‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 44 sur 474 · ABIA · texte numérisé non relu

ABIA

conservé sous le règne de son petit-fils la dignité et le titre de reine mére, dignité et titre qui lui furent enlevés quand Asa la destitua à cause de son idolâtrie, ΠῚ Par., XV, 16.

Abia avait vingt-sept frères et soixante sœurs par son père, IL Par., x1, 21; par sa mère il n'avait que trois frères, Éthaï, Ziza et Salomith, ΠῚ Par., x1, 20, sur lesquels il avait été investi d'une sorte d'autorité (hébreu : r'6$, «tête, » par extension, chef, personnage principal ; Septante : &pywy), dont l'étendue n'est pas déterminée, ΠῚ Par., x1, 22, D'après les Septante et la Vulgate, Abia aurait mérité cette dignité par sa sagesse, ÿ. 23; mais le texte hébreu rapporte cette sagesse à Roboam, qui, pour éviter les conflits entre ses nombreux enfants, el peut-être surtout pour empêcher que quelques frères jaloux ne se liguassent contre Abia, son préféré, leur donna à chacun la garde d'une des places fortes de son royaume. Le texte insinue que l'unique raison de cette préférence de Roboam pour Abia fut la préférence même qu'il avait pour sa mère Maacha, et ce fut aussi la raison qui le lui fit choisir pour successeur, bien que par sa naissance il n’y eüt aucun droit. C’est aussi pour cela qu'entre tous ses frères, Abia demeura à Jérusalem, capitale du royaume, menant une vie luxueuse au milieu d’un grand nombre de femmes et d'enfants. IL Par., x1, 21-93. Le texte, il est vrai, semble rapporter cette magnificence domestique au temps qui suivit sa victoire sur Jéroboam ; mais, comme il est impossible qu'il ait eu vingt-deux fils et seize filles dans le court espace de temps qui s’écoula entre cette victoire et sa mort, il faut dire qu’il épousa le plus grand nombre de ses quatorze femmes avant même d’arriver au trône. Si l'auteur des Paralipomènes n’en parle qu'après le récit de la guerre contre Israël, c’est sans doute pour rapprocher sa prospérité domestique de ses succès politiques et militaires. "Ce trait montre qu’Abia avait imité Salomon et Roboam dans leurs inclinations sénsuelles, et manifeste déjà l’abaissement moral de la royauté en Juda.

Cet excès ne fut pas le seul qui souilla le règne d’Abia. S'il ne se livra pas lui-même à l’idolâtrie, il la laissa pratiquer impunément; ce qui eùt suffi à lui attirer la colère de Dieu, s’il n'avait eu pour ancêtre David, le fidèle serviteur de Jéhovah. C'est à cause de lui, et aussi à cause des antiques promesses faites à ses aïeux, qu'Abia eut une postérité. IIT Reg., xv, 4. Cette réflexion, qui ἃ paru à plusieurs une interpolation, fait si bien corps avec le texte, qu’elle donne la elef de la conduite de Dieu au milieu des tristes événements qui remplissent non seulement le règne d'Abia, mais aussi toute la période des rois de Juda. A travers les excès de ces souverains indignes, Dieu voit dans le passé David son serviteur, et dans l'avenir le rejeton de David, le Messie, et à cause de l'un et de l'autre il bénit et conserve au lieu de maudire et de briser.

Abia était plus faible que méchant. Quoiqu'il laissät pratiquer l'idolâtrie et qu'il menût lui-même une vie sensuelle, la foi de David son aïeul demeura ferme au fond de son cœur. Elle se révèle au jour du danger, quand la guerre, depuis longtemps menaçante, vient à éclater entre Israël et Juda. Du moment où les dix tribus s'étaient choisi un roi, il s'était établi entre ces deux portions du peuple choisi une inimitié qui ne pouvait manquer d'éclater. Les rois de Juda, fondés sur les promesses divines faites à David, cherchaient tous les moyens de faire rentrer sous leuautorité les tribus séparées ; Israël, au contraire, prétendait garder son autonomie. Durant le règne de Roboam, la haine, en grandissant toujours, était demeurée latente ; elle éclata sous Abia, et voilà les deux royaumes lancés dans une guerre fratricide qui durera longtemps. S'il faut s'en rapporter au texte, Abia entra en campagne avec 400 000 hommes trés vaillants ; Jéroboam en avait le double, 800 000 : chiffres certainement excessifs, aussi bien que celui des 500000 hommes mis hors de combat. II Par., x11, 3, 17. Ces erreurs résultent de l'altération du texte hébreu, soit par l'inadvertance des transcripteurs, soit par

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