ANANIE LE GRAND PRÊTRE — ANATHÉMATISER
des Romains, au commencement de la révolte des Juifs, en 66 ou 67. Josèphe, Ant. jud., XX, v, 2; vi, 2; τχ, ὦ; Bell. jud., I, x, 6; xvu, 6, 9. E. JACQUIER.
ANANIEL (Septante : ᾿Ανανιήλ ; de l'hébreu : Hänân et ’ÊL, « Dieu est bon, miséricordieux »), grand-père de Tobie, dans le texte grec du livre de ce nom. Ananiel était fils d'Aduel et père de Tobiel, qui eut pour fils Tobie, Tob., 1, 1 (texte grec). :
ANANUS ('Avzvoc), forme du nom d'Anne, le grand prêtre, dans Josèphe. Ant. jud., XX, 1x, 1; Bell. jud., IV, 1, 7. Voir ANNE 5.
4. ANASTASE LE SINAÎTE (viresiècle), — que l’on ἃ l'habitude de confondre à tort, soit avec cet Anastase qui fut évêque d'Antioche de 559 à 598, soit avec cet autre Anastase qui fut aussi évêque d'Antioche et successeur du précédent (599-610), — le premier, auteur de cinq discours, De rectis dogmatibus verilatis, Pat. Gr., t. LXXXIX, col. 1309-1361, et de quatre Orationes festales, ibid., col. 1362-1398, — le second, auteur d’une traduction grecque du De cura pastorali du pape saint Grégoire, qui ne nous est pas parvenue. — Voir, sur ces deux Anastase, Lequien, Oriens christianus, t. 11, p. 734-738. Anastase le Sinaïte est un auteur du milieu du vu siècle, conteraporain de Jean, patriarche jacobite d'Alexandrie. Lequien, ibid., p. 417. Moine dans un couvent du Sinaï, il paraît surtout s'être fait connaître comme controversiste, et par la publication de son Hodegos, important traité de théologie polémique contre les monophysites alexandrins, Pat. Gr.,t. LXxXxIX,,85-310, On ἃ aussi de lui un ouvrage intitulé Interrogationes et responsiones de diversis capitibus, répertoire de réponses, tirées des Pères, à une série de difficultés dogmatiques, scripturaires ou morales, Pat. Gr.,t. LxxxIX, col. 311-8%. C'est à cet Anastase le Sinaïle que l’on attribue, de préférence au second Anastase d’Antioche (+ G10), le traité sur l'œuvre des six jours, intitulé Anagogicarum contemplationum in Hexæmerum libri χα ad Theophilum, t. LxxxIX, col. 851-1077 ; peu intéressant pour la doctrine, mais beaucoup pour les citations d'auteurs anciens qu'il renferme : Ambroise d'Alexandrie, Ammonius, Eustathe d’Antioche, saint Justin, Théodore d’Antioche, Théophile d'Antioche, Clément d'Alexandrie, saint Irénée, Pantène d'Alexandrie, Papias d'Hiérapolis, Philon, Origène, etc. Il est le seul écrivain connu qui ait cité un apocryphe hébreu intitulé Testamentum proloplastorum, ibid., col. 967. Notons enfin qu'il rapporte, col. 984, que l’évangile selon saint Matthieu a été écrit en hébreu et traduit, ou plutôt remanié en grec, par saint Luc et saint Paul. Voir sur Anastase le Sinaïte : Fabricius, Bibliotheca græca, édit. Harless, t. x, p. 571-595, Kampfmüller, De Anastasio Sinaita dissertatio, Ratisbonne , 1865. P. BATIFFOL.
2. ANASTASE Martin, savant bénédictin de la congrégation du Mont-Cassin. Il prit l'habit de son ordre à Palerme, d'où il était originaire, le 22 juillet 1595, et mourut dans cette ville, en 1644. On a de lui: De monogamia beatæ Annæ parentis Deiparæ seu veritas vindicata, in-4°, Inspruck, 1659 ; une Concordia quatuor Evangelistarum, restée manuscrite, et divers autres ouvrages théologiques et historiques qui n’ont pas été imprimés.
ANASTATIQUE, Anastica hierochuntina, nom scientifique de la plante appelée vulgairement rose de Jéricho. Voir ROSE DE JÉRICHO.
ANATH (hébreu : “ἅπαξ, « exaucement; » Septante : Δινάχ, ᾿Ανάθ), père de Samgar, juge d'Israël. Jud., m1, 31; v, 6. :
ANATHÉMATISER. Voir ANATHÈME, col. 548-549.
DEF RTE
ANATHÈME, mot grec employé par les Septante et les écrivains du Nouveau Testament et qui a été conservé par la Vulgate latine, d'où il est passé dans notre langue. Le mot ἀνάθεμα, ἀ᾽ ἀνά et de τίθημι, équivaut à τὸ ἀνατεθειμένον, « ce qui est placé en haut, suspendu, » et signifie spécialement, dans les écrivains classiques, «un objet consacré à la divinité, et suspendu aux murs ou aux colonnes d'un temple, ou bien placé dans un endroit remarquable, » une sorte d’ex-voto. Il est employé dans ce sens, II Mach., 1x, 16, — où Antiochus Épiphane mourant promet d'orner χαλλίστοις ἀναθήμασι (Vulgate : optimis donis) le temple de Jérusalem, qu'il avait auparavant dépouillé,— ainsi que dans saint Luc, xx1, 5, parlant des objets offerts en don, qui ornent ce même temple. Voir aussi Judith, xvr, 19. Dans ces trois passages, ἀνάθημα est écrit avec un ἡ, au lieu d'un €, et c’est l'orthographe ordinaire chez les auteurs classiques ; mais, dans la Bible grecque, on trouve partout ailleurs ἀνάθεμα, forme qui paraît propre au dialecte hellénistique, et n'implique d’ailleurs aucune différence de signification. Les manuscrits, au surplus, confondent assez fréquemment les deux orthographes.
Le mot «anathème » n’est employé dans son acception grecque d'objet offert à la divinité que dans Judith, xvt, 19 (Vulgate, 28); II Mach., 1x, 16, et Luc, xx1, 5; dans toutes les autres parties de l'Ancien et du Nouveau Testament, il ἃ une signification particulière qui n’a qu’une analogie éloignée avec sa signification primitive d'objet sacré ou consacré à Dieu ; il traduit l'hébreu hérém, pour lequel la langue grecque n’a aucune expression exactement correspondante. Les Septante durent éprouver un grand embarras, quand ils eurent à rendre dans leur version cette expression hébraïque, qui exprime une idée importante dans la religion juive, mais exclusivement sémitique. Ce qui leur parut sans doute s'en rapprocher le plus, ce fut ἀνάθεμα. Parce que, chez les païens, ce mot désignait un don offert dans les temples aux faux dieux, ils considérèrent sans doute ἀνάθεμα comme une chose idolâtrique, odieuse au vrai Dieu, et par conséquent digne de destruction et d’extermination ; tel fut vraisemblablement le motif de leur choix. Quoi qu'il en soit, du reste, l'expression « anathème » est vague dans nos langues. Il importe cependant d’en avoir une idée exacte pour l’intelligence d’un grand nombre de passages des Écritures; il faut donc en préciser le sens dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament.
I. DANS L'ANCIEN TESTAMENT. — 1° Notion du « hérém ». — Pour comprendre le mot « anathème », nous devons rechercher d’abord quelle est la véritable signification de hérém, dont il est l'équivalent. Hérém vient du verbe häram, « retrancher, séparer, maudire ; » il désigne ce qui est maudit et condamné à être retranché ou exterminé, soit une personne, soit une chose; par conséquent, ce dont la possession ou l'usage est interdit à l’homme. Il y a opposition entre ce qui est saint (qôdeë) et ce qui est hérém. Deut., vu, 2, 6 (texte hébreu). Ce qui est saint peut être offert à Dieu, sanctifié, consacré (hiqdis, II Sam. (Reg.), vi, 11); mais ce qui est hérém doit être exterminé, et personne ne peut se l'approprier, sous peine d’encourir lui-même la malédiction qui y est attachée. « Tu ne feras pas entrer d'idole ({6‘éb&h) dans ta maison, dit Dieu à son peuple, pour que tu ne sois pas anathème (érém) comme elle; tu la détesteras et tu l’auras en abomination, parce qu'elle est anathème (4érém). » Deut., vi, 26. Si les habitants d'une ville d'Israël se livrent à l'idolätrie, ils deviennent hérém, comme la ville ellemême, comme tout ce qu'elle renferme ; les autres Israélites doivent attaquer cette ville, la détruire avec ceux qui l’habitent, sans en épargner les troupeaux, ni même les meubles qui seront brûlés et anéantis, afin que le hérém ne s'attache pas à Israël. Deut., x11r, 12-17. Ces prescriptions sévères ont pour but d'inspirer aux enfants de Jacob la plus grande horreur pour les idoles, qui sont ce qu'il y a de plus opposé à Dieu, et, si l'on peut ainsi