‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 271 sur 474 · ANANIE de Damas devint de très bonne heure dis · texte numérisé non relu

ANANIE de Damas devint de très bonne heure dis

ciple de l'Évangile. Act., 1x, 10, Son nom était fort com-

trouver Paul chez Judas, un Juif qui habitait la rue Droite de Damas, pour lui rendre la vue et lui communiquer le Saint-Esprit, Act., 1x, 11-17. Après un premier mouvement de frayeur, dont il fait naïvement l’aveu, en rappelant qui était Paul et ce qu'il avait fait jusqu’à ce jour, le disciple alla vers celui qui n'était plus à craindre pour l'Église, mais à utiliser. Il le salua du nom de frère, lui révéla ce que Dieu attendait de sa générosité, et, lui ayant imposé les mains, commença par lui rendre miraculeusement la lumière du jour. Après quoi il le baptisa, ayant ainsi la gloire d’attacher à Jésus-Christ un disciple qui allait devenir son plus vaillant champion. Joséphe parle d'un Juif, appelé Ananie, qui faisait du prosélytisme à la cour d’Izate, roi d'Adiabène, 11 ne serait pas impossible que ce prédicateur fût un chrétien, et peut-être l'Ananie qui avait baptisé Paul. Voir Le Camus, L'œuvre des Apôtres, t.1, p. 342. La tradition de l'Église d'Orient fait d’Ananie le premier évêque de Damas et un martyr, mais elle n’est fondée sur rien de certain, E. LE Camus.

8. ANANIE (᾿Ανανίας ou ᾽Ανανία chez Josèphe, Jonathan dans le Talmud), grand prêtre juif, Ananie était de l'illustre famille de Hanan et fils de Nébédée; il

fat connu surtout par ses immenses richesses et par son extrême gloutonnerie. Nommé grand prêtre en 48 par Hérode de Chalcis, il conserva probablement la charge jusqu'en l'an 59, époque à laquelle Agrippa IT conféra le souverain pontificat à Ismaël, fils de Phabi. Cependant Josèéphe rapporte qu'en 55, le grand prêtre Jonathan, fils de Hanan, fut assassiné par l'ordre du procurateur Claudius Félix. Ce Jonathan est-il appelé grand prêtre (ἀρχιερεύς), parce qu'il l'était au moment où il périt, ou bien parce qu'il l'avait été vers l’an 36? La réponse à cette question pourrait nous expliquer les paroles de saint Paul, Act., xx, 5, que nous discuterons plus loin,

En 52, le grand prêtre Ananie fut envoyé enchaîné à Rome, avec son fils Hanan et Jonathan, par le proconsul de Syrie, pour se justifier de la part qu'il avait prise dans un conflit entre les Juifs et les Samaritains. Ces derniers, soutenus par Cumanus, procurateur de Judée, et le tribun Celer, tous deux d'ailleurs compromis dans l'affaire, auraient gagné leur cause, si Agrippa II et Agrippine, femme de l’empereur, n'avaient obtenu de Claude qu'on fit une enquête, laquelle aboutit au triomphe d'Ananieet des Juifs.

En 53, le grand prêtre Ananie assista au conseil rassemblé par le tribun Claudius Lysias pour savoir de quoi était accusé saint Paul, qui venait d’être arrêté au milieu d’une émeute. Dès les premières paroles de l'Apôtre, Ananie ordonna de le frapper au visage. Saint Paul lui reproche vivement cet ordre illégal, et le traite de « muraille blanchie ». Cf. Matth., xxut, 27. Les assistants lui faisant observer qu'il injuriait le grand prôtre, saint Paul répond qu'il ne savait pas qu'Ananie füt grand prêtre. Act., xx1I1, 2-G.

Comment saint Paul a-t-il pu ignorer qu'Ananie était ou avait été grand prêtre ? — Rien n’'indiquait à l'Apôtre la qualité d'Ananie. Il n'est pas dit que celui-ci présidàt le Sanhédrin, fonction qui probablement d’ailleurs n'était pas réservée au grand prêtre ; en outre il ne portait pas un costume qui le distinguät des assistants. Et saint Paul, depuis sa conversion, ne faisait à Jérusalem que de rares et courts séjours; ce n'éfait pas Ananie qui lui avait autrefois délivré ses lettres de créance pour aller rechercher les chrétiens de Damas, Act., 1x, 1-2; les grands prêtres à cette époque se succédaient rapidement : tout autant de raisons qui expliquent la réponse de l’Apôtre. On a fait remarquer aussi qu'Ananie pouvait bien n'être plus en fonction à cette époque. La scène se passa à son retour de Rome, et il est possible que, destitué à cause des accusations portées contre lui, on ne l'ait pas rétabli dans ses fonctions. Josèphe ne mentionne la nomination d’aucun grand prêtre avant 59 ; mais la formule inusitée qu'il emploie (Ant. jud., XX, VIN, 8) pour relater l'entrée en charge d’Ismaël, le grand prêtre nommé en 59, fait supposer l’intercalation d’un pontife entre Ananie et Ismaël. Les Actes des Apôtres appellent Ananie ἀρχιερεύς ; mais, comme on le verra à l’article ANNE, ce terme ne désignait pas exclusivement le grand prêtre en fonction ; d’autres personnages le recevaient. Le texte dit même, Act. XXII, 30, qu'on avait rassemblé en conseil les ἀρχιερεῖς et tout le Sanhédrin. Ananie pouvait donc être ἀρχιερεύς parce qu’il avait été grand prêtre, et être appelé de ce nom, sans que saint Paul, presque toujours absent de Jérusalem pendant le pontificat d’Ananie, sût qu'il avait droit à ce titre.

Au chapitre xxIv, 1, on retrouve le grand prêtre Ananie, descendant à Césarée avec des anciens pour accuser saint Paul auprès du procurateur Félix. Après discussion, l'affaire fut ajournée.

Quoiqu'il ne füt plus grand prêtre, Ananie, grâce à ses richesses et à ses partisans, à la faveur des procurateurs romains qu'il avait su gagner, exerçait dans Jérusalem une autorité despotique. Josèphe fait de ses violences et de ses iniquités un récit qui explique et confirme ce que racontent les Actes des Apôtres, xx, 2; Ant. jud., XX, IX, 2. Ananie fut assassiné par les sicaires, comme ami

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