leurs fils à la colère, en les traitant avec dureté; il craignait que, poussés à bout par des châtiments exagérés, les enfants ne tombassent dans le découragement et le désespoir. L'Apôtre cependant ne condamne pas la juste et modérée correction des enfants par leurs pères, puisqu'il l'invoque, Hebr., xn , 7, pour justifier la conduite
de Dieu, qui éprouve les justes. D'ailleurs il place la correction parmi les moyens positifs et légitimes d'une bonne éducation. « Elevé/, vus enfants, dit-il, èv 7taiBe«a xcé. vou- Oiai.-x Kupiou. » Ephes., yi, 4. IlaiSôia désigne l'éducation, l'instruction, dans tous ses modes, même par le châtiment, s'il est nécessaire. No\j(j£atK signifie « l'admonition », qui se manifeste, suivant les cas, par l'encouragement, la remontrance, la répréhension, le blâme. Cf. R. C. Trench, Synonymes du Nouveau Testament, trad. franc., Bruxelles et Paris, 1869, p. 129-133. L'édu cation et l'admonition doivent être données par les parents chrétiennement, comme le veut Notre- Seigneur, d'une manière conforme à son esprit. — Voir B. Strassburger, Geschichte der Erziehung und des Unterrichts lui den Isvaeliten von der vortalmudischen Zeit bis auf die Gegenwart, in- 1-2, Stuttgart, 1885. E. Manûenot.
'EDUT, terme obscur, qui se lit au titre des Psaumes LX et lxxx, dans le texte hébreu de la Bible. Ps. i.x: 'al 8û$an. édût. mik[âm le-Dâvîd. Ps. i.xxx : lamnaséâh. el sôsannim. 'édût. le ' Asùf mizmôr.Les versions anciennes gardent au mot 'édût, dans ces titres, sa signification commune de « précepte, loi, témoignage », (icepTiSpiov, liaprjpia , qui peut, en s'appliquant à un hymne, se prendre comme équivalent de « louange». Cf. Ps. CXXII, i. Au premier de ces titres, édût n'a été traduit ni par les Septante, ni par la Vulgate, ni par la Peschito, ni enfin par les Targums, mais seulement par Aquila et Syinmaque. Au Psaume lxxx (lxxix), les versions grecques et syriaques semblent joindre 'édût au mot suivant, soit: « Témoignage (règle) d'Asaph. » Les interprètes modernes varient dans leurs explications. Gesenius traduit « révélation », puis, au sens concret, « poème révélé, > ou encore « poème lyrique , destiné a être chanté sur la lyre ou le luth ». On peut, en eflèt, comparer le mot
hébreu à l'arabe ,jj: , « luth. » L'antiquité asiatique
connut, excepté l'usage des instruments à archet, les instruments en usage dans l'Orient moderne. Le luth, comme les autres instruments à manche, peut, aussi bien que ceux à cordes pincées, figurer dans le titre des psaumes. J. Parisot.
EFFRAIE, oiseau de la famille des rapaces nocturnes et du genre chouette. Voir Chouette. L'effraie commune, striai flammea (iig. 529), a le bec crochu , le plumage dorsal nuancé de fauve et de cendré ou de brun avec des mouchetures noires et blanches. C'est le nocturne qui a la coloration la plus agréable. L'effraie est un peu plus grosse que le pigeon.
Elle est très répandue dans nos pays, et y rend les plus grands services à l'agriculture, en détruisant une multitude de rongeurs nuisibles, rats, souris, musaraignes, insectes, etc. L'effraie pousse dans le silence de la nuit un cri aigu, entrecoupé de bruissements réitérés. Le nom français de l'oiseau vient sans doute de l'effroi que cause ce cri et de la crainte superstitieuse qu'inspirent d'ailleurs, tous les rapaces nocturnes. La stria} flammea est aussi commune en Palestine que dans nos contrées.
Elle y habite les ruines et les cavernes, où son cri prend quelque chose de plus lugubre encore et de plus effrayant. Tristram, The natural history of Ihe Bible, Londres, 1889, p. 192, identifie l'effraie avec l'oiseau impur appelé
L'effraie.
KFFRAIE
EGLISE
en hébreu 'a/jmàs. Lev. , xi , 16; Deut., xiv, 15. Ce nom vient de hâmas, « opprimer, » et convient par conséquent à un rapace. Les anciennes versions supposent que le tahmàs est un rapace nocturne : Septante : v).a-jï ; Vulgate : noctua; Gr. Venet. : vuxnxôpcrë- Les Targurns en l'ont aussi un oiseau rapace. L'identification du luhnuis et de la strie flammea est donc possible et même très probable. H. Lesëtre.
EGBERTI (CODEX). Ce manuscrit latin appartient à la bibliothèque de la ville de Trêves. L'écriture est onciale et d'une main du xe siècle. C'est un volume de 165 feuillets format in -4° : 27 cent, de hauteur sur 21 cent, de largeur. Ce n'est pas un manuscrit des Évangiles, mais un évangéliaire , c'est-à-dire un recueil des leçons (épitres et évangiles) du missel : Liber evangeliorum per circulant anni surnptus ex libro conxitis. Le Codex Egberti est célèbre, non pour son texte, mais pour ses miniatures, dont la publication en phototypie a été faite par F. X. Kraus, Die Miniature» des Codex Egberti, in-l°, Fribourg-en-Brisgau, ISS't. Le manuscrit avec ses miniatures fut fait pour Egbert, archevêque de Trêves de U77 à 993 ; il fut exécuté a l'abbaye de Reichenau, par les moines Herald et Héribert. C'est un important monument pour l'histoire de l'illustration de la Bible.
P. Batiffol.
EGÉE (hébreu : hégê', Esth., Il, 3, et lirgay, Esth., n, 8, 15; Septante: Tof, Esth., n, 8; omis n, 3, 15; Vulgate : Egeus), eunuque de la cour d'Assuérus (Xerxés Ier), spécialement chargé de pourvoir au harem royal. Esth., il, 3, 8, 15. Les Septante, qui omettent ce nom aux \ v. .'1 et 15, l'introduisent au y. li, a la place de Susagazi [hébreu, Sa'asga:), nom d'un autre eunuque, pr< a la garde des concubines du roi. On trouve un 'H-yt'aç parmi les officiers de la cour de Xerxés. Ctésias, Pers., 2j; Hérodote, ix, 33. D'autre part, selon quelques interprètes, hêgè' ne serait pas un nom propre, mais un nom commun signifiant « eunuque », comme àga en sanscrit. Cf. turc : aglia. Gesenius, Thésaurus , Addenda, p. 86.
E. Levesque.
EGLA hébreu : 'Eglâh, i génisse; » Septante : A'.yà). et 'Av/ij, une dos femmes de David, mère de Jethraam, le sixième des enfants qui naquirent au roi à Hébron II Reg., m, 5; I Par., m, 3. D'après une ancienne tradition juive, mentionnée par l'auteur des Quœst. hebr., Pair, lut., t. XXIII, col. 1347, 1370, Égla ne serait autre que Michol, l'épouse de sa jeunesse. Cette opinion repose uniquement sur la particularité suivante : parmi les six femmes de David, citées II Reg., ni, 2-5, et I Par., m, 3. le nom d'Egla est seul accompagné de l'apposition, i épouse de David. » La raison n'esl pas suffisante, même pour insinuer cette identification. E. LEVESQUE.
EGLISE, du grec èxxàijœîo, signifie proprement
assemblée ». Dans l'Ancien Testament, les Septante ont
traduit par sxxX*i?fa l'hébreu qâhâl, qui désigne tantôt
une réunion quelconque, Ps. xxv, 5; tantôt la réu n
des Israélites, Num., xx, i; tantôt la société religieuse formée par le peuple de Dieu, qehal Yehôvâh. Num., xix, 20; Deut., xxiii, 2, 3, 7 (Vulgate, 1,2,3, 8), 8. Dans le Nouveau Testament, ÈxxX*)eîa a des sens analogues. Il signifie quelquefois une assemblée quelconque. Act., xi\. 32, 39, 10. Il désigne le plus souvent une réunion de fidèles, soit leur réunion en un nain- lieu, poui prier et accomplir d'autres devoirs religieux, 1 Cor., xi. 18; xiv, t, 12, 19, 34; Col., iv, 15; Philem., 2 (cette réunion des chrétiens ne porte qu'une seule fois, .lac, il, 2, le nom de •j'jvrtci)-Ir1 . qui était réservé aux réunions des Juifs el aux édifices où elles se faisaient); — soit la société particulière formée des fidèles d'une même ville, par exemple Jérusalem, Act., vin, I ; xi, 22; xv, 'i ; Antioche, Ad , xin, l; xiv, 26; xv, 3; Ephèse, Ad., xx, !7;Cenchrée,Rom., xvi, 1 ; — soit enfin la société
de tous les fidèles répandus dans le monde. Matth.. xvi, 18; I Cor., xn, 28; Eph., i, 22, 23; m, 10; v. 23. 24, 25, 27,29,32; Col., i, 18, 24; I Tira., m, 15. - C'est de l'Église entendue en ce dernier sens que nous allons nous occuper. Nous ne parlerons pas de son organisation ni des sacrements et autres moyens de sanctification qui lui ont été confiés. Il en est question dans d'autres articles. Xous l'envisagerons seulement comme la société des fidèles.
I. L'Eglise dans les Evangiles. — Pour nous donner ses enseignements sur l'Église, le Sauveur s'est servi de trois métaphores principales. 11 l'a appelée le royaume des cieux, Matth.. xvi, 19, en promettant à saint Pierre de l'en constituer le chef. C'est de cette manière qui! la désigne aussi dans les paraboles du festin nuptial, Matth.. XXII, 2-14; des filets, Matth., xm, 47-50; du champ qui contient de l'ivraie, Matth., xm, 24-30, paraboles où il fait ressortir que l'Église est destinée à recevoir des justes, et que cependant il s'y rencontre des pécheurs avec eux. Il l'a encore appelée le royaume des cieux dans la parabole du grain de sénevé et dans celle du levain, Matth.. xm, 31, 32, où il annonce comment elle devait se répandre par tout l'univers. — Il l'a désignée sous son nom propre d'Église, Matth., xvi, IN, lorsqu'il l'a représ sous la figure d'un édifice bâti sur l'apôtre Pierre comme sur un rocher inébranlable. Il lui donna alors une constitution monarchique, et lui promit une indéfectibitité qui devait rendre inutiles tous les assauts de l'enfer. — Il l'a enfin comparée à un troupeau dont il est le pasteur, Joa., x, 1-16, et déclaré que ce troupeau doit être unique. Reprenant cette comparaison, il a établi saint Pierre le pasteur de ce troupeau. Joa., xxi. 15-17. Il a ainsi réalisé les promesses qu'il avait faites a cel apôtre et l'a investi d'une primauté perpétuelle sur l'Église. — 11 a également conféré à ses Apôtres et à leurs successeurs une autorité perpétuelle dans cette Eglise. en les chargeant de porter sa doctrine à toutes les nations et d'en faire des chrétiens par le baptême. Matth.. XXVIII, 18-20; Marc, XVI, 15-20; Luc . I . S.
II. L'Église dans les Épitres. — Saint Paul nous montre l'Église comme une société organisée et unique. Il se reperd de l'avoir persécutée. I Cor., xv, 9; liai., i, 13; et. Art., vin, 3. Il l'appelle « la maison de Dieu, l'Église du Dieu vivant, la colonne et la base de la vérité ». 1 Tim.. m, 15. Il montre l'union étroite de celle Église avec le Christ dans plusieurs comparaisons, où il fait ressortir eu même temps son caractère social, son unité, les relations de ses membres, la sainteté surnaturelle que le Christ lui a assurée en la rachetant et qui lui est communiquée par le Saint-Esprit, sa lin, qui est la sanctification et le salut de ceux qui la composent. Elle est le « temple de Dieu », habité par le divin Esprit, bâti sur le Christ, en dehors de qui il ne saurait y avoir d'autre
fondement; bâti aussi sur le fondement des Apôtres, avec le Christ pour p rre angulaire. I Cor,, ni, 'J-17; VI, H): Ephes., n, 20-22. Elle est le « corps du Christ ». dont le Christ lui-même est la tête et dont les fidèles sont les es. Tous ne l'ont qu'un même corps en vertu de leur baptême, qu'ils soient juifs ou païens, esclaves ou libres; et cependant, comme les membres d'un même corps, ils se distinguent les uns des autres par la diversité des grâces, des ministères et des fonctions que l'Esprit
Saint leur a partag - in -il ut. Ils sont unis par la
charité, et ils doivent s'appliquer à se revêtir de l'espril et des vertus de Jésus -Christ, leur chef, comme d'une humanité nouvelle et parfaite. I Cor., XII, 4-30; Rom., xn, 4, 5; Eph., i, 22, 23; iv, 1-10; Col., i, is. L'Église est encore appelée par saint Paul « l'épouse » soumise et bien-aimée du Christ, qui s'est livré pour elle, afin de la rendre sainte et -ans tache. Eph., v, 23-32. — Les Épitres pastorales à Tite et à Timothée nous font connaître avec plus de précision l'organisation et la léf lion intérieure de cette Église, et spécialement l'autorité
ÉGLISE
EGLOX
m'exerçait l'évêque sur l'église qu'il était chargé de gouverner. — La première Épitre do saint Pierre re- . ient sur la comparaison par laquelle le Christ et ensuile saint Paul avaient représenté l'Église comme un édifice ît un temple. Elle insiste sur la dignité surnaturelle et sacerdotale que les fidèles reçoivent en entrant avec le Shrist, comme autant de pierres vivantes, dans cette iivine bâtisse. I Petr., H, 4-10. Elle leur rappelle qu'ils îOiit ainsi devenus une nation sainte, le peuple de Dieu, 3t les exhorte à pratiquer en conséquence les vertus chrétiennes, aûn que les nations au milieu desquelles ils vivent rendent gloire à Dieu. Ils étaient des brebis errantes, mais ils sont revenus au Christ, le pasteur et l'évêque de leurs âmes. I Petr., n, li-25.
111. L'Église dans les Actes des Apôtres. — Les Actes nous racontent l'histoire de l'Eglise pendant les années qui suivirent la mort du Sauveur. Nous y voyons sa fondation le jour de la Pentecôte, par la descente du Saint- Esprit sur les Apôtres, II, 4; les premières conversions des Juifs, n, 41, et des païens, x, xi; leur entrée dans l'Église par le baptême, x, xi ; leur union dans la doctrine des Apôtres, dans la fraction du pain, dans les prières en commun, n. 12, et dans une charité mutuelle, n . ii ; iv, 32, 34. Les Actes nous renseignent encore sur le rôle, les travaux et les miracles de saint Pierre, des Apôtres et des collaborateurs qu'ils se donnèrent, II, 14; m, v, 15, 25, 42; vi, 1-8; vin, 35-38, etc.; ils nous exposent les hésitations des premiers chrétiens au sujet des observances mosaïques, et racontent comment tous se soumirent au décret porté à Jérusalem , sur la proposition de Pierre, par l'assemblée des Apôtres et des anciens, et adressé aux fidèles comme une décision inspirée par le Saint-Esprit. XV.
IV. Conclusion. — 11 ressort de ces enseignements que l'Église est la société visible des fidèles , instituée par Jésus-Christ sous l'autorité de l'apôtre Pierre, fondée par les Apôtres, assistée par le Saint-Esprit, unie surnaturellement au Christ, son chef invisible, groupant les membres qui la composent dans la profession de la doctrine du Sauveur, l'observation de sa loi et l'usage de ses sacrements, pour procurer le règne de Dieu sur la terre et assurer aux fidèles le salut éternel. A. Vacant.
ÉGLON. Nom d'un roi de Moab et d'une ville chananéenne.
1. ÉGLON (hébreu : 'Églôn; Septante : 'EyXûu.), roi de Moab. Lorsque les Israélites, délivrés une première fois par Othoniel de l'oppression de Chusan Rasatlunu. furent retombés dans leurs infidélités, Dieu les châtia encore par une nouvelle oppression. Ce fut Églon qu'il choisit, avec les Ammonites et les Amalécites, alliés de ce roi, comme les instruments de sa vengeance et le lléau de son peuple. Jud., m, 12-14. Cf. Deut., xxm, 4; Exod., xvn, 8-16; Jud., vi, 3-5; vu, 12. L'intention d'Églon parait avoir été de s'établir d'une manière définitive dans le pays; car après avoir battu les Hébreux, il alla se fixer a la o ville des Palmes », c'est-à-dire à Jéricho. Voir Jéricho. Eglon ne pouvait choisir une position plus heureuse pour le centre de son gouvernement. En arrière, le Jourdain, dont il lui était facile de garder les gués, opposait un obstacle infranchissable aux attaques d'ailleurs peu probables qu'auraient pu tenter les Gadites et les Rubénites. Devant lui s'ouvrait en éventail le réseau des ouadis et des diverses voies qui pouvaient le mettre en communication avec les territoires d'Éphraïm, de Benjamin et de Juda , et lui permettre de se porter rapidement partout où sa présence serait nécessaire. En outre, au peu de distance qui séparait Jéricho de la frontière moabite, le conquérant avait la facilité d'aller luimême d'un pays à l'autre selon que les circonstances l'exigeraient. Il n'est pas à présumer, en effet, que ce prince ait fixé sa résidence à l'ouest du Jourdain, sur le terri-
toire conquis; il dut continuer de demeurer dans ses Etais après sa victoire, et se rendre de la à Jéricho pour le règlement des affaires importantes et en particulier pour la perception du tribut annuel. Quoique le texte sacré ne dise pas expressément que cette perception eut lieu à Jéricho, cela semble bien résulter de l'ensemble du récit , et tel est le sentiment commun des interprètes. Jud., m, 20. — Le livre des Juges ne nous apprend rien touchant le caractère de ce prince et son administration. Il ne parait pas avoir exercé sa domination sur une partie fort étendue du territoire israélite; elle ne dépassa pas probablement les limites des tribus méridionales à l'ouest du Jourdain; mais elle n'eu dut peser que plus lourdement sur cet espace restreint. Quelques mots de Jud., m, '19-20, pourraient faire penser que l'oppression matérielle des étrangers était encore aggravée par le spectacle d'un culte idolâtrique importé par eux au milieu du peuple vaincu. On lit en cet endroit qu'Aod passa par « Pesilim, qui est à Gilgàl » (hébreu). Pesilim peut se traduire par « carrières » (voir col. 318) ou par « idoles ». La Vulgate et les Septante ont adopté ce dernier sens. S'il est fondé, on pourrait supposer que les Moabites avaient érigé en ce lieu quelque sanctuaire, où le culte des dieux étrangers offrait aux enfants de Jacob un perpétuel danger de tomber dans l'idolâtrie. Cf. Num., xxv, 1-3; 111 Reg., XI, 7. Le triste état dans lequel ils languissaient depuis dix -huit ans réveilla chez les Israélites le sentiment religieux et patriotique; ils invoquèrent le Seigneur, et il les délivra. Aod, de la tribu de Benjamin, fut le libérateur qu'il leur envoya; Églon fut tué par lui dans son palais, et cette mort, suivie du massacre général des étrangers, mit fin à la servitude du peuple de Dieu. Pour le récit de la mort d'Églon et des événements subséquents, voir Aod, t. i, col. 715-717. E. Palis.
2. ÉGLON (hébreu : 'Églôn, Jos., x, 3, 5, 23, 37; xii, 12; xv, 39; 'Églônâh, avec hé local, Jos., x, 34, 36; Septante : 'OSoXXâu., Jos., x, 3,5,23,34, 37; Codex Vaticanus, AiXctu.; Codex Alexandrinus, 'EyXti|j. ; Codex Ambrosianus, 'EyX<iv, Jos., in, 12), ancienne ville chananéenne dont le roi s'appelait Dabir. Jos., x, 3. Elle faisait partie du territoire amorrhéen, Jos., x, 5, fut prise par Josué, x, 34, 35, 37; xn, 12, et assignée à la tribu de Juda. Jos., xv, 39. Elle appartenait au second groupe de « la plaine » ou Séphêlah, Jos., xv, 39, et était voisine de Lachis, avec laquelle elle est ordinairement mentionnée. Jos., x, 3, 5, 23, 31; XII, 12; xv, 39. Au chapitre x de Josué, les Septante ont mis Odollam au lieu d'Eglon. De là vi'iit sans doute qu'Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 118, 253, ne reconnaissent sous ces deux noms qu'une seule et mémi Ile, qui de leur temps était encore « un très gros b urç iï milles (près de quinze kilomètres; saint Jérôme m douze milles, environ dix-huit kilomètres) à l'est d'Eleuthéropolis », aujourd'hui Beit- Djibiin. Il y a ici une erreur évidente. D'abord la Bible distingue nettement Églon d'Odullam, Jos., xn, 12, 15, ou Adullam, Jos., xv, 35, 39. Voir Odollam. Ensuite il est impossible de placer É^'lon à quinze ou dix -huit kilomètres à l'est de Beit- Djibrin, parce qu'alors on quitte la Séphêlah et on s'éloigne beaucoup de Lachis, pour tomber dans la montagne de Juda. Faudrait-il donc corriger le texte des deux auteurs, et lire irpb; 8u<ju.iç, « vers l'occident, » au lieu de itpôî àvxToXâ;, « vers l'orient »? Cette leçon nous conduirait directement à un endroit qu'ils appellent Agla, situe a dix milles d'Éleuthéropolis, sur la route de Gaza. Cf. Onomastica sacra, p. 103, 234, aux mots Bethagla et Bï]8a- Xaiti. A cette distance et dans celle direction se trouve actuellement le village de Khirbet 'Adjlân, dont te nom reproduit exactement la forme hébraïque : jïSiy, 'Eglon , ^AU-Xe, 'Adjlân, avec Vain initial. Cf. Kampffmeyer, AlteNamen im heutigen Palâstina und Syrien, dans