Équerre sur une Mêle punique
Musée Saint -Louis, :i Cartilage.
qui affecte ici la forme d'une petite
original, et des notes rejetées à la fin du volume éclaircissaient les passages obscurs et résolvaient les principales dilficultés d'interprétation. Le succès fut considérable, et les trois mille trois cents exemplaires tirés furent vite vendus. Cependant l'édition grecque, qui avait été trop précipitée, ne reposait pas sur un grand nombre de documents critiques. Érasme avait espéré trouver à Iiàle des manuscrits corrects, qu'il comptait pouvoir donner sans changement à l'imprimeur. Ceux dont il disposa étaient récents. Il prit pour base du texte des Evangiles un manuscrit du xn« siècle, Ev. 3, qui est rempli de fautes et a peu de valeur; il connut aussi Ev. 1. du Xe siècle, et Ev. 811, du XVe. Pour les Actes et les Épitres, il suivit Act. 2, du XIIe siècle, et emprunta quelques leçons à Act. 4, du xve ou du xvie siècle, et à Paul 7, du XIe. Pour l'Apocalypse, il n'eut que la copie fautive d'un seul manuscrit, Apoc. 1, du xne siècle, qui se trouve maintenant à Mayhingue, dans la bibliothèque du prince CEttingen-Wallerstein. Cet exemplaire étant mutilé à la fin et ne contenant pas Apoc, xxn. 16-21, Erasme combla la lacune finale en traduisant lui-même en grec le texte de la Vulgate. Le texte grec reproduit par Érasme n'était donc ni ancien ni pur, et l'édition était déparée par de nombreuses fautes de typographie et d'orthographe. Elle l'ut rééditée à Venise, in-f», 1518, et 2 in-16, 1538, pour le texte grec seul et avec quelques corrections.
Érasme en donna lui-même une deuxième édition, in-f", Bàle, 1519. Bien que le titre annonce qu'elle a été plus soignée que la première, le texte n'est guère modifié; on n'a fait disparaître que les fautes les plus grossières. Pour la constitution du texte grec, Erasme eut un manuscrit du chapitre de Corsendonk , aujourd'hui à Vienne, Ev. Act. Paul. 3, du xne siècle. Les notes de la première édition ne sont pas reproduites. L'ouvrage est magnifique au point de vue typographique. On en a fait plusieurs rééditions : in-4", Haguenau, 1521; in-8», Strasbourg, 1524; in-8", Venise, 1533. — Une troisième édition, dirigée par Érasme, parut, in-f1, Bàle, 1522; elle reproduit la précédente, sauf en sept passages importants dans lesquels le texte est modifié, Erasme eut le tort de ne pas emprunter à l'édition d'Alcala la finale de l'Apocalypse, qu'il avait rétablie en grec. 11 inséra aussi pour la première fois le verset des trois témoins célestes, I Joa., V, 7, sur l'autorité d'un manuscrit de Dublin, Act. 34. Les annotations qui accompagnaient le texte grec furent augmentées. Cette troisième édition fut réimprimée plusieurs fois: in-8', Baie, 1524; in-8», Bàle, 1531; in-8», Bàle, 153."): 2 in-32, Bàle, 1536; in-8°, Bàle, 1538; in-8», Bàle, 1540: in-8», Iiàle, 1543; in- 10, Bàle, 1515; in -8°, Tigur, 1547. — Une quatrième édition parut, in-f", liàle, 1527. Le texte de la Vulgate accompagne la version latine d'Érasme. L'éditeur s'est servi, surtout pour l'Apocalypse, de l'édition d'Alcala. Une réédition a été faite, in-8", Louvain, 1531. — La cinquième et dernière édition, in-f", Bàle, 1535, tout en étant supérieure à la première, reste encore inférieure a celle du cardinal Ximénès. Elle ne contient pas la Vulgate latine. Elle a été reproduite à part chez différents libraires: à Bàle, in-f°, 1537; in-f» et in-4», 1541; in-8», 1542 et 1544; in-f° et in-4», 1545; in-8», 1546; in-8», 1548; in-8", 1549 ei 1550; à Paris, in- 12, 1543; in-16, 1459, et aussi dans les Opéra d'Erasme, in-f", Bàle. 1541, t. vi ; in-f", Leyde, 17u5, t. vi. Cf. Franz Delitzsch, llundschriflliche Emule, in-8", Leipzig, 1801, fasc. i; 1802, fasc. n; E. Reuss, Bibliotheca Novi Testamenti grseci, in-8», Brunswick, 1872, p. 27-44; R. Gregory, Prolegomena, in-8», Leip/ig, 1884-1890. p. 2117-211, 457-458, 584, 017, 021, 053 et 070. Sur les manuscrits latins dont s'est servi Érasme, voir J. Wordsworth, Old Latin biblical texts, Oxford, 1883, p. 47-54.
Si les approbateurs de l'édition grecque du Nouveau Testament furent nombreux, les contradicteurs ne manquèrent pas non plus. La nouvelle traduction latine et