‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 87 sur 474 · ACTES DES APOTRES — ACTES APOCRYPHES DES APOTRES · texte numérisé non relu

ACTES DES APOTRES — ACTES APOCRYPHES DES APOTRES

Acta Joannis, Erlangen, 1882, p. 219-252, De ces Acta primitifs, on possède une sorte d'adaptation ou remaniement attribué à Prochorus, disciple de saint Jean, cf, Act., vi, ©, publié en latin, pour la première fois, par de la Bigne (1575), dans sa Bibliotheca marina Patrum; en grec, pour la premiére fois, par M. Zahn, op. cit., p.3-105: ce pseudo-Prochorus est une œuvre catholique des environs de l'an 500, et vraisemblablement d'origine palestinienne. Zahn, p. Lx; Lipsius, t. 1, p.406. Ajoutons un autre remaniement, celui-ci latin et décoré du nom de Méliton ; nous en parlerons à l'article MÉLITON. A en juger par les quatre fragments grecs que nous possédons et par le récit de mort ou μετάστασις ᾿Ιωάννον, qui a dù en faire partie, Zahn, p. 38 et suiv., les Acta Johannis anciens étaient une œuvre d'origine gnostique. M. Zahn, p. CxLY, les date des environs de l'an 130; M. Lipsius, ἔν 1, p. 515, les attribue à la seconde moitié du ne siècle.

Pour donner un spécimen de cette littérature, je citerai un hymne gnostique, incorporé dans les Acta Johannis, Zahn, p. 220-9221 : « Gloire à toi, Père! — Et nous qui l'entendions, nous répondions : Amen. — Gloire à toi, Verbe! Gloire à toi, Grâce! — Amen.— Gloire à toi, Esprit! Gloire à toi, Saint! Gloire à ta gloire! — Amen. — Nous te louons, ὃ Père; nous te rendons grâce (εὐχαριστοῦμεν), ὃ Lumière en qui l'ombre n'habite point! — Amen. — De celui de qui nous rendons grâce (ἐφ᾽ ᾧ εὐχαριστοῦμεν), je parle : être sauvé je veux, et sauver je veux. — Amen. — Être délivré je veux, et délivrer je veux. — Amen. — .… Manger je veux, et être nourri je veux. — Amen. — .… La Grâce est notre chorège (χορεύει): chanter (αὐλῆσαι) je veux : dansez en chœur (ὀρχήσασθε) tous ! — Amen. » On dirait un hymne orphique. Et ceci, que nous ne possédons qu'en latin :

Lucerna sum tibi, ille qui me vides.

Janua sum tibi, quicumque me pulsas,

Qui vides quod ago, tace opera mea.

Verbo illusi cuncta, et non sum illusus in totum.

De cet hymne d’une si singulière poésie, rapprochez les très belles prières eucharistiques que la Metastasis met dans la bouche de saint Jean présidant à la fraction du pain au moment de mourir. Zahn, p. 243:

€ Et ayant demandé du pain, il rendit grâces en disant : Quelle louange, quelle offrande, quelle action de grâces dans cette fraction du pain t'offrirons-nous, sinon toi seul? Nous glorifions ton nom prononcé par le Père, nous glorifions ton nom prononcé par le Fils, nous glorifions la résurrection, à nous révélée par toi. Nous glorifions, de toi, la semence, la parole, la grâce, l'ineffable pierre précieuse, … le diadème, et le Fils de l’homme pour nous annoncé, et la vérité, et la paix, et la gnose, et la liberté, et le don de se réfugier en toi! Car tu es seul Seigneur, et la racine de l'immortalité, et la source de l'incorruptibilité, et l'assiette des siècles! »

IL. Acta 5. Andreæ. — Un important fragment grec nous en est parvenu sous le titre de Acta SS. Andreæ et Mathiæ in civitate Anthropophagorum, publié pour la première fois par Thilo, Acta SS. apostolorum Andreæ et Mathiæ, Halle, 18#7, et à nouveau par Tischendorf, Acta Apostolorum apocrypha, p.132-166. M. Wright a publié une version syriaque du même morceau dans ses Apocryphal Acts of the Apostles, Londres, 1871, t. 11. Il ne faut pas confondre ces Acta anciens avec l'Epistol« encyclica presbyterorum et diaconorum Achaiæ de martyrio 5. Andreæ, publiée en dernier lieu, en grec, par Tischendorf, op. cit., p. 105-131, et qui, tout en dépendant partiellement de nos Acta, est une œuvre catholique des environs de la fin du 1v* siècle. Nos Acta, qui ont eu une grande circulation chez les catholiques, ont été cependant à l'origine une œuvre gnostique, et l’on y relève encore quelques traces de gnosticisme. D'après M. Lipsius, t. 1, p. 603, ils seraient de la seconde moitié du re siècle.

1Π. Acta 5. Thomæ. — Une partie du texte grec de

ces Acta avait été publiée par Thilo, Acta Thomæ, Leipzig, 1893, et à nouveau par Tischendorf, Acta Apostolorum apocrypha, p. 190-934. Le texte complet grec ἃ été reconstitué et publié par M. Max Bonnet, professeur à la faculté des lettres de Montpellier, Acta Thomæ, Leipzig, 4883. Dans l'intervalle, M. Wright en avait publié une version syriaque dans ses Apocryphal Acts of the Apostles, t. 11, Les Acta Thomæ sont aujourd'hui le spécimen le plus complet de cette littérature légendaire. Les traces de gnosticisme y sont nombreuses, spécialement dans les développements oratoires sur l'ascétisme et sur la virginité, thèmes chers aux gnostiques : on y a relevé, comme dans les Acta Johannis ci-dessus, plusieurs morceaux en forme d'hymne. D'après M. Lipsius, t. 1, p.346, les Acta S. Thomæ seraient du second quart du 111 siècle.

Voici, comme spécimen, le « cantique de la Sagesse » ou de l « Église », dont l'original était probablement syriaque, et, en toute hypothèse, bien singulièrement dans le goût de Bardesanes. Il est chanté dans un festin paien, par une psaltria juive, que saint Thomas ἃ convertie en secret. Bonnet, p. 8-9; Lipsius, t.1, p. 301-303 : « La jeune vierge est fille de la Lumière, et sur elle rejaillit et repose la splendeur des rois. Superbe et doux est son regard, resplendissant d'une beauté lumineuse. Ses vêtements ressemblent aux fleurs printanières, et un suave parfum s'en exhale.. Sur sa tête trône la Vérité; à ses pieds, la Joie. Sa langue est comme le velum d’une porte, qui se soulève pour laisser passer. Sa nuque est comme le degré [suprême] que le Démiurge a posé. Ses deux mains découvrent le chœur des Éons heureux, et ses doigts désignent les portes de la Ville. Sa couche nuptiale est étincelante, et des suavités de baume, de myrrhe et de fleurs jonchées s'en échappent... Autour d'elle, pour la protéger, sont ses fiancés; ils sont huit, huit choisis par elle. Au nombre de sept sont ses paranymphes, qui marchent devant elle comme un chœur. Douze sont ses serviteurs, qui vont le visage tourné vers la fiancée [?], dont le regard les éclaire. Et avec elle [?] ils seront toute l'éternité, et éternelle sera leur joie. Et ils auront leur place à ces noces où les grands seront convoqués, à ce festin où les Éons sont conviés. Et ils seront revêtus de robes royales. Dans la joie, dans l'allégresse ils seront, et ils glorifieront le Père de l’univers, ce Père dont ils ont reçu la douce Lumiére, dont le visage les ἃ éclairés, dont l'ambroisie ἃ été leur nourriture, dont le vin a été leur breuvage, ce vin qui apaise toute soif et tout désir de la chair. »

IV. Acta 55. Petri et Pauli. — Nous possédons deux monuments différents sur les deux apôtres romains. Le premier est intitulé dans les manuscrits : Martyrium SS. Petri et Pauli apostolorum a Lino papa græce conscriptum et orientalibus Ecclesiis destinatum. Ce pseudo-Linus a été publié pour la première fois par le Fèvre d'Étaples, dans son Commentarius in Epistolas Pauli, Paris, 1512; puis par de la Bigne, dans sa Bibliotheca maxima Patrum,t. τι, p.67-73. Voyez aussi Bolland., Acta sanctorum juni, t. v (1709), p. 424-498. Le texte latin est traduit indubitablement du grec; mais l'original grec est demeuré jusqu'à ce jour inédit, à l'exception d'un fragment signalé par Tischendorf, Acta Apostolorum apocrypha, p. xx, et publié par M. Lipsius, Jahrbücher für protestantische Theologie, 1886, p. 86-106. Le second monument est intitulé Marcelli, quem discipulum Petri aposloli ferunt, de mirificis rebus et actibus beatorum Petri et Pauli et de magicis artibus Simonis magi. Ce pseudo-Marcellus ἃ été publié pour la première fois par Florentini dans son édition du Martyrologe hiéronymien, Lucques, 1668, et reproduit par Fabricius, Codex apocryphus Novi Testamenti, Hambourg, 1703, t. 111, p. 632-653. Thilo, Acta Petri et Pauli, Halle, 1837, puis Tischendorf, ouvr. cit., p. 1-39, ont donné Voriginal grec du pseudo -Marcellus,

Le pseudo-Linus n’est qu'un fragment ou abrégé tardif, du ve-vie siècle (ainsi Lipsius), Mais ce pseudo-Linus ἃ

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