AINESSE (DROIT D’) — AIR
exemple bien connu de cession du droit d’aînesse par contrat privé; tous les interprètes font remarquer que ce contrat fut illicite de la part d'Esaü ; mais plusieurs ajoutent qu'il était par lui-même invalide, et que, si le droit d'ainesse d'Ésaü fut réellement transféré à Jacob, c’est bien moins en vertu de ce contrat que par suite d’une disposition libre de la volonté divine. Gen., xxv, 22-93. Cf. Heidegger, Historia Patriarcharum , t. 1, Exerc. χα, p. 233. S. Mawy.
AINSWORTH Henri, théologien anglais, mort en Hollande vers 16%. IL est connu par un ouvrage plein d'érudition, Annotations on the five books of Moses, the Psalms and the Song of Solomon. La meilleure édition est celle de Londres, in-f, 1639. Outre les notes, on y trouve une traduction littérale de tous les livres mentionnés dans le titre; elle a le défaut d'être trop servile. Le commentaire a de la valeur, à cause de la connaissance profonde que l’auteur avait des Ecritures et de la littérature juive. Il ἃ été résumé dans la Synopsis Crilicorum de Matthew Poole. Voir POOLE.
AÏON. C'est ainsi que la Vulgate écrit, IV Reg., xv, 29, le nom de la ville de Nephthali qui est écrit ailleurs Ahion. Voir AHION.
AIR, fluide invisible, transparent, composé d'azote et d'oxygène, qui forme autour de la terre une couche appelée atmosphère. — 4° Il n’y a pas de mot, dans la Bible hébraïque, qui corresponde exactement au mot« air». La Vulgate s’est servie plusieurs fois du mot aer, «air, » dans l'Ancien Testament. Num., xt, 31, elle dit que les cailles miraculeusement envoyées aux Isruélites dans le désert du Sinaï « volaient dans l'air à deux coudées de hauteur ». Les mots « volaient dans l'air » sont ajoutés par saint Jérôme, qui interprète ainsi le texte, tandis que d’autres commentateurs pensent plus naturellement que les cailles tombées dans le camp étaient, d’après l'original, si abondantes, qu'en certains endroits elles atteignaient deux coudées de hauteur. Voir Keil, Pentateuch., trad. Martin, ἔν ur, p. 79. — Deut., xxvIm, 22, un des fléaux énumérés par Moïse est appelé : aer corruptus. En hébreu, on lit: Siddäfôn, mot qui désigne « la rouille » des blés, produite par le vent brülant de l'est. Gen., xLI, 23. Saint Jérôme lui-même a rendu ailleurs, IL Par., vi, 28, Siddäfôn par ærugo, «rouille. » — ΠῚ Reg., vit, 37, dans le passage parallèle à II Par., v1, 28, aer corruptus répond de nouveau à $iddäfôn. (Le mot ærugo, qui se lit dans le même verset, traduit l'original LGsil, espèce de sauterelle, appelée par les Septante : βροῦχος ; bruchus, comme ἃ traduit saint Jérôme, I Par., vi, 28.) — Il n'est pas non plus question d'air en hébreu, Job, xxxvir, 21, là où notre version latine porte : aer cogetur in nubes; il faut lire : « On ne voit point la lumière [du soleil |; elle est cachée par les nuages ($ekäqim). » Ce même mot $ehäqim, qui signifie « nuages » et « ciel », est aussi rendu par aer, Ps. xvir (xvini), 12, où on lit nubes aeris, « nuées de l'air, » au lieu de « nuées du ciel ».
2 Le mot grec ἀήρ, d'où viennent le mot latin 4er et notre mot français « air », est employé plusieurs fois dans le Nouveau Testament et dans deux livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament qui ont été composés en grec, le second livre des Machabées et la Sagesse. — Il a le sens d'air que nous respirons dans Sap., vi, 3 : « En naissant, dit le Sage, j'ai reçu l'air qui est commun à tous. » — Dans la plupart des autres passages, « air » désigne l'atmosphère, la région de l'air (par opposition à la région du ciel, plus élevée et plus pure, appelée par les Grecs αἰθήρ. Homère, Iliade, χιν, 288). 1 Thess., 1v, 16 (17); Act., xx, 23; Apoc., 1x, 2; xvi, 17; Sap., v, 11-12; Il Mach., v, 2. — Le livre de la Sagesse se sert du mot « air » dans quelques autres sens particuliers. Il signifie, comme quelquefois en français, « souffle, vent léger, » Sap., 1, 3; x11, 2; « ne pas voir l'air, » Sap., ΧΥΙ 9,