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ADOPTION

Diéu nous a engendrés par la parole de la vérité, » Jac., 1, 18. Cf. Joa.,, 17,5; 1 Joa., πι, 95 ν᾿ 9; Titre I Pet., 1, 3, 23. C'est cette naissance divine qui nous est donnée par le baptême, qui est pour cela appelé « le bain de la régénération, » Tit., πὶ, 5, et, si l’on peut parler ainsi, le sacrement de la renaissance : « Si un homme ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » Joa., 11, 5.

2. Si nous sommes nés de Dieu, nous sommes fils de Dieu. La conséquence est rigoureuse. Beaucoup de textes du Nouveau Testament appellent les justes « fils de Dieu » ; sans doute quelques-uns doivent se prendre dans le sens large, c'est-à-dire dans le sens d'une certaine ressemblance avec Dieu. Matth., v, 45. C£. v, 9. Maïs un grand nombre ne peuvent s'expliquer que dans le sens précis d'une filiation adoptive strictement dite, soit parce qu'ils insistent avec énergie sur cette filiation, soit parce qu'ils donnent comme raison de cette filiation la nouvelle naissance et la nouvelle vie que les justes reçoivent de Dieu. « Voyez, dit saint Jean, quel amour le Père nous a témoigné, de vouloir que nous soyons appelés, et que nous soyons, en effet, enfants de Dieu. Mes bien-aimés, nous sommes déjà enfants de Dieu. » I Joa., mx, 4-2. Cf. Rom. vint, 14-17; Gal., 1, 26; 1v, 4-6; Rom., v, 2; vin, 21; Joa., 1, 12.

3. L'enfant, né de son père, et devenu ainsi son fils, reçoit de lui, par là même, la nature humaine. Saint Pierre nous dit : « Dieu, par Jésus-Christ, nous a communiqué les grandes et précieuses grâces qu’il nous avait promises, pour vous rendre par ces mêmes grâces participants de la nature divine. » IL Pet., 1, 4 En quoi consiste cette participation de la nature divine, qui est le fruit de notre nouvelle naissance? Par le seul fait de cette régénération, nous recevons en nous le Saint-Esprit; il est communiqué et donné à l'âme juste. Rom., v, 5. Cf. I Joa., 1v, 13; II Cor., 1, 22. Il habite par conséquent dans l'âme juste. Rom., var, 9, 11. Sans doute il n’habite pas en nous à l'exclusion du Père et du Fils, à cause de la circumincession (περιχώρησις) des trois divines personnes, qui sont consubstantielles et inséparables ; aussi Jésus a-t-il pu dire de l'âme du juste : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. » Joa., χιν, 23. Toutefois cette œuvre de justification étant un « don » excellent et un témoignage très précieux de l'amour divin, est attribuée par l'Écriture et les Pères au Saint-Esprit, qui est par excellence le Don de Dieu et l'Amour substantiel et personnel du Père et du Fils. Mais que fait le Saint-Esprit dans notre âme? Par son action toute-puissante , il imprime en elle cette qualité permanente qu'on appelle grâce sanctifiante; elle est inhérente à l'âme, la pénètre tout entière, lui donne des puissances et des facultés nouvelles, et la rend ainsi semblable à Dieu.

4. Nés de Dieu, nous entrons dans sa famille, comme le fils entre naturellement dans la famille de son père; il n'est pas pour nous un étranger, ni même simplement le Créateur, c’est notre Père ; ce mot est répété plus de quinze fois dans le Nouveau Testament, et avec ce sens précis. Par la même raison, nous devenons les frères de Jésus- Christ, quoiqu'il soit Fils naturel de Dieu, et non simplement fils adoptif. Dans la plupart des législations, c'est un effet de l'adoption de rendre les adoptés frères des fils naturels de l’adoptant. D. I, vu, 39. C'est ce que Dieu ἃ voulu aussi dans l’ordre surnaturel : nous sommes frères de Jésus-Christ, au même titre que nous sommes enfants de Dieu. Rom., vit, 29.

5, Enfin, s1 nous sommes fils de Dieu, nous sommes ses héritiers : c’est qu'en effet, comme nous l'avons observé dans la première partie de cet article, toute véritable adoption entraine en faveur de l’adopté le droit à la succession du père adoptif. Or saint Paul nous apprend qu'il en est de mème pour l'adoption divine: « Si nous sommes

hat.

‘enfants, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus-Christ, » Rom., vit, 17, Cf, Gal., 11,295 10, 7; Dit., ur, 75 I Pet., πὶ, 22; Jac., 11, 5. Aussi, dans la Sainte Écriture, la gloire du ciel, consistant dans la vision intuitive, l'amour et la possession de Dieu, nous est souvent proposée comme un héritage : « Béni soit Dieu, Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, selon la grandeur de sa miséricorde, nous a, par la résurrection de Jésus-Christ, régénérés, pour nous donner la vive espérance de cet héritage, où rien ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni se flétrir, » etc. I Pet., 1, 3-4. C£. Eph., 1, 48; v, 5; Col., πὶ, 2%; Heb., 1, 14; 1x, 15. Sans doute les mots Aæres, hæreditare, hæreditas (en grec, χληρονόμος, χληρονομέω, χληρονομία ; en hébreu, radical nähal) ne signifient pas toujours un héritage proprement dit, c’està-dire le mode spécial d'acquisition par succession ou testament; mais signifient quelquefois, en général, la prise de possession d'un bien, quel que soit d’ailleurs le mode d'acquisition; mais cette distinction est ici sans importance, puisqu'il nous suffit de faire remarquer qu’en vertu de sa naissance divine, le juste acquiert un certain droit sur les biens divins préparés dans le ciel; or ce droit, qui constitue précisément l'héritier, est prouvé par la plupart des textes cités; cela est tellement vrai, que saint Paul, dans un des quatre textes où il emploie le mot υἱοθεσία, identifie notre adoption divine avec notre héritage céleste : « Nous gémissons en nous-mêmes, attendant l'adoption divine, la délivrance de nos corps. » Rom., var, 93.

Ce que nous venons de dire de ce privilège admirable de l'adoption divine, ou de la filiation divine adoptive, conféré à tous les justes, ne peut s'appliquer à Jésus-Christ, qui, étant Dieu et homme, est purement et simplement Fils naturel de Dieu, et non pas Fils adoptif. Comme la filiation ne peut convenir qu'à une personne, et qu’en Jésus-Christ il n’y a qu’une personne, celle du Verbe, il ne peut y avoir en lui qu'une seule filiation, la filiation naturelle, en vertu de laquelle Jésus-Christ est Fils naturel de Dieu. 5. Thom., ΠΙ, 4. 23, ἃ. 4. Ainsi, d'un seul mot, se trouve réfutée l’erreur ou plutôt l'hérésie des Adoptianistes, Félix, évêque d'Urgel, et Élipand, archevèque de Tolède, qui, dans la seconde moitié du vire siècle, enseignaient que Jésus-Christ, comme homme, peut être dit Fils adoptif de Dieu. Cette erreur, qui n'était qu'un rejeton du nestorianisme, fut condamnée au concile de Francfort (79%). 5. MANY.

ADOR, ville de Palestine. I Mach. xr:1, 20, Voir ADURAM 1. ADORAM. Hébreu : Hädôräm.

4. ADORAM (Septante : Ὀδοῤῥά), cinquième fils de Jectan. Il s'établit aux extrémités méridionales de l'Arabie. Ses descendants sont les Adramites des géographes classiques. I Par., 1, 21. Il est nommé Aduram dans la Vulgate. Gen., x, 27.

2. ADORAM (Septante : ’AGoupdy), fils de Τοῦ, roi d'Hémath, vint de la part de son père féliciter David de la victoire qu'il avait remportée sur Adarézer, roi de Soba, et lui offrir en présent des vases d’or, d'argent et d’airain. 1 Par., xvur, 10; II Reg., var, 10, Dans ce dernier endroit, il est nommé Joram.

ADORATION (Vulgate : adorare; Septante et Nouveau Testament : προσχυνεῖν ; hébreu : hiffahaväh, hithpalel du radical $ahäh) désigne dans la Bible un témoignage particulier de vénération, que les Hébreux rendaient à la divinité et aux grands personnages. Il consiste en ce que l’adorateur se jette à deux genoux et se prosterne jusqu'à terre devant la personne qu'il vénère, lui baisant les pieds ou touchant le sol de son front devant elle, C'est le sens naturel du verbe hiffahaväh, qui signifie pro-

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