ACTES DES APOTRES
miracle opéré par saint Pierre, assisté de saint Jean, devient le signal de nombreuses conversions et d’une persécution violente, 111, 1-1v, 31. La mort tragique d'Ananie et de Saphire sert d'exemple aux fidèles pour les maintenir dans la ferveur, τιν, 32-v, 11. De nouveaux accroissements de l'Église provoquent une nouvelle persécution : les Apôtres sont jetés en prison, délivrés par un miracle, défendus par Gamaliel, v, 12-42. Institution des diacres : Étienne, le plus illustre d'entre eux, devient le premier martyr de la foi de Jésus, vi, 1 - τι, 59. — Troisième section. Propagation de l'Église dans la Palestine, la Samarie, la Syrie, vrr, 4-1x, 43. La persécution, dont saint Étienne fut la victime, disperse les fidèles et propage ainsi la foi dans la Judée et la Samarie, var. 4-40. Elle est aussi l'occasion de la conversion de saint Paul, 1x, 4-30. Pierre visite les Églises fondées en Judée, et y opère deux miracles insignes, 1X, 31-43.
Deuxième partie, x, 1 -Χχνπι, 31. — Première section. Les débuts de l'Église parmi les Gentils, x, {-x11, 25. Pierre, averti par une vision céleste, reçoit dans l'Église le centurion Corneille et sa famille ; ils deviennent les prémices de la gentilité, x, 1-x1, 48. Bientôt s'établit à Antioche une Église composée de païens convertis, xt, 19-26. Ceuxci viennent en aide, par leurs aumônes, aux fidèles de Jérusalem, xt, 27-x11, 25. — Seconde section. Dissentiment entre les fidèles convertis du judaïsme et ceux de la gentilité, xu1, 1-xv, 34. Premier voyage apostolique de saint Paul, en compagnie de saint Barnabé; ses fruits abondants pour l'Évangile, xur, 1-x1v, 27 (98). Après leur retour, quelques judéo-chrétiens d'Antioche troublent l'Église en voulant soumettre les Gentils à la circoncision. Leurs prétentions sont écartées par les Apôtres, assemblés à Jérusalem, xv, 1-34. — Troisième section. Propagation de l'Église parmi les Gentils de la Macédoine, de l’Achaïe et de l'Asie, xv, 36-xx1, 15. Saint Paul, dans son second voyage apostolique, visite les Églises qu'il a fondées, xv, 36-xvr, 5, et, conduit par l'Esprit-Saint en Macédoine, il y établit les Églises de Thessalonique et de Philippes, XVI, 6-xvIr, 15. De là 1l passe en Achaïe, et fonde l'Eglise de Corinthe, xvi1, 16-xvur, 28. Enfin, dans son troisième voyage, il prêche la foi à Éphèse et la répand au loin par toute l'Asie proconsulaire, x1x, 1-20, et, en repassant par la Macédoine et l'Achaïe, il retourne à Jérusalem, x1x, 21-xx1, 15. — Quatrième section. Captivité de saint Paul, nouveau moyen de propagation de l'Évangile, xx1, 16-xxvur, 31. Saint Paul, fait prisonnier à Jérusalem, est conduit à Césarée, xx1, Ἰῦ- χχπι, 35. Retenu deux années en captivité, il prêche la foi devant les gouverneurs romains et devant le roi Agrippa, XXIV, 1-xxvI, 32. Envoyé à Rome sur sa demande, il y arrive après avoir subi un naufrage, xxvu, 1-xxvirt, 15. Captif à Rome, il y prêche le royaume de Dieu à tous ceux qui viennent à lui, ΧΧΥΤΙ, 16-31.
Les événements racontés dans les Actes remplissent un espace d'environ trente-cinq ans, depuis le printemps de l'an 29 jusqu'au printemps de l'an 64.
VI. Véracité des Actes des Apôtres.— Elle est attaquée surtout par l’école rationaliste de Tubingue. D'après elle, l'auteur de cet écrit l'a composé dans un but polémique, celui de réconcilier le parti ethnico-chrétien avec le parti des judaisants. À cette fin, il a arrangé son récit, historique en apparence, de manière que les faits, en partie réels, en partie inventés, fissent apparaître Pierre et Paul comme également favorables aux idées des deux factions, et unis entre eux par les liens d'une concorde fraternelle. Ce n'est pas ici le lieu de démontrer que tout le système des Tubinguiens ne repose sur aucun fondement solide. ΤΠ suffit de faire voir comment l'authenticité du livre des Actes conduit à en admettre la véracité.
4° Saint Luc a été parfaitement renseigné sur les faits qu'il raconte. A partir du chapitre xx, 1l est présent à tous les événements. Compagnon de saint Paul pendant douze années, il a eu toutes les occasions désirables d'apprendre les détails du ministère apostolique de son maître. Quant
aux faits du ministère de saint Pierre, dont il s'agit au commencement de l'histoire, il s'en est informé exactement auprès de ceux « qui ont tout vu dès le principe », ainsi qu'il nous en avertit lui-même dans le prologue de son Évangile. Saint Luc connaissait donc parfaitement tous les événements racontés dans ses mémoires.
20 Saint Luc a exposé fidélement les choses comme il les savait. 11 nous est connu, en effet, comme un homme d'une probité irréprochable; d'ailleurs la candeur et la sincérité se laissent toucher au doigt dans ces pages écrites avec une simplicité où rien ne sent la recherche ni le parti pris. Enfin, quand même l'écrivain eût voulu tromper ses lecteurs, il n'y aurait pas réussi; car les faits dont est tissue son histoire sont pour la plupart des faits publics, illustres, accomplis devant des témoins nombreux. La fraude, s'il y en avait eu, n'aurait pas tardé à être connue et dénoncée.
VII. Difficultés soulevées contre la véracité du livre. — Pour convaincre saint Luc de fausseté, on a täché de le mettre en contradiction avec saint Paul.
4° On prétend qu'il y a contradiction entre Act., XVIT, 43-45 ; xvinr, 5, et I Thess., m1, 1-6. L'Apôtre écrit aux Thessaloniciens que, ne pouvant aller les trouver en personne, il s'est décidé à rester à Athènes, et à leur envoyer Timothée, pour les aider de ses exhortations dans leurs tribulations. Selon le récit des Actes, les Juifs de Thessalonique, ayant excité des troubles contre saint Paul à Bérée, en Macédoine, les fidèles conduisirent l'Apôtre à Athènes, tandis que Silas et Timothée demeurèrent seuls à Bérée. Saint Paul, après un court séjour à Athènes, se rendit à Corinthe, et c'est là seulement que Silas et Timothée, partis de Macédoine, vinrent le rejoindre. Timothée ne se serait donc point trouvé à Athènes avec son maître; d'où il suivrait que celui-ci n'aurait pas pu l'envoyer de là ἃ Thessalonique.
Nous pouvons répondre d'abord à cette objection d'une manière indirecte. Le récit des Actes et les Épiîtres de saint Paul se rencontrent à chaque pas, relativement aux détails les plus minutieux de la carrière évangélique de l’Apôtre. Or, s'il y a quelque chose de remarquable, c'est la concordance parfaite que l'on constate entre l'historien d'un côté et l'autobiographe de l'autre. Nous sommes donc en droit de supposer, à priori, qu'en l'endroit spécial objecté, cette concordance existe comme ailleurs; et, examen fait, si nous ne parvenions pas à la découvrir, le parti le plus sage serait encore d'avouer notre ignorance. Mais nous ne sommes pas réduit à cette extrémité. Pour faire concorder saint Luc et saint Paul, il suffit de suppléer quelque chose à leurs renseignements incomplets. Voici une hypothèse probable qui concilie tout. Saint Paul, arrivé à Athènes, donne ordre à Silas et à Timothée de venir le rejoindre en cette ville. Act., xvir, 15. Ils y viennent. L'Apôtre, avant de quitter Athènes, envoie Timothée à Thessalonique, et Silas dans une autre ville de Macédoine. Pendant que l'un et l’autre remplissent leur mandat, Paul va à Corinthe, où il est de nouveau rejoint par ses deux disciples, revenus de Macédome. — I] peut encore se faire que l'Apôtre, révoquant l'ordre qu'il avait donné d'abord, ait enjoint à Timothée d'aller de Bérée à Thessalonique sans venir à Athènes, et à Silas d'attendre à Bérée le retour de Timothée.
2% On veut aussi trouver des contradictions dans les trois récits de la conversion de saint Paul, qui sont tous trois donnés dans les Actes, 1x, 7; XxX11, 9; χχνι, 14. Au premier endroit, il est dit que les compagnons de Saul, lorsqu'ils entendirent la voix céleste, demeurérent debout, frappés de stupeur; au troisième endroit, tous sont couchés par terre au moment où la voix se fait entendre, Π est rapporté aussi, dans le premuer récit, que les compagnons de Saul entendirent la voix sans voir personne ; dans le second, au contraire, que ces hommes virent la lurnière, mais n'entendirent pas la voix de celui qui parlait avec Saul.