AMMONITES
l'énergique expression de l'hébreu, et brisèrent violemment » les tribus qui l'occupaient. Jud., x, 8. Traversant même le Jourdain, ils poursuivirent leurs incursions et étendirent leurs ravages jusqu'au milieu de Juda, de Benjamin et d'Éphraïm. Jud., x, 9. Jephté, choisi par les tribus transjordaniennes pour repousser les pillards, ne voulut entreprendre la guerre qu'après avoir épuisé tous les moyens de conciliation avec des adversaires qu'il redoutait. Deux fois il envoya des ambassadeurs aux Ammonites pour leur demander quels étaient leurs griefs. Les négociations diplomatiques ayant échoué, il fallut en venir aux mains. Les enfants d'Ammon furent complètement battus. Vingt villes furent saccagées, depuis Aroër (voir AROER 2) jusqu'à Minnith et Abel (voir ABEL-KEraA- ΜΙΝ). Jud., x1, 1-33.
Cet échec cependant n'avait pas complètement ruiné leurs armes; car, très peu de temps après l'élection de Saül, nous voyons Naas, leur roi, mettre le siège devant Jabès Galaad. Peut-être voulait-il faire revivre les prétentions de son peuple sur un pays bien convoité, ou plutôt, si l'on en juge par la menace qu'il fit aux habitants de leur arracher l'œil droit, voulait-il venger la défaite infligée par Jephté. Ne pouvant sans doute eraporter immédiatement la ville de vive force, et ne comptant pas qu'elle püt être secourue, il lui accorda un délai de sept jours. Mais Saül, arrivant avec des troupes considérables, attaqua le camp ennemi de trois côtés à la fois. Surpris tout à coup, à une heure matinale, les Ammonites sans défiance furent battus jusqu'en plein midi, et complètement dispersés. I Reg., x1, 1-11. Ce ne fut pas le seul exploit accompli contre eux par Saül. 1 Reg., χιν, 47.
Tout en combattant le premier roi d'Israël, Naas traitait David avec bienveillance. II Reg., x, 2. Quels services lui rendit-il ? On ne le sait pas au juste. Il est probable que le roi d'Ammon, comme celui de Moab, I Reg., xxII, 3-4, et celui de Geth, I Reg., xxvIH1, n'avait vu en David fugitif que l'ennemi de Saül, et comme tel l'avait couvert de sa protection. Mais l'amitié cessa quand le persécuté devint maître de tout Israël. Déjà entre celui-ci et Moab l'alliance était brisée. II Reg., vint, 2. David néanmoins, gardant toujours au cœur la reconnaissance envers Naas, envoya, lorsqu'il eut appris sa mort, porter ses condoléances à son fils Hanon. La haine alors se réveilla chez les princes ammonites, qui jetèrent des soupçons dans l'esprit du roi et lui représentèrent les ambassadeurs comme des espions. Hanon leur fit subir un traitement ignominieux. Mais, voyant qu'ils avaient fait injure à David, les fils d’Ammon enrôlèrent à prix d'argent, — moyennant mille talents, I Par., x1x, 6, — les Syriens de Rohob et de Soba avec vingt mille fantassins, mille hommes de Maacha, et douze mille d’Istob. Outre l'infanterie, il y avait dans l’armée des chars et de la cavalerie. II Reg., x, 18; I Par., xx, 6-7. En présence d’une ligue aussi formidable, David envoya un chef expérimenté, Joab, avec toute l’armée des braves (hébreu : gibbôrim), c'est-à-dire la troupe d'élite. Les Ammonites se déployèrent devant Rabbath, leur capitale, pendant que les Araméens étaient disséminés dans la plaine. Pris entre deux adversaires, Joab, en habile capitaine, divisa ses troupes en deux corps; puis, avec ses soldats d'élite, se porta lui-même contre les Syriens, tandis qu'Abisaï attaquait la ville. Les alliés se débandèrent, et, à cette vue, les Ammonites se renfermèrent dans leurs murs. Joab, sans chercher à les y forcer, rentra à Jérusalem. Cf. II Reg.,x, 1-1#; I Par., xIx, 1-15. La guerre reprit au printemps. Les Israélites ravagèrent le pays d'Ammon et assiégèrent Rabbath. II Reg., χι, 1; I Par., xx, 1. Joab, s'étant emparé de la ville basse, appelée « ville des eaux », voulut laisser à David l’honneur de prendre la citadelle. Maître de la capitale, David ceignit le magnifique diadème du roi vaincu, recueillit un riche butin, et exerça de dures représailles envers les hommes armés (il est probable qu'il ne s’agit que de ceux-là) : les uns furent sciés, les autres mis sous des
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herses de fer ou des faux tranchantes; d'autres furent jetés dans des fours à briques. II Reg., Χαι, 26-31 ; [ Par, xx, 2-3. Le roi d'Israël en usait envers les Ammonites comme ceux-ci en usaient envers leurs ennemis. Cf. I Reg, x1, 2; Amos, 1, 13. David, en partant, établit probablement Sobi, frère d'Hanon, comme roi tributaire. C'est au moins ce qui nous permet d'expliquer la conduite du prince ammonite à l'égard du royal exilé fuyant devant Absalom. Sobi lui envoya à Mahanaïm, à l’est du Jourdain, des lits, des tapis et différentes provisions. II Reg., xvir, 27-99.
Sous le règne de Josaphat, les Ammonites envahirent le royaume de Juda avec les Moabites et les Maonites. IL Par., xx, 1. Ils vinrent camper à Asasonthamar ou Engaddi, à l'ouest et sur les bords de la mer Morte; mais une terreur subite jeta l’'épouvante parmi les alliés, et « se tournant les uns contre les autres, ils succombèrent sous de mutuelles blessures », II Par., xx, 2-33, laissant entre les mains de Josaphat et de son peuple de telles dépouilles qu'ils eurent peine à les enlever en trois jours. IL Par., xx, 35, Tributaires d'Ozias, ΠῚ Par., xxv1, 8, ils durent se révolter soit pendant sa maladie, soit après sa mort; car Joatham « combattit contre les fils d'Ammon et les vainquit, et ils lui donnèrent pendant trois ans cent talents d'argent, et dix mille cors de blé et autant d'orge ». IL Par., xxvir, Ὁ. Ce verset laisse supposer qu'ils se rendirent ensuite indépendants; ce qui put avoir lieu dans les dernières années de Joatham, lorsque Rasin, de Damas, et Phacée, d'Israël, commencèrent à attaquer le royaume de Juda. IV Reg., xv, 37. Pendant ce temps-là, Amos prophétisait contre eux, leur reprochant leurs cruautés. Amos, 1, 13-15.
Quand l’Assyrie tourna ses armes vers l’ouest, ils furent presque toujours ses vassaux. En 854 avant J.-C., Salmanasar II trouva dans la confédération de douze rois, qui voulaient arrêter sa marche triomphante, un roi d'Ammon, nommé Baasa, fils de Rehob. Il le vainquit, comme les autres alliés de Damas, d'Israël, etc., Cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. 11, pl. 8; A. Amiaud et V. Scheil, Les Inscriptions de Salmanasar IT, roi d’Assyrie, Paris, 1890, p. 40. Vers 732 ou 731, Téglathphalasar recevait les hommages et les tributs de Sanibu ou Salipu de Bit-Ammon, en même temps que ceux d'Achaz, roi de Juda. Cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. 1, pl. 67; E. Schrader, Die Keilinschriften und das Aite Testament, Giessen, 1883, p. 257; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., 1889, t. 1v, p. 118. Lorsque le même monarque assyrien eut transporté les tribus de Ruben, de Gad et la demi-tribu de Manassé, IV Reg., xv, 25; 1 Par., v, 26, les Ammonites firent irruption sur leur territoire et l’occupérent, comme si les Israélites eussent entièrement et pour toujours été détruits. C'est cet injuste attentat qui fut plus tard le point de départ de la prophétie de Jérémie contre eux, xLIX, 1-6. Dans sa campagne contre Ézéchias, roi de Juda, en 701, Sennachérib vit Puduil de Bit-Ammon venir, avec les rois de Moab, d'Édom, etc., lui apporter le tribut et faire acte d'obéissance. Prisme de Taylor ou Cylindre C. de Sennachérib, col. 117, 52; Cuneiform Inscriptions of W. Asia, t. 1, pl. 38-39; Schrader, ouvr. cité, p. 288; Vigouroux, ouvr. cité, p. 206. Le même roi ammonite est compté parmi les tributaires d’Assaraddon (681-668) en même temps que Manassé, roi de Juda, Cylindre brisé d’Assaraddon, Cuneiform Inscrip. of W. À.,t. 11, p. 16; Schrader, ouvr. cilé, p. 355; Vigouroux, ouvr. cité, p. 250.
Un autre roi d'Ammon, Aminadab, fut vassal d'Assurbanipal (667-625). Cylindre C ; Schrader, ouvr. cité, p. 355 ; Vigouroux, ouvr., cité, p. 26%. Le prince assyrien, marchant contre les Arabes révoltés, envahit le territoire des Ammonites, Cylindre À, Vigouroux, ouvr. cité, p. 294; mais, pendant que tous les peuples qui entouraient la Palestine courbaient le front devant le vainqueur, les