‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 119 sur 474 · AGAPES · texte numérisé non relu

AGAPES

— AGAR 262 tement que possible la Cène du Seigneur où le repas avait précédé le rite religieux nouveau, l'Eucharistie {ἐσθιόντων ἀντῶν, Matth., xxvi, 26; Marc., χιν, 22; μετὰ τὺ δειπνῆσαι, Luc,, xx11, 20; I Cor., x1, 25). Le rite accessoire, même séparé de l'Eucharistie, demeura pour les chrétiens un moyen de pratiquer la charité mutuelle, tant qu'on fut fidèle à l’idée première de l'institution. Nec sacrificia eorum (paganorum) vertimus in agapes.., agapes nostræ pauperes pascunt sive frugibus, sive carnibus, disait saint Augustin contre ceux qui déjà cherchaient à rattacher l'usage chrétien aux cérémonies paiennes. Contra Faust., xx, 20, cf. 4, t. ΧΗ, col. 370-383. Mais il est bon de remarquer que ces repas communs étaient fréquents chez les païens : aux funérailles, accompagnées de festins religieux où l’on mangeait les mets sacrificiels dans le lieu consacré à l’idole, ἐν ἐιδωλείω, I Cor., vit, 10; dans les réunions de certaines confréries ou hétairies, dont quelques-unes n'avaient d'autre but que de s’assembler à certains jours pour manger en commun. Ils étaient aussi connus chez les Juifs, puisqu'il y avait des repas funèbres dans les temps anciens, d'après Jérémie, xvi, 5, 7; cf. Osée, x, 14, et plus tard Josèphe, Bell. jud., II, 1, 1; Antiq. jud., XVIIT, vur, 4; et que les restes des victirhes ou des offrandes étaient consommés en commun dans le temple, cf. Deut., x1v, 23, 26, surtout à certaines fêtes. Ces coutumes juives et païennes expliquent comment fut accepté facilement et comment se répandit un usage qui était dans les mœurs de l'époque, et qui nous paraïtrait aujourd'hui très extraordinaire, Voir Bingham, Works, t. v, p. 289; Augusti, Handbuch der christlichen Archäologie, t. x, Abth. 1, 2, Leipzig, 1836-1837; Drescher, De veterum Christianorum agapis, in-8°, Giessen, 182%.

J. Taowas.

AGAR (hébreu : Hägär) était une esclave égyptienne au service de Saraï, Peut-être avait-elle été donnée à Abram par lé pharaon qui avait enlevé son épouse, Gen., ΧΙ, 16. Le choix dont elle fut l'objet permet de supposer qu'elle avait de grandes qualités, et qu'elle partageait la foi de ses maîtres, S. Chrysostome, Hom. xxxvIN in Genesim , 1. t. LIT, col. 351. Saraï, désespérant de devenir mère et dans le dessein d’avoir une postérité, offrit à son mari son esclave comme femme. Elle la substituait à ellemême auprès de lui. Ayant concu, l’esclave dédaigna l'épouse stérile. Celle-ci rendit Abram responsable de la conduite superbe et outrageante d’Agar. Pour échapper à ses reproches, Abram réduisit l'esclave à sa condition première. La domination de la maîtresse se fil durement sentir, et Agar, ne se résignant pas à son nouveau sort, prit la fuite. Assise auprès d'une source du désert d'Arabie, elle fut visitée par un ange. Il lui ordonna de retourner chez sa maitresse et de s’humilier sous sa main. Le fils qu’elle portait dans son sein sera, ajouta-t-il, belliqueux, et sa nombreuse postérité s’établira à l’orient des autres descendants d'Abram. Agar appela le lieu de la vision « le puits du Vivant qui me voit ». De retour chez Abram, elle donna naissance à un fils qui fut nommé Ismaël. Gen., xvr.

Après la naissance d'Isaac, Agar dut quitter une seconde fois la maison de son époux. Sara, ayant vu Ismaël se railler d'Isaac, obligea le patriarche à chasser l’esclave et son fils. Dieu ayant donné son consentement à cette mesure rigoureuse, tout en renouvelant la promesse d’une nombreuse postérité pour l'expulsé, Abraham plaça du pain et de l'eau sur l'épaule d'Agar, lui remit Ismaël] et la renvoya. Voir ABRAHAM 1. Elle erra dans le désert de Bersabée, La provision d'eau épuisée, l'infortunée mère laissa son fils sous un arbrisseau, et s'éloigna pour ne pas assister à son agonie. Elle s’assit à la distance d’une portée de trait, lui tournant le dos, et éclata en sanglots. La voix d'Ismaëél, qui pleurait et priait, fut entendue du ciel. Un ange, appelant Agar, la consola et lui ordonna de ne pas abandonner son fils, souche d’une nombreuse descendance. Alors Dieu ouvrit ses yeux aveuglés par la douleur : un puits était là; elle y emplit son outre et fit boire l'en-

fant. Il grandit; sa mère demeura constamment avec lui, et lui donna pour épouse une Egyptienne, Gen., xx1, 9-91. Les Ismaélites, renommés par leur habileté commerciale et animés de la prudence terrestre, sont appelés par Baruch, ΠΙ, 23, fils d'Agar.

L'entrée d'Agar dans la famille d'Abraham et son bannissement avaient un caractère figuratif, qui a été signalé par saint Paul. Gal., 1v, 23-31. La femme esclave, qui enfante dans l'esclavage, représentait la synagogue, dont les fils sont esclaves de la loi, d’une loi de servitude. Parce qu'ils persécutaient les fils de la femme libre, les fils de la promesse, les enfants de l'Église, ils ont été exclus de la famille et du peuple de Dieu et n'ont pas partagé avec les chrétiens l'héritage des bénédictions promises, comme Agar et Ismaël furent chassés de la maison d'Abraham et n'héritérent pas de ses biens.

Les Arabes, issus d'Ismaël, ont gardé dans leurs traditions le souvenir d'Agar, leur aïeule. Les données bibliques y sont altérées. Agar devient la femme principale d’Abraham ; elle habite la Mecque, et la fontaine qui lui fut montrée par l'ange est le fameux puits Zemzem, renfermé dans l'enceinte de la Kaaba. Abraham dut sacrifier Ismaël par ordre de Dieu. Voir d'Herbelot, Bibliothèque orientale, in-f, Paris, 1697, aux mots : Abraham, p. 15; Hagiar, p. 420; Zemzem, p. 927. E. MANGENOT.

AGARAI (hébreu : Hagri, « fugitif (?) ; » Septante : ’Ayapi), père de Mibahar, qui fut un des guerriers renommés de l’armée de David, 1 Par., xt, 38. Dans le passage parallèle, II Reg., Χαμ, 36, on lit Bonni de Gadi au lieu de Mibahar filius Agarai. « Hagri » a la forme d'un nom de race. Voir AGARIEN.

AGARÉENS, AGARÉNIENS (hébreu : Hagrim, Ps. Lxxxn1 (hébreu : Lxxxm1), 7; Hagri im, 1 Par., v, 19, 20; au singulier, Hagri, 1 Par., xxvII, 31 ; Septante: ᾿Αγαραῖοι, I Par., v, 20; ’Ayapnvot, Ps. Lxxxir, 7; I Par., v, 19; ’Ayaptenc, 1 Par., xxvir, 31), peuplade arabe contre laquelle luttèrent les tribus transjordaniques de Ruben, de Gad et la demi-tribu de Manassé. Plusieurs auteurs la rattachent à Agar, servante d'Abraham et mére d'Ismaël. Leur supposition s'appuie sur le nom lui-même, et sur la confédération de cette peuplade avec Jétur (Ituréens) et Naphis, tous deux fils d'Ismaël, Gen., xxv, 15, confédération mentionnée 1 Par., v, 19 (d'après l'hébreu). Cependant les Agaréniens sont distingués des Ismaélites dans le psaume LxxxI1, 7-9. Gesenius, admettant leur émigration vers le golfe Persique, applique au nom le sens de fugitifs d'après l'étymologie, hébreu : hkägar ; arabe: hadjar, «11 ἃ fui. » Thesaurus linguæ heb., p.365. On les assimile généralement aux Agréens, ᾿Αγραῖοι, dont parlent Strabon, xvi, 767; Ptolémée, v, 19; Pline, vi, 32, et qui, comme les Nabatéens et les Chaulotéens, devaient se trouver sur la route principale de la mer Rouge à l'Euphrate.

Les Agaréens, d'après I Par., v, 10, habitaient à l’orient du pays de Galaad. Le rang qu'ils occupent dans l’énumération des différents peuples ennemis d'Israël, Ps. LxXxXxI1, 7-9, correspond assez bien à ce renseignement, le seul précis que nous possédions; ils sont, en effet, cités entre les Moabites et les Ammonites. Plusieurs auteurs ont cru retrouver le nom et la demeure de cette tribu dans le Hedjar ou Hedjer actuel, pays qui, plus souvent appelé El-Hasa, est compris entre la chaîne des plateaux du Nedjed et la côte occidentale du golfe Persique, et s'étend des îles Bahreïn au sud jusqu'à Koveït au nord. Parmi les habitants de cette région se trouvent les Benou- Hadjär, et on mentionne une ancienne ville de ce nom, maintenant en ruines, à deux ou trois journées de Hofhouf, capitale actuelle du pays de Hasa. Mais, dans cette hypothèse, il faut admettre que les Agaréens sont venus prendre possession de cette contrée après avoir été chassés de leur séjour primitif par les tribus transjordaniques d'Israël.

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