‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 40 sur 486 · D AVENANT — DAVID · texte numérisé non relu

D AVENANT — DAVID

à enseigner la théologie. En 1614, il y devint principal du collège de la Reine. Jacques I '. en L618, le désigna connue membre du synode de Dort, et trois ans plus tard il était no h - irêque 'le Salisbury. Ses coreligionnaires lui reprochaient ses tendances au calvinisme. Parmi ses écrits, nou ne mentionnerons que Expositio Epislolie D. Pauli ad Colossenses, in-f», Cambridge, 1627. En tète de l'édition de cet ouvrage, publiée à Birmingham, 2 in-8°, 1831, se trouve la Vie de J. Davenant. — Voir W. Orme, Bibliotheca biblica, p. 139.

B. HlXRTEBlZE.

1. DAVID (hébreu : David ou David; Septante : AxëiS, 1-jL-y.'.. Actuels, " le bien -aimé d), le deuxième roi du peuple de Dieu, 1055-1015 avant 1ère chrétienne, suivant la chronologie ordinaire.

I. Avant sa royauté. — 1» Sa jeunesse, son élection et son séjour à la cour de Saûl. — David était le huitième et le plus jeune fils d'Isaïou Jessé, le Bethléhémite. Sa famille était une des plus considérées de la tribu de Juda. Il avait les cheveux blonds, un visage gracieux. I Reg., XVII, i'2. Son père lui avait confié la garde de ses troupeaux. Aussi vigoureux qu'aimable, l'audacieux berger poursuivait les ours et les lions, qui venaient ravir ses brebis; il luttait contre eux, leur arrachait leur proie et les étranglait, quand ils se jetaient sur lui. 1 lieg.. xvn, 34-36. Le Seigneur le choisit pour remplacer Saûl, qu'il avait rejeté, et le désigna à Samuel, qui lui donna l'onction royale. Personne, dans l'entourage du jeune homme, ne sembla comprendre la haute signification de cette onction : mais l'Esprit de Jéhôvah fut dès lors avec D ivid et le prépara mystérieusement a sa future mission. 1 Reg., xvj. 1-14. C'est dans ce dessein qu'il le fit venir à la cour. Saûl, agité par l'esprit mauvais, demanda un harpiste habile, qui put calmer ses accès de mélancolie et de fureur. Un de ses officiers lui désigna le fils d'Isaï, qui a la vigueur, a la sagesse et à la beauté joignait l'art de jouer de la harpe, l.iinm--. Isai envoya David avec des présents. Saûl l'aima des l'abord et en fit son écuyer. Chaque fois que l'esprit mauvais s'emparait du roi, David jouait de la harpe, et S, ml était soulagé, i Reg., xvi, 15-23. Ce premier séjour à la cour ne fut que passager, car la suite de l'histoire montre que Saûl connaissait très peu David.

Celui-ci révéla sa valeur guerrière dans une campagne contre les Philistins. Au début, quand ses trois frères aines avaient rejoint l 'année, il était retourné à LSethléhem paître son troupeau. Is.u l'envoya au camp porter des provisions a ses fils. David parvint à Magala au moment où le combat allait s'engager. Laissant les vivres et les cadeaux qu'il apportait aux mains de l'officier préposé t la garde des bagages, il courut s'enquérir de l'état de ses frères. Il entendit l'arrogant déli de Goliath. Apprenant en même temps la récompense promise, il s'offrit, malgré les injustes reproches de son aîné, Éliab, qui l'accusait d'orgueil et de présomption, à combattre le géant. La différence d'âge et de force des deux adversaires n'empêcha pas Saûl d'acquiescer à ce désir. Le roi donna au pâtre sa propre armure; mais sous ce costume guerrier, auquel il n'était pas accoutumé, David n'avait pas la liberté de ses mouvements. Plus confiant en la protection divine que dans les armes royales, il reprit sa houlette ou son bâton de voyage, choisit dans le lit du torrent cinq pierres très polies, et les mil dans sa panetière; puis, sa fronde à la main, il s'avança vers le Philistin, furieux d'être attaqué pai un aussi faible adversaire. Rempli d'une inébranlable confiance en Dieu, qui devait venger son

honneur outrage', il nul pierre dans sa fronde et la

prestement. Elle frappa au fronl le géant, qui tomba sous le coup. David se jeta sur Goliath, et de sa propre

lui trancha la tête. La | a à sa main, il fut pré-

pai Al r à Saûl. Le roi prit alors sur lui des

informations. On en a conclu trop vite qu'il ne le connaissait pas. el que ce récit étail en contradiction avec

la narration du séjour de David à la cour comme harpiste et écuyer. L'objection a été- résolue de plusieurs manières différentes. Comme ce passage manque dans la version des Septante, le texte hébreu peut passer comme un targum qui mêle au récit primitif des détails puisés à d'autres sources ou à des légendes populaires. J. P. P. Martin, Introduction à la critique générale de l'Ancien ment. De l'origine du Pentateuque, t. i, Paris, lS,S(i-|XS7, p. 6'2-G8. Pour d'autres, s'il n'y a pas interpolation, il y a au moins interversion des récits, et David n'a exercé les fonctions de harpiste et d'écuyer à la cour de Saûl qu'après sa victoire sur Goliath. Le plus souvint, les commentateurs suivent l'ordre actuel du texte hébreu, et observent simplement que Saûl demanda à Aimer, non pas qui David était, mais à quelle famille il appartenait. Le roi connaissait son écuyer, mais il ignorait sou origine et sa vie antérieure; il n'avait pas eu l'occasion de s'en informel' durant les fonctions momentanées et intermittentes qu'il avait remplies auprès de sa personne. F. Vigourpux, Manuel biblique, 9» édit., 1896, t. il, p. 87-88, et Les Livre* Suints et la critique rationaliste, 4e édit., t. iv, p. 495-498; F. de Hummelauer, Commentarius in libros Samuelis, Paris, 1886, p. 13 et 182-185. Plus tard, David apporta à Jérusalem la tête du géant, et mit ses armes dans sa tente comme un trophée. I Reg., XVII, 1"2-.">.S. Quant à l'épée de Goliath, elle fut exposée dans le sanctuaire de Nob. I Reg., xxi, 9.

Cet exploit valut à David la tendre et forte amitié de Jonathas et l'honneur de demeurer définitivement el d'une manière permanente à la cour. Saûl chargea son vaillant • 'cuver de diriger plusieurs expéditions guerrières. David y eut un plein succès. Le peuple et les courtisans euxmêmes aimaient l'heureux capitaine. Or, au retour d un.' campagne contre les Philistins, les femmes d'Isi i vinrent à la rencontre du vainqueur et chantèrent en choeur: « Saûl en a tué mille, et David dix mille. » Cet éloge excita la jalousie du roi, qui craignit dès lors de rencontrer en David le rival dont lui avait parlé' Samuel, 1 Reg., xv, 28. Saûl ne vit plus David de bon oeil', et dès le lendemain, dans un transport de frénésie, il essaya de le percer de sa lance, tandis qu'il jouait de la harpe devant lui. David se détourna et évita le coup à deux reprises. Saûl craignit davantage celui que le Seigneur protégeait si visiblement, et, pour l'éloigner de sa personne, il le promut à un commandement de mille hommes. David menai! sa troupe à de difficiles combats et la ramenait victorieuse. Le peuple l'aimait de plus en plus. S. ml, qui n'osait pas le tuer, espéra qu'il périrait par le glaive des Philistins, et, sous prétexte de lui faire mériter la main de sa fille Mérob, il l'engagea dans les plus grands dangers. Heureux dans toutes ses entreprises grâce à la protection divine, David échappa au péril. Infidèle à sa parole, Saûl lui refusa Mérob, qui lui était déjà due en récompense de la mort de Goliath. II lui promit sa seconde fille, Michol, qui l'aimait, à la condition qu'il appel lei ail en guis, le douaire la dépouille de cent Philistins. C'était un nouveau piège : Saûl espérait que le héros tomberai) entre les mains des ennemis; mais David fournit le double des trophées demandés et le roi l'ut obligé de lui donner Michol. L'aversion de Saûl grandit avec les succès et la fortune de son rival. I Reg., xvm, 1-30.

Bientôt le roi ne dissimula plus sa haine et donna ouvertement l'ordre de tuer David. Jonathas apaisa momentanément son père, en faisant valoir les services rendus par son ami. David reprit à la cour ses fonctions accoutumées. De nouveaux exploits contre les Philistins rallumèrent la jalousie de Saûl, qui tenta derechef de percer David de sa lance. David s'enfuit dans sa maison, où Saûl le lit surveiller par ses gardes; mais Michol lit évader sou mari par une fenêtre, et pour laisser au fugitif le temps de se mettre en sûreté, elle eut recours à due s stratagèmes, qui réussirent. David rejoignit Samuel à

DAVID

Raraatlia, et tous deux se retirèrent à Naïoth. Saiil , à trois reprises, envoya arrêter David; il alla lui-même à Naïoth ; mais il prit part aux exercices pieux des prophètes et ne pensa plus à s'emparer de l'oint du Seigneur. I Reg.. xix, 1-24. David revint à Gabaa consulter Jonalhas. Les deux amis se lièrent par des serments éternels. David proposa un expédient pour connaître les sentiments du roi à son égard. Le second jour de la néoménie, Saiil demanda compte de son absence à sa table. Comme il était convenu, Jonathas répondit que David assistait à une fête do famille, à Bethléhem. Loin d'accepter cette excuse, Saû] s'emporta contre Jonathas et menaça David de mort. Celui-ci en fut averti par le signal concerté, et les deux amis se séparèrent en pleurant. I Reg., xx, 1-13.

2° Vie errante de David. — David proscrit mena désormais une vie errante et remplie d'aventures. Il se rendit d'abord à Nobé, auprès du grand prêtre Aehimélech (voir t. i, col. 140-142), et reçut de ses mains, avec des pains de proposition, l'épée de Goliath, qui avait été consacrée au Seigneur. 11 passa ensuite chez Achis, roi de Geth, et, afin de conjurer le danger qu'il courait au milieu des ennemis de son peuple, il contrefit l'insensé, selon une ruse assez familière aux Orientaux. I Reg., xxi, 1-15. Voir t. i, col. 144-145. Congédié avec mépris, il se retira dans la caverne d'Odollam. Craignant sans doute d'être persécutés à cause de lui, ses frères le rejoignirent. Les débiteurs insolvables et les mécontents du royaume se réunirent à lui, et bientôt il fut à la tète d'environ quatre cents hommes. L'exilé conduisit sa troupe à Maspha, au pays deMoab. Abiathar, échappé seul au massacre de sa famille, s'enfuit auprès de David; il emportait avec lui l'éphod, qu'il consulta souvent. Voir t. i, col. 45-46. Rappelé par le prophète Gad, David rentra dans sa patrie et se cacha dans la forêt de Haret. I Reg., xxn, 1-5. Avec ses six cents hommes, il délivra les habitants de Céila d'une incursion des Philistins. Saùl voulut le cerner dans cette ville. Averti par le Seigneur que les habitants, qu'il avait sauvés, allaient le trahir, David en sortit et erra de différents côtés avec sa troupe. Voir t. il, col. 388. Il trouva un refuge dans la montagne boisée de Ziph, où Jonathas vint le réconforter et renouveler leur alliance. Invités de fournir des subsides, les Ziphéens dénoncèrent à Saûl la présence de David dans leurs parages et s'offrirent à le livrer. David se retira dans le désert de Maon; le roi l'y poursuivit. Il le serrait de très près et il l'aurait pris, si une invasion subite des Philistins ne l'eut obligé à rebrousser chemin. I Reg., xxnt, 1-28.

David passa à Engaddi. Après avoir repoussé les Philistins, Saûl vint l'attaquer. S'étant retiré seul dans une caverne, où David était caché, il fut à la merci de son adversaire. David eut la magnanimité de ne pas profiter de la circonstance; il réussit à arrêter ses ardents compagnons, et se contenta de couper un pan du manteau royal. Saùl reconnut que David était plus juste que lui, et il le pria d'épargner sa famille, quand il serait roi. I Reg., xxiv, 1-23. Pour ne pas être trop longtemps à charge aux mêmes habitants, David changeait souvent de retraite. 11 descendit dans le désert de Pharan, et fît demander des vivres au riche Nabal. Bien que ses bergers reconnussent la bonté de David à leur égard et la protection dont il les entourait, celui-ci refusa insolemment. David voulait punir Nabal; mais à la prière de sa femme Abigaïl (voir ce nom, t. i, col. 47-49), il oublia son affreux serment de tout détruire dans la maison de Nabal, et il pardonna généreusement les outrages reçus. Nabal étant mort dix jours plus tard , David épousa Abigaïl. 11 avait pris auparavant Achinoam (voir ce nom, 1. 1, col. 143) pour femme, quand Saiil avait donné Michol à un autre. I Reg., xxv, 1-44. Les Ziphéens dénoncèrent de nouveau David. Saùl se mit à sa poursuite et tomba une seconde fois entre ses mains. David pénétra dans la tente du roi, pendant qu'il dormait, et au lieu de le tuer, DICT. DE LA BIBLE.

comme le voulait son compagnon, il prit seulement sa lance et sa coupe. Sorti du camp, il interpella ironiquement Abner, et Saùl réveillé rendit justice à l'innocence de celui qu'il persécutait, et s'en retourna chez lui. I Reg., xxvi, 1-25. Munk, Palestine, Paris, 1881, p. 263, note, ne voit dans cet épisode qu'un second récit de la rencontre de la caverne. Mais « le lieu, les circonstances, l'époque, sont différents. Ce n'est pas le même fait raconté deux fois avec des circonstances diverses ; ce sont deux faits parfaitement distincts. David cherchait à désarmer le roi en multipliant les preuves de son respect pour sa vie ». Mar Meignan, David , Paris, 188'J, p. 24, note.

N'osant pas se fier aux promesses de Saùl, David se retira de nouveau chez les Philistins. Achis l'accueillit cette fois et lui donna Siceleg. De là, pendant quatre mois, David fit des razzias sur le territoire des Ainalécites et d'autres tribus. 1 Reg., xxvn, 1-12. Il se trouva ensuite dans une situation bien embarrassante. Achis, en guerre avec les Hébreux, voulut l'emmener et l'établit chef de sa garde. I Reg., xxvm, 1 et 2. Mais ses officiers, craignant que David ne fit volte-face durant la bataille, le contraignirent à renvoyer du camp l'étranger. I Reg., xxix, 2-11. Cette décision épargna à David de prendre part à la guerre contre ses compatriotes. Quand il rentra à Siceleg, il trouva cette ville prise et brûlée par les Amaléeiles, qui avaient emmené en captivité les femmes et les enfants. Sa troupe, désespérée, s'en prit à lui et voulut le lapider. Dieu ne le délaissa pas dans cette affliction, et sur son ordre David poursuivit les Amalécites. Guidé par un esclave égyptien, il les rejoignit alors qu'ils célébraient leur victoire dans une orgie, les battit et reprit tout ce qu'ils avaient enlevé. Il partagea le butin entre tous ses hommes , et il préleva sur sa part de riches cadeaux, qu'il envoya à ses amis de Juda. I Reg., xxx, 1-31. Cependant Saùl et Jonathas périrent dans la guerre contre les Philistins. Un fuyard amalécite en apporta la nouvelle à David , qui déchira ses vêlements en signe de deuil et fit tuer le messager de malheur, qui se faisait un mérite d'avoir frappé Saùl. Sous le coup d'une douleur sincère, David pleura le père, qui l'avait si cruellement persécuté, et le fils, qui lui avait voué une si généreuse amitié, et il composa sur leur mort une touchante élégie, intitulée « le chant de l'arc ». II Reg., i, 1-27. Cf. A. -H. Pareau, Elegia Davidis in Saulem et Jonathanem , Groningue, 1826; F. W. C. Umbreit, David und Jonatham. Lied der Freundschaft, Heidelberg, 1844.

IL Régne de David. — l" A Hébron. — David, qui avait alors trente ans, II Reg., v, 4, ne tarda pas à revendiquer les droits à la royauté que lui avait conférés l'onction sainte. Sur l'ordre du Seigneur, il se hâta de se rendre sur le territoire de Juda, et il se fixa à Hébron avec ses hommes. Les Judéens le reconnurent pour roi et inaugurèrent son règne par une onction publique et solennelle. Les autres tribus se rangèrent sous le sceptre d'Isboseth, fils de Saùl. David s'empressa de témoigner sa reconnaissance aux habitants de Jabés-Galaad, qui avaient enseveli Saûl, et il leur fit annoncer son avènement au trône. Abner, qui avait élu Isboseth et qui commandait son armée, attaqua les troupes de David et fut battu à Gabaon. II Reg., Il, 1-32; I Par., xi, 1-3; xii, 23-40. Le roi, à qui la guerre civile répugnait et qui avait dû se défendre, n'assistait pas à cette bataille. 11 se maintint à Hébron, où sa famille s'accrut, tandis que le parti d'Isboseth dépérissait. Six fils lui naquirent de ses cinq femmes, Achinoam, Abigaïl, Maacha, Haggilh et Égla. II Reg., m, 1-5; I Par., m, 1-3. Abner, en querelle avec Isboseth , se rapprocha de David et s'engagea à le faire reconnaître par tout Israël. Au préalable, David réclama Michol, qui lui fut rendue. Abner, ayant gagné à sa cause les anciens des onze tribus, vint à Hébron, et David fit en son honneur un grand festin. Mais, par vengeance ou par envie, Joab fit traîtreusement périr Abner. David

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