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ALLIANCES

leurs efforts, afin d'enlever cette illusion à leurs compatriotes : ils y réussissaient mal, Osée, le dernier roi d'Israël, s’allia avec le pharaon Sua (Sabacon) pour secouer le joug de Salmanasar, roi de Ninive, IV Reg., xvir, 4, ce qui amena la ruine du royaume d'Israël. À Jérusalem, sous Ezéchias, un fort parti, contre lequel Isaïe s'éleva avec la plus grande force, poussait également à l'alliance avec l'Égypte. Is., xxx, 2-4. Cette puissance, se sentant gravement menacée, après avoir abandonné Israël à son malheureux sort, intervint contre Sennachérib, quand il ravageait le royaume de Juda : le pharaon Tharaca fit marcher ses troupes contre les Assyriens, IV Reg., x1x, 9, et les battit. Hérodote, 11, 141. Sous le règne de Manassé, fils d'Ézéchias, l'Égypte, soumise à l'Assyrie, fut incapable de soutenir ses anciens alliés, et Juda dut se soumettre à l'Assyrie. IT Par., xxx117, 11. Manassé figure sur les listes des tributaires d'Asaraddon, roi de Ninive, Cuneiform inscriptions of Western Asia, t. 111, pl. 16, ligne 3, de même que sur celles d'Assurbanipal, fils et successeur d'Asaraddon. E. Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, 1883, p. 355, ligne 3. Josias, roi de Juda, refusa l'alliance de Néchao, roi d'Égypte, peut-être pour rester fidèle à l’Assyrie, IL Par., xxxv, 20-21; mais la ruine de Ninive et les victoires de Néchao mirent les Juifs sous la domination de l'Égypte. IV Reg., xxur, 29, 33-35. La première campagne de Nabuchodonosor contre Jérusalem, IV Reg., xx1v, 1-2, 7, fut probablement la conséquence de la campagne de Néchao contre le roi de Babylone. Jer., xLvI, 2. Jérusalem, malgré les avis de Jérémie, tenta à plusieurs reprises de secouer le joug des Chaldéens ; Sédécias fit alliance avec l'Egypte. Ezech., xvir, 15. Cette alliance devait lui être aussi fatale qu'a Osée, roi d'Israël. L'armée égyptienne obligea les Chaldéens à suspendre le siège de Jérusalem, Jer., xxxv1, 10 ; mais, quand elle eut été battue, ce fut la dernière heure du royaume de Juda. IV Reg., xxv, 1-21; II Par., XxxvI, 13-920 ; Jer., xxx1x, 1-10; ται, 1-30.

% Du temps des Machabées. — Lorsque la Judée recouvra son indépendance, grâce aux exploits de Judas Machabée, ce héros, afin de pouvoir lutter contre la puissance redoutable des rois de Syrie, fit un traité d'alliance avec les Romains. I Mach., vus, 22-32. Ce traité fut renouvelé par Jonathas, I Mach., x11, 1, et par Simon Machabée. I Mach., xv, 17. Les Romains signifiérent en conséquence aux peuples voisins des Juifs de les respecter. I Mach., xv, 160-29. Voir 1. T. Krebs, Decreta Romanorum pro Judæis facta, Leipzig, 1768. Le premier livre des Machabées mentionne également une alliance entre les Juifs et les Lacédémoniens. I Mach., x11, 2; χιν, 20. L'Écriture ne nous apprend plus rien sur les traités d'alliance des Asmonéens; mais nous savons par Josèphe que Jean Hyrcan, après avoir été battu par le roi de Syrie, Antiochus Sidète, en 128. avant notre ère, renouvela le traité avec les Romains. Ant. jud., XIII, 1x, 2. Ce renouvellement fut funeste à la Judée. Pompée, en 63 avant J.-C., profita des divisions qui existaient entre Hyrcan et Aristobule pour imposer un tribut au pays. Joséphe, Ant. jud., XIV, IV, 4. Plus tard, Hérode le Grand, malgré son origine iduméenne, fut placé comme roi, par le sénat de Rome, à la tête des Juifs. Joséphe, Ant. jud., XIV, χιν, 5.

II. Fidélité des Israélites dans leurs alliances. — Un des traits du caractère israélite fut la fidélité aux alliances. Josué avait été trompé par les Gabaonites ; il n'en regarda pas moins comme inviolable l'alliance qu'il avait contractée avec eux. Jos., IX, 19. Dieu obligea d’ailleurs son peuple d'être fidèle à ses promesses en le châtiant toutes les fois qu'il y manquait. Saül n'ayant pas respecté la parole qui avait été donnée aux Gabaonites au moment de la conquête de la Palestine, tout le peuple eut à souffrir de la famine qui fut la punition de cette violation du traité. II Reg., xx1, 1-10. Le prophète Ézéchiel annonça au roi de Juda, Sédécias, les malheurs qui fondraient sur lui à cause de son infidélité au traité conclu avec Nabucho-

donosor. Ezech., ΧΙ, 16. L'histoire de Jonathas Machabée

nous offre plusieurs exemples de cette fidélité aux alliances,

I Mach., x, 67-89; x1, 41-51, qui valut aux Juifs une

grande réputation auprès des rois d'Égypte et de Syrie. τὶ VIGOUROUx.

2. ALLIANCE entre Dieu et l’homme (hébreu : berit). — Dans le sens strict, il ne peut y avoir d'alliance entre Dieu et l'homme, parce que l'alliance suppose une certaine égalité entre les deux contractants, et que l'homme doit une obéissance entière à Dieu et ne peut traiter avec lui. Mais Dieu, par analogie avec les alliances que les hommes font entre eux, a bien voulu « faire alliance » avec ses serviteurs, — 19 I] la fit avec Noé après le déluge. Gen., IX, 9, 11, 18, Comme les hommes qui faisaient alliance entre eux prenaient toujours en Orient un signe sensible comme mémorial perpétuel de leur alliance (cf. Gen., ΧΧΧΙ, 44-48), l'arc-en-ciel fut le « signe de l'alliance », Gen., 1x, 13, entre Dieu et Noé. — 2 Le Seigneur fit aussi avec Abraham «une alliance », Gen., xv, 18; xvir, 7, ete., par laquelle il lui assura la possession de la terre de Chanaan, Gen., XV, 18-91; xvir, 19, et une grande puissance, Gen., xx11, 17-18 ; cf. Deut., xxvi, 17-18 ; la circoncision en fut « le signe », Gen., xvir, 10-11, 13 ; Act., vu, 8; elle sut renouvelée avec Isaac et Jacob, Lev., xxvr, 42. La terre de Chanaan devint ainsi « la terre de l'alliance ». Ezech., xxx, 5; Hebr., x, 9. — 30 Il y eut également « alliance » entre Dieu et son peuple d'Israël, quand il lui donna le Décalogue. Exod., xxx1V, 27, 28; Lev., xxvi, 15; Deut., ιν, 13 ; v, 2. Cette alliance, renouvellement de celle qui avait été conclue avec les patriarches, Exod., xxrv, 7-8. eut pour signe le sabbat. Exod., xxx1v, 27-98. Elle fut plusieurs fois réitérée dans le cours de l’histoire sainte. Deut., xxIx, 1, 12, 14, 25; Josue, Χχιν, 1-27; II Par., xv, 12; xx, 16; ΧΧΙΧ, 10; xxxiv, 31; I Esdr., x, 3-4; II Esdr., IX, 38; x, 29, CF. Is., XLIIT, 6; XLIX, 8. — 45 Dieu se lia aussi par un pacte spécial avec les prêtres et les lévites. Num., xxV, 12; Deut., xxx, 9; II Esdr., xux, 29 (hébreu) : Mal., 11, 4-5. — 59 Enfin il fit de même avec David : il lui promit par Nathan, son prophète, que son royaume durerait à jamais, II Reg., vir, 16; et le saint roi appelle cette promesse « un pacte éternel ». IT Reg., ΧΧΠΙ, 5. Voir aussi Ps. LXXXVIN, 4-5, 29-38; Is., LV, 3; Jer., xxx, 20-922.

L'alliance entre Dieu et l'homme, ne pouvant pas être une alliance proprement dite, est de la part de Dieu une « promesse » qu'il exécute fidèlement, Gal., πὶ, 16 (promissiones), 17-22; une « faveur », comme l'appelle le Psalmiste (misericordiam meam, hésed, Ps. LxXxvIHI (hébreu, LxxxIX), 29) ; mais comme il veut traiter sa créature avec égards, et que les alliances entre les hommes sont généralement accompagnées de serments, il veut bien se soumettre à cet usage et « jurer » qu'il tiendra ses promesses, Deut., 1V, 31 ; Hebr., vi, 13-20, de même que, selon les coutumes orientales, il a donné un signe extérieur de l'alliance. De là vient que cette alliance du Seigneur est appelée « son serment ». Ps. cIv, 8-11; Luc., 1, 73.

Cette alliance entre Dieu et les enfants de Jacob est cause que le judaïsme est appelé « l'ancienne alliance », de même que le christianisme est appelé « la nouvelle alliance », conformément à la prophétie de Jérémie, xxxr, 31-33 (voir Manuel biblique, t. 11, n° 1006, Te édit., p. 564-565), et les explications données par saint Paul dans ses Épitres. Hebr., vu, 8-13 ; x, 16. Cf. Gal., 1v, 24. Dieu a fait avec tous les hommes, par Jésus-Christ, une alliance plus parfaite qu'avec les Juifs. Les mots « Ancien Testament et Nouveau Testament » désignent souvent, dans le langage ordinaire, les livres inspirés de l’ancienne et de la nouvelle loi (cf, IT Cor., m1, 14); mais ils signifient aussi, dans plusieurs cas, l’ancienne et la nouvelle alliance elles-mêmes. Le mot « testament » n’est d’ailleurs que la traduction du mot hébreu berit, que les Septante ont traduit par διαθήχη, d'où est venue la traduction latine : testamentum.

ALLIANCES — ALLIOLI

Voir TESTAMENT. Cf. Russell, On the Old and New Covenants, 2 édit, 1843; Kelly, The divine Covenants, Londres, 1861.

3. ALLIANCE (Livre de l’), hébreu : séfér habberit; Septante : τὸ βιθλίον τῆς διαθήχης ; Vulgate : volumen fœderis. C'est le nom qui est donné au Décalogue, Exod., XXIV, 7, parce qu'il contient les conditions de l'alliance contractée entre Dieu et son peuple, et aux lois et aux ordonnances qui en sont le complément ou le développement, Exod., xx-xx111. Les rationalistes ont beaucoup discuté sur l'antiquité du livre de l'Alliance. Plusieurs d’entre eux, comme M. Dillmann, le regardent comme une des parties les plus anciennes du Pentateuque. Voir F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 3° édit., τ 11, p. 600-601. Cette partie de l'Exode est l’œuvre de Moïse, comme la Genèse et le reste du Pentateuque. Voir PENTATEUQUE. — Le « livre de l'Alliance » est aussi nommé IV Reg., xxu1, 2, et dans ce passage il ne désigne pas un livre aujourd'hui perdu, comme l'ont pensé quelques interprètes, Trochon, Introduction générale, 1886, t. 1, p. 499 ; mais il est synonyme du « livre de la Loi », trouvé par Helcias dans le temple de Jérusalem, IV Reg., xxn1, 8. On ne sait pas avec certitude si, par « livre de la Loï », il faut entendre tout le Pentateuque ou seulement le Deutéronome ; mais, quoi qu'il en soit, il est appelé « livre de l'Alliance », parce qu'il contient l’histoire de l'alliance de Dieu avec son peuple.

ALLIOLI Joseph Franz, exégète catholique allemand, né à Sulzbach, en Bavière, le 10 août 1793, mort à Augsbourg, le 22 mai 1873. Il étudia la théologie à Landshut, sous J. M. Sailer, et fut ordonné prêtre à Ratisbonne, le 11 août 1816. Après deux ans consacrés au ministère, il se rendit, sur la proposition et aux frais du gouvernement bavarois, à Vienne, où il passa deux ans, et à Rome et à Paris, où il passa un an, qu'il employa à se perfectionner dans la connaissance des languës orientales. Il entra ainsi en relations avec Hammer, le cardinal Mai et Silvestre de Sacy. De retour en Bavière, il fut, au mois d'août 1821, privat-docent ; en 1893, professeur extraordinaire, et enfin, en 1824, professeur ordinaire de langues orientales, d’exégèse et d'archéologie bibliques à Landshut. En 1826, quand l'université fut transférée de Landshut à Munich, Allioli alla habiter la capitale de la Bavière. Il fut recteur de l'Université en 1830. Une infirmité l’obligea de renoncer à l'enseignement. Il devint, en 1835, chanoine de Ratisbonne, et, en 1838, doyen du chapitre d'Augsbourg, dignité qu'il conserva jusqu'à sa mort, en 1873.

Il publia dès 1819 : Aphorismen über den Zusammenhang der heiligen Schrift Alten und Neuen Testaments, aus der Idee des Reichs Gottes, in-80, Ratishbonne, 1819. Ces Aphorismes furent suivis, en 1821, des Häusliche Atterthümer der Hebräer nebst biblischer Geographie; en 1895, des Biblische Alterthümer, in-8°, Landshut, 1895: nouvelle édition revue en 1844; Handbuch der biblischen Alterthumskunde, dans laquelle L. C. Grätz a rédigé la partie géographique, et Haneberg, la partie religieuse, 2 in-8, Landshut, 1843-1844. Ce Manuel est donné comme le complément de la traduction de la Bible de l’auteur. C’est cette traduction qui a fait la réputation d’Allioli. ΠῚ la publia pour la première fois en 1830, sur le conseil de 1. M. Sailer. Elle ne fut d’abord qu'un remaniement de celle de H. Braun (13 in-8°, Augsbourg, 1788-1805) et de Feder (Die ganze heihge Schrift Alten und Neuen Testaments, übersetzt von H. Braun; zweite Auflage verbesserte von M. de Feder, 3 in-8&, Nuremberg, 1803), et elle parut sous ce titre : Uebersetzung der heiligen Schriften Alten und Neuen Testaments, aus der Vulgata, mit Bezug auf den Grundtext, neu übersetzt und mit kurzen Anmerkungen erlaütert, dritte Auflage von Alholi umgearbeitet, 6 in-8°, Nuremberg, 1830-1835.

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Mer Charles d'Argenteau, archevêque de Tyr, nonce à Munich, sur le rapport de Mur Ziegler, évêque de Lintz, et de Mar Wittmam, évêque de Comana, prévôt de Ratisbonne, délégués à cet effet par le Souverain Pontife, approuva la traduction allemande d’Allioli, le 11 mai 1830 : « Per essere esattamente conforme all'antica Volgata Latina autentica, sia esente da qualunque cosa, che possa meritare censura, si permetta da sua Santità di fare di detti Libri (del Pentateuco e del libro di Giosuè) la publicazione; ben inteso pero che alla versione accennata vi siano ne’ dovuti luoghi le annotazioni cavate dai SS. Padri, o da dotti e eattolici scrittori. » Dans Allioli, Die heilige Schrift, 3e édit., 1838, t. 1 (p. xxxv). Une quatrième édition parut en 1843, suivie bientôt d'une cinquième et d'une sixième, à laquelle fut ajouté le texte latin de la Vulgate. La traduction allemande d’Allioli est très estimée comme œuvre littéraire, et on l’a adoptée dans une multitude de livres classiques et d’eucologes catholiques.

Les notes qu'Allioli a jointes à son commentaire ont été traduites en français par l'abbé Gimarey, dans son Nouveau commentaire littéral, critique et théologique, avec rapport aux textes primitifs, sur tous les livres des divines Écritures, par M. le Dr J. F. d'Allioli, traduit de l'allemand en français sur la 6° édition, traduction revue et approuvée par l'auteur, avec le texte latin et la version française en regard, 10 in-8°, Paris, 1853-1854. Comme le commentaire allemand est assez maigre, le traducteur français y a ajouté des notes nouvelles, qui se sont multipliées avec les éditions successives du Nouveau commentaire. L'œuvre de M. Gimarey ἃ eu un grand succès en France. Voir GIMAREY. Sur Allioli, consulter Literarischer Handweiser, 1873, n° 136, col. 240 ; K. Werner, Geschichte der katholischen Theologie in Deutschland, p. 536, 538; Sitzungsberichte der ghilol.-philos. und hist. Classe der k. bairischen Akademie der Wissenschaften zu München, 1874, p. 162.

ALLIX Pierre, théologien protestant, français, né à Alençon en 1641, mort à Londres, le 3 mars 1717. Son père, qui était pasteur calviniste, dirigea ses premières études, qu'il continua ensuite à Saumur et à Sedan. Il étudia particulièrement l'hébreu et le syriaque, et travailla avec le eélèbre pasteur Claude à une nouvelle traduction française de la Bible. II fut successivement pasteur à Saint- Agobille en Champagne (1668), et à Charenton, près de Paris (1670). Lors de la révocation ‘de l’édit de Nantes, il se réfugia en Angleterre, où il devint chanoine et trésorier de la cathédrale de Salisbury. Ses ouvrages, écrits les uns en français, les autres en latin ou en anglais, sont nombreux. On y remarque : 1° Réflexions sur les cinq livres de Moïse pour établir la vérité de la religion chrétienne, t. 1, in-8°, Londres, 1687, et in-12, Amsterdam, 1687. Le second volume, publié d'abord en anglais à Londres, in-8v, 4688, fut traduit par l’auteur en français, sous le titre de Féflezions sur les livres de l'Écrilure Sainte pour établir la vérité de la religion chrétienne, in-8&, Amsterdam, 1689. Ouvrage qui, malgré la réputation dont il ἃ joui, est mal écrit et sans méthode, — % De Messiæ duplici adventu, dissertationes duæ adversus Judæos, in-12, Londres, 1701. Allix y annonce la seconde venue du Christ

pour l'an 1720, ou, au plus tard, pour l’an 1756. — 89 The

Book of Psalms, with an Abridgment of each Psalm, and Rules for the interpretation of the sacred Book, in-8°, Londres, 1701. L'auteur voit des prophéties dans tous les psaumes. Le commentaire est bref et sans valeur. — Ὁ Diatriba de anno et mense natali Jesu Christi, in-8°, Londres, 1707, etc, Allix veut prouver dans cet opuscule que Jésus-Christ est né au printemps, non en hiver. Il traite aussi du recensement de Quirinius, des mages, etc. Voir Eug. et Em. Haag, La France protestante, t. 1, p. 61-66; Ch. Weiss, Histoire des réfugiés protestants de France, 2 in-12, Paris, 1853, t. 1, Ρ. 345.

ALLIOLI — ‘ALMAH

4. ’ALLÔN, mot hébreu qui signifie « chêne ». 1901] est pris pour un nom de lieu dans la Vulgate, sous la forme EÉlon. Jos. ΧΙΧ, 33. Voir ÉLON. — % Il entre dans la composition du nom qui désigne l'endroit où fut ensevelie Déborah, nourrice de Rébecca. Gen., xxxv, 8. Voir ’ALLÔN BAKUT. — 3° C'est enfin un nom d'homme. I Par., IV, 97. Voir ALLÔN 2.

2. ALLON (hébreu : ’Allôn, « chêne, » Septante : ᾿Αλών), Siméonite, père de Sephaï et ancêtre de Ziza. 1 Par., IV, 37.

3. ’ALLÔN BÂKÔT, Septante : Βάλανος πένθους; Vulgate : Quercus fletus, « chêne des pleurs. » Gen., xxxv, 8. Nom du lieu où fut ensevelie Déborah, nourrice de Rébecca, près de Béthel. Il y avait là un grand chène qui fut ainsi surnommé parce qu'on y célébra avec les lamentations ordinaires les funérailles de Déborah. ἃ cause de la rareté relative des grands arbres en Palestine, ceux qu'on y rencontrait étaient très estimés; on campait volontiers à leur ombre, et on les choisissait aussi comme lieux de sépulture. Cf. Jud., x1, 6, 19; I Reg., xxx1, 13.

ALLOPHYLES, mot grec, ᾿Αλλόφυλοι, qui signifie proprement « étrangers, d’une autre race », mais qui désigne dans la traduction des Septante et même dans les auteurs classiques (Reland, Palestine, p. A, 75, 76) les Philistins, qui étaient regardés comme des étrangers en Palestine, parce qu'ils n'étaient pas de la même race que les autres habitants du pays. Les Septante ont conservé leur nom, Φυλιστιείμ, dans le Pentateuque et dans Josué; partout ailleurs, ils les ont appelés ᾿Αλλόφυλοι. Notre version latine des Psaumes ayant été faite sur le grec des Septante, elle a rendu Ps. LIx, 10; Lxxxn, 8; LXXXVI, 4; VIT, 10, par alienigenæ, traduction α᾽ ᾿Αλλόφυλοι, le nom des Philistins, qui ont gardé leur nom propre dans le reste de la Vulgate. Dans le titre du Psaume Lv, 1, où il est aussi question des Philistins, la Vulgate a retenu la forme grecque : Allophyli.

ALLOUPH, ’ALLÔF, « chef de famille, » φύλαρχος, Zach., 1x, 7; xt, 5, 6, titre qui était donné spécialement aux chefs des tribus iduméennes. Gen., xxxvi, 15-19; Exod., xv, 15; I Par., 1, 51-54. La Vulgate traduit ’allûf par duæ. Cette traduction, par un mot générique et vague, d'un terme spécial et caractéristique fait disparaître un titre propre aux Iduméens qui n’est pas sans importance dans l'original, où il fournit une preuve nouvelle de la connaissance exacte qu'avaient les auteurs sacrés des choses dont ils parlent.

‘ALMÂH est un mot hébreu qui fait partie d'une des plus importantes prophéties messianiques d’Isaïe, vu, 10-17, et qui sert souvent à la désigner. Rasin, roi de la Syrie Damascène, et Phacée, roi d'Israël, étaient en marche pour assiéger Jérusalem. En l’apprenant, Achaz, sa cour et tout son peuple tremblèrent comme les arbres de la forêt agités par le vent. Isaïe, sur l’ordre de Dieu, vint rassurer le roi de Juda et lui prédire l'insuccès de ses adversaires, vit, 1-9, Un oracle si favorable ne paraît pas avoir ranimé la confiance d'Achaz: Aussi le prophète, ou plutôt le Seigneur par sa bouche, proposat-il au roi incrédule de demander dans n'importe quel domaine de la nature un signe, un prodige capable de confirmer la vérité de l'heureuse nouvelle, Par un motif de fausse piété, pour ne pas tenter le Seigneur, Achaz refusa. Isaïe se tournant alors vers les princes de la maison royale, groupés autour d'Achaz, leur reproche leur incrédulité, injurieuse pour lui et méprisante pour Dieu qui l'a envoyé. Pour la vaincre et malgré le refus du roi, le Seigneur lui-même donnera à tous un signe : « Voici! L'‘almäh concevra et enfantera un fils, et elle l’appellera Emmanuel, 11 mangera du beurre et du miel jusqu'à ce

qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien. Car, avant que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, le pays dont les deux rois te font peur sera dévasté. »

Les catholiques reconnaissent dans l''almäh de cet oracle la Vierge devenue mère du Messie sans lésion de sa virginité ; leur interprétation est attaquée par les exégètes juifs et rationalistes. 1° L'étymologie ; 2 l'emploi biblique du mot ‘almäh; 3 le contexte de l'oracle ; 4 l'application qu'en a faite saint Matthieu ; 5° la tradition juive; 6° la tradition chrétienne, démontreront l'interprétation catholique et excluront 7° les explications opposées. Il restera 8° à rendre compte du tardif accomplissement du signe proposé.

I. Etymologie. — Saint Jérôme, In h. loc., t. xxIv, col. 108, et tous les anciens commentateurs à sa suite ont fait dériver ‘almäh de la racine hébraïque ‘élam, qui signifie « cacher, soustraire aux regards, » et lui ont donné le sens de vierge cachée, tenue loin du commerce des hommes et conservée dans l'intégrité la plus absolue. Les jeunes filles d'Israël, les rabbins nous l’apprennent, ne se montraient pas en public. Aussi était-ce une circonstance extraordinaire de voir dans les rues, à des époques de grande tristesse pour le peuple, les vierges ordinairement renfermées dans les maisons. II Mach., ut, 19; ΠῚ Mach., 1, 18. (Dans la langue phénicienne, ‘almäh signifie aussi « vierge » et a la même étymologie qu'en hébreu. Voir l'inscription trouvée en 1879 dans l'ile de Chypre. Corpus inscriplionum semiticarum, t.1, ch. 11, art. 1, n° 86, part. n1, ligne 9, p. 97).

Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, p. 1037, contesta le premier l’ancienne étymologie et refusa de trouver dans l'expression ‘almäh l'idée de vierge proprement dite, La rattachant à la racine arabe ‘alimah, qui signifie être nubile et d'où dérivent les mots : ‘élem, jeune homme à qui pousse la barbe; ‘ülamath, fille en âge d'être mariée ; ‘ailam, fille nubile, il lui donna le sens de Jeune personne parvenue à la puberté. Cette étymologie, qui reste fort discutable, n'implique pas nécessairement le nouveau sens attaché au mot ‘abnäh. « Schultens, De defectibus hodiernis linguæ hebrææ, Leyde, 1761, n° CLXxIX, avait déjà remarqué que le sens qu'on donne au verbe arabe ‘alimah ne peut être qu'une signification dérivée. Gesenius lui reproche de l'avoir soutenu sans preuve. Mais la preuve est toute trouvée d'elle-même. Si le mot arabe désignait primitivement les impressions de l’âge nubile et le désir du mariage, il ne pourrait jamais sans contradiction s'appliquer à un enfant qui n'est pas en âge de puberté, ces deux idées, nubile et non nubile, étant aussi contradictoires que celles de jeune et de vieux. Or le fait est que, chez les Arabes, on appelle ‘älam un tout jeune enfant depuis le moment de la naissance jusqu’à la puberté, c’est-à-dire jusqu'au mariage : Adolescens a nativitate ad juventutem, dit Golius, et juvenis plenæ ætatis ita ut barba labiorum emergat. Il en est de même en chaldéen, comme le prouve la paraphrase chaldéenne du chapitre vu d'Isaïe, où non seulement la mère d'Emmanuel est appelée ‘ülémet& , mais l'enfant lui-même... est appelé ‘ülema’. Le mot arabe désigne encore un serviteur, puer, et la même figure se trouve dans toutes les langues, l'idée de service, de subordination, s’attachant naturellement à celle d’un enfant ou d’un jeune homme en tutelle. Il paraît donc manifeste que le mot ‘ülam réveille l'idée de jeunesse avant de réveiller celle d'inclination au mariage, et qu'il a un sens bien plus étendu. » Le Hir, Les trois grands prophètes, Paris, 1877, p. 78 et 79. Si la dérivation nouvelle était véritable, le mot ‘almnaäh signiferait donc originairement jeune fille.

Il. Usage biblique du mot ‘almäh. — Quelle qu'en soit d’ailleurs l'étymologie, son emploi dans la Bible en fixe le sens d’une façon décisive; car l'usage peut donner à un mot un sens très éloigné de la signification étymologique. Or, dans la Bible, ‘almäh désigne toujours une

‘ALMAH

jeune fille vierge. En dehors du texte que nous étudions et abstraction faite de l'expression musicale ‘al-‘alamôt, Ps. xLv, 1 ; 1 Par., xv, 20, qui selon l'explication la plus probable indique un cantique à exécuter par des voix aiguës, voix de soprano, voix de femmes (voir ALA- MOTH), le mot ‘abnäh se rencontre six fois dans la Bible. Deux fois, Gen., χχιν, #3; Exod., 11, 8, il désigne certainement une vierge non mariée, une be{üläh qu'aucun homme n'a connue, Gen., xxiv, 16. Le psaume LxvVI, 2%, parle de ‘alamôf{ jouant du tambourin auprès de l'arche. Or les femmes employées à des fonctions religieuses étaient plutôt des jeunes filles vierges que des femmes mariées. Les amantes de l'époux mystique du Cantique, 1, 2, sont des ‘alamôt, c'est-à-dire de jeunes vierges, honnêtes et pudiques, qui l’auraient volontiers accepté en mariage. Les ‘alamôt sans nombre, distinctes des reines et des concubines ou épouses du second rang, Cant., vi, 7et8, sont des jeunes filles, leurs suivantes, ou des vierges destinées à la couche royale. Dans les Proverbes, xxx, 19, l'‘abnäh est encore une vierge ou, au moins, une jeune fille réputée telle. Le sens, en effet, des adages de ce passage est le suivant : Il est difficile de reconnaitre qu'un aigle a traversé les airs, qu'un navire a fendu les flots de la mer, qu'un reptile a glissé sur un rocher; il n'est pas moins difficile de constater qu’une jeune fille a cessé d'être vierge, ou par quelles manœuvres un homme a pu séduire une vierge, puisque la femme adultère, prise en flagrant délit, sait cacher son crime, qu'elle nie effrontément.

Le mot ‘almäh a donc dans la Bible la signification de vierge intacte. Aussi saint Jérôme, In À. loc., t. xxIV, col. 108, concluait-il en ces termes sa discussion sur le sens de cette expression : « Autant que je puis m'en souvenir, je ne crois avoir jamais trouvé alma dans le sens de femme mariée, mais toujours dans le sens de vierge, et de vierge encore jeune, dans les années de l'adolescence, car il peut se faire qu'une vierge soit âgée. Or celle-ci était encore jeune, quoiqu'elle ne fût plus un enfant, mais nubile. » Il lançait encore aux Juifs ce défi : « Que les Juifs nous montrent donc un passage des Écritures où alma désigne seulement une jeune fille et non pas une vierge, et alors nous reconnaitrons que dans les paroles d'Isaie : Voici qu’une vierge concevra et enfantera doit s'entendre, non d'une vierge cachée (dans la maison), mais d'une jeune fille déjà mariée. » Contra Jovinian., 1, 32, t. ΧΧΤΙ, col. 254955, Le prophète a donc choisi une expression qui rend mieux l'idée de jeune fille vierge que les synonymes na‘aräh, qui désigne une jeune personne mariée, Ruth, 11, 5; 1v, 12, ou non mariée, III Reg., 1, 2; Esth., 11, 8, et befüläh, qui désigne une vierge jeune ou vieille.

ΠῚ. Contexte de l’oracle. — D'ailleurs le contexte établirait à lui seul cette signification de vierge dans la prophétie d'Isaïe. « Il est à remarquer que le texte original se sert ici de deux participes présents : Voici que la Vierge (suppléez : sera) étant enceinte et enfantant ; dans ces deux conjonctures, elle demeurera dans toute sa pureté virginale. Si le prophète avait adopté ce tour : Voici que la Vierge concevra et enfantera, on aurait pu entendre : celle qui est vierge maintenant concevra et deviendra mère, et l'on aurait pu supposer qu’elle cesserait d'être vierge. » Drach, Harmonie entre l’Église et la Synagogue, t. 1, p. 16, note a. Les mémes participes désignent des femmes enceintes. Gen., xvi, 11; xXxxXvVIN, 24; Judic., ΧΗΙ, Ὁ οἱ 7. La phrase dans laquelle ils sont unis à ‘almäh doit s’interpréter au sens composé plutôt qu'au sens divisé : Isaïe a présente à l'esprit une vierge enceinte, une vierge enfantant. D'autre part, le Seigneur annonçait un signe, ’ôt,c'est-à-dire un prodige, en preuve de la véracité de la prédiction. Où serait le prodige, si une vierge concevait etenfantait par les voies ordinaires, si, viergejusqu’alors, elle perdait par sa fécondité l'honneur de la virginité? Le prodige consiste dans l'union de la virginité et de Ja

RS ων Ἂν Φο

ms.

maternité, dans une vierge-mère, Tertullien, Adversus Judæos, 1x, t. 11, col. 618-619; S. Irénée, Adversus hæreses, LI, xxt, 6, t. vis, col. 953; S. Jérôme, In h. loc., t. xx1v, col, 108; Théodoret, 1n Isaiam, vu, 14, t. Lxxx1, col. 275, L'article placé devant ‘abnäh indique alors non seulement une vierge déterminée et présente à l'esprit du prophète, mais aussi une vierge fameuse et unique. S. Chrysostome, 7n h. loc., t. LvI, col. 84.

Enfin cette ‘anäh sera la mère du Messie, Son fils, Emmanuel, est roi du pays de Juda, Is., vu, 8; 1x, 6; à cause de lui, son royaume sera délivré de la puissance d'Assur, vi, 10, Il sortira de la race presque éteinte de David, sera rempli de l'esprit de Dieu et gouvernera son peuple avec justice. Sous son sceptre régnera la paix la plus parfaite, et le mal disparaîtra de la sainte montagne de Sion. Les nations idolâtres se convertiront en masse et viendront partager avec les Juifs le bonheur de vivre sous un chef si pac.fique, x1. De l’aveu des rationalistes eux-mêmes, tous les caractères de ce roi sont messianiques, Emmanuel est donc le Messie. Or le Messie n’a pas d'autre père que Jéhovah. Ps. ax, 3. Le prophète Michée, v, 2 et 3, qui le fait apparaître « dès le commencement, dès les jours de l'éternité », mentionne sa mère et ne dit rien de son père. Jérémie, xxx1, 22, annonce sa naissance miraculeuse d’une femme. L'‘almäh, mère d'Emmanuel, le donnera donc au monde sans le concours d'aucun homme ; elle restera vierge dans l’enfantement même.

IV. Application de l’oracle faite par les évangélistes. — Saint Matthieu, 1, 18-93, a donné l'interprétation authenrique de l'oracle d’Isaie, en affirmant que la miraculeuse conception de Jésus dans le sein de Marie en était l’accomplissement. L'évangéliste ne constate pas l'accord fortuit de deux faits ; son but manifeste est de prouver aux Juifs, pour lesquels il écrit, que Marie est la mére du Messie. La prophétie ainsi féalisée annonçait donc une conception virginale ; au sentiment de l’apôtre, l'almäh devait être une vierge-mère. En vain, les commentateurs rationalistes veulent-ils interpréter la formule : « Tout cela fut fait afin que fût accompli ce qu'avait dit le Seigneur par le prophète, » comme si elle signifiait : Tout cela est arrivé de telle sorte que les paroles du prophète, quoique relatives à un sujet différent, peuvent s'appliquer au fait de la conception de Jésus. Adopter cette explication, « c'est contredire aussi bien le texte que l'esprit des écrivains du Nouveau Testament : le texte, car ni πληροῦσθαι, dans une telle connexion, ne peut signifier autre chose que : s’accomplir, rathun fieri, eventu comprobari; ni ἵνα, ὅπως, autre chose que : à cet effet, eo consilio ut, attendu que l'adoption d'un ἕνα ἐχδατιχόν n'est venue que de difficultés dogmatiques ; l'esprit, car rien n’est plus contraire qu’une telle explication aux idées juives des écrivains évangélistes. » Strauss, Vie de Jésus, traduction de Littré, Paris, 1853, t. 1, p. 196. Le récit de l’annonciation, Luc., 1, 31, renferme une allusion évidente à l'oracle d’Isaie. En annonçant à Marie le prodige qui allait s'opérer en elle, l'ange reproduit presque littéralement les paroles du prophète, selon la teneur de la version des Septante, La Vierge de Nazareth, familiarisée avec les prophéties de l'Ancien Testament, put comprendre qu’elle était l’‘almäh prédite par Isaïe.

V. La tradition juive. — L'application d'Isaïe, vu, 14, faite par saint Matthieu, nous fait connaître quelle était au premier siècle de l'ère chrétienne l'interprétation juive de ce passage. Elle n’eût pas convaincu les contemporains de l’évangéliste de la virginale maternité de Marie, s'ils n'eussent reconnu dans l'oracle l'annonce prophétique de la miraculeuse conception du Messie. Le Targurm de Jonathan ben Uzziel traduit ‘almäh par une expression équivalente, ‘ullémeta’. La version syriaque de l'Ancien Testament, faite, au sentiment de quelques critiques, par des Juifs un siècle avant notre ère, et qui est en tout cas fort ancienne, donne à ce mot le sens de vierge, ‘alimpo.

‘ALMAH

Une traduction antérieure et d'origine juive, celle des Septante, rend ici, dans un passage où il s'agit d'enfantement, ‘almäh par παρθένος, la vierge au sens strict, et non par son synonyme νεᾶνις. Ses auteurs avaient donc l'idée de virginité dans l'esprit. Après Jésus-Christ, il est vrai, Aquila, Symmaque et Théodotion employérent l'expression νεᾶνις, qui désigne une jeune fille sans égard à sa virginité. Mais il est permis de penser avec saint Justin, Dialoqus cum Tryphone, t. νι, col. 644% et 673; saint Irénée, Adversus hæreses, 11, 21, t. vir, col. 950, et saint Jean Chrysostome, Hom. in Matth., ν, 2, t. Lvir, col. 56-57, qu'ils avaient intérêt à tempérer la force du mot ‘almäh et à affaiblir la preuve que les chrétiens en tiraient contre le judaïsme, Les Juifs adoptent aujourd'hui l'interprétation de ces traducteurs plus récents; mais « 1|5 se mettent en contradiction avec leur propre tradition ». Drach, Harmonie entre l'Eglise et la Synagogue, t. 1. p. 108.

VI. La tradition chrétienne. — Les Pères de l'Église ont unanimement et formellement reconnu dans l’‘almäh la Vierge, mère du Messie. Le père Tailhan, Analysis biblica de Kilber, Paris, 1856, t. 1, p. 354, a dressé la liste de leurs témoignages. Ils ne sont pas les simples échos de l'interprétation de saint Matthieu, et dans la controverse avec les Juifs ils tirent leur principal argument de la traduction des Septante, qu'ils lisaient et commentaient. Un antique monument des catacombes romaines confirme la tradition écrite, Dans une chambre sépulcrale du cime-

102, — Isaïe prophétisant la Vierge mère d'Emmanuel. Peinture du cimetière de Sainte-Priscille,

tière de Priscille, que M. de Rossi fait remonter aux confins de l’âge apostolique, Marie (fig. 102) est représentée assise, la tête à demi couverte d’un voile court et transparent, et portant dans ses bras l'enfant Jésus, qui se retourne vers elle. Debout à côté de la vierge-mère, un homme tient d'une main un volume roulé et montre de l'autre une étoile, Dans ce personnage jeune et austère, vêtu en philosophe, M. de Rossi reconnait Isaïe. Paul Allard, Rome souterraine, 2 édit., Paris, 1877, p. 380-381 ; Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 2 édit., Paris, 1877, p. 683. Cette image, peinte au plus tard dans la première moitié du second siècle, est donc une illustration de l'oracle d'Isaïe.

Deux fois seulement dans le cours des siècles chrétiens, des écrivains catholiques ont adopté une explication opposée à celle de la tradition. Au ΧΙ siècle, André de Saint- Victor, dans son commentaire d’Isaïe, exposa l'opinion des rabbins sur l’‘almäh. Selon eux, la mère d'Emmanuel est la jeune femme du prophète; car la naissance du Messie, que les contemporains d'Isaie ne devaient point voir, ne pouvait être un signe de la délivrance prochaine de Jérusalem. André n'ose pas réfuter cette interprétation : Les rabbins répondraient facilement aux arguments qu'il

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leur opposerait, il craint leurs railleries et ne dit mot de la tradition chrétienne. Cette conduite pusillanime amena Richard de Saint-Victor à écrire la réfutation que ne voulait pas entreprendre son confrère. Dans un premier livre, De Emmanuele, il mit en pleine lumière l'interprétation catholique de cet oracle. Un disciple d'André, très attaché à l’enseignement de son maitre, voulut le défendre. Richard écrivit contre lui un second livre sous le même titre et résolut toutes les difficultés. Pat. Lat., t. ΟΧΟΥῚ, col. 21 et 601-666 ; Trochon, André de Saint- Victor, Paris, 1876; Essai sur l'histoire de la Bible dans la France chrétienne au moyen âge, Paris, 1878, p. 31-36. Au siècle dernier, un prêtre catholique, Isenbiehl, enseigna d'abord dans son cours d'exégèse au séminaire de Mayence, en 1773, puis dans un écrit, Neuer Versuch über die Weissagung vom Emmanuel, 1778, que la prophétie d'Emmanuel ne concerne le Messie ni au sens littéral ni même au sens spirituel, La citation de saint Matthieu n'est qu'une accommodation historique ou plutôt une simple allusion. Dans le texte d'Isaïe, l ‘almäh est une jeune fille, restée inconnue, qui était présente à l'entretien du prophète et du roi. Elle était enceinte ou pouvait le devenir, et le temps nécessaire pour que son enfant atteignit l'âge de discrétion ne devait pas s’écouler avant la délivrance de Jérusalem. Le livre d'Isenbiehl, condamné par plusieurs Facultés de théologie et par la plupart des évêques d'Allemagne, fut réprouvé, le 20 septembre 1779, par Pie VI dans le bref Divina Christi voce comme contenant une doctrine et des propositions respectivement fausses, téméraires, scandaleuses, pernicieuses, erronées, favorisant l'hérésie et hérétiques. Bullarium romanum Pü VI, t. VI, n° CCxxx, Rome, 1843, p. 146. Isenbiehl se soumit et rétracta son erreur, dont la condamnation solennelle ἃ certainement confirmé l'interprétation messianique et traditionnelle de l'oracle d'Isaïe. Picot, Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique pendant le xvine siècle, 3° édit., t. v, 1855, p. 95-97.

ὙΠ. Interprétations fausses. — Les exégètes juifs postérieurs à l'ère chrétienne et les exégètes rationalistes rejettent l'interprétation messianique et y substituent des explications différentes. Pour les uns, l’‘almäh est une

… jeune fille idéale, et le prophète a fait l'hypothèse sui-

vante : « Si une jeune fille concevait actuellement, elle pourrait, quand elle enfantera, nommer son fils Emmanuel; car dans ce court intervalle de quelques mois, ceux qui oppriment la Judée auront perdu toute puissance de nuire. » Le langage catégorique d'Isaïe ne se prête pas à une telle hypothèse ; le prophète parle d'une personne réelle, il la voit et la montre, il annonce un fait qui se réalisera. Pour la même raison, l'‘abnäh n'est pas un symbole; elle ne représente ni Jérusalem, la citadelle vierge, qui devait être à l'abri des rois confédérés, ni la maison royale de David, destinée à survivre et à se perpétuer en de nombreux rejetons. C’est une personne vivante qui assurément est pour le royaume de Juda et son roi un signe de protection et de perpétuité, mais qui dans l'avenir messianique deviendra la mère d'Emmanuel.

Elle n'est pas non plus la femme ou l’une des femmes du prophète, car Isaïe l'aurait nommée nebi’äh, « prophétesse, » et aurait parlé d'une conception ordinaire, comme il le fait plus loin, vin, 3 et 4. D'ailleurs la femme d'Isaïe, mère de Se’àr-Yäsüb, vi, 3, n’est plus une ‘almäh, et seuls les besoins de la cause font supposer qu'isaie prit une autre épouse. Enfin Emmanuel n'est pas le fils du prophète ; la famille d'Isaïe n’a pas eu l’honneur de servir de souche au Messie. Plusieurs commentateurs catholiques cependant ont pensé que l'‘almäh était réellement l'épouse d'Isaïe, en reconnaissant en elle toutefois une figure de la Vierge, mère du Messie. Cette explication, exposée déjà du temps de saint Jérôme, se concilie difficilement avec l'interprétation de saint Matthieu, qui semble exclure l’idée de figure ; elle doit être rejetée pour les raisons qui précèdent. D'ailleurs l’analogie man-

querait entre le type et l'antitype. Comment une conception et une naissance tout ordinaires représenteraient-elles une conception et une naissance virginales ? — L'‘almäh n'est pas davantage la femme d’Achaz. Ce roi n’a pas eu d'autre fils qu'Ézéchias. Or Ézéchias était peut-être âgé de neuf ans déjà, à l'époque de cette prophétie, saint Jérôme, In h. loc., t. ΧΧΙΝ, col. 109, et quoique roi et descendant de David, il n’a pas reproduit les autres caractères d'Emmanuel. S. Justin, Dialogus cum Tryphone, 43, t. M, col. 567-570. — Serait-elle une princesse royale, fille d’Achaz ? Nägelsbach a imaginé qu'une fille de ce prince, non encore mariée, avait perdu son honneur, et que le prophète dénonçait ce triste secret au roi et à sa cour. Cette explication singulière repose uniquement sur des hypothèses hasardées et ne s'harmonise pas avec l'ensemble de la prophétie.

VII. Tardif accomplissement du signe donné par Dieu. — L'interprétation purement messianique de l’oracle soulève une sérieuse difficulté. Le signe proposé par Isaïe, à savoir, la miraculeuse conception de l'‘abmäh et la naissance d'Emmanuel, devait être actuel ou se réaliser dans un avenir très rapproché, puisqu'il devait rassurer Achaz et sa cour contre l'invasion menaçante des deux rois confédérés de Syrie et d'Éphraïm. Or la conception et la naissance du Messie n'ont eu lieu que 750 ans plus tard. Leur prédiction ne pouvait donc rendre confiance à Juda troublé,

Diverses solutions ont été proposées. Pour Gaspard Sanchez, In Isaiam, h. L., et Baltus, La religion chrétienne prouvée par l’accomplissement des prophéties, Paris, 178, 1. 1, p. 140, et 1. 1v, p. 261; Défense des prophéties de la religion chrétienne, Paris, 1737, t. II, Ch. ΧΥ͂Ι, p. 118-120, la conception virginale d'Emmanuel, loin d’être un signe de la délivrance prochaine du royaume de Juda, trouvait dans cette délivrance sa propre confirmation. Ils distinguent deux prophéties; la réalisation de la première fortifiait la foi de la seconde. La connexion du discours présente la naissance de l'enfant annoncé comme un signe de la prochaine protection de Dieu sur Juda, et la difficulté ne saurait être éludée.

La supposition de Rosenmüller et de Delitzsch qu'Isaïe, ayant reçu en même temps révélation de la naissance virginale du Messie et de la prochaine délivrance de Juda, n’a pas su distinguer les temps et a cru à tort les deux événements contemporains, n’est pas admissible, car elle introduit l'erreur dans la pensée du prophète, et elle est gratuite, car certainement [saïe n’attendait pas le Messie dans un avenir rapproché. Le livre d'Emmanuel dans son entier et toutes les autres prophéties messianiques du recueil manifestent clairement que pour le fils d'Amosla venue du Messie devait être postérieure à l'invasion assyrienne et même au retour de la captivité. La supposition d’une première réalisation de la prophétie sous le règne d'Achaz dans l’enfantement miraculeux d'une vierge, qui fût pour les contemporains une garantie immédiate etinfaillible de la protection divine, n’estpas justifiée par l’histoire. L'hypothèse du double sens littéral, adoptée par Schegg, Der Prophet Isaias übersetzt und erklärt, Munich, 1850, t. 1, p.87 et88, ne parait pas plus admissible. L'oracle signifierait que dans le temps nécessaire à une conceptionet à un enfantement ordinaires, c'est-à-dire dans l’espace d’une année, la tranquillité reviendrait pour Juda et prédirait en même temps la naissance miraculeuse du Messie. Mais en quoi consisterait le signe annoncé? Consisterait-il dans la prédiction de la naissance d’un enfant du sexe masculin, ou dans le nom symbolique donné à l'avance comme gage de salut, ou dans la merveilleuse destinée d'Emmanuel? Le prétendre serait négliger l'essentiel de la prophétie. De plus, comment estil possible qu’un seul et même texte signifie à la fois une conception et une naissance ordinaires et la conception et la naissance virginales du Messie?

Il est plus simple et plus rationnel de dire que si la

prédiction d'un événement éloigné, quel qu'ait été son objet, dans la bouche d'un prophète légitimement envoyé de Dieu et ayant attesté sa mission divine par des oracles antérieurs, devait avoir, au moins pour des croyants, une grande autorité, une prophétie messianique avait une efficacité plus grande pour ranimer la confiance de Juda. Le signe futur était une manifestation éclatante de la providence de Dieu envers son peuple. Fidèle à sa coutume de consoler les siens dans la détresse en faisant briller à leurs yeux les espérances messianiques, Dieu, par un argument du plus au moins, en annonçant la miraculeuse naissance du Messie, laisse entendre qu'il peut accomplir des prodiges pour sauver Juda du péril qui le menace. L'infidèle Achaz a pu ne pas comprendre le consolant oracle, qui du reste ne s'adressait pas à lui seul, mais à «la maison de David». Is., vr, 13. Pour elle, le signe donné, en ravivant les espérances messianiques, fournissait l'assurance d’une victoire prochaine. Enfin l'obscurité que laissait dans les esprits un signe si éloigné disparut bientôt, car la naissance du second fils d'Isaie fut un signe prochain de la délivrance de Juda, vin, 1-4, Voir ACHAZ.

IX. Ouvrages catholiques à consulter. — Tostat, In locum Isaiæ, c. VII... commentarium, opera, Cologne, 1613, t. χα; Bossuet, Explication de la prophétie d’Isaïe sur l'enfantement de la sainte Vierge, dans ses Œuvres, édit. de Versailles, 1815, t. 111, p. 1-29 ; Calmet, Dissertation sur ces paroles d’Isaie : Voici, etc., dans son Commentaire littéral, Paris, 1796, t. v, p. 583-589 ; Baltus, Défense des prophéties de la religion chrétienne, Paris, 1737, t. πὶ, ch. 1x-xIV, et t. 111, ch. XvI-xXvI ; Jung, Ausführliche Rechtfertigung der Gründe für die Erklärung der Stelle 15. 7, 14 œuf Jesum und Mariam, Heidelberg, 1778; Widerlegung des Gesprächs zwischen Isenbiehl und Jung, Heidelberg, 1779 ; Zwerger, Vindiciæ vaticinii Isaiæ, 7, 14 de Emmanuele, Fribourg-en-Brisgau, 1779; Schmitt, De celeberrimo vaticinio Is., 7, Aschaffenbourg, 1779; Molkenbuhr, De Emmanuele et prophetissa ab Isaia c. Tet8 prænunciatio, Munster, 1810 ; Kistemaker, Weissagung vom Emmanuel, Munster, 1824; Vercellone, Apologie de saint Jérôme, dans les Annales des sciences religieuses, Rome, septembre 1836, ou dans les Annales de philosophie chrétienne, 1838, t. xvIr, p. 361-375; Reinke, Die Weissagung von der Jungfrau und vom Immanuel, Munster, 1848; Patrizi, De Evangelis libri tres, Fribourg-en-Brisgau, 1853, 1. 111, dissert, XVI, p. 135-153; Fillion, Essais d’exégèse, etc., Lyon, 1884, p. 1-99 ; Corluy, Spicilegium doygmatico-biblicum, Gand, 1884, t. 1, p. 394-421. E. MANGENOT.

4. ALMATH (hébreu : ‘Âlémet, « couverture[?] »; Septante : Ἔληεμέθ), neuvième fils de Béchor, fils de Benjarain. 1 Par., vi, 8.

2, ALMATH (hébreu : ‘Alléméf ; Septante : T'aeud0), ville sacerdotale de la tribu de Benjamin, 1 Par., vr, 60 (hébr. : 45), appelée Almon (hébreu : ‘Almôn ; Septante : Γάμαλα) dans Jos., xxt, 18. Ce changement de terminaison se retrouve dans d’autres mots comme Naaratha, Jos., xXv1, 7; Naä‘rân (Vulgate : Noran), I Par., vit, 28. Almath est probablement la dernière forme sous laquelle le nom est parvenu jusqu’à nous et subsiste encore dans ‘Almit, nom de l'endroit avec lequel on identifie généralement l'ancienne cité benjamite. Khirbet ‘Almit est un lieu couvert de ruines, situé au nord-est de Jérusalem, Sur le sommet de la colline s'élevait une petite ville, aujourd'hui complètement détruite, à part une vingtaine de citernes et d'habitations souterraines creusées dans le roc. Sa position correspond parfaitement aux données de la Bible, où Almath est citée entre Gabée (aujourd’hui Djéba') et Anathoth (‘Anätä), 1 Par., vi, 60, Voir la carte de la tribu de Benjamin,

Aurait-elle été fondée par Alamath (hébreu : ‘Aléméf),

‘ALMAH — ALOËS

1 Par., vit, 36, l’un des descendants de Benjamin, qui lui aurait donné son nom? C'est possible. Il y a au moins similitude frappante entre les deux mots, et il est curieux de voir auprès d’‘Alamath un autre descendant de Benjamin, Azmoth, dont le nom en hébreu, ‘Azmawétf, répond exactement à celui d’une ville mentionnée comme Almath entre Géba et Anathoth, 1 Esdr., 11, 24; IL Esdr., x11, 29, et identifiée avec le village actuel d'Hizmeh, à très peu de distance au nord de Khirbet ‘Almit. Les fondateurs seraient ainsi rapprochés comme leurs villes.

Le Targum de Jonathan, IT Reg., xv1, 5, a rendu Bahurim par ‘Almat : identification que certains auteurs maintiennent encore comme possible. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1881, p. 45. Nous la croyons peu conforme aux faits qui se rattachent à Bahurim. Voir BAHURIM. À. LEGENDRE.

ALMON, Jos., xx1, 18, nom de la ville appelée Almath dans 1 Par., νι, 60. Voir ALMATH 2.

ALMONAZIR Jérôme, dominicain espagnol du couvent de Ciudad -Rodrigo, enseigna la théologie et l'Ecriture Sainte à Burgos, à Valladolid et à Alcala pendant plus de quarante ans, avec une grande réputation de science. Il mourut en 1604, âgé de plus de quatre-vingts ans. Il fit paraître, en 1588, un commentaire du Cantique des cantiques, 2 in-4°, Alcala. Cet ouvrage d'érudition étendue suppose une grande connaissance des Pères et des commentateurs grecs et hébreux. Tout se rapporte selon lui à l'Église de la loi ancienne et à l'Église de la loi nouvelle. Possevin, qui en fait l'éloge, lui trouve de nombreux et étonnants traits de ressemblance avec le commentaire de Louis de Léon. Cf. Hurter, Nomenclator htterarius, t. 1, p.334; Quélif, Scriptores ordinis Prædicatorum, t. Il, p. 309. Ε΄ LEVESQUE.

4. ALMOSNINO Moïse, fils de Baruch, rabbin de Salonique, né en 1593, renommé parmi ses coreligionnaires à cause de sa science et de son éloquence, composa : 19 Yedé Môëeh, Les mains de Moïse, commentaire sur les cinq Megillot, c’est-à-dire sur le Cantique des cantiques, Ruth, les Lamentations, l'Ecclésiaste et Esther. Imprimé avec le texte, in-49, Salonique, 1572, et sans le texte, in-4°, Venise, 4597. 2 Pené Mô$eh, La face de Moïse, commentaire sur le Pentateuque. Il n’a pas été imprimé, mais se trouve manuscrit à la bibliothèque d'Oppenheim.

2. ALMOSNINO Samuel, rabbin de Salonique au xvre siècle. Outre une explication du commentaire de Raschi sur le Pentateuque, on a de lui un commentaire sur les douze petits prophètes, in-f°, Amsterdam, 1724-1727.

E. LEVESQUE

ALMUG, ’almug, nom du bois de santal dans le texte hébreu de 1 (III) Reg., x, 11, 12. Le second livre des Paralipomènes, 1x, 10, 11, porte ’algum, au lieu de ’almug. Les deux mots ne diffèrent que par une simple métathèse, qui s'explique facilement dans un mot étranger. ’Albmug est, en effet, un nom sanscrit, importé à Jérusalem par les marins de Salomon avec le bois lui-même, auquel ils conservèrent la dénomination qui le désignait dans son lieu d’origine, c’est-à-dire dans l'Inde. Voir SANTAL.

ALOËS, hébreu : ’ähälim, Num., xxIv, 6; Prov., vit, 17; ‘ähälôt, Ps. xLv, 9; Cant., 1v, 14, Dans le livre des Nombres, le mot ’ähälim désigne une espèce d'arbre; dans les autres passages, ’ähälim et ’ähälôt signifient une espèce de parfum. Les Seplante et la Vulgate ont rendu le mot hébreu par « tentes », σχηναί, tabernacula, dans les Nombres, xx1v, 6; dans les autres passages, les Septante ont traduit σταχτή (Vulgate: στα), Ps. xLIV (xLV), 9, ét conservé le mot hébreu sous la forme 4260, ἀλωή, Cant., ιν, 14; ils l'ont omis dans les Proverbes, vir, 17 (ou du

moins ils ne rendent que par un mot, χροχίνον, la myrrhe et l’aloës). Dans ces deux derniers passages, la Vulgate traduit : aloe. Saint Jean, qui mentionne ce parfum dans son Évangile, χιχ, 39, l'appelle ἀλοή. Le mot grec n’est sans doute qu'une altération du nom oriental, qui devint ἀλοή par suite d’une confusion avec l'aloès médicinal (fig. 103), confusion produite par la ressemblance de son. Le mot

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