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ANE — ANÉMONE

situé à l'ouest de la plaine d'Esdrelon, non loin de Djenin (Engannim). Cf, Conder, Handbook to the Bible, Londres, 1887, p. 402; Old and New Testament Map of Palestine, Londres, 1890, feuille 10. Voir ENGANNIM.

A. LEGENDRE

ANÉMONE, genre de la famille des Renonculacées, type de la tribu des Anémonées, dont on compte un très grand nombre d'espèces et de variétés. Pline dit, H. N., ΧΧΙ, 23 (94), que son nom vient du grec ἄνεμος, « vent, » parce que cette fleur ne s'ouvre qu’au souffle du vent. La mythologie la fait naître du mélange du sang d’Adonis et des larmes de Vénus, flos de sanguine concolor ortus, dit Ovide, Metam., x, 735. Elle fait par là allusion à la couleur de l’anémone rouge commune en Syrie. Cette plante est une herbe vivace, à tige souterraine souvent charnue et ramifiée, Ses feuilles sont alternes, découpées, d'un vert foncé, du milieu desquelles s'élève une hampe portant une fleur solitaire. Les anémones croissent dans l’hémisphère boréal et dans l'hémisphère austral. L’anémone rouge abonde en Syrie. Quand on arrive en février ou en mars en Palestine, dès qu’on quitte Jaffa pour se rendre à Jérusalem, et qu’on entre dans la plaine de Saron, on est aussitôt frappé par la vue de cette petite fleur, dont la couleur vive attire invinciblement le regard au milieu de la verdure qui l'entoure. On la trouve ensuite sur toute sa route, à Jérusalem, au mont des Oliviers, en Samarie, en Galilée. Nulle autre fleur n’est aussi commune en Palestine, et c’est presque invariablement la variété rouge qu'on rencontre ; parce que les jaunes, les bleues et les pourpres fleurissent de très bonne heure ou sont plus rares.

L’éclat de sa couleur (fig. 147) a porté plusieurs naturalistes à supposer que cette fleur est celle dont Notre-Seigneur dit, dans son sermon sur la montagne : « Jetez les yeux sur les lis des champs (τὰ χρίνα τοῦ ἀγροῦ) : ils ne travaillent point, ils ne tissent point, et cependant Salomon dans toute sa gloire n’était pas vêtu comme l'un d'eux. » Matth., vi, 28-99; cf. Luc, χα, 27. « L’anemone coronaria, dit M. Tristram, est la plus magnifiquement colorée, la plus remarquable au printemps, la plus universellement répandue de toutes les fleurs que renferme la riche flore de la Terre Sainte. Si une plante peut prétendre à la prééminence parmi cette opulence merveilleuse qui couvre la terre d'Israël d’un tapis de fleurs au printemps, c’est l’'anémone, et c'est donc à elle que nous nous arrêtons comme étant le plus probablement le lis des champs du discours de Notre-Seigneur, » H. B. Tristram, The Fauna and Flora of Palestine, 1884, p. 208.

Cette identification n’est pas sans souffrir quelques difficultés, et elle est loin d'être admise par tout le monde. Ce qui est du moins certain, c’est qu’elle a des raisons à faire valoir en sa faveur et que, sur le mont des Béatitudes, à l'endroit même où la tradition place la scène du Sermon sur la montagne, le divin Maître pouvait montrer à ses auditeurs de nombreuses anémones qui y étalaient alors, comme aujourd'hui, leur riche et brillante couleur. Ce qui est également certain, c'est que « le lis des champs » n'est pas le lis blanc ordinaire ; car on ne le rencontre nulle part dans les champs de la Palestine, Une autre raison à faire valoir en faveur de l’anémone, c'est que les traits par lesquels le Cantique des cantiques caractérise le $68annäh ou lilium convallium lui conviennent en général fort bien, tandis qu'ils ne sauraient s'appliquer à ce que nous appelons le lis. L’anémone se voit partout dans les « vallées » de la Palestine, Cant. 1, 1, et elle étale ses pétales rouges « au milieu des épines », 11, 2, ainsi que dans les prairies où les bergers font paître leurs troupeaux, 11, 16; vi, 2; dans les champs où broutent les gazelles, 1v, 5; là où la rosée féconde la terre. Osee, x1v, 6; cf. Eccli., L, 8. Elle croît aussi dans les jardins, où celui qui aime les belles fleurs la cueille volontiers. Cant., vr, 1. Sa forme gracieuse nous explique pourquoi l'épouse du Cantique dit d'elle-même :

« Je suis le #6fannäh des vallées, » Cant., 11, 1, et sa couleur rouge fournit à l'épouse la comparaison de Cant., v, 13: « Ses lèvres sont des $ôfannim qui distillent la myrrhe, »

On objecte contre l'identification de l’anémone avec le #6$annäh que les Septante ont rendu le mot hébreu par xpivoy, et la Vulgate par lilium, « lis; » ce qui, assuret-on, ne permet pas de douter que le terme sémitique ne désigne une plante liliacée, quoique tout le monde reconnaisse qu'il ne saurait être question du lis ordinaire. Mais la raison tirée des anciennes versions peut n'être pas aussi concluante qu'elle le semble de prime abord. On peut admettre, en effet, sans difficulté, que le terme $6$annäh s’appliquait en général, chez les Hébreux, aux diverses espèces de lis, et que les traducteurs grecs devaient par conséquent le traduire naturellement par lis ; toutefois il ne suit point de là que l’anémone ne fut pas comprise dans le mot $‘Sannäh. Les Hébreux n'avaient point fait, tant s’en faut, dans la flore de la Palestine toutes les distinctions qu'a établies la science occidentale ; ils rangeaient sous un même nom des plantes très différentes. Aujourd'hui encore, et c’est une remarque importante dans la question présente, les Arabes comprennent l’anémone dans les fleurs qu'ils appellent susan. En Égypte, le séÿen désignait le lotus. Les anciens Hébreux ont donc bien pu comprendre l’anémone parmi les plantes qu'ils appelaient $6$annim et avoir voulu souvent désigner par ce mot, dans leurs descriptions poétiques, cette belle fleur, si commune en Terre Sainte. Les Septante ayant traduit le $6$annäh de l'Ancien Testament par χρίνον, il est naturel que l'Évangile ait employé le même mot, quoique χρίνον füt le nom du lis véritable chez les Hellènes. On peut observer enfin que si le $‘ÿannäh ne s'applique pas à l'anémone, il en résulte que cette fleur, l’une des plus belles et les plus communes en Palestine, n’est jamais nommée dans l’Écriture, ce qui est difficile à admettre et paraît peu vraisemblable. S'il existe quelques difficultés contre l'identification du «lis des champs » avec l’anémone, il faut donc convenir du moins que l’on peut apporter aussi, en sa faveur, des raisons qui ne sont pas sans force. Voir Lis. F. VIGOUROUX.

ANER, hébreu : ‘Ânér; Septante : Auvév.

4. ANER, un des trois chefs amorrhéens d'Hébron qui avaient fait alliance avec Abraham, et l’aidérent à poursuivre Chodorlahomor et ses alliés, et à reprendre le butin qu'ils emportaient. Gen., χιν, 13, 24.

2. ANER (hébreu : ‘Ânér ; Septante : τὴν ᾿Ανάρ), ville de la tribu de Manassé occidental, attribuée, avec ses faubourgs, aux fils de Caath. I Par., vi, 70 (hébreu, 55). Dans la liste parallèle de Jos., xxt1, 35, on lit, à sa place, Thanach. On peut donc admettre ici une corruption de mot ou une faute de copiste, 27, ‘Aner, pour 2yn, Ta‘änäk, par l’omission du #kav initial et la confusion entre le resch et le caph final. Cependant Conder et les auteurs de la carte anglaise proposent de l'identifier avec ‘Ellär, localité située « sur les collines sud-ouest de la plaine d'Esdrelon », à quelque distance au nord-ouest de Sebastiyéh (Samarie). Cf. G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old ‘and New Testament, Londres, 1889, p. 11; Old and New Testament Map of Palestine, Londres, 1890, feuille 10. Voir THANACH.

A. LEGENDRE

ANESSE, Voir ANE et ANON.

ANETH. Voir Anis.

ANGARIER (᾿Αγγαρεύω; Vulgate : angariare), terme vieilli qu'on n’emploie plus en français. Il est d'origine perse, et signifie « contraindre, forcer », parce que les courriers publics des rois de Perse, appelés ἄγγαροι, obligeaient ceux dont ils avaient besoin à un service forcé.

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