Tracé de l’aqueduc de Siloé
allusion à une piscine creusée par Ézéchias au moment où la ville s'attendait à l'arrivée des Assyriens : « Vous avez fait un bassin entre les deux murs pour les eaux de l’ancienne piscine. » Is., xx11, 11. Cette ancienne piscine est le Birket Mamillah, que Josèphe appelle piscine des Serpents. Bell. jud., V, xu, 2. Elle se trouvait en dehors des murs, à environ six cents mètres de la porte actuelle de Jaffa et de la tour de David. Dans l'angle extérieur que l'enceinte de Sion faisait avec celle d’Acra, Ézéchias creusa | une nouvelle piscine, l'Hammam el-Batrak actuel, autrefois l'Amygdalon. Un aqueduc de près de huit cents mètres y amenait les eaux de l’ancienne piscine, dont le niveau est d'une vingtaine de mètres plus élevé. Cet aqueduc existait déjà antérieurement. C'est à son extrémité qu'Isaïe interpella Achaz. Is., VIT, 3. Ézéchias ne fit donc en cet endroit que creuser une nouvelle piscine. Puis, pour mettre à l'abri le nouveau bassin, il l’entoura d'une enceinte appelée enceinte d’Ézéchias. L’aqueduc existe encore, en partie creusé dans le roc et en partie maçouné, et il continue à verser dans la piscine inférieure
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le trop-plein du Birket Mamillah. Ce fut aussi auprès de cet aqueduc, vers la piscine supérieure, que les parlementaires assyriens notifiérent aux officiers d'Ézéchias l'ultimatum de Sennachérib. IV Reg., xvirr, 17; Is., XXXVI, 2.
To Les aqueducs de Siloé. — Mais les travaux d'hydraulique les plus curieux sont ceux que les Hébreux exécutèrent pour canaliser les eaux de la fontaine Gihon ou de la Vierge, qui émerge sur la pente orientale de la colline d'Ophel. Quand David assiégea Jébus, il promit une récompense à celui qui frapperait un Jébuséen et « atteindrait l'aqueduc (sinnôr) ». II Reg., v, 8. Ce passage a suggéré l'idée que les Jébuséens avaient anciennement pratiqué une conduite à ciel ouvert, pour faire arriver les eaux de la fontaine jusqu'au sud de la colline, à la piscine de Siloé. Grâce à cette rigole, les eaux restaient à la disposition des habitants, au lieu de se perdre inuti-
| lement dans les pierres de la vallée du Cédron. Voir
Birch, Palestine Exploration Fund, Quaterly Statement, 1884, p. 75, et le tracé conjectural de ce canal (fig. 194).
195. — Galeries primitives donnant accès de l'intérieur de la ville à la Fontaine de la Vierge.
A, Fontaine de la Vierge. — DF, pente d'Ophel. — D, Entrée de la galerie. — CBG, galerie souterraine. — 6, endroit où l'on puisait. — E, ancien puits.
Mais cette source était la principale, sinon la seule, de celles qui pouvaient alors alimenter directement la ville. Car rien de plus facile à un assiégeant que d'intercepter les aqueducs d'Étham, quand ils eurent été construits, et de priver d'eau les habitants, en accablant de traits ceux qui sortaient des murailles pour aller puiser à la fontaine de la Vierge. Aussi, sous David ou ses premiers successeurs, on pratiqua dans les escarpements de la colline d’'Ophel un système de puits et de galeries permettant
| d'arriver par l'intérieur du sol jusqu’à la nappe d'eau, et
d'y puiser avec des seaux, sans avoir rien à craindre des traits de l'ennemi. Le puits avait son ouverture en haut de la colline, probablement à l'abri de la muraille, à une quarantaine de mètres au-dessus de la nappe d'eau. Il est probable qu'on chercha d'abord à descendre verticalement, comme l'indique un premier puits abandonné en E (fig. 195). Mais ensuite on préféra arriver jusqu'à l'eau par des galeries horizontales ou en pente douce. Ces galeries, qui s'étendent de C en ἃ, ont près de quarante mètres de développement. C’est du point G qu'on puisait l'eau au moyen de seaux. Voir Wilson et Warren, The Recovery of Jerusalem, p. 25-252. Ces travaux avaient l'inconvénient de laisser la jouissance de la source aux assiégeants aussi bien qu'aux assiégés.
Sous Ézéchias, on entreprit une œuvre bien plus hardie, qui avait pour but de soustraire compiètement à l'ennemi l'usage de la source, en ménageant aux eaux un débouché sur le versant sud-ouest de la colline. Le roi « boucha la sortie des eaux de Gihon d'en haut, et les dirigea pardessous, à l'occident de la cité de David ». ΠῚ Par., xxx, 30 ; IV Reg., xx, 2. Cet ouvrage fit grand honneur au prince, car cinq cents ans plus tard le fils de Sirach le rappelait encore avec éloge : « Ezéchias fortifia sa cité, fit entrer
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Gog (Gihon) au milieu d'elle, perça le rocher avec le fer, et bâtit des fontaines pour les eaux, » Eceli., xLvinr, 17, Ce fut vraisemblablement dans la prévision d'un siège par les Assyriens que l’œuvre souterraine fut exécutée en plein roc. La galerie d'Ézéchias traverse la colline d'Ophel de l'est au sud-ouest. Elle est d'un travail assez grossier, Sa hauteur actuelle varie de 4m 50 à Om 45, et
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jourd'hui au musée de Constantinople. Les incrustations calcaires en rendaient la lecture assez malaisée, Voiri la traduction des six lignes dont elle se compose : « ...la percée. Voici l'histoire de la percée. Quand [les mineurs levaient]| le pic l'un vers l’autre, et qu'il y avait encore trois coudées [à percer, on entendit] se crier l’un à l'autre qu'il y avait zéda (déviation [?]) dans le rocher