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C. SOMMERVOGEL

ALTHAMER André, pasteur luthérien, né à Brentz, en Souabe, d’où le surnom de Brentius, par lequel il est aussi désigné, mort en 1564. Il fut un des chefs du protestantisme naissant. En 1527 et 1528, il prit part aux conférences de Berne sur la présence du Christ dans l'Eucharistie, et il soutint la doctrine de Luther sur la consubstantiation. Son principal ouvrage a pour titre : Conciliationes locorum Scripturæ qui specie lenus inter se pugnare videntur centuriæ duæ, in-8°, 1533. Cet ouvrage a eu de nombreuses éditions avec des augmentations ; c'est ainsi qu’on lit dans le titre de l'édition de Nuremberg de 1542 : Præter inspersas hinc inde additiones, accesserunt huic æditioni (sic) triginta locorum bini seu paria, ete. On ἃ aussi d'Althamer : Annotationes in Jacobi Epistolam ; Sylva biblicorum nominum, 1530, etc. Voir

429 ALTHAMER — ALUS 424

Bayle, Dictionnaire, au mot Althamer ; J. À. Ballenstädt, Vita Althameri, Wolfenbüttel, 1740,

ALTHOFER Christophe, théologien luthérien, né le 9 novembre 1606, à Hersbrück, mort à Culmbach, le 11 mai 1660. Il fit ses études à Altorf, Wittenberg, Leipzig et Iéna. Dans cette derniére ville, il s’attacha à ce qu'on appelait la triade johannique, c’est-à-dire qu’il adopta les opinions théologiques de Johann Gerhard, Johann Major et Johann Himmel. Il fut pasteur à Altorf, depuis 1629 jusqu'en 1637; en 1644, il devint conseiller ecclésiastique et surintendant général à Culmbach, où il mourut en 1660. Althofer écrivit un grand nombre d'ouvrages de polémique contre les catholiques et contre les calvinistes, et des commentaires. Ces derniers sont : Harmonia Evangelistarum emedullata, hoc est, observationes sacræ in quatuor Evangelistas, in-4°, léna, 1653 (résumé des Harmonies de M. Chemnitz et de P. Leyser); Animadversiones sacræ in Epistolam ad Ephesios disputationibus sex comprehensæ, in-4°, Altorf, 1641 ; Observationes sacra seu Commentariolus in Epistolam Pauli ad Philippenses, in-4, Altorf, 1641 ; Observationes sacræ seu Commenturiolus in divinam ad Colossenses Epistolam Paul, in-#°, Altorf, 1653. — Voir G. G. Zeltner, Vitæ theologorum Altorfinorum, una cum scriptorum recensu, in-4°, Altorf, 1722; ἃ. A. Will, Nürnbergisches Gelehrten-Lexicon, Nuremberg, 1755, t. 1, p. 26-29; Supplément, Ver Theil, t.1 (1802), p. 27-98 ; J. G. Walch, Bibliotheca theologica, t.1v, p. 704, 710, 712, 874; Allgemeine deutsche Biographie, t. 1, p. 367.

ALTING Jacob, théologien protestant allemand, né à Heidelberg, le 27 décembre 1618, mort le 20 août 1679. Il était professeur d’hébreu à Groningue depuis 1667. C'était un savant orientaliste, qui publia la grammaire de plusieurs langues orientales. Il fut chef d'une nouvelle école grammaticale. Pour expliquer les changements de voyelles si fréquents dans les mots hébreux, il imagina le système des durées (systema triun morarum), exposé dans ses Fundamenta punctationis linguæ sanctæ, in-89, Groningue, 1654, système plus ingénieux que solide, repris depuis par Danz et suivi encore par Schultens. Wogue, Histowe de la Bible, p. 356. Alting écrivit aussi des commentaires qui ne manquent point de science, mais ne contiennent cependant rien de bien remarquable : Commentarius in Jeremiam prophetam, in-f°, Amsterdam, 1688; Commentarius theoretico-practicus in Epistolum ad Romanos, dans les Opera omnia theologica, analytica, exegr'ica, practica, problematica et philologica Altingii, Ὁ in-f, Amsterdam, 1687, où l’on trouve aussi le commentaire de quelques autres parties de l'Écriture en particulier, Internuncius Dei geminus Veteris alter, alter Novi Testamenti, seu vaticinii Mosaici, quod Deuteronomii 18 exstat, plenior explicatio, in-12, Groningue, 1658; Schilo, seu de vaticinio patriarchæ Jacobi quod Genesis xz1x, 10, exstat, libri quinque quibus vera interpretatio redditur, ex eventu demonstratur et ad Judæorum convictionem asseritur, in-4°, Franeker, 1660, 1662. Voir W. Orme, Bibliotheca biblica, p. 10 ; Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. 11, p. 235.

ALTMANN Jean George, théologien protestant suisse, né à Zoffingen en 1697, mort à Ins le 19 mars 1758. 1] professa le grec et la philosophie morale à Berne de 1734 jusqu'en 1757, époque où il devint pasteur d'Ins. On remarque parmi ses ouvrages des Meletemata philologicocritica quibus difficilioribus Novi Testamenti locis ex antiquitate lux affunditur, 3 in-8, Utrecht, 1753.

ALTON (Guillaume d’), dominicain anglais, ainsi nommé de la ville d’Alton, dans le comté de Hants, en Angletcrre, florissait au Χ115 siècle. Un manuscrit de l'ancienne bibliothèque de Saint-Victor (ms. 976), écrit en 1267

et donné à cette abbaye en 1289, parle des apostilles de Guillaume d’Alton sur l'Ecclésiaste et sur la Sagesse. Ces apostilles ont été imprimées à Rome dans les Œuvres de saint Bonaventure. D’Alton ἃ laissé aussi des commentaires, qui sont restés manuscrits, sur la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, Josué, les Juges, Ruth, Isaïe, Jérémie et les Lamentations. Voir J. Échard, Scriptores ordinis Prædicatorum , 2 in-f, 1719-1721 , t. 1, p. 244-246.

1. ALTSCHUL Chaïm, auteur juif du xvue siècle, composa : 19 Béf Yéra'él, La maison d'Israël. C'est une histoire juive depuis Abraham jusqu'après les Asmonéens, avec une table des juges, des prophètes et des rois, in-4, Amsterdam, 1724. Elle n’a rien de remarquable. 2 Béf habbehiräh, La maison choisie, traité sur la structure du temple et la ville de Jérusalem, imprimé avec le précédent, in-4°, Amsterdam, 1724.

2. ALTSCHUL David, exégète juif du xvine siècle, laissa inachevé un commentaire sur les Prophètes et les hagiographes, Mesüdat Dävid, Forteresse de David. Il montre l'enchaînement de ces écrits et en explique les termes difficiles. Une partie de ce travail fut imprimée à Livourne, in-8°, 1753. Son fils, Jechiel Michael Altschul, termina ce travail, qui parut en deux parties, chacune sous un titre spécial, Mesüdat Siyôn, Forteresse de Sion, et Mesüdat David, in-8, Berlin, 1770. David Altschul donna aussi un commentaire des Psaumes au point de vue de la piété, in-8, Slobuta, 1836 ; in-8°, Kænigsberg, 1846. Il ἃ été souvent imprimé en Russie.

3. ALTSCHUL Jechiel Michael, fils du précédent, publia un commentaire sur le temple d'Ézéchiel, avec dessins, Binyan habbayit, Edifice du temple, et sur le partage de la Terre Promise à l'époque de Josué ; il a été imprimé avec gravures, in-8°, Amsterdam, 1782. On trouve aussi son ouvrage à la suite des œuvres de son père, dans plusieurs éditions.

4. ALTSCHUL Wolf, a donné un commentaire sur le troisième temple prophétique d'Ézéchiel, Zébed t6b, Don excellent. Gen., xxx, 20. Il parut avec un commentaire sur les bornes de la Palestine dans le livre de Josué, in-4, Sklow, 1794. Une édition revue par El. Gôtzel Altschul, et augmentée d'un commentaire des explications de Raschi sur le même passage, parut sous le titre de Sehif ‘és, Lambris de bois, Ezech., χα, 16, in-4°, Varsovie, 1814.

E. LEVESQUE

ALUS (hébreu : ’Alüÿ; Septante : Aïhoÿc), une des stations des Israélites avant leur arrivée au Sinaï, mentionnée entre Daphcea et Raphidim, Num., xxx, 19, 14, et omise dans le récit de l'Exode, xvi, 1. Elle n'a pas été identifiée jusqu’à présent : l'expédition anglaise qui a exploré la Péninsule sinaïtique n'a pu déterminer sa position, pas plus que celle de Daphca. Elle se trouvait entre le désert de Sin, Exod., xvr, 1 ; Num., xxx, 11, c'est-à-dire, d’après le plus grand nombre des savants, la plaine actuelle d'el-Markha, et Raphidim, Exod., xvn, 1 ; Num., xxx, 14, ou l’ouadi Feiran. Or, pour se rendre d'un point à l’autre, on peut suivre deux routes principales, sans compter celle qui, s’enfonçant dans les terres au delà de l’Ain-Dhafary, franchit la chaîne du Naqb- Bouderah : passage difficile que n'ont pu tenter les Israélites. La premiére, partant de la plaine, remonte d'ouest en est l’ouada Sidréh ; puis, tournant à droite, va rejoindre, du nord-ouest au sud-est, par l'ouadi Mokatteb, l'ouadi Feiran. La seconde, la plus facile, mais aussi la plus longue, longe quelque temps la côte au sud de la plaine d’el-Markha ; puis elle remonte l’ouadi Feiran depuis son embouchure jusqu’à Hési el-Khattatin. Les explorateurs anglais supposent que cette dernière voie fut prise par le gros des Israélites, avec les troupeaux ; mais que des détachements isolés remontèrent l'ouadi Sidréh. C’est donc

Las

sur l’une de ces deux routes que se trouvait Alus, dont la tradition n’a pas gardé le souvenir. On peut croire d’ailleurs que c'était une station sans importance, puisque l'Exode la passe complètement sous silence. Cf. F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 4° édit., 1884, t. 1, p. 508, 509, Voir Dapnca et RAPHIDIM.

A. LEGENDRE

ALVA (hébreu : ‘Alväh ; Septante : Γωλά), descendant d'Ésaü, chef d’une tribu iduméenne. Gen., xxxvI, 40. Nommé aussi ALrA (hébreu : ‘Alyäh), 1 Par., 1, 51.

ALVAN (hébreu : ‘Alvän ; Septante : T'uidx), fils aîné de Sobal, qui était le deuxième fils de Séir l'Horréen. Gen., xxxv1, 23. Le même qu’'ALrAN (hébreu: ‘Alyän). I Par., 1, 40)

1. ALVAREZ Gabriel, commentateur espagnol, né à Oropesa en 1564, entra au noviciat des jésuites de Saragosse le 13 décembre 1582. Il professa la théologie et l'Écriture Sainte, fut recteur des collèges de Majorque et de Barcelone, et mourut à Tarazona en 1645. Il a commenté Isaïe : Isaias Expositus, in-f, Lyon, 1623.

2. ALVAREZ Louis, ou ALVRÈS, commentateur portugais et prédicateur célèbre, né à San-Roman en 1615, entra au noviciat de la Compagnie de Jésus en 16929. Il professa à Coïmbre la rhétorique, la philosophie et l'Écriture Sainte; fut recteur des collèges d'Angra, de Porto et d'Évora, provincial du Portugal et supérieur de la maison professe de Lisbonne, où il mourut le 13 janvier 1709. On a de lui un volume sur Joseph : Joseph Rachelis filius illustratus, in-f°, Lyon, 1675. C. SOMMERVOGEL.

AMAAD (hébreu : ‘Am'‘äd ; Septante : ᾿Αμιήλ, le Δ final dérivé, par faute de copiste, du A primitif), ville de la tribu d’Aser, citée entre Elmélech et Messal, Jos., x1x, 26. Son identification plus ou moins probable peut se rattacher aux deux opinions suivantes. Les explorateurs anglais la placent à Khirbet el-‘Amoud, au nord de Saint-Jeand’Acre, et à peu de distance au sud-est d’Ez-Zib (ancienne Achazib). Cf. G. Armstrong, C. Wilson et Conder, Names and Places in the Old and New Testament, 1889, p. 9. M. V. Guérin prétend que ces ruines, simples tas de pierres de différentes dimensions, restes de maisons démolies, empruntent leur nom à un ancien montant de pressoir encore en place, percé au centre d’une rainure longitudinale, et appelé par les Arabes El-‘Amoud, « la colonne, » Description de la Palestine, Galilée, τ. 11, p. 41.

D'autres auteurs l'identifient avec le village d'Oumm el-‘Amed, situé sur un petit plateau entre Beit-Lahm (Bethléhem de Zabulon) et Khirbet el-Beidha (Abès d'Issachar). Si ce nom de « mère des colonnes » ne convient guëre aujourd'hui à un endroit qui ne renferme aucun vestige d'édifice antique ni aucun füt ou tronçon de colonne, cf. Guérin, ouvr. cité, t. 1, p. 39%, van de Velde voit là une raison pour supposer que la dénomination « peut avoir une autre origine et semble dériver de l’hébreu ‘Am'ad », Memoir to accompany the map of the Holy Land, 1859, p. 284. La raison ne nous paraît guëre concluante. Cependant, s’il est vrai, comme l’insinuent certains critiques, que l'ouadi el-Malek, au sud duquel se trouve Oumm el-‘Amed, rappelle la ville d'Elmélech, citée avant Amaad, et que Messal, citée après, se retrouve dans Misalli, au nord d'Athlit, la position indiquée dans cette seconde hypothèse répond assez bien à l'énumération de Josué, x1x, 3, 26, qui rapproche notre ville du Carmel. Voir ASER (tribu et carte). A. LEGENDRE.

AMADATHI (hébreu : Hammedätä, nom avec l'article, « le jumeau ou double [?]; » Septante : ᾿Αμαδάθος), père d’Aman. Esth., 111, 1,10; 1x, 2%; x11, 6; xvr, 10. Il était Agagite, c'est-à-dire originaire d'une province de Médie appelée Agag. Voir AGAGITE,

ALUS — AMALEC

AMAL (hébreu : ‘Âmäl, « labeur; » Septante : ᾿Α μάλ), quatrième fils de Hélem, Benjamite. 1 Par., vit, 35.

AMALEC, hébreu : ‘Amäléq ; Septante : ᾿Αμα)γήκ, ᾿Αμαληχίτης ; la Vulgate écrit Amalech dans Gen., ΧΧΧΥῚ, 12, 16; de là : Amalechites, dans certains manuscrits et éditions. L’étymologie du nom est inconnue, et ce n’est qu'en le partageant d’une façon tout arbitraire entre les racines =y, ‘am, et 595, lâgaq, que l’on a obtenu l'interprétation courante : populus lambens, « un peuple qui lèche, » interprétation déjà donnée par Philon : ὁ ᾿Αμαλήχ, ἧς ἑρμενεύεται λαὸς ἐχλείχων. Leg. allegor., τι. 66, Leipzig, 1828, t. 1, p. 178; De migrat. Abraham, 26, t. 11, p. 323; De congressu quærendæ eruditionis gratia, 11, t. 11, p. 82.

4. AMALEC, petit-fils d'Ésaü par Éliphaz et Thamna la Horréenne. Il est compté parmi les chefs des tribus iduméennes. Gen., xxxvi, 12, 16, 2 ; I Par., 1, 36. Cet Amalec est-il l'ancêtre du peuple qui a porté le même nom? Beaucoup le pensent, simplement guidés par la ressemblance de nom et par l'habilude de rencontrer dans la Genèse la souche de la plupart des peuples qui figurent ensuite dans la Bible; mais dans la généalogie des fils d'Ésaü, rien ne suppose l'intention de rattacher à cet Amalec l’origine d’un peuple distinct des autres tribus iduméennes. Son nom n’y a aucun relief spécial et n’est accompagné d'aucune des formules dont se sert ailleurs la Genèse pour indiquer l'origine des plus importants voisins d'Israël. Cf. pour Moab, Ammon, Édom lui-même, Gen., xx, 27,38; xxxv1, 43. La ressemblance de nom n’implique pas par elle-même la communauté d’origine; parmi ces fils d'Ésaü, il y a un Cénez, Gen., xxxvi, 11, 15, et cependant on ne peut y voir le père des Cénézéens qui existaient au temps d'Abraham, Gen., xv, 19, ni des Cénézéens appartenant à la tribu de Juda. Num., xxx, 12; Jos., σιν, 6, 14; xv, 17; Jud., 1, 13; 111, 9; I Par., 1, 13, 15. On peut donc, s’il y a lieu, se poser et discuter en toute liberté la question de savoir si le petit-fils d'Ésaü est le père des Amalécites; nous allons apporter et discuter brièvement les raisons pour et contre.

I. Pour l’affirmative. — 1° On allègue Josèphe, Ant. jud., II, 1, 1; mais est-ce une tradition ancienne qu'il recueille ou une simple conjecture de sa part? Il est difficile de le dire. — 2 On prétend que si dans Gen., XXxvI, nous n'avons pas l’ancêtre des Amalécites, on ne trouverait dès lors nulle part dans la Genèse l'origine d’une nation qui a été si souvent, dans les temps anciens, en contact avec les Hébreux; ce qui est invraisemblable, vu le but et le plan de la Genèse. C’est au fond l'unique argument de ceux qui, comme Hengstenberg, Kurtz, Keil, etc., ont soutenu l'origine iduméenne des Amalécites depuis qu’elle a été contestée. L'argument n’est pas rigoureux : il peut y avoir sur ce point une lacune dans la Genèse. De plus cette lacune n’existerait même pas, si l'on admettait, comme J. Michaelis, Spicileg. geographiæ heb , 4769, t. τ, p. 170-177, cherche à le prouver, que Chanaan et Amalec désignent le même peuple, le premier nom étant donné à la portion émigrée en Syrie et sur la côté méditerranéenne, le second étant celui de la partie restée en Arabie. Philon, Vita Mosis, 1, 39, t. 1v, p. 159, parait compter les Amalécites qui attaquèrent les Hébreux à Raphidim parmi les Phéniciens (Φοίνιχες), c'est-à- dire les Chananéens qui habitaient la Palestine.

IT. Pour la négative. — 1° On remarque qu'au temps d'Abraham, par conséquent bien avant la naissance d’Amalec, petit-fils d'Ésaü, Chodorlahomor, dans sa célèbre campagne, frappa « le pays de l'Amalécite et l'Amorrhéen qui habite Asasonthamar ». Gen., x1v, 7. On dira sans doute que le pays est désigné, par anticipation, comme devant être un jour celui des Amalécites, l’auteur se servant du nom le plus connu de son temps. Mais ce qui rend ici peu vraisemblable cette explication, c'est que, dans cet antique fragment de la Genèse, l'historien s'est

appliqué à indiquer les doubles noms géographiques pour les localités qui en avaient changé. Cf. ÿ. 2, 3,7, 17. Déjà Origène, In Num., hom. x1x, τ. ΧΙ, col. 719, se servait de Gen., x1v, 7, pour distinguer les Amalécites battus par Chodorlahomor des Amalécites descendants d'Ésaü. Il est vrai qu'il suit, sans la contrôler, la leçon des Septante, qui ne permet pas d'expliquer le passage par une prolepse : « Et ils battirent les princes des Amalécites et les Amorrhéens, » (Par confusion du τ et du =, ils ont lu $arê, « princes, » au lieu de $adé, « champ, pays; » la version syriaque suit la même leçon que les Septante.) — 20 Que les Amalécites remontent, en effet, à une époque antérieure à Ésaü, et appartiennent au groupe de populations établies en Chanaan avant la migration d'Abraham, c'est ce qu'on peut conclure non seulement du titre énigmatique donné par Balaam à Amalec dans son oracle : « Amalec, commencement (ainé) des peuples, » Num., Χχιν, 20; mais surtout de l'indication rapide de 1 Reg., XXVII, 8, qui montre Amalec occupant depuis les temps reculés (mé‘ôlam, si le texte n'est pas altéré) la région méridionale avec d’autres peuples chananéens. Avec ces désignations coïncideraient certaines traditions arabes, qui représentent Amalec tantôt comme un fils de Cham et comme le père d’Ad et des Adites, que d’autres rattachent à la ligne de Sem, tantôt comme un frère de Lud et d’Arphaxad. Cf. d'Herbelot, Bibliothèque orient., 1697, au mot Amlik; de Sacy, Excerpta ex Abulfeda, dans Pococke, Specimen hist. arab., p. 464. Mais Nôldeke, Ueber die Amalekiter und einige and. Nachbarvülker der Israeliten, Gœttingue, 1864, a montré qu'on ne pouvait faire grand fonds sur ces traditions assez incohérentes, recueillies à une époque bien postérieure à Mahomet et au Coran, ni les regarder comme indépendantes du titre d'aîné des peuples, donné par Balaam. — 3° Il vaut mieux revenir simplement aux données bibliques, et remarquer d’une part que les Amalécites ne sont jamais présentés comme faisant partie de la nation iduméenne, qu'ils en sont plutôt distingués, II Reg., vit, 12, 13; I Par., xvinr, 11; Ps. LxxxII, 7, 8; si bien que, tandis que les Iduméens, comme les peuples parents d'Israël, doivent être épargnés et leur territoire respecté, Deut., 11, 4-8, 9, 19, Amalec est voué à la mort, Exod., xvir, 4; Deut., xxv, 17-19; I Reg., xv, 2-3, et son pays doit appartenir aux Hébreux. Num., xIv, 2-95. D'autre part, jamais Amalec n’est donné comme frère des Israélites, ni pour éveiller en lui quelque sympathie, ni pour faire ressortir l’odieux de sa conduite et expliquer par cette circonstance aggravante la malédiction qui le frappe. « Il est donc vraisemblable, conclut dom Calmet, Dictionnaire de la Bible, édit. de 1730, que les Amalécites dont il est si souvent parlé dans l'Écriture étaient un peuple descendu de Chanaan et dévoué à l’anathème de même que les autres Amorrhéens, et fort différents des descendants d’Amalec, petit-fils d'Ésaü. » La même conclusion est soutenue par Reland, Palæstina, lib. I, ch. x1v, édit. de 1724, p. 78; J. D. Michaelis, ouv. cit.; F. K. Rosenmüller, Handbuch der biblischen Alterthumskunde, 1823, t. 11, p. 90-94; Welte, Kirchenlexicon, 1886, t.1, p.673; cf. Iperen, Historia critica Edom et Amalec, ἴῃ - δ, Leovard., 1768. Comme cependant Moïse ne rattache pas les Amalécites à Chanaan, on peut aussi en faire un peuple d’une autre race. — Si un petitfils d'Ésaü et ses descendants portèrent aussi le nom d’Amalec, ce fut peut-être parce que, dans leur situation géographique ou dans leurs relations sociales, ils eurent avec les anciennes populations amalécites un contact plus étroit que les autres tribus iduméennes. 4. THomas,

2. AMALEC. Nom d'une montagne située dans la tribu d'Éphraïm sur laquelle se trouvait la ville de Pharaton, d'où était originaire et où fut enterré un juge d'Israël, Abdon, fils de Hillel. Jud., xu, 14-15. Sur la cause qui fit donner à une localité de la tribu d'Ephraim le nom d'Amalec, voir AMALÉGITE, col. 429. La position de cette

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