III. Analyse du livre. — /. Ixtroduction. — Trans
DANIEL (LE LIVRE DE
porté à Babylone, Daniel est élevé dans le palais du roi, avec trois jeunes Hébreux de sa tribu, et s'y livre à i'étude de la littérature chaldéenne. Resté fidèle a Dieu et à la loi, il est admis, pour sa sagesse et son intelligence des visions et des songes, au service du roi , i.
u. Première partie .- partie historique. — (1» Histoire de Susanne, xm. — Susanne, très belle et très pieuse, est sollicitée au mal par deux juges, deux vieillards, qui se sont entendus pour la séduire, 1-20. Susanne résiste, 22-24. Les vieillards l'accusent d'adultère et la font condamner à mort, 25-41. Daniel, suscité de Dieu, intervient, revise le procès, convainc les juges de faux témoignage et justilie Susanne. Grandeur de Daniel, 42-64. [Addition deutérocanonique.]) — 2° Songe de Nabuc/,0donosor, u. — Le roi a un songe que personne d'entre les sages ne peut ni rappeler ni expliquer, 1 - 13. Daniel en obtient de Dieu, par ses prières, le récit et l'intelligence, 14-23. Il le révèle au roi, et l'interprète : c'est la vision de la statue aux quatre métaux symboliques, détruite par une pierre qui devient une montagne, 21- i">. Le roi, très ému, proclame Dieu le Dieu des dieux, le maître des rois, et élève Daniel à une très haute dignité, 46-49. — 3° Les trois amis de Daniel dans la fournaise, m. — ■ Les trois jeunes Hébreux ayant refusé d'adorer, comme le roi le commandait sous peine d'être condamnés à périr dans le feu, le grande statue de la plaine de Dura, sont jetés avec leurs vêtements dans la fournaise, chauffée ce jour-là à l'excès, 1-23. (Azarias et ses deux compagnons marchent dans les llammes en chantant. Prière d'Azarias , puis cantique d'action de grâces, où toutes les œuvres de Dieu sont invitées par groupe à le louer, chanté par tous les trois, 24-90. [Addition deutérocanonique.]) Le roi, qui s'est approché et a constaté qu'ils étaient vivants, ayant au milieu d'eux comme un fils des dieux (un ange), bénit et loue Jéhovah, et porte un décret pour défendre de le blasphémer, 91-97. — 4° Édit relatif au songe et à la folie de Nabuchodonosor, ir, 98-iv. — Inscription. Salut. Doxologie. 98-100. Ayant eu un songe, que les sages babyloniens ne peuvent expliquer, le roi appelle Daniel, qui le lui explique. Le grand arbre qu'il a vu, c'est lui-même. Il sera privé du royaume pendant sept temps et vivra parmi les bêtes, après quoi il sera rétabli. Qu'il lléchisse donc la colère de Dieu par des bonnes œuvres, iv. 1-24. La prédiction se vérifie un an après, tout entière. Revenu a lui. il reprend le pouvoir. Fin de l'édit, qui est une louange du t Roi du ciel », 25-34. — 5° Festin et mort de Baltassar, v, — Dans un grand banquet, la nuit, le roi profane les vases du Temple de Jérusalem, qu'il a fait retirer du trésor. Apparition sur la muraille d'en face de doigts traçant des mots fatidiques, que les sages se déclarent incapables même de lire, 1-8. Daniel, après avoir reproché au roi son impiété et son orgueil, les lit et les interprète, 9-29, col. 12511. Réalisation de la prédiction, 30-31. — 6° Daniel jeté dans la fosse aux lions, et sauvé, vi. — Darius le
i le, par le très grand crédit qu'il accorde à Daniel, excite contre celui-ci la jalousie des satrapes, qui lui bligeant a n'adore] pendant trente jours que lui seul, 1-9. Daniel, surpris à prier malgré le décret, est dénoncé et jeté aux lions, 10-17. Préservation miraculeuse du prophète. Joie du roi, qui ordonne à ses sujets de révérer le Dieu de Daniel, 17-28. — (1° Desle Bel et du dragon, xiv, 1-42. — Daniel, invité par le roi à adorer Bel, lui prouve l'imposture des prêtres qui servent ce dieu. Mort «les imposteurs. Renia 'ut du sanctuaire, xm, (55-xrv, 21. Invité de nouveau a adorer le grand serpent, vivant celui-là, Daniel le tue -ans épée ni bâton, 22-26. Émeute dans Babylone lui. Il est jeté dans la fosse aux Huns. 11 en sort
Six ,| s après. Ordre royal d'adorer ave crainte le Dieu
de Daniel, 27-42. [Addition deutérocanonique.])
;//. Deuxième partie : partie prophétique. — 1» Vision des quatre animaux, qui représentent les
quatre grands empires, auxquels succédera le royaume du Messie, VII. — 1. Vision des quatre grands animaux, 1-8; — 2. Apparition de 1' « Ancien des jours», et son jugement, 9-15; — 3. Explication par un ange de cette vision, 16-28. — 2» Vision du bélier et du bouc, qui représentent le second et le troisième des grands empires, xm. — 1. Description de la vision, 1-14; —2. Son explication par un ange, 15-27. — 3° Vision des soixantedix semaines, îx. — 1. Prière de Daniel pour son peuple; 1-14; — 2. en faveur de qui il implore la miséricorde de Dieu, 15-19; — 3. Révélation par l'ange Gabriel du temps précis de la venue du Messie et de la conclusion de la nouvelle alliance, 20-27. — 4° Vision des empires et spécialement de l'empire grec et de l'Antéchrist, x-xn. —
1. Apparition d'un ange resplendissant de lumière, qui révèle à Daniel ce qui doit arriver à son peuple, x; —
2. Révélation sur les deux empires perse et gréco-macédonien, puis spécialement sur les deux royaumes issus de ce dernier et sur les persécutions d'Antiochus IV Épiphane, figure de l'Antéchrist, xi-xii, 3; — 3. Autre révélation sur la durée de ce qui a été prédit, XII, 4-13.
IV. Unité du livre. — Ce livre, quoi qu'il en soit des apparences, forme un tout logique, dont l'unité est assez évidente. — 1° Tout se tient dans la première partie. La mention des vases sacrés, i, 2, prépare l'ordre de Baltassar, V, 2, 3, 23. L'éducation chaldéenne des trois amis de Daniel et leur piété rigide expliquent les dignités dont ils sont revêtus et leur résistance au roi, i, 4, 17. 19, 20 ; cf. m. L'intelligence des visions et des songes, don spécial fait à Daniel, rend très naturelle son intervention dans le procès de Susanne, xm, et dans le songe de Nabuchodonosor, u. Très connu du roi pour ce motif, on conçoit qu'il lui explique la vision du chap. IV. Son apparition dans la salle, chap. V, n'a plus rien ensuite qui surprenne. Et toute cette extraordinaire réputation qu'il s'est faite ainsi justifie les faits racontés chap. vi et chap. xiv : c'est le même genre de prodiges et la même raison d'influence à la cour babylonienne. — 2° Tout se tient aussi dans la seconde partie. Les quatre visions dont elle est composée se complètent l'une l'autre. On peut dire que les trois dernières sont implicitement dans la première. Voir vu , 4, 5, et vin : vu, 22b, 26, et ix; vu, G, 2(i, et x-xn. Voir aussi vin, 9-11. 22. 23-26, et x-xn. Ajoutez qu'une vision commune les relie et les domine, — celle de l'« Ancien des jours », dont les empires sont dits, ici et là, dépendre et relever. — 3" Les deux parties, à leur tour, s'appellent mutuellement. Même objet général : ainsi le chap. vu est le chap. il autrement symbolisé. Même espèce de prédiction, par vision et par songe. Même esprit, mêmes vues sur l'avenir prochain et éloigné. Même ordre : ordre île temps suivi dans le classement des chapitres des deux parties. Même fin : prouver que Dieu est le I lieu des dieux, le maître des rois et des empires. L'unité est donc certaine. Gall, Die EinheitlichkeU des Bûches Daniel, Giessen, 1895; J. Knabenbauer, lu Daniel., p. 17-19; Hebbelinck, De Atictoritate, p. 19-25, et surtout Pusey, Daniel, p. 9-15. — Cette unité n'est contredite ni par l'usage successif de la première et de la troisième personne (on le trouve dans Isaïe, VI, 1, 5; vu. 3; Tin, 1; xxxvn, 6); ni par l'usage des deux langues que l'on constate dans le livre, car on le trouve dans Esdras, dont l'écrit n'a jamais été attribué a deux auteurs. Du reste, la manière dont la transition de l'hébreu à l'araméen est faite, en plein verset II, 4a et 4b, écarte toute dualité d'auteurs. Aussi cette unité est-elle reconnue aujourd'hui par les rationalistes eux-mêmes. A. Kuenen, Histoire critiq te des livres de l'Ancien Testament. trad. A. Pierson, Paris, 1868, t. u, p. 519,520; Bleek -Wellhausen, Eiuleitung in das Allé Testament, Berlin, 18X0, p. 414, 415.
V. AUTEUR du livre. — Si le livre esl un, il faut qu'il n'ait qu'un seul auteur. Et en effet, quoi qu'on ait dit et soutenu autrefois (J. Knabenbauer, In Daniel., p. 19), il est communément reçu qu'il n'a qu'un auteur. — U a
DANIEL (LE LIVRE DE
pour auteur un contemporain de Daniel, vivant en Chaldée, au VIe siècle, et c'est Daniel lui-même.
i. Preuves positives. — 1» Preuves internes, tirées du livre lui-même. — Il est certain que Daniel a écrit la partie prophétique du livre, vn-xii. — 1. 11 l'affirme implicitement, car il y parle constamment à la première personne. Dan., vu, -2, 6, 7, S, 9, 11, 13, 15, 16, 19, 21, 28; vm, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 13, 15, 16, 17, 1*. 19, 20, -27; ix, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 13, 20, 21, 22; x, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 19, 11, 12, 15-21; xi, 2; cf. xil, 1, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 13. Il l'affirme, en outre, explicitement. Dan, vu, 1. Araméen : B'êdwjin helma ketab re'S niillin 'amar, « alors il écrivit le songe, et il en dit le sommaire. » Le moins qu'on puisse conclure , c'est que Daniel écrivit cette vision ; ce que l'on doit aussi dire des autres, qui en sont le complément nécessaire. Voir Dan., vin, 26, et surtout xn, 4, cf. 9 (avec le commentaire de J. Knabenbauer, In Daniel., p. 221 et 317). Mais, s'il faut attribuer à Daniel les prophéties, il faut lui attribuer aussi les récits, à cause du lien qui unit étroitement ceux-ci à celles-là, et à cause de l'unité prouvée du livre, — c'est-à-dire, en somme, le livre tout entier. — 2. Cette preuve est confirmée en premier lieu par la dualité des langues usitées dans le livre. Il est écrit, en effet, en deux langues, l'hébreu et l'araméen oriental ou chaldéen. L'hébreu aramaïse quelque peu, et le chaldéen hébraïse légèrement. L'usage de ces deux idiomes y est tel, qu'ils paraissent à n'en pas douter très familiers à l'auteur. Donc a) cet auteur était Juif: un Juif seul peut ainsi se servir de l'hébreu ; et b) il vivait au milieu du vie siècle, exactement; car c'est alors seulement, vers l'an 550, que l'emploi simultané, par un Juif, de l'hébreu et de l'araméen est possible, historiquement parlant : plus tôt, l'araméen n'est pas encore vulgaire. Ajoutez en particulier que l'araméen de Daniel ressemble autant à l'araméen d'Esdras, qu'ils diffèrent également tous deux de celui des Targums postérieurs. Voir plus loin sur la langue. — Elle est confirmée en second lieu par la coïncidence merveilleusement exacte qui existe entre les données du livre , données historiques, archéologiques, orientales, et parce que nous savons sûrement d'ailleurs. Il serait trop long de l'exposer en détail. Quelques savants l'ont fait. Nommons entre autres: F. Vigoureux, La Bible et les découvertes modernes, Paris, 1896, t. iv, p. 255-419; Id., Les Livres Satuls et la critique rationaliste, Paris, 1891, t. v, p. 171-228; G. Brunengo, L'impero di Babilonia e di Sauce, Prato, 1885, t. il, p. 214-522; Fr. Lenormant, La divination et la science des présages chez les Clialdéens, Paris, 1875, Appendice, p. 169-226; F. Kaulen, Ass>jrien und Babylonien, Fribourg-en-Brisgau, 2° édit.. p. 10)!- 129. — Résumons très rapidement cette preuve avec F. Kaulen. « La partie historique du livre, dit-il, répond exactement aux données de l'Ancien Testament. Les autres livres ne parlent pas du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor, mentionné I, 1; mais il est exigé par IV Reg., xxiv, 1, et II Par., xxxvi, 6. La troisième année de Joakim est justement désignée comme date du départ de Nabuchodonosor, N3, bà', et la quatrième comme date de son accession au trône, Jer. , xxv, I; xlvi, 2; et cette antinomie ne fait que confirmer la crédibilité du récit. » — A partir du moment où les jeunes Hébreux entrent au palais du roi, le livre a souvent occasion de rappeler les institutions babyloniennes. Par suite des découvertes que l'on a faites, ces institutions, identiques du reste à celles d'Assyrie, sont très connues. Or à cet égard tout ce qui a paru jusqu'ici confirme le livre de Daniel. Ainsi l'intendant de la maison du roi s'appelle bien « le chef des eunuques, » comme il parait dans de nombreuses figures, i, 3. Les jeunes Hébreux destinés au service du roi sont « instruits dans l'écriture et la langue des Chaldéens ». On sait aujourd'hui qu'à Babylone il existait une écriture et une langue étrangères, création d'une race non sémitique, dont les débris vivaient
en caste séparée, sous le nom de Kasdim. J. M. Fuller, Daniel, p. 252. Que les classes élevées dussent apprendre cette langue, c'est ce que prouvent les syllabaires et les vocabulaires que donnent les tablettes. Parmi les noms imposés aux jeunes Hébreux, i, 7, ceux de Baltassar et d'Abdénago sont si clairement babyloniens, qu'il faut aussi regarder comme tels les deux autres, quoiqu'ils ne soient pas encore expliqués. Que les mages aient été très considérés en Babyloine et par les rois, comme on le voit i, 20; il, 2; iv, 3, on le sait de reste par les écrivains classiques, et une série de rapports faits par eux le confirme. Records of the Past , t. i, p. 153. Les sciences occultes, qui sont en faveur auprès des rois, étaient en effet, si l'on en croit F. Lenormant, une partie intégrante de la culture babylonienne. Les sciences occultes en Asie, 2 in-8°, Paris, 1874-1875. La formule « Rex in sternum vive », par laquelle on salue les rois chaldéens, il, 4'; m, 9; v, 10; vi, 6, 21, est commandée par l'étiquette orientale. II Esdr., il, 3; Cf. Judith, xn,4; /Elien, Hist. var., i, 32; Quinte-Curce, vi, 5. Cf. F. Kaulen, Assyr. und Babyl.,'2e édit., p. 185-192. Même formule dans les suppliques aux monarques assyriens. Smith, Assijnmi Discov., Londres, 1875, p. 230, 309, 409, 414. Les exigences absurdes de Nabuchodonosor, II, 3, s'expliquent parfaitement par le despotisme babylonien. Menacer de faire « des maisons un amas de boue », c'était menacer, en style ordinaire, d'une entière destruction. Schrader, Keilinschriftliclie Bibliothek , t. n, p. 34. Le titre de « roi des rois », donné par Daniel au monarque babylonien, se lit couramment sur toutes les tablettes royales de l'Asie antérieure. F. Kaulen, Assyrien, p. 109. La plaine de Dura, m, I, a été retrouvée par M. Oppert dans l'enceinte de la vieille Babylone, et l'on y voit aujourd'hui encore la substruction d'un colossal monument. Expédition eu Mésopotamie, t. i, p. 239, 240. L'endroit porte toujours le même nom , Journal of the Rouai Gecgraphical Society, t. x, 1840, p. 93, qui signifie « remblai ou enceinte », selon la version des Septante : èv neSfo) toO ■jtepiëoXou. L'érection d'une statue dans un but politique ou religieux était chose fréquente en Assyrie et en Chaldée. Schrader, KeUinscItriftliche Bibliothek, t. i, p. 181. Dans la bouche des rois comme en Daniel, elle s'appelle zalam. Les dimensions de la statue élevée par Nabuchodonosor pourraient paraître invraisemblables, si l'on ne pensait qu'elles comprennent à la fois le piédestal et la statue elle-même. Hérodote, n, 149, en vit de pareilles en Egypte. Le supplice du feu, surtout pour cause politique, était très commun en Assyrie et en Babylonie, comme nous l'apprennent les inscriptions : c'est ainsi, par exemple, qu' Assurbanipal punit son frère révolté, Samassumukin, « en le jetant dans une fournaise incandescente. » Smith, History of Assurbanipal, Londres, 1871, p. 163; J. Menant, Annales des rois d'Assyrie, p. 263. Le même monarque raconte comment il avait imité son aïeul Sennachérib, en faisant jeter aux lions un certain nombre de révoltés. Smith, Assurbanipal, p. 166; F. Talbot, Illustrations of the Prophet Daniel from the Assyrian xorilinys , dans les Transactions of the Society of Biblical Archseology, t. n, 1873, p. 361. Les édits de Nabuchodonosor sont conçus exactement dans la forme officielle que révèlent des édits analogues. Cf. I Esdr., iv, 17; VII, 12; G. Smith, History of Assurbanipal , p. 252. Les conceptions religieuses de Nabuchodonosor sont d'une vérité historique frappante, comme il apparaît de sa reconnaissance du Dieu très-haut au sein de l'idolâtrie et de l'incrédulité babyloniennes. En particulier, iv, 29, répond parfaitement aux idées que l'on se faisait en Babylonie de l'action des dieux dans le monde. F. Lenormant, Les premières civilisations, 2e édit., Paris, 1874, t. Il, p. 166, 1. Que si Nabuchodonosor, enivré, s'écrie :« N'estce pas là cette grande Babylone, » etc., iv, 27, c'est une phrase qu'on lit presque mot à mot dans une inscription de ce roi. Voir Schrader, Keilinsc/iriftliclie Bibliothek,
DANIEL (LE LIVRE DE
t. ni, 2, p. 25; Flemming, Die grosse Steinplatteninschrift Nebukadnezars II, Gœttingue, 1883, p. 18. Les « dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre*, dont il esl parlé, v, 4, sont déjà connus par la lettre de Jerémie. Bar., VI. La main effrayante écrivit, v, 5, « sur la chaux de la muraille: «les monarques assyriens et chaldéens ne connaissaient, en effet, pour décorer l'intérieur de leurs appartements, qu'un léger enduit de chaux blanche. I". Kaulen, Assyr., p. 52, 109. Une connaissance parfaite des temps de l'histoire se trahit dans l'expression « Midis cl Perses », v, 28 : au début de Cyrus, on admettait encore que le royaume des Mèdes était passé à une autre dynastie, les Perses leur étant toujours volontairement soumis; ce n'est que plus tard, quand les Achéménides furent devenus maîtres incontestés du pouvoir, que les Perses s'affirmèrent partout, dans ce vaste empire, comme nation privilégiée. Voir Spicgel, Die persische Inschriflen, p. 3, 5, etc. — Cette parfaite exactitude se retrouve également en matière d'histoire. La vérité de l'Écriture est justifiée plus victorieusement encore ici que partout ailleurs. On sait présentement par les tablettes de Nabonide, comme aussi par celles de Cyrus, son vainqueur, qu'il eut un fils premier-né du nom de BelSassar (assyrien : Bel-sar-ttsur) ou Baltassar, qui fut associé au troue, comme Nabuchodonosor l'avait été au temps de la bataille de Charcamis. .1er., Xlvi, 2. On peul donc parler de la « troisième année du roi Baltassar », vm, 1. Pinches, dans les Transactions ../' the Society of Biblical Archœology , VII, 1, 1880, p. 139. Baltassar dut défendre Babylone, pendant que son père tenait la province avec une armée: mais il péril dans la catastrophe rapportée v, 30, et dans Hérodote. Voilà comment Nabonide était le premier et Baltassar le second personnage de l'empire, et c'est ce qui explique pourquoi, lorsqu'il s'agit du plus haut rang pour Daniel, v, 29, on ne lui promet et on ne lui donne que « le troisième ». Après sa victoire, Cyrus fit gouverner Babylone par Darius le Mède. Voir Darius le Mède. — Le silence des auteurs classiques sur ces détails n'infirme en rien la véracité du livre, et les pages de Daniel entrent sans effort dans la traîne de l'histoire inattaquée. F. Kaulen, Einleitung in die Heilige Schrift , 3e édit., p. 392, 393. Cf. Foigl, Cyrus und Eerodot, in -8», Leipzig, 1881, p. 2 el suiv.; Scln.nl. r, Die Keilinsehriften und das Aile Testament, p. 443 et suiv. — De ces deux dernières preuves il ne résulte pas que le livre est nécessairement de Daniel; mais on duit en conclure qu'il a pour auteur un Juif, vivant à Babylone, au temps du prophète. Que ce Juif soit précisément Daniel, c'est une conclusion que l'on tire d'ailleurs avec certitude. Voir Fr. Lenormant, /." divination, p. 188, 189. Cf. A. llebbelynck, De aucloritate, p. 275-280.
2° Preuves externes, tirées de la tradition juive et </' la tradition clin-tienne. — 1. Daniel esl nommé dans Ézéchiel, xiv, 20; mais nous n'insisterons pas sur ce passage, qui n'est pas explicite, non plus que sur la prière de Néhémie, II Esdr., l.\ : les pensées et la fui me de cette prière rappellent certainement Dan., 1X..V19 : mais il n'est pas certain qu'elles soient prises de Daniel. Cf. E.-B. Puey, Daniel, p 3fô-359. Dans Zacharie, i, 8-10; m. 1-8. la vision des quatre cornes, des quatre chars et des quatre vents a pu être inspirée par Dan., vu; nuis i ii esl douteux. — Le canon hébreu de l'Ancien Testament, que l'on dil avoir été .lus alors, contient parmi les hagiographes le livre de Daniel. — La version des Seplante, par - . son adaptation visible aux temps
d'Antiochus, prouve qui- le livre ainsi traduit est au inoins antérieur à l'an 103, date à laquelle les rationalistes rapportent, en effet, cet écrit. — Le troisième livre sibyllin, composé par un Juif, vers l'an 170-108 (E. B. Pusoy, lia, il 'i, \i. 364, h. 'i.' 0', s'inspire manifestement de Daniel. Sib. ni, v. 307, ion : ■ H \ aura <li\ cornes. Près d'elles il en fera pousser une autre... Et alors la corne
qui aura poussé régnera... » Cf. Dan., vu, 7, 8, 11, 20.
— On ne saurait nier non plus que Mathathias n'ait emprunté à ce livre les deux faits de cette époque qu'il rappelle 1 Mach., a, 59, 60 : le contexte l'exige évidemment.
— Plus explicites encore sont les textes de l'historien Josèphe. On peut les discuter, et avec A. Kuenen, Hist. crit., t. n , p. 515 et suiv., les trouver incohérents, invraisemblables; mais on ne peut méconnaître que le prêtre historien attribue à Daniel, en pleine conviction, le livre et les prophéties qui portent son nom. « Les livres qu'il a écrits et laissés (Si6Xla osa or, <7'jYvoj'iiu.-.vo; xata).é- Aotiiev), nous les lisons encore aujourd'hui, t II parle nettement d'un livre de Daniel qui fut montré à Alexandre, quand, de Gaza, il vint en Judée. Ant. jud., X, XI, 7; cf. Bell.jad., IV. vi, 3; VI, II, 1. Nul doute que telle ait été à cet égard la tradition juive de son temps.
2. La tradition chrétienne n'est pas moins expresse et a plus d'autorité encore. — Jésus attribue à Daniel une prophétie qui se trouve dans son livre. Matth., xxiv, 15; cl". Marc, xm , 11. Il lui prend des expressions, par exemple, « Fils de l'homme, » qui lui sont spéciales. Math., xxiv, 30; Marc, xm, 20; Luc, xxi, 27, cf. Dan., vu, 13, 14. Saint Paul a des idées et des manières de dire qui sont propres à Daniel. II Thess., Il, 3, 4,8, cf. Dan., vu, S, 25. Il, 19; I Cor., VI, 2, cf. Dan., vu. 22: Hebr., xi, 33, allusion à Dan., VI et xiv; 1 Peu*., i, 10, cf. Dan., xii, 8. L'auteur de l'Apocalypse a certainement connu Daniel : c'est le même genre d'écrire, ce sont les mêmes révélations et souvent les mêmes images. A. Hebbelym k, op. cit., p. 04. — Avec le temps, la tradition sur l'origine du livre s'accentue de plus en plus. Les Pères et lis écri- \n is ecclésiastiques se prononcent nettement pour l'attribution à Daniel. Porphyre, au in< siècle, est le premier qui s'écarte de l'opinion traditionnelle. Il recule la composition du livre au temps d'Antiochus IV Épiphane, selon cette règle posée par lui, qu'un écrit où se lit une prophétie est postérieur à l'événement prédit. Il a fait école, non pas immédiatement, mais quinze siècles après, parmi nos rationalistes. Dans l'intervalle, l'authenticité .lu livre, défendue contre Porphyre par Methodius, Apollinaire, l'historien Eusèbe (S. Jérôme, In Dan., Prol., I. x\v. col. 491), est affirmée par Théodoret nommément, et sans ombre d'hésitation, In Dan., vu, t. i.xxxi, col. 1111, et par tous ceux qui vinrent ensuite. 11 laut descendre jusqu'à Semler et surtout à Berlholdt pour trouver ce système de négation, qui est suivi aujourd'hui par la foule des exégètes et ries critiques protestants et rationalistes. La base de leur système est l'axiome de Porphyre, et leurs thèses ne sont pas différentes au fond des siennes, i En présence des faits rapportés dans le livre, 'ht S. H. Driver, An Introduction to tlie Littérature of the 0W Testament, Edimbourg, 1891, p. 407, l'opinion qu'il est l'œuvre de Daniel n'est plus soutenable. L'évidence interne amène m-sistiblemenl a cette conclusion, qu'il n'a pas du être écrit avant l'an 300 environ, et il est au moins probable qu'il l'ut composé pendant la persécution d'Antiochus IV Épiphane. en l'an 108 du 167. » Le plus fameux de ses adversaires parla science esl A. Kuenen, qui, dans son Histoire critique, a recueilli et fait valoir avec talent (t. n, p. 515-582, notes explicatives xxx-xxxv) toutes les objections possibles contre la composition du livre de Daniel. — Il n'en esl aucune qui soit insoluble, comme nous allons le voir.
//. PREUVES NÉGATIVES. — Elles consistent dans la réfutation des objections soulevées contre l'authenticité. Les objections que nous discuterons, nous les prendrons non pas a A. Kuenen, à qui M. Trochon, Daniel, p. 10-58, i largement répondu, mais à S. R. Driver, qui esl plus récent, et dont la critique est plus objective et moins radicale. Il en a trois sénés, dont l'une se rapporte aux données historiques du livre, l'autre à la langue, l'autre aux doctrines particulières qu'il renferme. 1° Objections historiques. — « Les faits historiques sui-
DANIEL (LE LIVRE DE
vants sont une preuve plus ou moins décisive que l'auteur est plus jeune que Daniel : — 1. La place donnée au livre dans le canon, non pas avec les prophètes, mais dans la classe mixte des écrits que l'on nomme hagiographies, et encore au dernier rang de ceux-ci, dans le voisinage d'Esther. On sait peu de chose de certain sur la formation du canon. On sait cependant que « les Prophètes '1 furent antérieurs aux hagiographcs. Si le livre de Daniel eut existé alors, on peut croire qu'il eut été admis comme œuvre de prophète et classé avec les prophètes. — 2. Jésus, fils de Sirach (environ 200), dans s. m enumération des gloires d'Israël, Eccli., xliv-l, parle d'Isaïe, de Jérémie, d'Ézéchiel et des douze petits prophètes (collectivement). Il est muet sur Daniel. — 3. Que Nabuchodonosor ait assiégé Jérusalem et emporté les vases du Temple « la troisième année de Joakim », Dan., I, 1, c'est bien improbable, quoiqu'on ne puisse, strictement parlant, démontrer le contraire. Non seulement le livre des Rois n'en dit mot, mais Jérémie, l'année suivante, parle (xxv et ailleurs) des -Chaldéens de manière à faire croire que leurs armées n'avaient pas encore été vues en Juda. — 4. Les « Chaldéens », Dan., i, 4; u, '2 et suiv., sont une expression qui équivaut a la caste des sages. Ce sens « est inconnu » au vocabulaire assyro-baby Ionien ; il n'apparaît qu'après la chute de l'empire babylonien, son emploi dans Daniel prouve ainsi que ce livre a été composé après l'exil. Schrader, Die Keilinschriften und das Allé Testament , p. 429. Il date nommément du temps où, en Fait, les seuls Chaldéens connus appartenaient à la caste en question. Cf. Meinhold, Beitrâge, 1888, p. 28. — 5. Baltassar est donné comme roi de Babylone, et Nabuchodonosor, chap. v, 2, 11, 13, 18, 22, comme son père. Mais en réalité, c'est Nabonide (Nabu-nahid) qui fut le dernier roi de Babylone ; c'était un usurpateur, sans lien avec Nabuchodonosor, et dont un fils est connu sous le nom de Belsarusur. Schrader, Keilinschriften . p. 433 et suiv. On peut regarder comme probable, quoique nous n'en ayons encore aucune preuve dans les textes cunéiformes, que Baltassar commanda à Babylone pour son père, quand celui-ci (voir Sayce, Fresh Ligkt, 1883, p. 170 et suiv.) marcha contre Cyrus; mais il est difficile de croire qu'un contemporain ait pu, à cause de cela, lui donner le titre de roi. Pour sa parenté avec Nabuchodonosor, il est possible que Nabonide ait pu songer à s'affermir en prenant pour femme une fille du grand roi, lequel alors aurait été le père (le grand-père, en style hébreu) de Baltassar. Les termes du chap. V causent d'ailleurs l'impression que, dans l'idée de l'auteur, Baltassar est vraiment le fils de Nabuchodonosor. Quoique Baltassar soit un personnage historique , ayant probablement occupé une haute position au temps de la conquête, il faut bien avouer que le portrait qui en est tracé confirme l'opinion qu'il provient de la tradition juive postérieure. Cf. Schrader, Keilinschriften, p. 434 et suiv. — 6. Darius, fils d'Assuérus, un Mède, est « établi roi sur le royaume des Chaldéens » , après la mort de Baltassar,
V, 31; VI, 1 et suiv.; ix, 1; xi, 1. Il semble qu'il n'y ait pas place pour ce roi. D'après tous les auteurs, c'est Cyrus qui succéda immédiatement à Nabonide, et devint roi de l'empire perse tout entier. On a conjecturé que Darius avait pu régner comme un vice-roi, — par conséquent, qu'on peut l'identifier avec Cyaxare II (de Xénopbon) ou un plus jeune frère d'Astyage, — que Cyrus aurait établi sur Babylone. D'ailleurs, VI, 1, où il organise l'empire en le partageant en cent vingt satrapies, et
VI, 27, il est représenté comme roi absolu de la Babylonie, sans aucune limitation de pouvoir. De plus, vi, 1, on est très incliné à croire à une confusion avec Darius, fils d'IIyslaspe. Toutefois les circonstances marquées ne sont pas telles qu'on ne puisse, absolument parlant, les adapter au rôle et à l'existence de Darius le Mède; et le critique prudent n'appuiera pas trop sur le silence des inscriptions, car il en est encore qui n'ont pas paru au
jour. — 7. Il est dit, IX, 2, que Daniel « comprit par les livres», bas-sefàrim, le nombre d'années pendant lesquelles Jérusalem devait être dévastée, selon Jérémie. L'expression dont on se sert implique que les prophéties de Jérémie faisaient partie d'une collection de livres sainls, laquelle cependant, on peut l'affirmer hardiment, n'existait pas en 530. — 8. D'autres indications montrent que le livre n'est pas d'un contemporain, telles que les suivantes : l'improbabilité que Daniel, un Juif si religieux, ait consenti à entrer dans la classe des Chaldéens « sages », et que ceux-ci l'aient reçu parmi eux (i; cf. u, 13) ; la folie septennaire de Nabuchodonosor (lycanthropie), et l'édit qui s'y rapporte; les termes absolus qu'ils emploient tous deux, lui et Darius (iv, 1-3, 34-37; vi, 25-27), pour, tout en persévérant vraisemblablement dans leur idolâtrie, confesser la suprématie du Dieu de Daniel et ordonner qu'on lui rende hommage. » S. R. Driver, Introduction, p. 407. 408, 469.
Réponses aux objections. — 1. Il est vrai que le livre se trouve actuellement parmi les hagiographies, mais primitivement il se trouvait parmi les Prophètes, comme on l'a conclu de l'état des manuscrits des Septante et du texte de Josèphe, Contr. Apion., i, 8. Le Talmud et les tahnudistes l'ont fait passer dans les hagiogra plies pour une raison d'école, très probablement parce qu'ils s'avisèrent de distinguer entre les prophètes d'office et les prophètes de grâce. Daniel étant plutôt un de ceux-ci, ils le séparèrent de ceux-là, et reléguèrent son livre, avec Esther et les autres, dans la classe inférieure. Voir B. Cornely, Introductio generalis, t. i, p. 29. Mais cette manière d'agir n'est certes pas une preuve de l'origine postérieure du livre. D'autant plus que les auteurs du canon n'ont pas suivi dans leur classement l'ordre du temps de composition. — 2. Le silence du livre de l'Ecclésiastique n'est t pas une meilleure preuve. L'auteur ne se propose pas de donner une liste complète des gloires d'Israël; il en est, et des plus pures, dont il ne dit mot. Puis, il n'observe aucun ordre dans l'éloge de celles qu'il célèbre. Enfin il n'est pas impossible que le manuscrit sur lequel la version fut faite n'ait été en mauvais état. On soupçonne fort les derniers chapitres d'être mutilés et interpolés. J. Fabre d'Envieu, Daniel, i, t. i, p. 764-705. — 3. « Il n'est pas improbable » que Nabuchodonosor ait assiégé Jérusalem « la troisième année de Joakim ». Du moins, ce qu'affirme Daniel (i, 1), c'est qu'« il vint », bâ', se mit en marche pour cette campagne, la troisième année de Joakim. Nul ne peut convaincre d'erreur cette date ainsi comprise. U marcha donc sur la Judée cette année, mais ce n'est que l'année suivante qu'il prit la ville. L'expédition est attestée non pas seulement par cet endroit, mais expressément par II Par.,xxxvi,6-7,et implicitement par IV Reg., xxiv, 1, 2. Cf. Jer., xlvi , 2. El c'est bien « l'année suivante », savoir, en fait, la quatrième année, que le prophète (xxv, 1) rappelle l'arrivée prédite des Chaldéens, que l'on allait voir à Jérusalem incessamment. Voir A. Hebbelynck, De auctoritate , p. 75-78. — 4. Le mot «Chaldéens » (hébreu : Kasdim ) offre, dans Daniel, deux sens: l'un général, i, 4, celui de « sages » babyloniens; l'autre plus strict, u, 2, celui d' « astrologues », une des cinq classes dans lesquelles les premiers se divisaient. Le sens strict n'apparaît paj, que l'on sache, dans les textes cunéiformes publiés jusqu'ici ; mais dira-t-on pour cela que notre livre est écrit après l'exil? Ce serait illogique. Que savons-nous d'ailleurs de l'assyro-babylonien , de ses éléments, de l'histoire de ses mots? Peu de chose. E. B. Pusey, Daniel, p. 423, à propos de cette difficulté, se contente de dire: « Ce titre [de Chaldéens] ne s'applique pas à tous les mages, comme on l'a prétendu; mais il est pris cette fois seulement dans son sens historique. » Cf. J. M. Fuller, Hohj Bible, t. VI, p. 252. — 5. On refuse d'admettre que Baltassar ait porté le titre de roi. Or on ne peut guère douter aujourd'hui qu'il n'ait eu le titre de roi ou au moins de vice-roi. 11 était fils de Nabonide, et fut
DANIEL (LE LIVRE DE
associé au trône par son père. Cetle opinion est fondée sur les inscriptions. On sait, pur une tablette d'argile, que Nabonide étant à Téva on Téma, les septième, neuvième, dixième et onzième années de son règne, « le fils du roi, les officiers et les soldats étaient [dans les forteresses du pays d']Accad. » lig. 5, 10, 19, 23 (T. Pinches, Transa- , lions, 1. vu, p. 139-176); cette expression de la tablette : « le fils du roi, » abal sarru , doit se traduire, selon le P. Delattre (Salomon, Assurbanipal, Baltassar, Bruxelles, 1883), par « le lils-roi », ou mieux « le roi associé », ce qui
I ive que Nabonide s'associa dans le gouvernement son
(ils. Il est naturel que ce fils associé ait été son premierné. Or son premier-né, « le rejeton de son cœur, » s'appelait Bel-sar-usur (Baltassar), suivant un des quatre cylindres trouvés à Mugbéir ( Western Asiatic Inscriptions, t. i, p. 68; voir J. Menant, Babylonie et Chaldée, Paris, 1875, p. 258, col. n, lig. 24, 25, -20), et plusieurs autres documents cunéiformes. 11 est donc fort croyable qu'un contemporain ait pu parler de lui comme d'un roi. I association de Baltassar au trône se justifie en outre par d'autres faits analogues, et surtout par Dan., V, 16: o Tu seras le troisième dans mon royaume.» Pourquoi le troisième, et pas le second? Parce que le second était Baltassar lui-même, le corégent. F. Vigoureux, La Bible et les découvertes , t. IV, p. 464. — Nabucbodonosor esl appelé son père, dans le texte, à plusieurs reprises, et c esl avec raison. Le mot « père », 'ab, a, en assyrien comme en hébreu, un sens large. Il signifie aussi « prédécesseur », comme des exemples le prouvent. Il veut dire sans doute ici « grand-père » ou «aïeul «.Baltassar était en réalité le petit-fils de Nabuchodonosor, son père Nabonide ayant épousé, pour s'affermir sur un trône usurpé, l'une des filles de ce glorieux monarque, peut-élre la veuve de Nergal-sar-usur. Le fait est qu'il eut après Baltassar un antre fils portant ce grand nom, puisque dans l'inscription dite de Behistun, on lit que la Babylonie fut soulevée successivement par deux aventuriers « criant faussement : Je suis Nabucbodonosor, le fils de Nabonide ». La preuve, sans être péremptoire, n'est pas sans valeur. — 6. On ne sait pas encore avec certitude à quel personnage historique répond Darius le Mède, vi. Il existe à cet égard sept ou huit hypothèses (voir G. Brunengo, L'impero, p. 452 et suiv.; A. Hebbelynck, De auctoritate, p. 191 j que nous n'avons pas à discuter ici. Voir Darius le Ml DE. La création des cent vingt satrapies, dont il est part'- vi, I, n'est pas incroyable, pourvu que l'on entende ces satrapies de simples districts, et ces satrapes de simples gouverneurs assez, semblables aux pihal assyriens. Y voir une copie de l'organisation faite par Darius Hystaspe, plus tard, c'est forcer le texte. Nous pensons, au contraire, que les divisions administratives du Mède furent comme le germe de ce qui se lit postérieurement, avec extension. VoirJ. M. Fuller, Holy Bible, t. vi, p. 315, Rien d'ailleurs, dans vi, 23, ne nous oblige à croire que sa juridiction fut universelle et sans limite; et il n'est pas à craindre, ce semble, que les inscriptions à découvrir mi a déchiffrer ne viennent donner raison à M. Driver. — 7. Le mol bas-sefarim, i par les livres, » Dan., ix, 2, ne
signifie p; ssairemenl une collection de livres saints.
Il signifie simplement les livres, des livres déterminés, pi m être les seuls écrits de Jérémie, qui certes existaient avanl Daniel. J. M. Fuller, op. cit., p. 352. Cf. J. Knabenbauer, In Daniel., p. 224. — 8. Il n'est pas improbable que Daniel ail pris rang parmi les « mages », et que i lui aient t.iit place parmi eux, Moïse a été instruit par les piètres égyptiens, Ael., vu, 22; pourquoi
Daniel ne l'aurait-il pas été par les chaldéensî il a très bien pu s'initier aux secrets de leur science sans professer leurs doctrines. 11 est vrai que les Perses n'iiisliui-
si lie) il jamais de non-Perses, a moins >l'uu ordre du roi. El "u doil en due autant des Babyloniens, par analogie.
M '^1 urdiv, les ina-es ici l'avaient explicite et formel. Cf. i, 3, i. On Bail pal les textes cunéiformes que
les Assyriens faisaient élever à leur cour de jeunes étrangers, dont ils se servaient ensuite pour le gouvernement des pays conquis. — 9. La folie de Nabuchodonosor était une lycantbropie. Le texte, Dan., iv, 2-2, rend la chose indubitable. Voir E. B. Pusey, op. cit., p. 428-140. Cf. F. Vigoureux, Les Livres Saints, t. iv, p. 331 et suiv.; A. Hebbelynck, De auctoritate, p. 159-169. La difficulté, à proprement parler, n'est donc pas là. La difficulté est plutôt historique. Il n'est parlé nulle part de cette longue folie. Donc elle n'a pas existé, c'est une légende. Notons d'abord que sa durée n'est pas définie. Le texte annonce « sept temps », ce qui peut être, selon nous, trois ans et demi; moins encore, suivant d'autres. Puis, du silence des contemporains on ne saurait conclure à l'inexistence du fait. Le silence est explicable. Parmi ceux qui pouvaient écrire ou écrivirent de Nabuchodonosor, plusieurs, comme Jérémie et Ézéchiel, étaient morts sans doute; du reste rien ne les amenait à traiter ce sujet; d'autres vinrent plus tard, comme Esdras et Nébémie, assez longtemps après; d'autres ne nous ont laissé' que de simples fragments ou se sont bornés a une partie du règne, comme l'auteur des Annales des Phéniciens et Philostrate. Mais encore n'est- il pas absolument vrai qu'il n'y a aunune trace du fait. On s'accorde généralement à le reconnaître, quelque peu défiguré, dans un texte d'Abydène. (Voir Eusèbe, Prsep. /•>., ix, il, t. x.xi , col. 700; Citron, arm., édit. Aucher, t. i, p. 59.) De plus, ne pourrait-on pas voir, avec des assyriologues de renom, une allusion à cette folie dans la Standard Inscription of Nebuchadnezzar, rapportée par les Western Asiatic Inscriptions, t. i, tabl. 50-Ui, col. vin. Cf. G. Brunengo, L'impero, p. 254 et suiv. et p. 310, 341. On ne s'attend pas d'ailleurs à la voir rappelée par les successeurs; car c'est une loi des rois d'Assyrie et de Babylonie de taire tout ce qui peut, a certains égards, obscurcir leur gloire ou celle de la dynastie. Et enfin, cet accident singulier n'a pas du laisser de trace bien sensible, parce qu'il dura peu, et qu'il est censé n'avoir été connu dans l'immense empire que très discrètement, les affaires continuant d'être dirigées fermement, comme d'habitude, ou parla femme favorite, ou par le rab-mag Bel-labar-iskan, ou même, a-t-on dit, par un conseil ayant Daniel à sa tête. L'édit qui annonce aux peuples, en style de curie, cet étrange événement, pour irrégulière qu'en paraisse la rédaction, n'offre vraiment aucune difficulté. Il n'y en a pas non plus dans les termes de suprême louange dont il se sert, lui, et après lui Darius et Cyrus même, pour exalter le grand Dieu d'Israël; car ils pouvaient en agir ainsi tuiit en restant idolâtres. Leur polythéisme, car ils étaient polythéistes, même Cyrus ion n'en dente plus aujourd'hui), excluait le monothéisme, mais non pas la confession et le culte d'un premier et souverain Dieu. — Deus exsuperantissimus , — dominant la foule des dieux inférieurs. Il n'y a donc pas contradicition. Cf. E. B. Pusey, Daniel, p. 440.
2° Objections philologiques.— « Le verdict de la langue est clair. Les mots persans [qu'on y rencontre] font conclure a une époque postérieure à l'établissemi nt de l'empire des Perses. D'autre paît, les mots grecs demandent, les mots hébreux appuient, les mots aramëens , ermetteni une date postérieure aussi à la conquête de la Palestine par Alexandre le Grand (332). 1 S. IL Driver, Introduction , p. i(i9. — Réponse. — Ni les mots ni la langue ne réclament celle date et celle époque. Les mois persans ne sont pas si nombreux qu'on prétend, •< probablement quinze au moins, » dit M. Driver, p. 169, note 1. Du resie, on n'est pas encore i'i\r sur leur véritable origine (E. li. Pusey, Daniel, note A, p. 500 el suiv.]; mais, quoi qu'il en soit, Daniel avant vécu a la lin de sa vie sous la domination perse, rien n'empêche qu'il y ait des mots perses dans snn livre. En tout cas, leur présence renverse l'opinion delà date machabéenne du livre; car très certainement, en 103, l'influence persane n'existait
DANIEL (LE LIVRE DE
plus en Judée. Leur très petit nombre enfin n'exige pas qu'on reporte après l'exil la composition de l'ouvrage. — Il en faut dire autant au sujet des mois grecs. Il y en a quatre, y compris même sabeka, o-inë-j-iu], m, 5, 7, Ht, 15, qu'on reconnaît aujourd'hui comme asiatique, savoir : qiferôs = xî6apiç, m, 5, 7, 10, 15 ; pesantérin = •J/aXi-riptov, m. 5, 7 (pesantérin), 10, 15; et sumfôniah = <ruu,<pa>via, m, 5, 15. Or il n'est pas prouvé que ces mots soient certainement grecs. De bons critiques en doutent et retrouvent en Asie, bien avant Daniel, les instruments qu'ils désignent. J. M. Fuller, Holy Bible, t. vi, p. '281 (Excw-stis on t/ie Musical Instruments). Et quand même ils seraient déracine grecque, il n'en résulterait pas que le livre où ils sont mentionnés fut écrit après l'exil : on établit très bien que dès le vme siècle les Grecs étaient en relations avec les Assyriens et les Babyloniens. Les auteurs ont là-dessus les plus curieux détails. Voir Trochon, Daniel, p. 36 et suiv. On s'explique par là que ces instruments aient passé avec leur nom grec, — ic le nom voyage avec la chose, » — dans l'Asie. — La conclusion que' l'on tire du caractère de l'hébreu et de l'araméen de Daniel n'est pas plus juste. On l'a dit déjà, ces deux langues du livre sont bien du temps de la captivité, et non pas des siècles qui vinrent même immédiatement après. Nous donnerons les preuves à l'appui,
3» Objections doctrinales. — « La théologie du livre, dans ce qui la distingue, prouve qu'il a été composé après l'exil. Cette preuve, certes, a été présentée maintes fois, avec exagération. Par exemple, lorsqu'un avance que la doctrine de la résurrection ou la distribution hiérarchique des anges que l'on y rencontre est due à l'influence du parsisme, ou que l'ascétisme de Daniel et de ses compagnons et la fréquence de leurs prières sont des traits particuliers au judaïsme synagogal. Ces exagérations se justifient difficilement. Néanmoins il est indéniable que les doctrines du livre sur le .Messie, les anges, la résurrection, le jugement du monde, y sont enseignées plus clairement, plus distinctement et plus largement que partout ailleurs dans l'Ancien Testament, et avec des traits approchant fort, sans être identiques, de ce qui se remarque dans la première partie du livre d'Hénoch, cent ans avant notre ère. Quoi qu'il en soit de quelques-uns de ces développements, qu'ils soient dus ou non, en partie, à des influences étrangères, ce qui n'est pas douteux, c'est qu'ils trahissent dans l'histoire de la révélation une période postérieure à la date traditionnelle du livre. Et cette conclusion est confirmée par le souflle général qui le traverse et le ton qui y règne : ce souflle et ce ton ne se rencontrent dans aucune des écritures appartenant au temps de l'exil. Ils sont plutôt de l'époque qui sépare la littérature postexilienne de la littérature juive qui surgit après le dernier écrit inspiré. Un certain nombre de considérations indépendantes l'une de l'autre, et dont plusieurs sont très pressantes, s'unissent ainsi pour établir que le livre de Daniel n'a pas été écrit avant l'an 300. » S. R. Driver. Introduction, p. 477. — Réponse. — Tout cela ne prouve pas que le livre n'a pu être écrit dans l'exil; encore moins qu'il l'a été vers l'an 300, et plus radicalement en l'an 163. — 1. Les doctrines dont il s'agit ne proviennent certainement pas du parsisme. On a soutenu que les deux systèmes religieux, parsisme ou mazdéisme et judaïsme, ont puisé à une source commune; mais on a soutenu aussi que c'est le parsisme qui a emprunté à l'autre, et cette affirmation de ilf de Haï lez, dans le Journal asiatique, 1880. t. xvi, p. 150, n'a pas été réfutée. Il est donc faux de rapporter au parsisme l'angélologie du livre, en particulier. Les rationalistes, en le faisant, vont même contre leur thèse, en un sens; car enfin, en l'an 163, si une influence dominait parmi les Juifs, ce n'était pas celle des Perses, mais celle des Grecs. L'auteur avait du reste, sans aller en Perse, dans les théogonies chaldéennes de l'exil de quoi se créer une angélologie très développée. On trouve,
en effet, dans le vieux système accadien et dans le système plus épuré des Babyloniens, une hiérarchie très compliquée et très exactement classifiée d'esprits bons et d'esprits mauvais, que les études des assyriologues nous ont révélés. Voir Fr. Lenormant, La magie chez les Chaldéens, p. 23, 138, 139; G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, t. i, 1895, p. 630 et suiv. — 2. D'ailleurs pourquoi serait -il sorti du judaïsme? Toute sa théologie se retrouve dans les écrits parus avant la captivité. Le peu qu'il a surajouté ne sont que des développements attendus, appropriés au temps et au degré de culture de l'époque. Les anges, — leur existence, leur nombre, leur office, leur condition, même leurs classes, — sont mentionnés dans les livres historiques, les Psaumes, les Prophètes. Voir E. B. Pusey, Daniel, p. 517 et suiv. 11 n'a de nouveau que les deux noms d'auges, Michel et Gabriel. La résurrection des corps est exprimée dans Job, xix, 25-27, et très clairement enseignée dans Is., xxvi , 10. Il y est fait allusion dans Ose., vi, 2, et l'on ne peut en méconnaître l'idée dans Ezech., xxxvn, 1-10. Or Ézéchiel est contemporain de Daniel. — Toutes les pratiques d'ascétisme, qu'on rapporte au bas judaïsme, on en constate l'origine et l'exercice avant Daniel, comme ces abstinences rigoureuses, dont parlent les livres des Rois et des Prophètes; comme ces prières faites trois fois par jour, dont parle déjà le Psaume liv, 18. Il n'y a pas jusqu'au développement de l'idée messianique qui ne soit parfaitement à sa place, tel qu'il nous est oifert par le livre, au temps de l'exil. Il n'est que l'évolution régulière des révélations antérieures sur le Messie, sa personne, son empire, contenues dans les Ecritures. Ainsi les doctrines en question ne sauraient être invoquées contre l'origine que nous affirmons. Le souflle qui traverse les pages de ce livre vient bien de l'époque indiquée. Comment, du reste, en serait-il autrement, quand le livre tout entier respire les idées et la culture babyloniennes juives du vie siècle? — Et telles sont les difficultés qu'une critique prévenue a soulevées contre l'authenticité de Daniel. La plupart ont leur principe dans un préjugé dogmatique. Toutes, par les réponses qu'on y fait, contribuent en un sens à confirmer la thèse de la composition du livre par un contemporain, par Daniel lui-même.
4" Difficultés spéciales relatives aux Additions de Daniel ou parties deutérocanoniques de son livre. — Ce sont: 1. la prière d'Azarias et l'hymne Benedicite , m, 24-90; 2. l'histoire de Susanne, xm; 3. Bel et le dragon, xiv. Plusieurs anciens et des modernes en assez grand nombre les regardent comme inauthentiques : saint Jérôme les appelle fabulœ , Jules l'Africain les traitait de pièces fausses, u-spo; Y.':ôlrl\'c ffv, qu il faut ranger parmi les apocryphes, M.iis il n'en est pas ainsi. On peut établir, en effet, qu'elles ont Daniel pour auteur, ou du moins qu'elles complètent son livre. — 1. Il est certain qu'elles ont été écrites en hébreu, et non en grec. Actuellement nous avons de ces parties deux \ersions grecques, celle de Théodotion et celle des Septante. Or il est reconnu que la première diffère radicalement de la seconde, donc elle n'en vient pas; donc elle a été faite sur l'hébreu (ou l'araméen), comme le reste de la version, de l'aveu de tous. De plus, on y constate des hébraïsmes tels qu'ils supposent un original hébreu. Cf. J. Knabenbauer, In Daniel., p. 51. Enfin deux manuscrits, le chisianus et le syro - hexaplaire , portent les signes critiques dOrigène, révélateurs, comme on sait, d'un texte hébraïque, et dans le manuscrit 87, on voit distinctement, xm, 1-5, les sigles AS0 qui indiquent les trois traducteurs grecs (Aquila, Symmaque et Théodotion , ayant tous trois traduit de l'hébreu. — 2. Il est également certain que ces Additions sont historiquement vraies : il ne s'y Irouve aucune trace d'erreur. Aucune, en effet, dans la prière d'Azarias et l'hymne Benedicite : ce qu'un y reprend est insignifiant. Wiederholt, Das Gebet Azarias dans la Tu-
DANIEL (LE LIVRE DE
binger Quartalschrifl , 1871, p.389el suiv. Aucune dans l'histoire de Susaiu a de mots (en grec) que l'on
oppose comme preuve d'origine grecque n'est pas une difficulté, car il existe trois ou quatre façons de l'expliquer admises même par des rationalistes. Troehoii. Ihiniel.,p. 11 et 12; F.Vigouroux, Mélanges bibliques, 1889, p. 477: Wiederholt, Die Gesehichte Susanna, dans la Tûbinger Quartalschrift, 1809, p. 583 et suiv. Aucune enfin dans Bel et le dragon : le culte du serpent à Babylone, le polythéisme politique de Cyrus,le renversement du vr,ô;, et non de la pyramide elle-même de Bel, difficultés objectées, sont aujourd'hui des faits établis. L'identification d'Habacuc, dont il est question dan- cet épisode avec le prophète de ce nom (Septante : 'A(i6xxoû(t)i cf. Hab. 1,1, est bien douteuse. Wiederholt, Bel and der Broche, 1872. p. 555. Cf. J. Furet, Der Kaiton des Aile Testament, Leipzig, p. 102, 140. — 3. Telles quelles sont enfin, les Additions font partie du livre. C'est l'opinion universellement reçue, avec quelques exceptions. Aussi bien celle opinion est-elle confirmée par le contexte. Ainsi, m, 23, pris avec le y. 91, exige les versels deutérocanoniques intermédiaires. Ainsi le chap. xni et le chap. xiv rentrent dans le plan du livre, pour lui donner l'unité : accrédité auprès du roi, il faut que Daniel le soit aussi auprès de son peuple, or c'est ce qui a lieu chap. xm ; ayant, par des prodiges, fait confesser le Dieu d'Israël a Nabuchodonosor, à Darius, il faut qu'il le fasse confesser aus>i au l'erse Cyrus, par des prodiges analogues, or c'est ce qui a lieu chap. XIV. Les Additions se joignent donc parfaitement au livre, et font avec lui un seul et même tout. Mais le livre est de Daniel, donc aussi les Additions, qui le complètent et lui appartiennent. On ne saurait d'ailleurs objecter à cela l'existence séparée des Additions; car, si on lésa détachées du livre, ce n'est que plus tard, et pour des raisons adventices. La première, m, 21-90, a été retranchée parce qu'elle retarde le récit et est en dehors du but final. La seconde, chap. xm, lune qu'elle est infamante pour les juges d'Israël (V. Origène, t. xi, col. 61). La troisième, chap. xiv, parce qu'elle parut à I ji ! , aux Juifs, faire double emploi avec un récit pareil, vi. Voir J. Knahenbauer, In Dan., p. 56; R. Corii. Iv. Introd. sji., il , 2, p. 510 et suiv., et les auteurs cités. — On peut d'ailleurs admettre, avec plusieurs critiques, que les chapitres XI1I-XIV ne sont pas de Daniel, in. us d'un auteur différent, sans que leur valeur historique en soit diminuée ou atteinte.