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I" Période de l'ancien empire.— Elle est aussi appelée memphite, parce que ses rois résidaient alors à Memphis, dans la Basse-Egypte (près du Caire). — Dans cette période, il y eut dix dynasties de pharaons. Les plus célèbres de ces dynasties anciennes ou au moins les plus connues sont la quatrième et la sixième. A la IVe appartiennent les rois bâtisseurs des grandes pyramides (fig. 534), Clmfu, appelé par les Grecs Cliéops, Kafra [Chefrem), et
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Menkou-ra (Mikerinos). On suppose que ces pharaons ont régné 4O00 ans à peu près avant J.-C, et l'on doit admettre que la civilisation égyptienne fut très avancée à cette époque lointaine. En effet, les monuments contemporains des pyramides nous montrent que l'Egypte possédait alors déjà une organisation civile et religieuse et que la langue et l'écriture hiéroglyphique étaient tout à fait fixées. — La VIe dynastie est aussi très célèbre, surtout les pharaons Pepi et Una; et on sait par les inscriptions que les Égyptiens avaient déjà à cette époque des relations avec les peuplades de l'Afrique méridionale. IIe Période. — Elle est appelée thébaine, parce que la capitale en fut Thèhes, dans la Haute-Egypte (près des
faire considérer comme de vrais pharaons. Ils furent néanmoins toujours ennemis des rois de Thèbes, et le pharaon Rasqenen ou Soqnounra, de la XVIIe dynastie, commença contre eux une guerre sanglante, qui fut achevée par Ahmés Ier. Ce pharaon, après avoir battu les Hyksos et après les avoir chassés de l'Egypte, réunit de nouveau le pays sous sa domination et inaugura la XVIIIe dynastie.
IV' Période ou nouvel empire thébain. — C'est la période la plus éclatante de l'Egypte. Elle embrasse trois dynasties, la XVIIIe, la XIXe et la XXe. Le plus puissant des rois de la XVIIIe fut Thotmès III, dont les guerres et les conquêtes, qui s'étendirent jusqu'à la Mésopotamie,
Arrosage an moyen île la sakféh. D'après une photographie.
villages modernes de Louqsor et de Karnak). Cette période va de la XIe à la XIIe dynastie. Ces pharaons de la XI" et de la XII6 sont bien connus. Parmi les rois de la XI" dynastie on doit rappeler les Mentuhotep , qui étendirent leur domination sur toute l'Egypte et purent être justement appelés n rois de la Haute et de la Basse- Egypte ». Parmi les pharaons delà XII" dynastie, les plus célèbres furent les Osorlésen et les Amenhêmat, dont le troisième de ce nom fut le constructeur du fameux lac Mœris, destiné à régler les inondations du Nil.
///" Période. — Invasion des Hyksos. — Ces Hyksos ou rois pasteurs étaient des chefs des populations nomades mêlées de Sémites el de Chamites, qui de l'Asie Mineure envahirent l'Egypte el fixèrent leur résidence à Avaris, dans la Basse-Egypte, ayant enlevé ces provinces aux pharaons du pays. On ne sait pas au juste à quel moment de l'histoire égyptienne cette invasion eut lieu ; mais elle arriva san- doute après la XII" dynastie et continua jusqu'à la XVIIe inclusivement. Les rois pasteurs, qui étaient au commencement tout à fait étrangers aux mœurs de l'Egypte, finirent par en adopter la civilisation et par se
nous sont connues par ses nombreuses inscriptions, et dont le règne peut être fixé vers le xv siècle avant J.-C. Cet éclat continua sous la dynastie suivante (XIXe), à laquelle appartient le règne très long de Ramsès 11, l'un des plus grands pharaons et le plus célèbre par les monuments élevés dans toutes les régions de l'Egypte. Apres ce pharaon, on commence à noter quelques indices de décadence dans l'Egypte; elle perd ses provinces éloignées de l'Asie et reste enfermée dans ses anciennes limites. Néanmoins la XXe dynastie, appelée aus.-i des Ramessides, est encore une dynastie puissante, comme nous le montrent les monuments.
i Période. — Période de la décadence de la XXI' à la XXIV' dynastie. — La capitale des pharaons ch de place à cette époque, et elle est successivement Tanis (dynastie tanite, XXIe), Bubaste (dynastie bubastite, Wll il Sais j XXIVe). Survient ensuite l'invasion des Ethiopiens, qui fondent une nouvelle dynastie, la XXV". appelée éthiopienne. Sous cette dynastie eut lieu la conquête de l'Egypte par les Assyriens; puis le pays fut part tgé en douze petits États (dodécarchie, vu" siècle avant J.-C.;.
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lui:
VI' Période. — Période saïte. — Psammëtique, roi de Sais, capitule d'un des douze États, après avoir soumis les autres, inaugure la dynastie XXVI", appelée saïte, et la gloire de l'Egypte semble pour un moment revivre. Pendant cette période la civilisation égyptienne se mêle à la civilisation grecque, et on constate une vraie renaissance dans la littérature et surtout dans l'ait. Mais cette gloire devait être de courte durée, pane que la puissance persane, qui avait succédé en Orient aux anciens royaumes de Ninive et de Babylone, menaçait toujours l'indépendance égyptienne. Après la mort de Cyrus, son fils et successeur Cambyse porta ses armes contre Psammétique III, fils d'Amasis II, le vainquit à Péluse, et l'Egypte devint une province perse (525 avant J.-C).
tain, c'est i|ue le polythéisme était établi en Egypte dès les premières dynasties des pharaons. Ce polythéisme, du
reste, était très compliqué; mais le fond de toute la religion était une sorte de panthéisme. Il considérait tous les dieux et toutes les choses existantes comme des émanations d'une divinité suprême, qui se serait donnée naissance par soi-même dans le nuit ou chaos primordial dans lequel nageaient tous les germes. Le soleil, qui se levé chaque jour après les ténèbres de la nuit, était regardé comme l'image la plus vive de Dieu, toujours jeune et toujours vainqueur des puissances malfaisantes de la nature; et on peut dire que chaque divinité des Égyptiens était une divinité solaire et qui représentait un des attributs ou des effets du soleil. Le développement de ce
534. — Les grandes pyramides de Ghizéh. D'après une photographie.
VIIe Période. — Domination étrangère. — Après la conquête de Cambyse, les Égyptiens firent diverses tentatives pour rétablir l'ancien royaume des pharaons; mais à l'exception de quelques provinces où des rois nationaux réussirent à s'établir (dynasties locales, XXVIIIe-XXX ), 1 Egypte resta sous le joug des Perses jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand.
VIII' Période, appelée alexandrine. — Après la mort d'Alexandre (3-23 avant J.-C.) son empire fut partagé entre ses capitaines, et l'Egypte fut assignée à Ptolémée, fils de Lagus, qui inaugura la dynastie des Ptolémées ou des Lagides. La résidence de ces rois fut Alexandrie, bâtie par le grand conquérant macédonien, et cette ville devint alors le centre d'une nouvelle civilisation grécoégyptienne, qui continua à briller même après la fin de la dynastie lagide, qui disparut avec Cléopàtre et fut remplacée par la domination romaine.
IV. Religion et civilisation des anciens Égyptiens. — '- On ignore si les premiers habitants de la vallée du Nil furent monothéistes ou polythéistes; ce qui est cer-
culte solaire fut du en grande partie sans doute à la nature même et au climat de l'Egypte, où le ciel toujours pur et sans nuages permet d'admirer le grand astre du jour dans toute sa beauté. Au milieu du grand nombre des divinités qui forment le panthéon égyptien se détachent des groupes divins réunis en triades, formés d'un père, d'une mère et d'un fils, triades dont chacune était adorée d'une manière spéciale dans une des grandes villes de l'Egypte. La plus célèbre et la plus connue de ces triades est celle d'Osiris, Isis et Horus.
A la conception panthéistique du culte égyptien se rattache aussi le culte des morts, qui joue un rôle très important dans la religion de ce pays. En effet, les âmes des hommes étaient considérées comme des molécules détachées de la substance divine et qui devaient un jour se réunir à Dieu, d'où elles émanaient. C'est par suite de cette persuasion que l'âme de l'homme juste recevait le titre d'Osiris, qu'on la considérait comme une vraie divinité et qu'on l'adorait comme telle. On pouvait par conséquent ériger des temples et des autels aux âmes des
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morts et surtout aux âmes des pharaons, qui étaient l'objet d'un culte spécial et même officiel. Le tombeau était considéré aussi comme l'habitation du défunt, où l'àme devait venir de temps en temps visiter le cadavre, pour s'unir à lui et y vivre d'une vie semblable à celle qu'elle avait vécue sur la terre. De cette idée était venu l'usage de l'embaumement, qui avait pour but de conserver le corps le plus longtemps possible, afin que l 'Ame put trouver où s'attacher dans sa visite au sépulcre. De là encore l'usage de décorer la chambre sépulcrale de peintures ou de sculptures qui se rapportaient aux occupations mêmes du défunt pendant sa vie, et d'y déposer les objets dont il avait fait usage.
On croyait aussi que les âmes des morts devaient parcourir différentes régions dans le monde souterrain et subir plusieurs épreuves avant de se réunir à la divinité. La description de ces pérégrinations était renfermée dans le document sacré appelé Sat per em lient ou Livre rie sortir du jour, ou pendant le jour, que les égyptologues modernes appellent le Livre des morts. Ce précieux document, qu'on trouve en grand nombre dans l'intérieur des tombeaux, se composait de 165 chapitres, dont un des plus importants était le 125e, qui nous montre la scène du jugement de l'âme dans le tribunal d'Osiris. (Voir fig. 1 15, t. i, col. 469.) Après le jugement, même favorable, il y a encore pour l'âme d'autres épreuves à subir, et enfin l'âme purifiée tout à fait est absorbée par la divinité et réunie à l'essence divine. Le Livre des morts a été publié d'abord par Lepsius, in-4°, Leipzig, 1842, sous le titre : Das Todtenbuch der alten Aegypter. Une autre édition a été donnée par M. Edouard Naville, Das âgyptische Todtenbuch der XVIII. bis XX. Dynastie, 2 in-f°, Berlin, 1886. Une traduction française du texte a été donnée par M. Pierret, Le livre des morts. Paris, 1882, el une anglaise par P. Lepage Renouf, The Egyplian ISook of the Dead, in-8», Londres (quatre parties parues, 1897), publiée par la Society of Biblical Arrliseology. Voir aussi W. Budge, A new and complète édition of the Book of the Kead, 3 in-4°, Londres, 1897 texte et traduction de la recension thébaine).
Sur les idées des anciens Égyptiens à propos de la vie future, nous possédons aussi un autre document très important, le Sut em ap ro ou Livre de Vowverture île la bouche, qui porte aussi le nom de Livre des funérailles. Dans ce livre, qui a été confondu à tort avec le