‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 151 sur 474 · AIR — AIRE Ύ · texte numérisé non relu

AIR — AIRE Ύ

signifie « ne pas voir la lumière ». — Saint Paul se sert de deux locutions proverbiales : « parler en l'air, » 1 Cor., x1v, 9, c'est-à-dire parler en vain, inutilement; « battre l'air, » 1 Cor., 1x, 26, agir sans obtenir aucun résultat, sans porter coup, par allusion à l'athlète dont le coup se perdait en l'air sans atteindre son adversaire. — Enfin le même Apôtre, dans l'Épitre aux Éphésiens, 1, 2, appelle le démon «16 prince du pouvoir (ou des puissances) de l'air », des esprits mauvais qui habitent dans l'air, qui sont en grand nombre dans l'air. Cf. S. Ignace, Ep. ad Ephes., 13, t. v, col. 748. Quelques commentateurs ont voulu donner sans raison au mot «er de ce dernier passage le sens de « ténèbres ». F. VIGOUROUX.

AIRAIN. On traduit souvent par ce mot l'æs de la Vulgate, qui correspond au χαλκός des Septante, et qui est la traduction de l'hébreu nehôëet. Le mot latin, comme le mot grec, a le double sens de cuivre et de bronze. Dans l'Écriture, il peut avoir aussi les deux sens de cuivre et de bronze; mais il a le plus souvent celui de cuivre; il ne signifie jamais l’airain proprement dit. Ce métal, en effet, est un composé artificiel de cuivre et de zinc, qu'on croit n'être connu que depuis le xtu° siècle de notre ère. Le nehôëet biblique primitif est certainement un métal simple, et non composé, comme le prouvent plusieurs passages des Livres Saints où nous lisons qu'on le trouvait à l'état naturel : « Des montagnes [de la terre de Chanaan | tu tireras le nehôëet (le cuivre), » dit Moise à son peuple. Deut., vin, 9. Il yavait, en effet, des mines de cuivre en Palestine.

Eusèbe, H. E., VIII, XI, t. XX, col. 7176. Cf.

Deut.,XXXI1,25; Job, ΧΧΥΙΠ, 2.

Dans les plus anciens livres de la Bible, nehô$et doit donc incontestablement se traduire par « cuivre », et le serpent dit d’airain, Num., xx1, 4-9, était un serpent en cuivre. Nous savons d’ailleurs qu'il y avait des mines de cuivre dans le désert du Sinaï, où fut fabriqué le serpent d'airain, et qu'elles avaient été longtemps exploitées par les Égyptiens. Cf. F. Vigouroux, Les inscriptions et les mines du Sinaï, dans les Mélanges bibliques, 2° édit., 1889, p. 257 et suiv. Voir SERPENT D'AIRAIN. — Dans les livres de l'Écriture moins anciens que le Pentateuque, nehô$et peut signifier le bronze, c'est-à-dire un alliage de cuivre et d’étain, qui a été connu des anciens, comme le prouvent les nombreux objets, armes et instruments en bronze de toute espèce, qu'on a trouvés dans les tombeaux et dans les ruines des cités antiques. Voir BRONZE, CUIVRE.

Quoique le mot « airain » soit impropre, l’usage oblige de l'employer comme terme noble dans un grand nombre de comparaisons scripturaires où les mots cuivre et bronze ne seraient point acceptés. Le neô$ef est souvent employé comme une image de la force, Ps. cvi (cv1', 16; Jer., 1, 18; xv, 20; Mich., 1v, 13, parce que la plupart des armes anciennes étaient en bronze, et dans tous ces passages, comme dans les suivants, on ne peut traduire le mot hébreu en français que par airain, par exemple, dans ce passage d'Isaie, XLVIN, 4 : « Ton front est d’airain, » c'est-à-dire tu es dur, insensible, obstiné, par allusion à la dureté du cuivre ou du bronze. Nous retrouvons une allusion analogue dans le Lévitique, xxvi, 19 : «Je rendrai votre ciel comme du fer, et votre terre comme de l’airain; » et Deut., xxvILI, 23 :

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