Vasques de Salomon. D'après une photographie
en partie creusés dans le roc, et en partie construits en maçonnerie. À cent trente pas du bassin supérieur, et tout près de la ligne de partage des eaux entre les versants de la mer Morte et de la Méditerranée, se trouve la source qui fut la première à alimenter les étangs. C'est la fontaine appelée Ras el-Aïn (tête de la source), ou Aïin-Saléh (bonne source). Ce serait la « fontaine scellée » de Salomon. Cant., 1v, 12. Guérin, Description de la Judée, t. 11, p. 112. Souterraine et de difficile accés, elle est encore à 60 mètres au-dessus de l'ancienne plate-forme du temple, qui est elle-même à 754 mètres d'altitude. Il était donc possible d'en conduire les eaux jusqu'à Jérusalem.
La fontaine se déverse d'abord dans un couloir voüté, qui amène ses eaux jusqu'à un réservoir également voûté, surmonté d'une construction circulaire, près du vieux Qala’at el-Bourak (château des bassins), à quelques mètres au nord de l'étang supérieur. De là les eaux se partagent pour être dirigées les unes vers les étangs, les autres vers Bethléhem et Jérusalem. Trois aqueducs prenaient autrefois cette dernière direction, selon Warren, qui n’a pu retrouver les traces que du plus élevé et du plus bas. L’aqueduc le plus élevé, dont on peut suivre les tronçons
server une faible pente. Il contourne l'Ouadi Sahhine au
mente d’eau, reprend la direction du nord à l'est de la ville, passe près du tombeau de Rachel et de Mar Elias, atteint Jérusalem près de la porte de Jaffa, un peu au-
dessus du Birket es-Sultan, redescend brusquement pour
| contourner l'ancien mur méridional de Sion, longe la pente occidentale de la vallée du Tyropæon, et enfin pénètre dans le Haram par le Bab es-Silséleh (fig. 191). Mais, avant de franchir cette porte, l'aqueduc alimente la belle fontaine appelée Aïn-Sébil, et, de l’autre côté de la rue, celle qui jaillit à l’intérieur du méhkémeh (tribunal civil). Cet aqueduc fournissait autrefois, conjointement avec les deux autres, l'eau nécessaire au service du temple, comme il le fait encore pour le Haram ech-Chérif. C'était vraisemblablement la fontaine intarissable, fons aquæ perennis, que Tacite mentionne dans sa description du temple. Hist., V, χα. Bien qu'il soit impossible de déterminer quelle part Salomon prit à ce travail, on peut admettre qu'il y ἃ mis la main le premier, « S'il a construit des piscines destinées à arroser les superbes jardins qu'il avait plantés, notamment dans la vallée d'Étham, | n'a-t-il pas dù en même temps songer à approvisionner
nord, redescend ensuite au sud de Bethléhem, qu'il ali-
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suffisamment d'eau et sa capitale et le temple? » Guérin, Description de la Palestine, τ. 1, p. 114.
Mais, dès le temps de Salomon, il fallut bien pourvoir à l'écoulement du sang des victimes du temple, qui était versé au pied de l'autel, et de toutes les eaux qui avaient servi aux puriications. L'autel des holocaustes s'élevait probablement au-dessus d'une citerne appartenant à l'ancienne aire d'Ornan. Au fond de cette citerne est un canal
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191, — Aqueducs anciens au sud de Jérusalem.
souterrain, que les musulmans appellent Bir el-Arouah (puits des âmes), et qui ne serait autre que l'ancien conduit par où le sang et les eaux s’écoulaient jusqu’au torrent du Cédron. Guérin, Jérusalem, p. 368. A la suite de fouilles entreprises en 1853 par de Sauley, et continuées ensuite par les explorateurs anglais, on a découvert au sud de la muraille du Haram, sur le palier de l'ancienne triple porte du temple, un puits (fig. 192) donnant accès à un systéme de galeries qui servaient à l'écoulement des eaux employées dans les sacrifices (fig. 193). De Sauley, Voyage en Terre Sainte, t. 11, p. 9.
4 L'aqueduc de l'Ain Mogäret.— ἃ mesure que s’accrut la population de Jérusalem, le besoin d'eaux plus abondantes se fit sentir, et l’on songea à capter d'autres sources que celle de Ras el-Aïn. À cinq lieues au sud d'Étham, sur la route qui mène à Hébron, se trouve la source Aïn Mogäret (source de la grotte). Dans une grotte en partie naturelle et en partie artificielle, se rassemblent les eaux des coteaux supérieurs. On ἃ relié cette source à celle
AQUEDUC
d'Étham par un aqueduc tantôt taillé dans le rocher, et tantôt construit en pierres à bossage. Cet aqueduc est ancien, mais d'une époque difficile à déterminer. Il côtoie à peu près la route pendant quatre kilomètres, puis suit le thalweg de l'Ouadi Biâr (vallée des puits), ainsi nommé à cause des regards pratiqués dans l’aqueduc, et au moyen
192, — Galeries pour l'écoulement des eaux du Temple,
CC, mur de l'enceinte du Temple. — A, puits de construction moderne. — B, trou. — bb, porte. .
desquels on pouvait arroser la vallée et la fertiliser. Cet aqueduc jette ses eaux dans celui du Ras el-Aïn, à l'est des étangs.
5° L'aqueduc de l'Ain Aroub.— Le procurateur Ponce Pilate entreprit à son tour d'enrichir les anciens aquedues des eaux de l'Ain Aroub, à onze kilomètres d'Étham, toujours dans la direction d'Iébron. L'Aïn Aroub cst une source d’eau potable ordinairement très abondante. L'eau
193. — Puits d'accès des galeries devant la triple porte. Coupe suivant d,e,f,g de la figure 192.
monte dans plusieurs puits, d'où elle se déversait dans une grande piscine, à 940 mêtres d'altitude. De là partait l'aqueduc de Pilate. Pour subvenir aux frais nécessités par ce travail et par la réparation des anciens aqueducs, le procurateur puisa directement dans le corban ou trésor du temple. Une érueute s’ensuivit. Pour la réprimer, Pilate ἡ fit déguiser ses soldats, et les envoya dans les parvis du temple faire un grand massacre de Juifs. Josèphe, Bell. jud., 1, 1x, 4. Cet aqueduc fait des détours immenses, en cherchant toujours le niveau, et il va rejoindre celui de Ras el Aïn, près des Étangs de Salomon. Bien que la distance d'Aïn Aroub à Jérusalem ne soit que de cinq lieues, Joséphe dit que Pilate fit venir des eaux éloignées
de deux cents stades (dix lienes). Ant. jud., XVIII, 111, 2. L'aqueduc, en effet, à raison de ses détours, a pour le moins cinquante kilomètres de longueur (fig. 19). C'est un canal quadrangulaire, de O® 70 de large. Liévin, Guide, t. 1, p. 400; το πὰς p. 89-95; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, t. 111, p. 503; Palestine Exploration Fund, Quaterly Statement, 1875, p. 71; Dr Schick, Die Vasserversorgung Jerusalems, dans la Zeitschrift der deutschen Palästina-Vereins, t. 1, p. 132 et suiv.; Bädeker, Palästina und Syrien, 1891, p. 133.
6° L'aqueduc de la piscine d'Ézéchias. — Isaïe fait