‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 169 sur 486 · Élamité, Bas-relief du Louvre · texte numérisé non relu

Élamité, Bas-relief du Louvre

Dans le pays que nous venons de décrire vivaient de toute antiquité trois peuples dont les descendants persistent de nos jours, amoindris et mêlés à des éléments d'origine plus récente. Les sculptures assyriennes représentant des scènes de guerre dans la contrée d'Élam, montrent qu'un type négroïde très caractérisé prédominait dans cette population de sang mélangé. C'étaient des hommes trapus, robustes, bien pris dans leur petite taille, avec peau brune, œil et cheveux noirs (fig. 538). Ils se tenaient principalement sur les plages basses et dans le creux des vallées, où le climat humide et chaud favorisait leur développement; mais ils étaient répandus aussi par la montagne jusqu'aux premiers plans du plateau iranien. Ils y entraient en contact avec une autre race de stature moyenne, à la peau blanche, probablement apparentée aux nations de l'Asie centrale et septentrionale. Cette seconde population est rattachée par quelques auteurs à la race dite sumérienne, que l'on trouve établie en Chaldée. Il y avait enfin des Sémites. « Les sculptures assyriennes... justifient l'écrivain biblique en attribuant à la plupart des chefs de tribus et des hauts fonctionnaires de la cour des rois de Suse un type de race tout à fait différent de celui des hommes du peuple, des traits qui sont, sans aucun doute possible, ceux des nations syro- arabes (fig. 539). Il y avait donc eu dans le pays d'Elam, à une époque qu'il nous est impossible de déterminer, introduction d'une aristocratie se rattachant à la race de Sem, aristocratie qui avait rapidement adopté le I

langage du peuple auquel elle s'était superposée, mais qui, ne se mélangeant pas avec les indigènes des classes inférieures, avait conservé fort intact son type ethnique particulier. C'est là ce que le document sacré désigne sous le nom d'Élam, fils de Sem. » F. Lenormant, Histoire ancienne de l'Orient, Paris, 1881, t. i, p. 281. L'existence d'une population sémite en Élam est encore prouvée par les noms des villes anciennes que nous citons plus bas, et dans lesquels les préfixes appartiennent bien aux langues sémitiques : Bit, « maison; » TU, « colline; » Bâb, « porte. »

L'Élam constituait une sorte d'empire féodal, divisé entre nombre de tribus : les Habardip , qui sont les anciens Mardes ou Amardiens, les Khapirti-Apirti des textes susiens et akhéménides, et habitaient le pays au nord-est de Suse; les Hussi ou Ouxiens; les gens d'Yatbûr et d'Yamûtbal, dans la plaine, entre les marais du Tigre et la montagne; VUmliaS, entre l'Uknù et le Tigre. Ces

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