Égyptiens portant des épis à l'aire. Musée du Louvre
« Que le ciel qui est au-dessus de toi soit comme de l'airain, et la terre que tu foules, comme du fer. » De même dans Job, vi, 12: « Ma chair est-elle d’airain ? » c'est-à-dire aussi dure, invulnérable, — Comme le cuivre était un métal de moindre valeur que l'or et l'argent, Jérémie, vi, 98, et Ézéchiel, xx, 18, appellent métaphoriquement des hommes bas et vils des hommes de neh6$et. Zacharie, vi, 1, parle de « montagnes d’airain », pour dire des montagnes fortes et imprenables. Daniel, 11, 39, appelle l'empire gréco-macédonien « un empire de nehô$et » avec d'autant plus de justesse, que les Grecs étaient presque exclusivement armés d'armes de bronze, et qu'on les surnommait "Ayo χαλχοχίτωνες, parce qu'ils-étaient « cuirassés de bronze ». — Dans le Nouveau Testament, les mots χαλχός et æs désignent une monnaie de bronze. Marc., vi, 8; ΧΙ, 41 ; Luc., xx1, 2 (grec : λεπτά); Joa., 11, 15 (grec : τὸ χέρμα). Voir MONNAIE. Le mot nehô$et est déjà employé dans Ézéchiel, xv1, 36, dans un sens analogue. — Saint Paul, 1 Cor., x, 1, parle du bruit que produit le bronze sur lequel on frappe, χαλχὸς ἠχῶν, 88 sonans, sans penser du reste à aucun instrument de musique particulier. F. Vicouroux.
AIRAY Henri, ministre puritain, né en 1559, dans le Westmoreland, en Angleterre, mort prévôt du Queen's College, à Oxford, en 1616. On ἃ de lui des Lectures upon the whole Epistle of St Paul to the Philippians, in-#, Londres, 1618, quidonnentune idée exacte du style ordinaire des commentateurs puritains.
1. AIRE à battre le blé, hébreu : gôren; Septante : ἅλως, ἅλων; Vulgate :
area.Ruth, 111,2; Jud., vi, 37, etc.
Surface unie et dure, où l'on bat le froment et les grains en général, qui, pour cette raison, sont appelés « les fruits de l'aire », ou simplement l'aire, Deut., xxv, 4; Is., xx1, 10; Job, xx1x, 12, etc., et souvent mis en opposition avec « les fruits du pressoir », c'est-à-dire avec le vin et l'huile produits par les raisins et les olives foulés dans le pressoir. Deut., xvr, 13; Joel, 11, 24; Num., xvin1, 27, 30; IV Reg., vi, 27; Osee, x, 2, etc. Le gôren est proprement un « lieu aplani », parce qu'on aplanissait autant que possible, en battant la terre, l'espace qu'on choisissait pour y construire une aire. Elle avait une forme circulaire, dont le diamètre était probablement, comme aujourd'hui, de quinze à trente mêtres, et elle était située en plein air, de préférence sur un endroit élevé, exposé à tous les vents, de manière qu'on püt vanner plus aisément le grain battu. Cf. II Reg., xxIV, 16. Il y avait quelquefois plusieurs aires les unes à côté des autres ; elles étaient d'ordinaire permanentes, et quelques-unes étaient très connues. Gen., L, 10, 11; II Reg., χχιν, 16, 18. On s'en servait quelquefois comme lieu de réunion, parce qu'elles formaient comme une petite place publique, et aussi sans doute à cause du vent frais qui y soufflait. ΠῚ Reg., χα, 10; Π Par., xvrrr, 9.
Les gerbes ou les épis non liés étaient portés directement à l'aire, soit par des hommes (fig. 70), soit au moyen de chars, Amos, 11, 13, ou d’ânes (fig. 71) et de chameaux, comme on le fait communément aujourd'hui. Il y avait quatre procédés différents pour battre le blé. 1° Les épis étaient éparpillés sur le sol de l'aire et foulés par les bœufs, Deut., xxv, 4; Osee, x, 11; Mich., 1v, 13, comme chez les Égyptiens (fig. 71 et 72). Cette manière de
battre le blé existe encore en Palestine ; seulement on se sert quelquelois aussi de mulets et de chevaux , quoiqu'on emploie toujours plus communément les bœufs. Le Dr Robinson décrit de la manière suivante ce qu'il a vu dans les environs de Jéricho : « Il n’y a pas moins de cinq aires ici,