‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 46 sur 474 · ABIDA — ABIGAÏL · texte numérisé non relu

ABIDA — ABIGAÏL

cendant d'Abraham et de Céthura. Gen., xxv, 4; 1 Par., 1, 39.

ABIDAN (hébreu: ’Abidän, « mon père est juge ; » Septante : ᾿Αβιδάν), chef de la tribu de Benjamin, au temps de la sortie d'Égypte. Il fit ses présents, comme les autres princes d'Israël, pour la dédicace de l'autel. Num, 1, 11; ut, 22; var, 60, 65; x, 24.

ABIEL , hébreu : ’Abiel, « mon père est Dieu ou fort; » Septante: ᾿Αδιήλ.

1. ABIEL, pére de Cis, de la tribu de Benjamin, et grand-père de Saül, 1 Reg., 1x, 1, et d’Abner, [ Reg., x1V, 91, On ne doit pas identifier Abiel avec Jéhiel ou Abigabaon. Celui-ci était son père. Mais Abiel est le même personnage que le premier Ner, I Par., vu, 33 et 30 (Septante); 1 Par., 1x, 36, 39. Voici la table généalogique :

Jéhiel ou HAN Abiel ou Ner |

] | Cis Ner

| | Saül Abner

2. ABIEL, le même qu'Abialbon (même signification). Voir ABIALBON.

ABIÉZER, hébreu : ’Abiézer, « mon père est un secours. » Dans les Nombres, xxvI, 30, par contraction, lézer ; hébreu : ’Jézer; Septante : ᾿Αθιέζερ, Ἰεζί.

1. ABIÉZER, fils aîné de Galaad, d'après Num., xxvi, 30, et Jos., χνῃ, 2, ou fils de la sœur de Galaad, selon le texte actuel des Paralipomènes, 1 Par., vir, 18. Il fut le chef d’une des plus importantes familles de la tribu de Manassé, qui semble avoir eu d’abord ses possessions à l'est du Jourdain, avant de se fixer à Éphra, où naquit Gédéon, descendant d’Abiézer. Jos., xvn, 2; Jud., νι, 11, 24, 84; vur, 2, 32.

2. ABIÉZER, d Anathoth, de la tribu de Benjamin, était un des guerriers renommés de l’armée de David. Pendant le neuvième mois, il commandait les troupes de la garde du roi. II Reg., ΧΧΗΙ, 27; I Par., x1, 28; xxvII, 12.

ABIGABAON (hébreu: ’Abi-gib'ôn, « père ou possesseur de Gabaon; » Septante : πατὴρ Γαδαών), surnom donné à Jéhiel, possesseur de Gabaon et ancêtre de Saül, 1 Par., vur, 29. Voir JÉHIEL et ABIEL 1.

ABIGAÏL, hébreu : *Abigayil, «mon père est joyeux ; » Septante : ᾿Αδιγαία.

4. ABIGAÏL, femme de Nabal, et plus tard épouse de David, à la suite de l'incident rapporté au premier livre des Rois, xxv, 3-42. Elle habitait avec Nabal à Maon, sur la lisière du désert de Pharan, vivant dans l'abondance, car son mari était fort riche en troupeaux de brebis et de chèvres, qu'il entretenait près de là, dans son domaine de Carmel, au milieu d’un pays montagneux et très fertile en pâturages. Voir CARMEL 2. Ils étaient de ces Israélites, devenus rares alors, auxquels la vie agricole ne faisait pas oublier la vie pastorale de leurs ancêtres. Le caractère d’Abigaïl contrastait d’ailleurs étrangement avec celui de son mari. Celui-ci était un homme dur, violent, ami de la bonne chère, et facilement entrainé à l'intempérance. 1 Reg., xxv, 36. Elle, au contraire, possédait toutes les qualités d'une femme accomplie. ἃ une rare beauté, elle joignait une grande maturité de jugement, une étonnante décision, même dans les situations les plus déli-

cates, enfin une admirable énergie dans l'emploi des moyens. Or chaque année, à l'occasion de la tondaison des brebis, la famille de Nabal, suivant un usage universel, se mettait en fête : on le savait dans le voisinage, et les propriétaires voisins, les amis, n'oubliaient pas que la fête comportait un grand festin auquel ils étaient conviés, ou bien l'envoi de présents oflerts par le maître des troupeaux tondus. Cf. 11 Reg., x, 24-97. David, ayant été informé de ce qui se passait chez Nabal, crut l'occasion favorable pour faire valoir ses services rendus, le succès de ses armes contre les Arabes maraudeurs, l'efficace protection exercée sur les troupeaux de Carmel ; et il pensait obtenir facilement une part dans les langesses de Nabal, d'autant plus que le désert de Pharan fournissait si peu pour sa subsistance! Malheureusement Abigaïl était absente quand se présentérent les envoyés de David. Elle ignorait même la démarche du royal fugitif et la réponse impertinente de son mari, quand un de ses serviteurs vint la prévenir que David, justement irrité, avait juré la ruine de Nabal, et qu'il se préparait à l'heure même à marcher sur lui avec tous ses gens. 1 Reg., xxv, 14. Prudente autant qu’elle était ferme, Abigaïl trouve à l'instant le remède au mal. Elle fait apporter deux cents pains, emplir de vin deux outres, cuire cinq moutons ; elle y joint cinq boisseaux de farine d'orge, cent ligatures de raisin et deux cents gäteaux de figues : tout cela est destiné à David, dont le ressentiment, pense-t-elle, s'apaisera en face de cette libéralité. C'était, en effet, une offrande considérable. Siba crut se montrer très généreux envers David en lui offrant plus tard une outre de vin, II Reg., xv1, 1; Abigaïl en offre deux, et elles étaient sans doute de grande capacité, comme celles qu’on apprêtait avec la peau entière d’un bouc; cf. Gen., xx1, 14; Jos., 1x, 4, 13; Jud., 1v, 19 (voir OUTRE); cf. Fillion, Atlas archéolog., p. 10 et pl. xv. Les cinq boïisseaux (se’yim) de farine d'orge (hébreu : gâli, « blé grillé, » 1 Reg., xxv, 18; cf. XVI, 17) représentaient une quantité notable, car le se’äh était le tiers de l'éphäh, et contenait environ treize litres. Les Septante ont traduit cinq éphah, peut-être parce que les cinq se’îm paraissaient trop peu. Le présent appelé ligatures de raisin (hébreu : simmuqîm) se composait de raisins desséchés, pressés, et mis en masses ou gâteaux. C’étaient un des meilleurs produits de la contrée, car les alentours d'Hébron étaient plantés de vignes produisant un raisin excellent.

Précédée de ses serviteurs et suivie de ce convoi, Abigail, à l'insu de Nabal, se dirigea vers la retraite de David, qui était, d'après l’hébreu et la Vulgate, le désert de Pharan ; d’après les Septante, le désert de Maon. I Reg., xxv, 1. Cette divergence peut se résoudre par la proximité de la partie septentrionale du désert de Pharan avec la partie méridionale de celui de Maon, au sud de Juda. Voir M40N\, PHaran. Elle rencontra David au pied de la montagne (hébreu : beséter hähär, « dans la cachette de la montagne »), probablement dans une retraite formée par une dépression de terrain, et, selon la coutume des Orientaux, descendant de sa monture, elle se prosterna deux fois en inclinant la tête jusqu'à terre. Elle se félicita bientôt du parti qu’elle avait pris de venir au-devant de lui; car David, après s'être répandu en reproches contre Nabal, l'écouta sans l’interrompre. Le discours d’Abigaïl est aussi habile qu'élevé. I Reg., xxv, 24-31. Bien qu'elle n'ait été pour rien dans la réponse insolente de Nabal, elle prend sur elle-même toute la faute, et cependant elle se présente avec confiance, car elle vient envoyée par Jéhovah pour empêcher David de commettre un crime, et lui offrir des présents qu’elle appelle du nom sacré de bénédiction, 1 Reg., xxv, 27 (hébreu: beräkäh, qui a le sens de présent offert avec bienveillance, benedicendo ei cui offertur, ou de celui de choses résultant de la bénédiction de Dieu ; Septante : εὐλογίαν ; cf. Gen., ΧΧΗΙ, 11 ; I Cor.., 1x, 5). Après quoi elle se concilie, sans flatterie, l'esprit du héros irrité, en affirmant de lui, ce qu’elle a sans doute appris de Samuel

49 ABIGAIL ou d'un autre prophète, à savoir qu'il est l'élu, le protégé de Jéhovah; que sa gloire sera grande; qu'il consommera la ruine de ses ennemis, et enfin qu'il deviendra le chef (hébreu : πᾶσί, præstans, eæimius, duæ) d'Israël. Π faut signaler, dans la péroraison de ce discours, la belle image du ὃ. 29. 51] s'élevait jamais quelqu'un qui cherchât à tuer David : « Que votre vie, dit Abigail, par la protection de Dieu, soit liée dans le faisceau des vivants! » Cette expression : « soit liée dans le faisceau des vivants, » demeure encore aujourd'hui la conclusion de toutes les épitaphes qu'on lit sur les tombeaux des Juifs, en Orient; avec cette seule différence qu'on l'écrit en abrégé, avec les initiales n.3.3.2.5n., {.n.s.b. k., comme chez les chrétiens: R. I. P. Voir Fillion, Essais d’exégèse, p. 296. Le faisceau des vivants désigne en général la société des bons : dans la bouche d’Abigäil, c’est cette société encore sur la terre; dans les épitaphes, c’est cette société dans le ciel. Il faut aussi remarquer l'image expressive par laquelle Abigail représente l'instabilité et la ruine des ennemis de David : « Ils seront comme une pierre tournoyant dans la cavité d’une fronde. » 1 Reg., xxv, 29.

David, apaisé par ce discours, reconnait et admire l’action divine qui, par le moyen de cette messagère, l'empêche de répandre le sang. Les présents offerts et acceptés, l'épouse de Nabal revient à Maon, où elle trouve son farouche mari en pleine orgie, et dans un tel état d'ivresse, qu'elle ne peut l’entretenir de ce qu'elle vient de faire. Elle le lui déclare le lendemain; mais, soit par l’etfet de son intempérance, soit par l'impression du danger qu'il a couru, Nabal demeure inerte et insensible ; il est frappé d'apoplexie et meurt dix jours après. C’est alors que David, encore sous le charme des brillantes qualités d'Abigaïl, la fait demander en mariage. Avec une affectation tout orientale, celle-ci répond qu'elle n’a d'autre ambition que de remplir les plus bas offices près de son seigneur. Fort honorée en réalité, elle accepte la proposition, se lève, et, montée sur un âne, elle suit, avec cinq jeunes filles qui l'accompagnent, les messagers chargés de la conduire vers son nouvel époux.

Ce gracieux épisode se passait vers 1055 avant J.-C., d'après la chronologie ordinaire. Il met en relief le caractère sage, doux et ferme d’Abigaïl, et fait de cette femme la véritable héroïne d’un petit drame où l’action de Dieu apparaît toujours dominant les démarches des hommes et conduisant leur cœur. Les interprètes ont vu, dans Abigaïl épousant David après là mort de son premier mari, l'image de l’Église des gentils recevant pour époux Jésus-Christ aprés la ruine du paganisme; ou encore l’image de la très sainte Vierge, professant qu'elle ne veut être que la servante du Seigneur, comme Abigail professait elle-même ne vouloir être que la très humble servante de David.

P. RENARD

2. ABIGAÏL, sœur de David et de Sarvia. La Bible ne la mentionne que comme un élément généalogique. If Reg., xvi1, 25 (hébreu : ’Abigal) ; 1 Par., 11, 16-17. Elle était fille d'Isai, d'apres 1 Par., 11, 13, 16; de Naas, d’après I Reg., xvu, D; difficulté communément résolue par l'identification de Naas avec Isai. Quelques interprètes cependant regardent Naas comme un nom de femme, et en font la mère d'Abigail. Elle avait par son pére huit frères, 1 Reg., xvi, 5-11, bien que l’auteur des Paralipomènes, 1 Par., 1, 13-15, n'en mentionne que sept, peut-être parce que le huitième n'eut pas de descendants. Voir Isai. L'un d'eux était David, qui serait frère utérin d'Abigaïl, si l'on fait de Naas un nom féminin et si l'on refuse d'identifier ce personnage avec Isaï. Abigaïl épousa Jétra, I Reg., xvu, D; 1 Par., 11, 17; voir JÉTRA, dont elle eut un fils, Amasa, celui qui prit parti pour Absalom contre David, IL Reg., xvu, 25, et devint chef de l'armée des révoltés. P, RENARD.

3. ABIGAÏL, femme d'Abisur. 1 Par., 11, 29, Dans l'hébreu, on lit ’Abihäyil. Voir Apuiaic 2.

— ABILA ABIHAÏEL. Voir AmnaiL 1,

ABIHAÏL, hébreu: 'Abihäyil, « mon père est puissant; » Septante : "Aëryxi).

1. ABIHAÏL (Vulgate: Abihaiel), père de Suriel, qui, au temps de Moise, était chef de la famille lévitique de

Mérari. Num., ui, 35.

2. ABIHAÏL, femme d’'Abisur, I Par., 1, 29, (Quelques manuscrits hébreux ont ’Abihäyil avec un hé au lieu

d'un keth; Septante : ᾿Αθιχαία). Dans la Vulgate, on lit Abigail. Voir ABIGAÏL 3.

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