‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 207 sur 474 · AMALEC — AMALÉCITE · texte numérisé non relu

AMALEC — AMALÉCITE

montagne nous est conservée grâce au viilage actuel de Fer‘ata, à deux heures et demie au sud-ouest de Naplouse, que plusieurs considèrent comme l'ancienne Phir‘aton. E. Robinson, Later biblical researches in Palestine, 1856, p. 134; V. Guérin, Samarie, 1875, τ. II, p. 179-180. C'est à cette montagne d'Amalec que se rapporte sans doute ΤΟ βοῦν et difficile passage, Jud., v, 14; Débora, énumérant celles d'entre les tribus qui ont pris part avec Barac à la campagne contre les Chananéens, nomme d’abord : « d'Éphraïm ceux qui ont leur racine en Amalec. » Telle est l'interprétation la plus probable du texte dans son état actuel; la Vulgate n'en suppose pas un autre, mais sa traduction n’a aucun lien avec le contexte : Ex Ephraïim delevit eos in Amalec. Elle répète ensuite le nom d'Amalec, qui ne se trouve pas dans l'original : Et post eum ex Benjamin in populos tuos, o Amalec. Saint Jérôme, sans doute sur les indications de ses maîtres juifs, entendant le passage comme l’auteur du Targum, y a vu une allusion à la victoire de Saül de la tribu de Benjamin, et, pour montrer plus clairement à quoi se rapporte le possessif tuos, a ajouté : o Amalec. C’est ce qu'explique une scholie du Correctorium dominicain (Vatican., fonds Ottoboni, mss. 293) : « D'Éphraïm naquit Josué, qui battit Amalec, comme on lit dans l’Exode, et de Benjamin naquit Saül, qui, lui, détruisit Amalec, ce qui est ici prophétisé. Mais l'addition finale : o Amalec n’est pas dans l'hébreu, mais est suppléée pour le sens. » — «Ex Ephraim fuit Josue, qui percussit Amalec, ut legitur in Exodo; et ex Benjamin fuit Saul, qui et ipse delevit Amalec, quod hic prophetatur. Sed quod in fine additur o Amalec, non est in hebræo, sed gratia sensus apponitur. » Cf. Vercellone, Var. lection. Vulg. lat., t. 11, p. 98; mais il ne signale pas le rapprochement avec le Targum, qui nous montre, comme plus bas pour Tela’im de 1 Reg., xv, 4 (voir AMa- LÉCITE, Col. 429-430), qu'un certain nombre des variantes propres à la Vulgate viennent des interprétations empruntées directement ou indirectement par saint Jérôme aux paraphrases juives. J. Taomas.

3. AMALEC. Nom d'une localité. Nous lisons 1 Reg., XV, 5: « Saül vint jusqu'à la ville d'Amalec, et mit une embuscade dans la vallée. » Nulle part ailleurs il n’est question de ville portant ce nom, ni même de ville proprement dite appartenant aux Amalécites. Il s'agit plutôt ici du principal campement où se trouvaient en ce moment établis Amalec et son roi Agag. Le nom hébreu “ἦγ, dans son acception générale et conforme à son étymologie (‘ur, « veille, poste d'observation »), peut s'appliquer à un simple campement de nomades. Les espions israélites sont chargés par Moïse de voir ce que sont les villes (‘arèm) où habite Chanaan, « si elles sont des campements (mahänim), ou bien des lieux fortifiés (mibesarim). » Num., Χαμ, 19 (20). Les douars des Arabes d'Afrique, venus primitivement de l'Arabie, peuvent, comme le remarque E. H. Palmer, The desert of the Exodus, t. 1, p. 32%, nous donner une idée exacte de ce qu'était ce ‘ir Amalegq. « Quand on a choisi un endroit convenable pour camper, les troupeaux, qui forment la plus grande richesse de la tribu, sont réunis en un même lieu. On plante les huttes ou les tentes à l’entour. Un petit mur de pierre en forme de cercle fait la clôture de défense ; entre les pierres on met de gros fagots d'acacia épineux, et ces branches entrelacées et armées de pointes acérées (voir ACACIA) protègent le campement comme une barrière infranchissable. Tel est ce qu'on appelle un douar. » Et tel était sans doute le ‘tr Amäléq sur lequel Saül fit main basse.

J. Tomas,

AMALÉCITE (hébreu : ‘Amäléqi), nom d'un peuple qui tirait son nom d'Amalec, voir AMALEC, et qui est souvent appelé lui-même simplement Amalec. Nous allons : 1° en déterminer la position géographique; 2 en esquisser l’histoire,

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