ANIMAUX MENTIONNÉS DANS LA BIBLE — ANIMAUX FABULEUX
avec illustrations, in-12, Londres, 1833-1834; W. Carpenter, Scripture natural History, in-8, Londres, 1828; une traduction latine de cet ouvrage est insérée dans Migne, Scripturæ Sacræ cursus completus, t. 11, col. 41-790. H. Tristram, Natural History of the Bible, in-12, 8e édit., Londres, 1889 ; Arnaud, La Palestine ancienne et moderne, in-8, Paris, 1868, p. 313 et suiv.; Pierotti, La Palestine actuelle dans ses rapports avec la Palestine ancienne, Paris, 1865, p. 1-82; J.-B. Glaire, Introduction aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, 2 édit., in-$, Paris, 4843, τ. 11, p. 76-131; P. Cultrera, Fauna Biblica, ovvero Spiegazione degli animali menzionati nella Sacra Scrittura, in-8, Palerme, 1880; Wood, Animals of the Bible, 2e édit., in-8°, Londres, 1883; Hart, The animals inentioned in the Bible, in-16, Londres, 1888, dans la collection des By Paths of Bible Knowledge, t. χα; A. E. Knight, Bible plants and animals, in-12, Londres, 1889; Trochon, Introduction générale à la Bible, Paris, 1887, τ u, p- 87-132; Fillion, Atlas d'histoire naturelle de la Bible, in-40, Paris, 1884. S. Many.
2. ANIMAUX FABULEUX. Cette expression désigne des animaux qui n’ont jamais existé, et qui ne sont que le fruit de l'imagination populaire ; celle-ci les ἃ admis par ignorance ou les a créés pour symboliser des vices, des passions, ou bien certaines forces ou puissances. On trouve des animaux fabuleux dans la littérature ou sur les monuments de tous les peuples anciens. On en trouve aussi dans la Bible, mais seulement dans la traduction des Septante et dans la Vulgate, et non dans le texte original. En voici la liste par ordre alphabétique. Quant à la question de savoir quels sont les véritables animaux dont les interprètes ont fait des êtres imaginaires, voir l’article consacré à chacun de ces animaux fabuleux.
1° Dragon; ce mot (hébreu : fannin et tannim ; Septante : δράχων; Vulgate : draco) désigne dans la Bible un animal réel du genre des serpents ou de l'ordre des cétacés; mais, tel qu'il est souvent représenté sur les monuments de l'antiquité avec des ailes, des pieds, des griffes, etc., le dragon est un animal fabuleux. C'est dans ce sens qu'il est pris dans l'Apocalypse, mais seulement comme emblème du démon, δράχων (Vulgate : draco). Apoc., xl, 3-17; χπι, 2, 4, 11; xvi, 19; xx, 2.
2 Faune; le mot faunus se trouve une fois dans Ja Vulgate, Jer., L, 39 (hébreu : ’iyyim, « les hurleurs, les chacals »). Les Septante ont traduit, Jer., L (xxvu), 39, faussement ‘iyyim par ἐν νήσοις et siyim (bètes sauvages) par ἰνδάλματα, « fantômes. »
3° Fourmi-lion, μυρμηκολέων, se trouve une fois dans les Septante, Job, 1v, 11, qui ont traduit ainsi le mot hébreu layis. D'après beaucoup d'auteurs, le myrmécoléon est un animal fabuleux ; d’après Bochart, ce serait un animal réel, une espèce de lion. Hierozoicon, Leyde, 4692, t. 11, p. 813-816. La Vulgate a traduit avec raison l'original hébreu par « lion ».
& Griffon; le griflon, tel qu'il est souvent représenté sur les monuments anciens, c'est-à-dire sous la forme d'un quadrupède avec des griffes et des ailes, est un animal fabuleux. Les Septante et la Vulgate ayant traduit par γρύψ, gryps, c'est-à-dire « griflon », le mot hébreu gérés, Lev., x1, 13, et Deut., x1v, 12, plusieurs auteurs ont prétendu que Moïse avait défendu aux Hébreux de manger de la chair d’un animal qui n'existait pas; mais le mot pérés désigne certainement un oiseau réel. Voir GRIFFON.
5° Lamie. Ce mot se trouve deux fois dans la Vulgate. Is., xxx1v, 14; Thren., 1v, 3. Dans Isaïe, l'hébreu porte lilit (Septante : ὀνοχενταύρος), voir LiLlir; dans les Lamentations, l'hébreu porte {annin (Septante : δράχοντες).
G° Licorne, animal très probablement fabuleux, auquel on ne donne qu'une corne au milieu du front, d'où son nom μονόχερως, unicornis. Le mot μονόχερως se trouve sept fois dans les Septante : Num., χχπὶ, 22; Deut. xxx, 17; Job, xxxix, 9; Ps. Χχι, 22 ; XXVIN, 6; LXXVH, 69;
ΧΟΙ, 11 ; et cinq fois dans la Vulgate, aux quatre psaumes indiqués, et, de plus, dans Isaïe, xxx1V, 7. Le mot hébreu correspondant est re’êm, qui ne désigne certainement pas la licorne, mais, d’après l'opinion commune aujourd'hui, l’aurochs, espèce de taureau sauvage.
7 Onocentaure, être fabuleux moitié homme, moitié âne. Le mot ὀνοχενταύρος se trouve quatre fois dans les Septante : Is., χχχιν, 11 (hébreu : ’abné-bôhù, «les pierres de la solitude »); χα, 22; xxxIV, 14 (hébreu : ‘iyyim, « les chacals ») ; xxx1V, 14 (hébreu : lili{), et une fois seulement dans la Vulgate, Is., Xxx1V, 14 (hébreu : iyyim).
8 Phénix ; cet animal fabuleux serait désigné, d'après quelques auteurs, par le mot grec φοῖνιξ, par lequel les Septante ont traduit le mot hébreu μοί, Job, xx1x, 18. La Vuigate traduit palma, « palmier. »
9% Satyre ; d'après saint Jérôme, In Isaiam, xt, 21, t. xxIV, col. 159; Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, p. 1335, et beaucoup d’autres auteurs, les « satyres » sont désignés, [5.. χη], 21 ; χχχιν, 14, par le mot hébreu $@'‘ir, pluriel $e‘ürim, que les Septante ont traduit par δαιμόνια, et la Vulgate par pilosi, « velus, » traduction littérale de l'hébreu $a‘r, qui appelle ainsi un animal très velu, ordinairement le bouc.
10° Sirène. Le mot σειρήν, « sirène, » être fabuleux, moitié femme, moitié poisson, se trouve six fois dans les Septante : Job, xxx, 29; Is., xur, 21 ; XX XIV, 13; XLHT, 20; Jer., xxvIr (hébreu : L), 39; Mich., 1, 8; dans la Vulgate, le mot sien ne se trouve qu'une fois. Is., x11:, 22. Les mots hébreux correspondants sont benôt ya‘änäh, traduits ordinairement par « autruches », et fannin, traduit souvent par « dragon, serpent ». Cf, 5. Jérôme, 7n Isaiam, ΠῚ. 22, t. xx1v, col. 214-216.
110 Tragélaphe. Le mot τραγέλαφος se trouve dans les Septante, Job, xxxix, 1, et dans la Vulgate, tragelaphus. Deut., x1v, 5. Les mots hébreux correspondants sont : Job, ΧΧΧΙΧ, 1, ’ayyäläh, « biche ; » Deut., x1v, 5, ’aggô, espèce de chevreuil. A la suite d'Origène, De princ., ιν, 17, t. XI, col. 379, beaucoup d'auteurs ont prétendu que le tragélaphe, tenant à la fois du bouc et du cerf, était un animal fabuleux. Personne ne conteste sérieusement aujourd'hui que les mots hébreux ’ayyäl et ’aqgqô, et le mot grec τραγέλαφος ne désignent des animaux réels.
Sur ces animaux fabuleux voir Bochart, Hierozoicon, 2 in-f, Leyde, 1692, t. 11, p. 809-844. Quant aux animaux symboliques des visions d'Ézéchiel et de Daniel, voir F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, Paris, 1889, t. 1v, p. 354-409 ; 545-560. 5. MANYy.
3. ANIMAUX IMPURS. La distinction entre les animaux purs et impurs est un des caractères spéciaux de la loi mosaique, et un de ceux qui contribuent le plus à lui donner sa physionomie originale, au moins par rapport à nous. Les textes fondamentaux, en cette matière, sont Lev., x1, et Deut., xiv, 1-21. De plus, dans d’autres passages, Dieu rappelle ces lois et insiste sur leur observance. Lev., xx, 24-96, etc.
L Nature de la loi sur les animaux impurs. — La distinction des animaux purs et impurs regardait premiérement et avant tout l'alimentation : les animaux purs étaient ceux dont les Israélites pouvaient manger la chair ; les impurs, ceux dont ils devaient s'abstenir, L'inscription, pour un animal, sur le liste des animaux impurs n'entraînait pour lui, par elle-même, aucun discrédit, aucune dépréciation, à plus forte raison, aucun mépris. L'aigle, le lion, le cheval, etc., sont classés dans la catégorie des animaux impurs, et cependant l'Écriture, en beaucoup d’endroits, loue leurs qualités et leurs ,services, et les donne même comme des symboles des vertus morales. En dehors de l'alimentation, les Hébreux pouvaient utiliser les animaux impurs pour différents services ; il suflit de citer l'âne et le chameau, les deux bêtes de somme les plus communes thez les Hébreux ; mais, dés qu'il s'agissait de l'alimentation, les épithètes