E M AT II
l°appel:<it <■ Émath la grande ». Théglathphalasar III (vers 7cJU ) nous raconte, dans le troisième fragment de ses Annales, comment « il ajouta aux frontières de l'Assyrie » et frappa de triljut » la ville île Hamath et les villes qui sont autour prés du rivage de la mer du soleil couchant (la Méditerranée), qui en prévarication et en défection pour Ai'-ri-ya-a-u (Azarias de Juda) avaient pris parti . Le roi d'Émath s'appelait alors 'I-ni-ilu, ou Éniel. Cf. Layard, Inscriptions, pi. 50, 10; Schrader, Die Keilinschriflen and das A . T.. p. 252-253; Cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. ni, pi. 9, n°3; F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, t. in, p. 5 1 "2 , 51 i. Ce fut Sargon qui mit fin à l'indépendance et à la gloire de cette ville, dont il n'est plus question désormais dans les monuments assyriens. Il nous apprend, dans ses inscriptions, qu il fit, la seconde année de son règne, la guerre à Ilu-bi'di (variante : Yau-bi'di), son roi, qu'il le défit à la bataille de Karkar, et qu'il lui enleva, comme sa part personnelle de butin, 200 chars et 600 cavaliers. Il ne dit pas expressément qu'il transporta le reste des habitants à Samarie; mais on n'en saurai! douter, car il raconte qu'il emmena 20033 captifs, et, dans d'autres inscriptions, le roi d'Assyrie, confirmant indirectement le récit biblique, nous dit qu'il transplanta des populations vaincues dans le territoire de Hamath , qu'il avait dépeuplé. Cf. F. Yigouroux. La Bible et les découvertes modernes, t. m, p. 574. Nous savons, en ell'et , par l'Écriture, IV Reg., xvil, 21, 29, 30, que « le roi des Assyriens fit venir des habitants de Babylone, de Cutha, d'Avah, d'Emath et de Sépharvaïm, et il les établit dans les villes de Samarie à la place des fils d'Israël... Chacun de ces peuples se fit son dieu... Les Babyloniens se firent Sochoth-Benoth; les Cuthéens, Nergel; ceux d'Émath, Asima ». Voir t. i, col. 1097. Quelques années après, le Rabsacès de Sennachérib, rappelant aux Juifs la chute de la cité de l'Oronte, disait superbement: o Où est le dieu d'Émath? » IV Reg., xvm, 34; Is., xxxvi, 19. « Où est le roi d'Émath? » IV Reg., xix, 13; Is., xxxvn, 13. Elle est ordinairement, dans la bouche des prophètes qui parlent de ses malheurs, associée à Ai pi ., une autre ville de Syrie. Cf. Is., x, 9; xxxvi, 19; Jer., xlix, 23. — Restée dans l'oubli depuis l'époque prophétique jusqu'à la conquête macédonienne, où elle reçut le nom d'Epiphania, elle demeura toujours une cité florissante sous les Grecs et les Romains. Cf. Plolémée, v, 15; Pline, H. A'., v, 19. — C'est dans le pays d'Amathis ou d'Émath que Jonathas Machabée alla audevant de l'armée de Démétrius, sans lui laisser le temps d'entrer sur les terres de Juda. I Mach., xil, 25. — Sur les inscriptions héthéennes trouvées à Émath, voir Hé-
THÉENS. A. ÉEC1ENDRE.
2. émath (entrée D* ) (hébreu : Bô' gâmâf; Septante : AoëwEnàS; Vulgate : Introitus Emath). — Le fréquent usage de cette locution biblique, « l'entrée d'Émath, » non seulement au temps de Moïse, Nom., XIII, 22, et de Josué, xm, 5, mais de David, de Salomon et d'Amos, III Reg., VIII, 65; IV Reg., xiv, 25; I Par., xm, 5; Il Par., vu, 8; Am., vi, 15, montre que le royaume de ce nom fut longtemps le plus important .le la Syrie du nord. Mais OÙ faut-il placer cette entrée:' On l'a cherchée depuis l'extrémité méridionale de la plaine de Cœlésyrie jusqu'aux environs de Hamah, quand on n'est pas allé jusqu'à la partie septentrionale de la vallée de l'Oronte. Les principales opinions a retenir sont les suivantes. Les uns voient l'endroit en question dans l'ouverture qui sépare la chaîne du Liban de celle des .\u-ariyéh, et à travers laquelle coule le Nahr el-Kebir. Cf. J. L. Porter, dans kilt, > » Cyclopsedia of B
Literature, Edimbourg, 1869, t. n, p. 215; Robinson, Biblical i; , Palestine, Londres, 1856, i. m,
p. 508. D'après d'autres, il se I ve près de Restân, où
commence la vallée de Hamah proprement dite. Cf.
K. Furrer, Die anliken Slâdte und Orlschaften im Libanongebiete, dans la Zeitschrift der Deutschen Po-
làstina-Yereins. Leipzig, t. vin, 1885, p. 27, 28. On le cherche également vers l'extrémité nord de la plaine de Cœlésyrie, du côté de Ribla. Cf. Stanley, Sinai and Palestine, Londres, 1866, p. 414 f. Pour d'autres enfin, c'est « la Merdj 'Ayoun, la plaine qui sépare le Liban méridional des contreforts occidentaux de l'Hermon, et constitue par conséquent l'entrée de la Beqa'a, la route naturelle de la Galilée vers le pays de Hamah. Plus tard, quand Antioche était la capitale de la Syrie, on l'appelait au même titre le chemin d'Anlioche et probablement encore le chemin de la Syrie ». J. P. van Kasteren, La frontière septentrionale de la Terre Promise, dans la Revue biblique, Paris, t. iv. 1895, p. 29. Voir Chanaan, col. 535. Cette opinion nous semble plus conforme à l'ensemble des données scripturaires qui concernent les limites de la Terre Sainte. A. Legendre.
3. ÉMATH (hébreu: Hammal : Septante: Codex \~oticanus, 'Û|*ï6ïôiy.:6, mot qui repose sur une double confusion : union de Hammal avec le nom suivant, Baqqat . changement du resch en daleth; Codex Alexandrinus , 'Au.à6), ville forte de Nephthali, mentionnée une seule fois dans l'Écriture. Jos., xix, 35. Citée après Assedim, avant Reccath et Cénereth, elle fait partie du groupe méridional des villes de la tribu, et devait se trouver sur le bord occidental du lac de Génésareth. Le nom luimême peut nous servir dans la recherche de l'emplacement. Dérivé de hâmam, o être chaud, » il désigne des « thermes » ou sources d'eaux chaudes. Les Talmuds le rendent par IJamata', et ce nom indique, d'après eux, une petite ville, ou un bourg près de Tibériade. « Les habitants d'une grande ville, dit le Tahnud de Jérusalem, Eroubin, v. 5, peuvent se rendre le jour du sabbat dans une petite ville. Précédemment les habitants de Tibet iade avaient la faculté de se promener le jour du sabbat dans tout Hamatha, tandis que les habitants de ce boni^ ne pouvaient aller que jusqu'à la côte; mais à présent Hamatha et Tibériade ne font qu'une seule ville. » Hamath et Tibériade étaient, selon le Tahnud de Babylone, Megillah. 2 b, à une distance d'un mille 1 kilomètre 4SI mètres) l'un de l'autre. Cf. A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 208. Josèphe, de son côté, Am. jud., XVIII, II, 3, signale des thermes « non loin [de Tibériade]. dans un bourg appelé Einmaiis », où Vespasien avait établi son camp « devant Tibériade ». Bell, jud., IV, i, 3. Dans ce dernier passage, l'historien juif donne l'interprétation du mot 'Ajiu.ïoû;, et dit . | u'il signifie i. thermes »: en effet, ajoute- 1- il, « il y a là une source d'eaux chaudes propre à guérir certaines maladies du corps. » On peut se demander d'où il a tiré cette étymoiogie, qui ne correspond ni au grec ni à l'hébreu. Quelques-uns prétendent qu'il faut lire 'App,o9ou;, Am~ matllUS, au lieu de 'Ajiu.aoO;, Ammaus. Cf. F. Buhl, Géographie des allen Palâstina, Fribourg-en-Brisgau, 1800. p. 114. Cette opinion nous parait tout a fait acceptable. On comprend alors l'analogie du mot grec avec les noms talmudique et hébreu et l'explication de Josèphe. Dans ces conditions, il est facile d'identifier Émath ave< une localité voisine de Tibériade, du côté du sud, appelée aujourd'hui El- Hammam, et célèbre par ses eaux ther-
males. L'arabe <»U*=»-. Ifammâm, « bains chauds, > reproduit la racine hébraïque oan, hâmam, d'où viennent
nan, ilammut. et sn", Hamota'. Les données topographiques, nous allons le voir, ne sont pas moins conformes à l'assimilation.
El -Hammam se trouve à une demi-heure au sud de
Tibériade | tig. 552). Les ruines qui l'avoisinent confirment
le récit de Josèphe et montrent comment autrefois cette
ide faisait immédiatement suite à la ville. « Ces
EMATH
mines couvrent un espace assez étendu sur les bords du lac. jusqu'au pied des collines qui s'élèvent à l'ouest. Un épais mur d'enceinte, dont il subsiste quelques pans encore debout, construits en blocage, avec un parement de pierres volcaniques de moyenne dimension, environnait cette petite ville, qui, vers le nord, touchait à Tibériade et n'était séparée de cette grande cité que par une muraille mitoyenne. Les arasements d'une grande tour sur un monticule, ceux d'un édifice tourné de l'ouest à l'est, et qu'ornaient autrefois des colonnes de granit actuellement gisantes sur le sol, les vestiges de nombreuses maisons complètement renversées, plusieurs caveaux funéraires pratiqués dans les flancs des collines de l'ouest, les
se trouvent de petites cellules à l'usage des baigneurs. Les eaux, très chaudes, ont, au tuyau d'arrivée, soixantedeux degrés et peuvent facilement faire cuire un œuf; il faut donc les laisser refroidir pendant plusieurs heures avant de s'y plonger. Sulfureuses et magnésiennes-chlorurées, elles sont considérées comme spécifiques contre les rhumatismes, la lèpre et les autres affections cutanées. Elles jouissent d'une grande réputation en Syrie. L'iles jaillissent à la base d'un calcaire dolomitique qui forme les escarpements voisins, traversés par des éruptions basaltiques considérables. Cf. Lortet , La Syrie d'aujourd'hui, dans le Tour du monde, t. XLIII, p. 212; E. Hobinson, Biblical Researcltes in Palestine, Londres,