‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 101 sur 398 · DAG · texte numérisé non relu

DAG

22.; cf. Dan. 4 , 24 . ; il dit à Jérusalem : Sois rebâtie! et an temple : Sois refondé! Es. 44, 28.

Il entreprit encore diverses guerres en Syrie et du côté de la mer Rouge, et mourut enfin en 530, à l'âge de soixante et dix ans, selon les uns de vieillesse, selon les autres dans un combat contre les Scythes; leur reine Ttaomiris l'ayant attiré dans une embuscade, lui aurait fait trancher la téte. D'au ires disent qu'il fut attaché à une potence, d'autres enfin qu'il mourut d'une blessure reçue a la bataille.

L'histoire sainte nous donne naturellement beaucoup moins de détails sur Cyrus que l'histoire profane, mais ce sont des détails bien autrement grands et solennels. Déjà 240 ans avant la naissance de ce puissant monarque, elle l'appelle par son nom, elle annonce la grande œuvre de restaura ion dont il sera le ministre; il est dit de lui qu'il accomplira tout le bon plaisir de l'Eternel; Dieu dit : 11 est mon berger; Dieu l'appelle son Oint, Es. 44, 28. 45 4., l'assimilant ainsi aux rois d'Israël (4 Sam. 24, 7. 14. 2 Sam. 4, 14., etc.), soit pour indiquer qu'il avait lui-même consacré Cyrus à la royauté, soit parce que Cyrus devait être chargé de ramener le peuple de Dieu dans son pays. El lorsque après une longue attente, cet oint du Seigneur, ce Cyrus de la délivrance lut venu au monde, ei qu'il eut accompli une partie de sa destinée, il semble avoir reconnu lui-même ce Dieu qui l'avait nommé et surnommé (désigné) lorsqu'il n'existait pas encore : son langage, Esdr. 1 , 2., ne permet pas de douter, malgré les obscurités de sa foi, qu'il n'ait reconnu le Dieu d'Israël pour le vrai Dieu. L'Eternel, le Dieu des cieux, dit-il, m'a donné tous les royaumes de la terre, et lui-même m'a ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem. D'après le livre apocryphe de fiel et du Dragon, v. 40., il aurait dit comme Darius (1°, q. v.) : Que tous les habitants de la terre craignent le Dieu de Daniel, parce que c'est le Dieu sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la terre, et que c'est lui qui a garanti Daniel de la gueule des lions. Suivant le v. 4 ., Cyrus aurait toujours eu pour Daniel une estime et une affection toute particulière, cf. Dan. 6, 28. Quoique ces détails ne nous soient connus que par des livres apocryphes, rien ne les contredit, et les déclarations de la Parole de Dieu rendent fort probables des rapports de cette nature entre ces deux hommes. Il parait d'ailleurs, par Josèphe (Antiq., 41, 1.), que Cyrus a eu connaissance des prophéties d'Esaïe, et que le passage qui le concernait a été un des moyens dont Dieu s'est servi pour l'amener à sa connaissance.

Dans le passage Es. 21, 7. 9. qui se rapporte â Cyrus, et où il est question d'un attelage mixte d'ânes et de chameaux, quelques-uns ont voulu

voir la réunion des troupes de la Médie et de la Perse; d'autres interprètes ont mis en avant l'opinion suivante, que nous ne citons que pour son originalité, sans qu'il puisse être question de lui accorder aucune valeur : c'est que le conquérant dont il est parlé devait être une espèce de métis, issu de deux animaux différents, ainsi que Cyrus, en effet, naquit de deux sangs différents, du sang des Perses par son père, du sang des Mèdes par sa mère. A l'appui de ce sens, l'on cite deux exemples où le nom de mulet est donné à Cyrus : « Craignez, dit un oracle à Crésus, lorsqu'un mulet commandera aux Mèdes; » et Eusèbe (Prépar., 9, 41.) rapporte, d'après un ancien auteur, que Nébucadnetsar, quelque temps avant sa mort, rempli de l'esprit prophétique, dit aux Babyloniens : « Je vous annonce un malheur qu'aucune de vos divinités ne pourra détourner; il viendra contre vous un mulet persan qui, aidé du secours de vos dieux, vous réduira en servitude. » Ce sont des jeux de mots, et le texte cité d'E*aÏ6 ne s'y prêle pas même dans le cas actuel.

Admirons celle bonté divine qui, dans l'exil de son peuple, et par cet exil même, s'est rendu captive l'âme du grand Cyrus. Après l'avoir connu guerrier et héros dès nos premières études classiques, nous le trouvons maintenant roi théocratique, et nous le verrons un jour simple fidèle dans le royaume des cieux, avec bien d'autres encore auxquels nous sommes peut-être loin de penser.

DABBÉSETH, Jos. 19, 41., ville inconnue de la tribu de Zabulon.

DABRATH , ville située sur la frontière des tribus d'Issacar et de Zabulon, Jos. 49, 42., et qui fut donnée aux lévites, Jos. 21 , 28. 1 Chr. 6, 72. Elle est quelquefois appelée Dobrath. Reland la place, avec assez de vraisemblance, au pied méridional du mont Thabor, où Burckhard a trouvé un village nommé Dabury : on pense que c'est le Dabeïra d'Eusèbe.

DAGON, divinité nationale des Philistins d'Asdod et de Gaza, non sans rapports avec Hastaroth et Derceto, Jug. 16, 23. 1 Sam. 5, 4 . 4. sq. De ce dernier passage on peut conclure qu'elle avait une téte, des bras et des mains d'hommes; d'un autre coté, l'étymologie de ce nom (dag, poisson) permet de croire que la partie postérieure de son corps se terminait en poisson, comme les tritons et les syrènes des autres païens. Pour la plupart de ces peuples,voisins de la mer, les poissons étaient un objet de culte (Hérod., 2, 72. Xén., Anab., 4, 4. 9., etc.); et les Babyloniens eux-mêmes avaient une divi-

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