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ANSELME (SAINT) — ANTÉCHRIST

cevoir comme par intuition étaient contenues dans les | orientales vivantes, une chaire provisoire de grec moderne livres inspirés et comment on pouvait les y découvrir; | qui fut transférée plus tard au Collège de France sous le

mais il fallait toute la force de son talent pour les saisir comme lui d'un coup d'œil. Les principes fondamentaux qui le guident sont déjà dans les écrits de saint Athanase, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Jean Chrysostome, de saint Cyrille d Alexandrie et des autres Pères de l'Église ; mais dans ses ouvrages, et en particulier dans le Cur Deus homo, il ἃ réuni en un lout systématique un corps de doctrine qu'on n'avait pas encore ainsi coordonné avant lui, et par l'étendue, la profondeur et la vigueur de son esprit, il a fondé cette science scolastique qui a rendu tant de services à l'Église.

La meilleure édition des œuvres de saint Anselme est celle de Venise : Opera omnia necnon Eadmeri monachi Cantuariensis historia, 2 in-f°, Venise, 174%. Elles ont été réimprimées dans la Patrologie latine de Migne, t. ΟΠ - Οὐχ. Voir Müôhler, Anselnv's Leben und Schriften, dans la Theologische Quartalschrift de Tubingue, années 1827 et 1898 ; G. B. Veder, De Anselmo Cantuariensi disputatio, 1832; ἃ. F. Franck, Anselm von Canterbury, in-80, Tubingue, 1842; F. R. Hasse, 1. Das Leben Anselm's; 11. Die Lehre Ansebn's, 2 in-8°, Leipzig, 1843-1852; C. de Rémusat, Anselme de Cantorbéry, in-8, Paris, 1852 ; Ragey, Histoire de saint Anselme, 2 in-8, Paris, 1890,

2. ANSELME DE LAON, Anselmus Laudinensis, ainsi nommé du lieu de sa naissance, mort le 15 juillet 1117. II fut élève de saint Anselme de Cantorbéry à l'abbaye du Bec, et se rendit célèbre par son enseignement. Il professa d'abord à Paris, à partir de 1076, et contribua beaucoup à la réputation de l'université de cette ville. A la fin du x1 siècle, il retourna à Laon, où il fut archidiacre et scolastique, et en cette dernière qualité placé à la tête de l’école théologique, où sa célébrité attira un grand nombre d'auditeurs, parmi lesquels on compta Abélard, qui, du reste, ne goûta pas son enseignement. Voir Abélard, Histor. calamit. suar., 3, t. CLxxvImT, col. 13. Anselme refusa plusieurs fois l'épiscopat, pour ne pas abandonner ses fonctions de professeur. Le pape Eugène ΠῚ l’a qualifié de restaurateur des études théologiques en France, et on l'a surnommé le Doctor scholasticus. — Anselme de Laon a commenté toute la Bible dans sa Glossa interlinearis, ainsi appelée parce qu'elle annote la Vulgate « entre les lignes » du texte sacré. Les annotations sont pour la plupart des extraits des Pères de l'Église. La Glossa interlinearis a été inprimée in-f°, à Bäle, 1502; avec les notes de Nicolas de Lyre, Bäle, 1498, 1501, 1509; Paris,

1520; Lyon, 1529; Venise, 1588 ; Lyon τ Paris, 1590, 6 in-f°; Douai, 1617 : Anvers, 163% (c'est la meilleure

édition); dans la Biblia magna de J. de la Haye, Paris, 1660. Elle ἃ été pendant longtenips, avec la Glossa ordinaria de Walafrid Strabon, le commentaire le plus lu des Saintes Écritures. — Anselme de Laon est aussi l’auteur des commentaires sur le Cantique des cantiques et sur l’Apocalypse imprimés sous le nom de saint Anselme de Cantorbéry. Patr. lat., t. cLxu. Les autres commentaires qu'on lui attribue ne sont pas de lui. Voir BABION; HERVÉ DE BourG-Dieu. Cf. Hist. lillér. de la France, t. x, p. 182; Ceillier, Hist. des auteurs ecclésiastiques, édit. Bauzon, t. x1v, p. 183.

ANSSE (D') DE VILLOISON ou DANSSE Jean Baptiste Gaspard, helléniste français, né à Corbeil, le 5 mars 1750, mort à Paris, le 26 avril 1805. “Élevé à Paris dans les collèges de Lisieux, du Plessis, des Grassins et d'Harcourt, il manifesta dès sa jeunesse un amour passionné pour la littérature et surtout pour la langue grecque, et ne tarda pas à se distinguer comme helléniste. Il fit avant la Révolution divers voyages scienti-

fiques et diverses publications. Après la Terreur, il ouvrit | un cours libre de grec à Paris, et quelque temps aprés |

le gouvernement créa pour lui, à l'École des langues

titre de Chaire de langue grecque ancienne et moderne. D'Ansse de Villoison avait obtenu, en 1781, une mission aux frais du roi, à Venise, pour étudier les manuscrits grecs de la bibliothèque de Saint-Marc de cette ville, ἢ y découvrit, entre autres choses, une version grecque de la Bible, différente des Septante, et datant du x1ve ou xve siècle. Elle est maintenant connue sous le nom de Versio Veneta où Græcus Venetus. Il en publia plusieurs livres à Strasbourg, en 1784, avec une préface savante. Il envoya la copie du Pentateuque à un helléniste allemand, Chr. Frd. von Ammon, qui la publia en 3 volumes in-89, 1790. Cf. AmMON 5, col. 493, et GRÆCUS VENETUS. Voir E. Quatremère, dans Hæfer, Nouvelle biographie générale, t. xt, col. 1-18.

ANTÉCHRIST (Αντέχροιστος). Ce mot a probablement été formé par saint Jean, le seul écrivain du Nouveau Testament qui en fasse usage. Il dit dans ses Épitres : « Comme vous avez entendu dire que l'Antéchrist viendra, il y a maintenant beaucoup d’Antéchrists. » [ Joa., 1, 148. « Celui-là est un Antéchrist qui nie le Père et le: Fils. » Zhid., 2. « Tout esprit qui détruit Jésus n'est pas de Dieu ; et celui-là est Antéchrist dont vous avez entendu dire qu'il doit venir, et déjà il est dans le monde. » Tbid., 1V, 3. « Beaucoup d’imposteurs ont paru dans le monde, qui ne confessent pas que Jésus-Christ est venu dans la chair; ce sont des imposteurs et des Antéchrists. » IL Joa., 7. Deux autres écrivains inspirés parlent bien d'un personnage qui fera la guerre à l'Église du Christ ; mais saint Jean seul, dans les passages que nous venons de rapporter, donne à ce personnage le nom qui lui a été conservé : « adversaire du Christ, » Antéchrist. Dans ces textes, saint Jean laisse entendre qu'à la fin du monde quelqu'un s’élèvera qui sera l'adversaire acharné de Notre- Seigneur ; néanmoins il ne s'occupe que des hommes pervers qui, animés de l'esprit de l’Antéchrist, peuvent être considérés comme ses précurseurs et méritent d'en porter le nom. On est vraiment l'adversaire du Christ dès lors qu'on rejette l'Incarnation, voilà ce que dit l'Apôtre. Mais que sera cet impie mystérieux dont les hérétiques ne sont que les päles images”? Saint Jean ne nous donne sur ce point aucun renseignement dans ses Épitres.

Dans son Apocalypse, au chapitre XI, il décrit unebête mystérieuse qui vomit des blasphèmes contre Dieu. Quelques interprètes ont cru y reconnaitre l'Antéchrist, mais leur opinion n'est pas généralement acceptée. Les. Pères et les commentateurs reconnaissent, au contraire, V'Antéchrist sous les traits de Satan séduisant les nations et les lançant contre la cité sainte, comme il nous est représenté, Apoc., xx, 7 et suiv. Toutefois, dans ce tableau, la pensée du prophète est enveloppée sous les voiles d’une allégorie qui nous empêche d'en saisir les détails. Nous pouvons conclure, de ce que dit saint Jean, que Satan sera l'auteur principal de la révoite. Est-ce à dire qu'il sera lui-même l'Antéchrist? Non; saint Paul va nous apprendre que ce personnage sera un homme, et que par conséquent Satan sera le conseiller et l’inspirateur invisible de l'Antéchrist; il ne sera pas l'Antéchrist lui-même.

Saint Paul nous fournit des renseignements plus précis. sur la personne et le caractère de l'Antéchrist. Nous lisons. PAR la deuxième Épiître aux Thessaloniciens, 11, 3-7 :

« [Le jour du Seigneur ne viendra que | lorsque sera venue d'abord l’apostasie et se sera montré l'homme de péché, le fils de la perdition, qui combat et s'élève contre tout ce qui est appelé Dieu... Vous savez ce qui le retient maintenant pour qu'il se montre en son temps. Car déjà s'opère le mystère d'iniquité : il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraitra l'impie que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche et qu'il anéantira par l'éclat de son avènement, » Cet impie est l'Antéchrist; le jour du Seigneur est le dernier

jugement qui aura lieu à la fin du monde, Quelques rares

catholiques, parmi lesquels Bergier, ont cru pouvoir le nier ou du moins le contester. ἃ leur avis, saint Paul

entendait parler de la chute de Jérusalem ou de tout autre événement historique, mais nullement de la fin du monde. Cette opinion ἃ contre elle toute la tradition, et elle est en opposition formelle -avec le contexte. Le « jour du Seigneur » dont saint Paul décrit aux Thessaloniciens les signes avant-coureurs est le même que celui dont il leur avait parlé dans sa premiére lettre, 1 Thess., 1v-v, et dans cette lettre il parlait évidemment de la résurrection finale et du jugement général. Notre texte ἃ done bien pour objet l'Antéchrist.

Que nous apprend-il sur le personnage ? D'abord il nous dit que ce sera un homme, homo peccati, par conséquent, ni un démon ni une collection d'hommes. Sans doute cet être recevra les inspirations de Satan et sera commé son instrument; sans doute encore il aura sous

ses ordres une troupe nombreuse d'agents dont il sera le |

maitre ; mais enfin Satan aura un instrument, la troupe des impies aura un chef, l'Antéchrist sera un homme. Nous lisons encore que cet homme fera la guerre à Dieu, €t par conséquent à la société qui représente Dieu sur celte terre, à l'Église.

Mais quelle sera l'époque de sa venue? Le verset 6 se borne à dire « quid detineat, scitis », τὸ χατέχον, οἴδατε. Vous savez ce qui le retient, l'obstacle qui l'empèche de paraitre. Le verset 7 revient sur ce point : μόνον ὁ κατέχων ἄρτ' εὡς ἐχ μέσου γένηται. Il faut seulement que celui qui arrête l'Antéchrist soit retranché. — Ainsi donc, d'après ces textes, il y a un obstacle qui se dresse devant l'Antéchrist et l'empêche de faire son apparition. Resterait à savoir quel est cet obstacle et quelle est sa nature. Malheureusement c’est là un problème encore insoluble. Déjà, au 1ve siècle, saint Augustin disait dans sa Cité de Dieu, xx, 19, t. ΧΙ, col. 686: « J'avoue que j'ignore complètement ce qu'a voulu dire l'Apôtre. » Et depuis ce temps, ajoute van Steenkiste, la question n’a guère avancé. Les Pères aimaient à voir cet obstacle dans l'empire romain. Cette opinion avait sa source dans les sentiments patriotiques qui leur faisaient rêver pour cet empire des destinées immortelles, ou, comme dit Bossuet (Apocalypse, préface, $ 2), « dans cette innocente erreur qui leur faisait présumer que sa chute n’arriverait qu'avec celle de l’univers. » Une interprétation basée sur le patriotisme, si respectable qu'elle soit, n'a, il faut en convenir, aucun caractère doctrinal. Du reste, les Pères ne se sont jamais prononcés avec assurance : ils souhaitaient que l'empire romain füt le rempart qui arrêtät l'Antéchrist, parce qu’à leurs yeux l'empire était l'unique soutien de l ordre social, voilà tout. Aussi saint Augustin, ibid., qui partage l'opinion de son temps, ne la donne que comme une « conjecture ». Il est donc permis, à la suite de saint Thomas, 1n Epist. 2 ad Thessal. Expositio, cap. 1, lectio 1, d'entendre les paroles de l'Apôtre dans le sens spirituel, et de l'esprit chrétien dont la présence au sein des sociétés arrête l'Antéchrist, et dont la disparition permettra à ce fléau d'exercer ses ravages. Cette opinion peut s’autoriser de plusieurs autres passages du Nouveau Testament, Act., xx1, 21 ; I Tim., 1v, 1, où nous rencontrons le mot ἀποστασία avec le sens de « détection religieuse ». D'ailleurs, est-il encore possible de conserver l'interprétation des Pères, lorsque depuis quinze siècles la Rome des empereurs est tombée ? Cornelius ἃ Lapide et D. Calmet ont essayé de le faire, mais à quel prix! Aux yeux de ces commentatéurs, l'empire romain s'est survécu à lui-même dans l'empire de Charlemagne et dans l'empire d'Allemagne, qui ont pris, pour ainsi ‘dire, la succession des Césars de Rome. Lorsqu'une Opinion ἃ besoin de recourir à de pareilles subtilités, elle est singulièrement compromise. Disons donc que saint Paul annonce tout simplement une diminution de la foi comme devant se produire à la fin des temps, et qui permettra à l'adversaire de Jésus-Christ d'exercer sa puissance funeste,

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