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Partie centrale de la galerie de Siloé

l'an 740 ». Point de raison, par conséquent, pour refuser de l’attribuer à Ézéchias, qui régna de 797 à 698.

80 L'aqueduc voisin du Bir Ayoub.— Un autre travail du même genre a été découvert par Warren, à l'ouest du Bir Ayoub. C'est un aqueduc plus spacieux que celui d'Ézéchias, car sa largeur moyenne est de 1m 15, et sa hauteur de 2 mètres. On peut le suivre sur une longueur de 600 mètres. Il y a sur le parcours plusieurs escaliers permettant de descendre dans le canal. D'un côté, il aboutit à un vaste réservoir en forme de grotte, et de l'autre il s'arrête brusquement en plein roc. On ignore quelle était la destination de cet aqueduc souterrain, The Recovery, p. 257-26#. « Il est difficile de lui assigner une date. Rien cependant n'y sent la main romaine; ces degrés, ces regards, ces bassins, ces couloirs évidés dans la roche vive, tout cela est plutôt dans la tradition et le goût des carriers phéniciens et juifs. » Perrot, Histoire de l'art, t. 1v, p. 424.

9 Les autres aqueducs de la Palestine. — Dans le reste de la Palestine, surtout aux environs des centres de population plus importants, on trouve les traces d'un certain nombre d'aqueducs, dans un état de délabrement plus ou moins avancé. Aux environs de Jéricho, les ruines de ces sortes de travaux d'art sont assez nombreuses. A l'ouest de cette ville, dans l'Ouadi el-Kelt, on peul suivre pendant une dizaine de kilomètres un ancien aqueduc qui conduisait à Kakoun les eaux de l'Ain Fära. Ces eaux se perdent maintenant dans le ravin du Kelt. D'autres ruines d'aqueducs se voient plus au nord, dans l'Ouadi Fasail, près de l’ancienne ville à laquelle Hérode donna le nom de Phasaël.

A Naplouse, l’ancienne Sichem, un aqueduc maintenant ruiné amenait les eaux de l'Ain Askar, qui jaillit à trois lieues à l’ouest de la ville. Une autre source, qui n'est qu’à trois kilomètres au sud, Ras el-Aïn, fait encore aujourd'hui couler dans un aqueduc ses belles eaux, qui au passage font tourner plusieurs moulins.

La ville de Béthulie était alimentée d'eau par diverses sources à portée des murs, et par une source principale, qui était mise en communication avec la place par un aqueduc. Judith, vu, 6, 7. Holopherne fit couper l'aqueduc et défendre l'accès des autres sources. L'incertitude qui plane sur l'identification de Béthulie ne permet point d'assigner l'emplacement de cet aqueduc. Mais au pied de la montagne qui couronne Beläaméh, l’ancienne Belma, Judith, vu, 3, on trouve une caverne maçonnée, du fond de laquelle, au dire des habitants, partirait un souterrain qui s'élève jusqu’à l'ancienne ville, et par lequel les défenseurs de la place pouvaient venir puiser l'eau qui se trouve dans la caverne, appelée Bir es-Sedjem. Liévin, Guide, t. πὶ, p.72.

Lorsque, sous Hérode, Césarée prit de l'importance, il fallut aviser à Ja pourvoir d'eaux abondantes. On les emprunta à la rivière de Zerka, qui se jette dans la mer à cinq kilomètres au sud de la ville. L'aqueduc suivait le bord de la mer. Près de la rivière, il était construit en pierres de petite dimension, et plus loin reposait sur des arches en plein cintre, et se composait de pierres d'un plus grand appareil. Un autre aqueduc allait chercher l'eau à Sebbarine, à quinze kilomètres à l'ouest de Césarée. Le tout est maintenant ruiné et abandonné. Liévin, Guide, t. 111, p. 229.

Parfois enfin on se contentait de tracer aux eaux un chemin artificiel, en leur creusant un lit en pleine roche. C'est le cas de l'Aïn el-Tabegah, entre Khan-Miniéh et Tell- Houm, qui déversait ses eaux dans la fertile plaine de Génésareth par un canal à ciel ouvert taillé dans le roc, qui sert aujourd'hui de sentier.

Çà et là se rencontrent d’autres ruines d'aqueducs. On

ne peut guère assigner de dates précises à ces différents’

ouvrages; mais il est certain que les anciens habitants du pays n'ont reculé devant aucun effort pour mettre à leur portée les eaux potables, et que leurs successeurs

suis

dima

n'ont guère fait qu'utiliser, entretenir, réparer, et le plus souvent laisser tomber en ruines les travaux exécutés antérieurement. H. LESÈTRE.

1. AQUILA (᾿Αχύλας), nom d'origine latine, ainsi que celui de Priscille, Πρίσχα où Πρίσχιλλα (diminutif plus familier), que portaient deux Juifs, mari et femme, chez qui Paul reçut l'hospitalité à Corinthe, et dont il se plait, dans ses lettres, à reconnaitre le dévouement à la cause de l'Évangile. Vivant au milieu des païens, à Rome ou ailleurs, ils avaient changé, selon l'usage du temps, leurs noms juifs en noms tout à fait romains. Plusieurs interprètes ont même supposé qu'Aquila était un fils d'affranchi de ce Pontius Aquila qui se trouve mentionné par Cicéron, Ad Famul., x, 33, et par Suétone, Cæsar, 78, comme adversaire de Jules César. En ce cas, le copiste aurait mal reproduit le texte, et en écrivant Ποντιχὸν τῷ γένει, il aurait substitué une indication géographique à une indication familiale, et fait naître dans la province du Pont celui qui, probablement originaire de Rome, se rattachait, par l'affranchissement de l'un des siens, à l'illustre famille Pontia. La chose est plus ingénieuse que probable. Aquila était né dans cette province du Pont, au sud de la mer Noire, d’où, rapprochement singulier, sortit un demi-siècle plus tard un autre Juif du même nom que lui, né à Sinope, et qui traduisit en grec l'Ancien Testament, avec un esprit absolument hostile aux idées chtétiennes. Le Pont comptait de nombreuses colonies israélites, et le nom d'Aquila, « aigle, » comme celui des plus nobles animaux, le lion, par exemple, était fréquemment adopté par ceux qui voulaient déguiser leur origine juive, et avoir ainsi plus de liberté dans leurs rapports commerciaux avec les paiens. Priscille ou Prisque, comme on disait indistinctement Domitilla ou Domitia, selon qu’on voulait exprimer la tendresse familière ou le respect, pouvait bien être née à Rome même. En tout cas, qu'ils fussent du Pont ou rattachés à la tamille Pontia, ils habitaient la capitale de l'empire. C’est là que, comme juifs ou comme chrétiens, car la police impériale ne distinguait pas encore les uns des autres, ils furent atteints par l'édit d'expulsion que porta Claude vers l'an 50: «Judæos, impulsore Chresto, assidue tumultuantes, Roma expulit.» Suétone, Claud., 25. Quoi qu'en disent certains exégètes, l’occasion des troubles fut non pas un Chrestus quelconque, mais le Christ ou le Messie. Voir Le Camus, L'Œuvre des Apôtres, t. 1, p.354. Ceux qui commettaient une pareille méprise pouvaient bien confondre.et juits et chrétiens sous une même dénomination.

Chassés de Rome, Aquila et Priscille se transportérent à Corinthe, et c’est là que Paul les trouva fort à propos, pour s'établir chez eux et entreprendre à son aise l'évangélisation de cette grande cité. Il avait appris à Tarse justement le métier qu'ils exerçaient eux-mêmes, et cela lui servit à vivre sans être à charge à personne. Ils fabriquaient des tentes. Cette industrie des tissus en poil de chèvre, si commune en Cilicie (voir Le Camus, Notre voyage aux pays bibliques, t. 1, p. 113, et L'Œuvre des Apôtres, t. 1, p. 139), était fort lucrative, et Aquila paraît l'avoir pratiquée sur une vaste échelle, avec des ouvriers qui partageaient ses convictions chrétiennes, et que Paul appellera plus tard « la petite Église qui est dans sa maison ». Est-ce seulement par analogie de métier, ou parce qu'il les savait chrétiens, que Paal se retira chez eux? Peut-être pour les deux motifs à la fois. Plusieurs supposent que, quand l'Apôtre arriva à Corinthe, au moins Aquila n'était pas chrétien, et ils le concluent de ce qu'il est simplement appelé « un Juif », ᾿Ιουδαῖον, et non pas un disciple; il est, en effet, classé parmi les Juifs expulsés, πάντας τοὺς Ιουδαίους, sans autre distinction. Mais cet argument est loin d'être concluant, car il est évident que l'historien n’a qu'une intention en qualifiant Aquila de Juif, c'est d'indiquer sa nationalité et non sa religion. D'autre part, il serait fort surprenant que, s'il fut converti par Paul, ni

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