‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 351 sur 474 · ANTIOCHUS III LE GRAND · texte numérisé non relu

ANTIOCHUS III LE GRAND

en 19. Tite Live, xxxv, 13; Justin, xxx1, 1. Après avoir !

| jud., XII, πὶ,

qu'Antiochus IV Épiphane mourut dans des circonstances qui ont une certaine ressemblance avec celles qui sont rapportées dans la lettre insérée II Mach., 1, 13-16, la plupart des commentateurs pensent que l'Antiochus indéterminé de II Mach., 1, 13-16, est l'Antiochus de 1 Mach., vi, 1-16 et II Mach. -, IX, 1-28 , lequel est incontestablement Épiphane. Cette identification nous semble fausse, parce que les détails contenus dans les deux récits, malgré quelques traits analogues, sont si différents qu'ils ne peuvent s'appliquer au même personnage. En eflet, l'Antiochus dont parle la lettre des Juifs, voulant piller le temple de Nanée, y fut introduit par les prêtres, avec un petit nombre de compagnons, et y fut tué, II Mach. 1, 14-16, tandis que l'Antiochus dont 1 Mach., vr, 1-16, et II Mach., 1x, 2-98, racontent la mort, fut repoussé du temple qu'il avait entrepris de piller, et ne périt pas de mort violente dans le temple, mais de maladie, en chemin, à son retour en Syrie. À cause de ces différences, quelques exégètes ont imaginé que l’Antiochus de II Mach. 1, 13-16, est Antiochus VII Sidètes; mais cette opinion n'est pas fondée. Voir Anriocaus VII. Tout indique que cet Antiochus est le père d'Épiphane.

On ne voit point d'abord comment on pourrait soutenir que l’Antiochus qui est massacré dans le temple de Nanée, IL Mach., 1, 15-16, est le même que celui qui n’est que repoussé d'un temple et succombe en route au milieu des montagnes, non à ses blessures, mais à une maladie. I Mach., 1x, 1, 5, 21, 28. Dés lors que la lettre des Juifs ne dit nullement que le roi, dont elle rappelle la mort, soit Antiochus IV Épiphane, et puisque celui dont elle parle a péri d’une autre manière que ce célèbre persécuteur des Juifs, la conclusion naturelle est qu'il s’agit d'un autre Antiochus. Comment admettre, en effet, qu'un écrivain, alors même qu'il ne serait pas inspiré, se serait contredit si formellement à quelques pages de distance ? C'est contraire à toutes les vraisemblances. Quand même nous n’aurions aucun moyen d'expliquer ces récits différents par des témoignages extrinsèques, à cause de la pénurie des renseignements parvenus jusqu'à nous sur ces époques reculées, la critique nous prescrirait de tirer cette conclusion : le roi que l'auteur du second livre des Machabées fait mourir, au commencement de son ouvrage, de mort violente, dans le temple de Nanée, qu'il est en train de piller, n'est pas le même que le roi dont il décrit la fin un peu plus loin, dans des circonstances tout à fait diverses. Tous les deux s'appellent Antiochus, mais il y a eu treize rois de Syrie qui ont porté ce nom; tous les deux ont voulu piller un temple, mais ce n’était pas chose rare dans l'antiquité. Voir Strabon, xvi, 1, 4, édit. Didot, p. 634; Diodore de Sicile, xxvIt, 3, t. 1, p. 473. Il est d'ailleurs certain, par les témoignages profanes, rapportés plus haut, qu'Antiochus le Grand trouva la mort dans une tentative de ce genre; il est certain aussi que son fils, Antiochus Épiphane, tenta une entreprise semblable, mais échappa à la mort et ne périt qu'à son retour, à Tabès, en Perse. Voir ANTiOCHUS IV. Pour plus de détails et pour la réponse aux autres objections qu'on peut faire à cette solution, cf. F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 4° édit., t. IV, p. 628-641.

Antiochus le Grand ne persécuta pas les Juifs, comme devait le faire son second successeur, son fils Antiochus Épiphane ; mais ils eurent néanmoins beaucoup à souffrir, surtout pendant la première partie de son règne. € Pendant que ce prince, dit Josèphe, faisait la guerre contre Ptolémée Philopator et contre son fils surnommé Épiphane,

| les Juifs avaient à souflrir si Antiochus était vainqueur,

et ils avaient à souflrir de même s'il était vaincu, de sorte qu'ils ressemblaient à un navire qui, au milieu d’une tempête, est battu de tous côtés par les flots, parce qu'ils se trouvaient au milieu des combattants. » Ant. 3. C'est ce qui nous explique pourquoi Daniel parle longuement du règne d'Antiochus ΠῚ. Et parce que c'est lui qui attaque l'Égypte, la responsabilité

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