Ὁ 189. — Canal voûté au fond de la vallée du Tyropæon
des ouvertures ménagées dans la voûte qui plus tard recouvrit le fond du ravin. Wilson et Warren, The Recovery of Jerusalem, t. 1, p. 76-107.
En somme, les habitants de Jérusalem ne pouvaient guère compter que sur la source appelée aujourd'hui de la Vierge et sur l’eau du ciel. La pluie tombe à Jérusalem en grande quantité pendant les mois d'hiver ; on la recueillait dans des citernes et des piscines; mais elle était en danger de se corrompre ou de s’évaporer rapidement, et le service du temple et les besoins d'une population croissante réclamaient l'eau en abondance.
3 Les aqueducs des Etangs de Salomon. — Il fallut donc songer à capter des sources assez éloignées et à en conduire l'eau vive jusque dans la ville. Un travail de ce genre fut peut-être exécuté par Salomon. C'est à ce prince, en effet, que la tradition attribue la première adduction d'eaux lointaines jusqu'à la capitale. Il serait allé les chercher jusqu’à Etham, à environ quatre kilomètres au sud-ouest de Bethléhem. Dans le fond d'une vallée étroite et profonde, située à cet endroit et nommée aujourd’hui Ouadi Ourtas, Salomon avait établi, suppose-t-on, son « jardin fermé », Eccl., 11, 5, auquel une fertilité merveilleuse était assurée par la chaleur concentrée et par l'abondance des eaux de l'Ain Ourtas. Les belles eaux de cette source furent plus tard conduites à Hérodium, par Hérode, au moyen d'un aqueduc dont on retrouve encore çà et là des tronçons. Liévin, Guide de la Terre Sainte, 3e édit., t. 11, p. 91. A l'ouest du jardin de l'Ouadi Ourtas, il existe de vastes piscines, auxquelles Salomon semble faire allusion, Ecel., 11, 6, et qui sont connues sous le nom d'Étangs ou de Vasques de Salomon. L'Écriture ne parle pas expressément de ces travaux, mais la tradition les attribue à ce roi. « Nous pouvons croire, dit le capitaine Warren, que les Étangs de Salomon existaient ou furent construits à l'époque de ce prince. » Underground Jerusalem, p. 129. Cette croyance est d'ailleurs conforme à l'ancienne tra-
dition juive. Josèphe, Ant. jud., VIII, vu, 3; Talmud, Joma, ἴ. 31 a; Zebachim, f. 5% b. Les piscines, qui sont au nombre de trois, déversent leurs eaux l'une dans l’autre, et sont surlout remarquables par leurs dimensions. La première, à l’est, est précédée d’un contrefort qui sert à retenir les eaux, et au milieu duquel une petite porte de fer peut leur donner passage. Cette piscine a 177 mètres de long, 64 mètres de large et 15 mètres de profondeur ; la seconde, distante de la première de 48 mètres, ἃ 129 mètres de long, 70 de large et 12 de profondeur; enfin le bassin supérieur, à 49 mètres de distance du précédent, mesure 116 mètres de long, 70 de large, et de 7 à 8 de profondeur. Chacun des bassins est élevé de quelques métres au-dessus du précédent (fig. 190). Tous trois sont
AQUEDUC
| Jusqu'à Bethléhem, n'était pas horizontal; mais en cer- | tains endroits il formait siphon, et, à raison de cette dis- | position, se composait de tuyaux en pierre emboîtés les | uns dans les autres. Il devait amener les eaux dans les | parties les plus élevées de la capitale. Son trop-plein se déchargeait dans les étangs; aujourd'hui qu'il est en ruines, toules ses eaux s'y jettent. L'aqueduc inférieur subsiste encore de nos jours, et sert à amener les eaux à Jérusalem; mais il ne reste guère plus de deux ou trois ans sans avoir besoin de réparations, à cause de l'affluence des eaux qui s’y pressent pendant l'hiver, Il est maçonné à la chaux, et, grâce à des jours ménagés de distance en distance, on peut voir couler l'eau et y puiser. Parti d'Étham, il suit les courbes de niveau de manière à con-