ALEXANDRIE (ÉCOLE EXÉGÉTIQUE D’) — ALEXANDRIN
t. x, col. 1089; cf. Philon, De mundi opificio, p. 37-38. Voir ORIGÈNE.
C'est par des exagérations et des excès de ce genre que l'école d'Alexandrie, et en particulier Origène, nuisirent à la cause qu'ils prétendaient défendre. L'explication allégorique, maintenue dans de justes limites, est restée toujours avec raison en honneur dans l'Église ; mais les Pères et les Docteurs condamnérent les applications outrées de l’allégorisme. Voir F. Vigouroux, Mélanges bibliques, 9. édit., p. 32. Que si nous avons aujourd'hui quelque peine à comprendre comment tant d'interprétations, qui nous semblent fausses ou au moins sans fondement, dans les écrits de Philon, d'Origène et de quelques autres, ont pu être accueillies autrefois avec faveur, c'est parce que nous oublions que le principe même de ces interprétations était alors universellement accepté, non seulement par les Juifs et les chrétiens, mais aussi par les paiens. Déjà, du temps de Socrate et de Platon, les sages de la Grèce expliquaient d’une manière allégorique la mythologie de l'Iliade et de l'Odyssée, et la Théogonie d'Hésiode, afin d’en effacer le caractère scandaleux. Les stoïciens d'abord, puis les néoplatoniciens et les gnostiques virent également partout des mythes et des allégories. Tout le monde était donc d’accord pour accepter le principe de l'allégorisme et ne se montrait guère difficile dans l'application.
L'école chrétienne d’Antioche réagit néanmoins contre les excès de l’allégorisme alexandrin. Voir ANTIOCHE (ÉCOLE EXÉGÉTIQUE D’). Mais elle ne fit pas oublier les grands docteurs du Didascalée, qui avaient jeté sur la science chrétienne un éclat à jamais ineffaçable. Les illustres Pères cappadociens, saint Basile, saint Grégoire de Nysse son frère, et son ami saint Grégoire de Nazianze se formèrent à l’école d'Origène, et la plupart des Pères de l'Église latine, tout en rejetant ce qu'il y avait de répréhensible dans ses écrits, furent également ses disciples.
L'école chrétienne d'Alexandrie avait d’ailleurs rendu, malgré l’exagération de son allégorisme, les plus grands services à l’exégèse biblique. Elle l'avait mise en grand honneur et avait ouvert des voies nouvelles aux docteurs chrétiens. Origène, en particulier, avait montré comment il fallait étudier l’Écriture Sainte, en la considérant sous tous ses aspects, et en mettant à profit pour l'expliquer toutes les ressources de la science humaine. Non content d’exposer le texte sacré à tous les fidèles dans ses homélies, il en avait résolu les difficultés et éclairei les obscurités pour les hommes instruits dans ses scholies ou notes, et il avait créé la critique sacrée par ce merveilleux monument des Hexaples, qui faisait ressortir tout à la fois l'importance du texte original et de l'étude comparée des différentes versions pour l'intelligence de la parole sainte. Voir HexaPLes. Le fruit des travaux de ce grand génie ne fut pas perdu : ils ont assuré à l’école dont il avait été le maître le plus brillant une gloire impérissable.
Voir Michaelis, De schola Alexandrina, Halle, 1739 ; H. E. F. Guericke, De schola quæ Alexandriæ floruit catechetica, Halle, 1824; C. F. W. Hasselbach, De schola quæ floruit Alexandriæ catechetica, Stettin, 1826; Matter, Essai historique sur l’école d'Alexandrie, t. 1, p. 273, Redepenning, Origenes, eine Darstellung seiner Lebens und seiner Lehre, Bonn, 1841 ; 1. A. Mochler, Patrologie, traduct. J. Cohen, Paris, 1843, t. 11, p. 9-175 ; J.-M. Prat, Histoire de l'éclectisme alexandrin considéré dans sa lutte avec le Christianisme, 2 in-8, Lyon, 1843, t.1, p.131-150; Ch. Kingsley, Alexandria and her Schools, in-8°, Londres, 1854. F. VIGOUROUX.
3. ALEXANDRIE DE TROADE. Ville de l'ancienne Troade. Voir TROADE.
ALEXANDRIN, ᾿Αλεξανδρεύς. — 1° Originaire d’Alexandrie d'Égypte, Act., xVIH, 24. Voir APOLLO. —
2 Synagogue des Alexandrins. Act., vr, 9. Synagogue de Jérusalem, qui appartenait aux Juifs d'Alexandrie, et où se réunissaient ceux d’entre eux qui se trouvaient dans la ville sainte. — 89 Navire d'Alexandrie, πλοῖον ᾿Αλεξαν- Bpivov, Act., xxvI1, 6; xxvIII, 11. C'est sur un des navires d'Alexandrie qui transportaient du blé d'Egypte en Italie que saint Paul fut embarqué à Myrrha ou Myre. (La Vulgate porte Lystre au lieu de Myre. Cette dernière leçon est la véritable.) Nous voyons un de ces navires sur une monnaie de l’empereur Néron (fig. 97). Quand le vaisseau