AMPHIPOLIS — AMRAPHEL
culum où chambre souterraine, avec un arcosolium, sur lequel on voit encore à sa place l'inscription en marbre :
AMPLIATI
Les lettres de cette courte épitaphe sont très soignées et d’une forme paléographique certainement antérieure à la seconde moitié du n° siècle ; on peut la juger presque avec certitude de la fin du rer,
Les décorations de la chambre répondent aussi à cette époque, parce que sur les parois il y a des peintures décoratives du style que nous appelons pompéien et qu’on voit dans les parties les plus anciennes des catacombes romaines. Enfin, si l’on compare cette chambre d'Ampliat avec les galeries et les autres chambres voisines, qui sont du ΠΙ" siècle, puisqu'on y a trouvé une inscription consulaire avec la date de l'an 289, on doit conclure que le monument en question est beaucoup plus ancien, et que cette chambre a été un des noyaux primitifs du cimetière de Domitille, c'est-à-dire un tombeau de l'époque des Flaviens, quand florissait encore la génération qui avait conversé avec les Apôtres.
Maintenant il faut remarquer qu'Ampliatus est un nom d’esclave, qui devint plus tard le cognomen des affranchis et de leurs descendants (De Vit, Onomasticon, au mot Ampliatus). Or, si un esclave a pu avoir pour lui-même et pour sa famille un tombeau si considérable dans le plus noble des cimetières chrétiens de Rome, il faut admettre qu'il ἃ été un personnage de grande importance dans l'Église primitive. C’est pour toutes ces raisons que M. de Rossi, en rendant compte de cette belle découverte dans son Bullettino d'archeologia cristiana, 1881, p.57 etsuiv., dit qu'on peut soutenir avec vraisemblance que l'Ampliatus du cimetière de Domitille est le même personnage que celui qui est salué par saint Paul, et qui était très cher à l'Apôtre. Ces liens d'affection avec le Docteur des gentils durent faire de l’'humble esclave romain un des chrétiens les plus distingués et les plus honorés, et c'est ce qui nous explique la richesse de son tombeau.
Dans la même chambre on a trouvé aussi une autre inscription où on parle d'un autre Ampliatus du 115 siècle, qui était probablement le fils de l'ami de saint Paul, et qui est ainsi conçue :
AVRELIAE : BONIFATIAE CONIVGI :INCOMPARABILI VERAE : CASTITATIS : FEMINAE QVAE : VIXIT : ANN : XXV M:11 - DIEB - HIT + HOR : IL AVREL : AMPLIAT VS : CVM GORDIANO : FILIO -
Ces détails ont assurément quelque importance pour expliquer le salut solennel de la fin de l'Épitre aux Romains, sur lequel la critique rationaliste a cherché à soulever des doutes et des difficultés. Voir Renan, Saint Paul, p. 67 et suiv. H. MarucCuI.
AMRAM, hébreu : ‘Amräm, « le peuple est élevé; » Septante : ᾿Αμόράμ..
4. AMRAM, lévite, fils de Caath et père d'Aaron, de Marie et de Moïse, Il mourut en Egypte, âgé de cent trente-sept ans. Exod., vi, 18-20; Num., 111, 19; xx VI, 58, 59; 1 Par., vi, 2, 8, 18; χχπι, 12, 18; xx1v, 20. De là le nom patronymique d'Amramite. Num., 11, 27; 1 Par., XXVI, 29.
2. AMRAM, descendant de Bani, qui au temps d'Esdras se sépara de la femme étrangère qu'il avait prise contre la loi, et en expiation offrit un sacrifice au Seigneur. I Esdr., x, 34.
AMRAMITE, descendant d'Amram. Voir AMRAM 1.
AMRAPHEL (hébreu :’Anräfél; Septante :"Apapgdà s
roi de Sennaar, l’un des trois tributaires de Chodorlahomor, roi d’ Élam, qui vinrent avec leur suzerain pour rétablir le joug des Élamites sur la Palestine et les régions avoisinantes. Gen., χιν, 1-7. N'ayant eu d'abord affaire qu'à des adversaires isolés, ils les défirent successivement, les Raphaïm à Astaroth-Carnaïm, les Zuzim à Ham (ou bien « avec ceux-là, » comme traduisent les Septante, le Syriaque et la Vulgate, suivant une leçon hébraïque légèrement différente de la nôtre, bähém pour behäm), les Érmim à Savé-Cariathaim, les Chorréens dans les montagnes de Séir, pour terminer par les Amalécites et les Amorrhéens. Dans l'intervalle, les rois de la Pentapole, — Sodome, Gomorrhe, Adama, Séboim et Ségor-Bala, — se coalisèrent, rassemblèrent leurs troupes contre les quatre envahisseurs, mais furent battus et mis en fuite à la rencontre qui eut lieu dans la vallée de Siddim (ou Sylvestris, suivant la Vulgate). Les Élamites et leurs alliés pillèrent donc Sodome et Gomorrhe, et emmenèrent une partie des habitants en esclavage. Lot, se trouvant au nombre des captifs, attira Abraham, son oncle, sur la trace des envahisseurs, qui furent surpris la nuit à Dan, sans doute l'ancienne Laïs, près des sources du Jourdain, et à leur tour battus, dépouillés et poursuivis jusqu'à Hoba, un peu au nord de Damas.
Cet itinéraire des fuyards n’a rien d'étonnant quand on sait que la route de Palestine en Élam et au Sennaar, au lieu d'aller directement de l’ouest à l’est, doit faire un détour considérable vers le nord, pour éviter le désert, et atteindre l'Euphrate à l'endroit où il devient guéable.
Jusqu'à l'époque des découvertes assyriologiques, les rationalistes ont considéré ces événements comme plus ou moins fabuleux : Knobel, Die Genesis, ad locum; Bohlen, Die Gen. uebers. mit. Anmerk., ad locum ; Hitzig, Geschichte Israels, p. 35, ἀξ, etc.; Nôldeke, Unters. zur Kritik des Alt. Test., p. 156, etc. Grotefend n’y voit même qu'un mythe solaire où Amraphel représente le printemps et Arioch l'été. Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesellschaft, 1854, τ. vi, p. 800, 801. Mais les inscriptions cunéiformes ont démontré le caractère absolument historique de cette extension de la puissance des Élamites sous leurs rois dits Koudourides, plus de deux mille ans avant J.-C. ; de la sorte, les rationalistes reconnaissent qu'il devient dangereux de toucher au moindre détail de ce chapitre de la Genèse, même dans les passages dont les monuments n'ont pas encore fourni la confirmation explicite. Voir CHODORLAHOMOR.
D'après l'hébreu et les Septante, Amraphel paraît être le principal des tributaires de Chodorlahomor, bimé Amrâfel, ἐν τῇ βασιλεία τῇ ᾿Αμαρφάλ ; les Targums d'Onkelos et de Jécéalons suivis de plusieurs anciens, en font un roi de Babylone. Fr. Hommel, Bab.-Assyrische Geschichte, p. 169, a repris cette idée, et croit retrouver le nom d’Amraphel dans celui de Sin-muballit, qu’il estime pouvoir lire Amar-(mu)-ballit, à cause de la polyphonie du premier groupe cunéiforme de ce nom propre. Ce prince régna à Babylone (23372-92307?) ; mais aucune inscription historique ne permet de lui attribuer des conquêtes en Palestine, et de plus la lecture Amar-muballit, au lieu de Sin-muballit, est purement hypothétique.
Epb. Schrader l'identifierait plus volontiers avec Hammura-bi (ou-gaÿ), successeur du précédent (23072-29252?) ; la différence dans la finale des deux noms reposerait sur une faute de transcription, en soi très possible. Mais aucune inscription ne lui attribue non plus de campagne en Palestine ; les textes cunéiformes nous le représentent même comme en guerre avec les Koudourides ; ce fut lui qui Jes expulsa de Mésopotamie, en mettant fin au royaume élamite de Rim-Aku à Larsa (dans la Vulgate : Arioch rex Ponti ; suivant l'hébreu et les Septante : Arioch rex Elasar). Comme son règne dura cinquante-cinq ans, Schrader peut conjecturer qu'il a commencé par être l’allié d'Arioch
et de Chodorlahomor pour l'invasion de la Palestine, sauf
à devenir leur ennemi après leur commun échec; mais