‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 102 sur 398 · DAM · texte numérisé non relu

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nité toute semblable, Odakon, mi-homme, mipoisson, l'uo des quatre bienfaiteurs de l'humanité connus sous le nom d'Oannès, et qui remontaient jusqu'aux temps du déluge (Creuzer's Symb., 2, 74. 78.). — D'après un système tout différent, Philon de Byblos fait dériver te nom de Dagon de l'hébreu dagan, qui signifie froment, blé ; il en ferait une espèce de Dieu des récoltes et des moissons. Cette opinion, partagée i ntre autres par Bochart, n'a guère d'autre appui que l'élymologie; mais sous ce rapport la première se justifie également , et de plus elle a pour elle des raisons historiques d'un grand poids.

Le temple de Dagon, mentionné Jug. 46, et qui fut renversé par Samson , devait être construit dans le genre des kiosques de la Turquie ; c'était une vaste place entourée de colonnes, et couverte d'un toit plat sur lequel un grand nombre de personnes pouvaient se réunir dans des circonstances solennelles et pour des réjouissances communes.

DAIM. Prov. 6, 5. v. Gazelle.

DALMANCTHA, Marc 8, 10. La comparaison de ce passage avec Matth. 45, 39. montre que cette bourgade devait être située dans le voisinage de Magdala ; mais c'est tout ce que l'on en sait. D'autres (Calme t, etc.) lisent, au lieu de Magdala, Magedan, et comparent la ville de Médan près du lac Phiala et des sources du Jourdain, où les Arabes tiennent chaque année une grande foire (medan en arabe), qui a donné son nom à l'endroit : c'est à la fois faux et forcé.

DALMVTIE. La province de ce nom, indiquée dans la Bible, 2Tim. 4, 40., comme ayant été évangélisée par Tite, élait, selon Pline, 3, 28., située dans l'ancienne llîyrie, au bord de la mer Adriatique, entre li'sfl-uves Titius et Orinus.

DAMARIS. Aet. 47, 34. Cette femme, que l'on peut supposer avoir été d'un rang élevé et que quelques-uns font femme de Denxs l'aréopagite. fut du petit nombre de personnes qui se convertirent à Athènes par suite de la prédication de saint Paul.

DAMAS. Au milieu d'une vaste plaine de la Syrie qui s'étend vers le nord jusqu'aux chaînes de l'Ami-Liban, et dont le Chrysorrboas qui la traverse, se divisant en plusieurs bras, fait une des contrées de la terre les plus fertiles et les plus riantes, s'élève de nos jours encore l'antique et célèbre ville de Damas-, le fleuve la sépare en deux parties. Sa position comme point centra] entre l'Asie Mineure et l'Asie intérieure, lui donna, dès les temps les plus reculés une grande importance sous le rapport commercial et politique. Maintes fois détruite par des tremblements de terre ou par les chances des combats, elle a toujours été rebâtie, grâce a la beauté de sa position, à la dou-

ceur de son climat, a la variété de ses productions en tous genres-, ses habitants y voient le paradis terrestre. Maintenant elle est encore le chef-lieu d'un pachalik turc; elle ne compte pas moins de 200,000 âmes, dont 25,000 chrétiens ; cependant le nombre de ces derniers a beaucoup diminué depuis les massacres systématiques des chrétiens de Syrie, organisés par le gouvernement turc.

Elle est déjà nommée comme existant à l'époque d'Abraham, et quelques auteurs font de ce patriarche le premier roi de Damas, après que son fondateur Dammésec eut été détrôné par lui. Elihézer, l'intendant de la maison d'Abrabam, était Damascénien, Gen. 15, 1.; Abraham poursuivit Kédor-Lahomer et les cinq rois alliés jusqu'à Hobar qui est plus au nord et à la gauche de Damas (14, 15.). Depuis ce moment il n'en est plus reparléjusqu'au temps de David qui s'en empara. 2 Sam. 8, 5. 6. Elle fut reprise déjà sous Salomon, par Rézon fils d'Eljadab, 1 R. 11, 24. Parmi les rois qui la gouvernèrent depuis celte époque, nous remarquerons surtout les suivants, dont l'histoire fut plus ou moins liée à celle du peuple d'Iraël.

Ben-Hadad I, fils de Tabrimon, fils de Hczjon ; il fit alliance avec Asa roi de Juda, contre Bahasa roi d'Israël, et remporta sur ce dernier une importante victoire, 1 R. 15, 18.

Ben-Hadad II, fils du précédept ; 11 marcha contre Achab roi d'Israël, et fit le siège de Samarie, aidé de trente-deux rois, mais il fut obligé de quitter la place. L'année suivante il fut de nouveau battu par Achab, et comprit que le Dieu d'Israël était un Dieu de la plaine comme un Dieu des montagnes; il dut faire la paix, et rendre les villes que ses ancêtres avaient prises sur Israël, 1 R. 20. Il se releva cependant contre Joram, fils d' Achab.

Itazael, un de ses officiers, lui succéda après l'avoir étouffé dans son lit; il fut dans la main de Dieu un instrument pour châtier à la fois son prédécesseur qui avait combattu contre le peuple de l alliance, et ce royaume des dix tribus qui avait abandonné le culte du vrai Dieu ; il ravagea en particulier les provinces situées à l'est du Jourdain, et s'avança jusque sous les murs de Jérusalem, 1 R. 19, 14. 15. 2 R. 8, 28. 10, 32. 12, 17.

Ben-Hadad III, fils de l'usurpateur, se para du nom de l'ancienne dynastie. Trois fois il fut battu par le roi d'Israël Joas, et finalement fut obligé de rendre toutes les conquêtes de son père, 2 R. 13, 25.; on peut même conclure de 2 R. 14, 28. qu'il perdit momentanément sa capitale.

Rettin. Ce qui causa la ruine du petit royaume de Damas, c'est que ce malheureux prince s'étant ligué avec Pékach roi d'Israël,

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contre Acbaz roi de Juda, celui-ci sollicita à son tour l'alliance et 1'imervention de Tiglath- Piléser. L'Assyrien, pour faire une diversion utile à son allie1, entra, sur les terres de Rctsiu, prit Damas, tua Retsin lui-même, qmmena une partie de ses sujets en captivité, et réunit ce territoire à l'empire d'Assyrie, 2 R 16, 9. Es. 47.

Damas continua cependant de subsister, mais soumise; elle passa successivement sous la domination des Babyloniens, des Perses, des Séleucides, et enfin depuis Pompée sous celle des Romains (cf. Es. 7, 4- 8. 8, 4. 40, 9. 47, 1. Am. 4, 3. 5. Ez. 27, 18. Jér. 25, 9. 49, 23.

24. Zach. 9. 1.)- Elle compta toujours parmi ses habitants, surtout sous les Séleucides, un grand nombre de Juifs (Josèphe, Bell, jud., 4, 2,

25. 2, 20. 2. Acl. 9, 2.)- Elle marqua enfin, dans l'histoire du christianisme, comme le lieu de la conversion et de la première prédication de saint Paul, Act. 9, 3. 49. Cal. 4* 47.

On montre encore, à cinq cents pas de Damas, l'endroit où Paul fut renversé par la voix du ciel, et dans la ville, la rue et la maison où Ananias le baptisa. Celle maison fut d'abord changée en église, les Turcs en ont fait une mosquée. C'est également avec les, mêmes garanties qu'on montre dans les environs de Damas le tombeau d'Abel, long d'environ 44 mètres, eù égard à la grandeur des premiers hommes. Quelques écrivains, traduisant le nom de Damas (Dammé.sec) un sac de sang, pensent que ce fut dans ses euvirons que se commit le premier meurtre,.

2° La Syrie de Damas, ou Arara Damas, est le nom qu'on donnait à la partie de la Syrie qui formait le territoire de la ville de Damas, au nprd-est de la Palestine, 2 Sam. 8, 6., cf. Es. 7, 8. 17, 3. Am. 1, 5.

DAM.MIM, 4 Sam. 47, 1., vallée (ou passage} située entre Soco et Hazéka; c'est là que Goliath campait. Aujourd'hui Ton y trouve quelques ruines qui portent encore le nom de Khirbet DamoÇui.

DAN (juge), fils de Jacob et de Bilba, Çen. 39, 3. On avait assigné à la tribu qui porta son nom un territoire entre celles de Juda, de Benjamin et d'Ephraîm, Jos. 49, 40.; mais, outreque ces limites étaient passablement restreintes, il paraît qu'il se passa un temps assez long avant qu elle put en chasser les Cananéens et en prendre entièrement possession : c'est ainsi qu'il f.iuL entendre Jug. 4 , 34. 1 8, 2. Ce fut la sans doute la cause de l'expédition contre la ville de Laïs, qui eut lieu çléjà du temps de Josué, Jos. 19, 47., mais que nous ne trouvons racontée avec détails que Jug. 48. La nouvelle ville qui fql construite sur l'emplacement de Lais, recul aussi le nom de Dan. Us possédèrent ainsi tout le cours su-

périeur du Jourdain, et la partie septentrionale

du pays, de sorte que pour dire d'une extrémité à l'autre de Canaan, ou finit par dire proverbialement de Dan à Béersébab, 4 Sam. 3, 20. etc. v. Béersébah. Quant a l'ancien terrU toire de la tribu, il avait pour voisins et pour ennemis les Philistins, sous l'oppression desquels les Datâtes gémirent pendant quarante ans, jusqu'à ce qu'enfin un homme de cette tribu, Samson, les en eut délivrés, J,ug. 13^ 1. 2. Les Panites avaieut des vaisseaux, Jug. 5, 47., et l'on croit qu'ils possédaient la ville de Joppe au bord de [a mer.

Jacob, à son lit de mort, annonce que « pau jugera son peuple, aussi bien qu'une autre des tribus d'Israël (Samson j; qu'il sera un serpeut sur le chemin, et une couleuvre dans le sentier, mordant les cornes du cheval, et ce|ui qui le monte, tombe a la reuverse, « ce qui signifie que ses conquêtes et ses victoires seront dues à la ruse plutôt qu'à la force (Geo. 49, 4$. 47.). Moïse au contraire dit de cette tribu: « Dan est comme uu jeune lion, » montrant ainsi que, si la ruse est son partage, la force cependant ne lui manquera pas.

Quant aux raisons pour lesquelles celte tribu n'est pas mentionnée avec les autres Apoc

7, 5-8., h?s commentateurs $out partagés : on pourrait penser que c'est parce qu'elle fut dès le commencement le principal siège de l'idolà- (rie, Jug. 18, 4 R. 12., 30. v. Tnbus.

DANIEL. (l'Eternel est mon juge). 4° Troisième 01s de David par Abigaïl, 4 Chr. a,, 4. — - 2° Descendant dïthafuar, nommé parmi ceux qui revinrent de la captivité de Babylooe, Esd.

8, 2. — 3° Prophète hébreu.

Daniel le prophète était d'une naissance illustre, et même, selon Josèphe (Antiq., 1,0, 40.}, il appartenait à la famille royale et descendait directement d'Ezéchias; cf. i R. 20. 48. Fort jeune encore, âgé peut-être de \% à 45 ans, U fut emmené captif en Caldée, après ^ prise dé Jérusalem par Nébucadnctsar, la quatrième année de Jéliojakim (av. C. 604). Il fut élevé avec trois autres de ses compatriotes et compagnons d'âge pour le service delà cour, et reçut le nom de Bellesalsar, Dan. 4, 7. 2, 26. Il se distingua par ses abstinences et sa fidélité, refusa de se souiller en goûtant des incls qui lui étaient défeudus par la loi de .Moïse, et comnn nca, au bout de trois années de préparation, son service auprès du monarque. Les quatre jeunes gens ne tardèrent pas à gagner la confiance de leur maître par leur sagesse et leur science admirables; Daniel, en particulier, ayant su rappeler au roi uu songe remarquable que celui-ci avait fait et lui e,u, ayant en même tempe donné l'interprétation, deviul l'objet d'une haute considération et fut élevé a la dignité d'inspec-

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teor de la caste des mages, 2, 46., charge qu il parait avoir perdue cependant sous l'un des successeurs de ÎNcbueadnelsar, et qu'il n'exerçai! plus sous Belsalsar, 5, <<Hf>. C'est revêtu (je ce litre nouveau qu'il fut appelé auprès du roi pour lui expliquer un second songe, mais personnel a Nébueadnetsar, et plus terrible que ie premier; il lui annonça qu'il serait, pendant un certain nombre d'aimées, réduit a l'élat de bêle sauvage- Puis, pendant deux ou trois règnes, ceux d'Evjj-Mérodae, de Nériglissor et de Laboroso-Archod, Daniel disparaît de ta scène : les armes de Cyrus remplissent déjà l'Asie, sa renommée est portée sur toutes |es bouches, ici la crainte, là l'espérance. Daniel, qui sait la succession des monarchies el le renversement de Babylone p;u- la puissance médoperse; Daniel, qui sait que la lin de la captivité, que le terme des soixante el dix années approche; Daniel, enfin qui se rappelle que c'est un guerrier du nom de Cyrus qui doit présider au retour des Juifs dans leur pays, dire à Jérusalem : Sois rebâtie, et à son temple : Sois refondé, Daniel attend dans le silène*' le développement et l'accomplissement de ces faits dont aucun autre peut-élre n'a la clef. Puis, une nuit, pendant que Belsalsar est dans la salle du festin, Cyrus marche dans le (il du fleuve mis à et l ange écrit sur la muraille du fesiiu les mots mystérieux et redoutables. Après avoir inulj|eu>enl consulté les mages et les devins, Belsalsar mande le prophète hébreu. Daniel apparaît : ses paroles sont sévères; il parle à un roi puissant, mais qui n'a plus que peu d'heures à vivre; il lui reproche ses crimes et lui déclare que le moment de la veangt nie est arrivé : bien loin de proliter de l'expérience de ses pères, il a résiste au vrai Dieu, il s'en est détourné, il a foulé aux pieds les choses saintes ; les coupes el les vases sacrés du temple de Jérusalem sont encore là sur la lable, pleins de vin, destinés à passer par les lèvres des tourlisans et des concubines royales. Frappé de lerreur, çi voulant essayer peut-être de parer le coup fatal en s'amendanl à la hâte, Belsalsar fait revêtir Daniel d'écarlate, lui met un collier d'orau cou, el ledéclare le troisième du royaume. Cétaii trop tard.

Darius le Mède, grand oncle de Belsalsar, et pour qui Cyrus avait fail cette conquête, s'empara du royaume à l'âge d'environ soixante el douze ans; il continua d'avoir pour Daniel le même respecl el la même considération que lui avaient témoignée ses prédécesseurs; il établit cent vingt satrapes dans le pays, au-dessus d'eux trois gouverneurs, et Daniel comme leur chef. Darius fut le sixième roi que Daniel fut appelé à servir d'une manière ou de l'autre dans Tadmiiiisiralion ; il servit encore plus tard sous

Cyrus, Pan. 6, 28. Cependant l'envie et la malveillance ne dormaient pas; la religion fut le moyen que l'on mil en avant pour perdre Daniel; on arracha à Darius un édil par lequel tout homme qui, pendant trente jours, adresserait des prières à une autre divinité qu'au roi lui-même serait jeté aux lions. Daniel, qui n'a jamais fait étalage de piété, ne craint point nou plus de montrer sa loi; il doit l'exemple A ses coreligionnaires, il doit les soutenir dans ce combat entre les dieux de Darius et Jébova ; sa position l'y oblige; s'il cède, lous céderont; s'ij persévère dans le bien, tous persévéreront. Aussi, trois fois le jour il ouvre sa fenêtre, du côté de Jérusalem, se met à genoux, prie et célèbre sop Dieu comme il faisait auparavant. Découvert, accusé, condamné malgré le roi que sa parole engage, en le descend dans la fosse aux lions; mais ces animaux affamés, respectent l'oint de l'Eternel, et quand,, au jour suivant, Darius, qui croit au Dieu de Daniel, s'approche avec une vague et faible espéiance de, trouver sou ami vivant, Daniel lui répond : 0 roi, vis éternellement. Mon Dieu a envoyé son ange, et a fermé la gueule des lions, lellenien,! qu'ils ne m'ont fait aucun mal, parce que j'ai été trouvé, inuoceul devant lui ; el même à ion égard, ô roi, je n'ai commis aucune faute. Daniel sort du tombeau triomphant; ses ennemis, qu'on y jette avec leurs femmes et leurs enfants, sont dévorés « avant même qu'ils soient parvenus au bas de la fosse. « Le prophèle reprend dans l'empire son rang el sou autorité, Dan. 6, 1 1 .; c'esf en grande partie à son influence qu'il faut attribuer la permission donnée aux Juifs de retourner dans leur patrie. Lui-même resta à la cour, surveillant jusqu'à sa mort les intérêts du règne de son divin maître, el mourut, à ce (jue l'on peut croire, âgé d'au moins quatre-vingt-dix ans, quelques années après Vavénement de Cyrus.

Dieu n'avait envoyé Daniel à Babylone, et ne l'avait revêtu du ministère public qu en vue <|q peuple d'Israël, dont la régénération morale devait s'opérer pendant l'exil. Or, quoi de plus propre à atteindre ce but que la mission de Daniel? Tous les Israélites pouvaient attacher leurs regards sur lui comme sur un modèle de lidelité : ils voyaient se déployer en lui, même au milieu des idoles, touie la puissance du vrai Dieu; jeune, il les encourage par sa fermeté; plus lard, il les soutieni de son crédit el par lus révélations 'de sa sagesse surhumaine; vieillard, il affronte les lions, et, par sa haute position, s'expo>eaux premiers coups, aux premiers châtiments, comme le sapin de la montagne qui détourne la foudre des arbustes qui l'environnent, en l'attirant sur lui-même. Enfln ses prophéties consolantes devaient relever leur cou-

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rage abattu, et leur montrer dans un avenir peu éloigné le moment que les fidèles appelaient de leurs vœux les plus chers.

Deux passages d'Ezéchiel, 4 4, 1 4. 28, 3., nous montrent que sa destinée providentielle fui comprise au moins par quelques-uns de ses compatriotes; ils nous font voir en même temps combien Daniel devait être un homme de prière, puisque de son vivant un de ses contemporains, mû par l'esprit de Dieu, ne craint pas de le citer avec Job et Noé, comme un des hommes dont l'intercession eût pu avoir le plus de succès auprès du trône des miséricordes et de la justice. Sa sagesse y est également exaltée.

On s'est étonné quelquefois que Daniel n'ait pas été enveloppé dans une même condamnation avec ses trois amis qui furent jetés dans la fournaise ardente pour avoir refusé d'adorer la statue de Nébucadneisar, Dan. 3.; mais outre que Daniel pouvait se trouver accidentellement éloigné, il faut remarquer que la fête de celte dédicace se fit dans la province de Babylone où les trois autres jeunes gens étaient établis, tandis que Daniel qui avait un autre poste dans la ville même de Babylone, à la porte du roi, 2, 49., élait peut-être retenu par sa charge même, loin d'une scène d'idolairie dans laquelle il aurait certainement participé à la conduite, au supplice et a la délivrance de ses amis, s'il eût été appelé à y assister.

Quoique le prophète ait été un bomme pécheur comme nous, et qu'il le reconnaisse avec tant d'humilité dans la belle prière du chapitre 9% on a fait la remarque q:ie sa vie (elle qu'elle est racontée ne présente aucune espèce de taches, de même que celle de Joseph en Egypte : ce sont deux figures qui nous offrent la plus grande pureté de caractère, nobles, droits, fidèles dans tout ce que nous en connaissons.

Livre de Daniel. Les six premiers chapitres se rapportent à la biographie du propbèle ; les six autres contiennent les prophéties propre ment dites, qui ont essentiellement pour objet l'histoire des principaux peuples aux destinées desquels le peuple de Dieu fut mêlé etencbalné. Ce devait être pour les Israélites pieux une grande consolation de pouvoir ainsi discerner clairement, au milieu des révolutions politiques, la main de Celui qui fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l'aiment. Le sujet du ch. 7e est le même que celui du songe expliqué au cb. 2% la succession des quatre monarchies, caldèenne, médo-perse, macédonienne et romaine. Le ch. 8* annonce avec plus de détail l'histoire de la deuxième et troisième de ces monarchies. Le 9* détermine de la manière la plus remarquable et la plus précise l'époque des bénédictions messianiques, il renferme le passage des septante semaines. Les ch. 10* et 4t<-

prédisent les destinées du peuple juif sous la domination égyptienne et sous la domination syrienne. Enfin, le 42* s'étend de nouveau jusqu'aux temps du Messie. Ces douze premiers chapitres sont écrits partie en caldéen, partie en hébreu; les catholiques en ajoutent deux autres, écrits en grec et renfermant les histoires de Suzanne, de Bel et du Dragon; on les compte ordinairement à part. v. Apocryphes.

Le livre de Daniel contient des vérités tellement précises, les miracles qu'il rapporte sont si inexplicables, qu'il devait être une pierre d'achoppement pour tous les ennemis de la révélation : aussi les voyons-nous se liguer dans leurs attaques contre son authenticité, depuis le païen Porphyre jusqu'aux rationalistes modernes inclusivement. Cette authenticité, cependant, repose sur des preuves assez solides et assez nombreuses pour que sous ce rapport Daniel puisse se mesurer avec tout autre livre de l'antiquité hébraïque. Il existait déjà en collection du temps des Maccabées, 4 Macc. 2, 59. 60., et Josèphe nous apprend, Ant., 44, 85., qu'il fut présenté à Alexandre le Grand, fait dont nous n'avons aucune raison de douter. L'auteur montre aussi une connaissance si approfondie des mœurs et des événements de l'époque dont il parle, qu'il serait difficile d'admettre que ce livre ail été écrit à une époque postérieure. Enfin et surtout, nous avons en faveur de son authenticité le témoignage solennel de notre Sauveur, qui ajoute : Que celui qui lit ce prophète y fasse attention, Matlb. 24, 45. Les Juifs, tout en maintenant sa canonicité, lui ont donné une place inférieure, et l'on peut croire que la clarté de ses oracles, quant à l'époque où doit apparaître le Messie, n'a pas été étrangère à leurs répugnances. Les modernes qui n'admettent ni le surnaturel ni la prophétie, combattent l'aulhenticité de Daniel par des raisons dogmatiques (Gesenius, De Wette,Hitzig, Bleek, Lûcke); ils pensent que ce livre a été écrit aux jours d'Antiochus pour soutenir la foi des fidèles : l'auteur, en écrivant l'histoire des quatre monarchies, a écrit selon eux l'histoire du passé, non celle de l'avenir : dans ce cas les quatre monarchies ne comprendraient pas l'empire romain; ce seraient les monarchies caldèenne, mède, perse et macédonienne. Au milieu de quelques bonnes raisons en faveur de cette interprétation, il s'en trouve d'autres tellement forcées qu'elles suffisent à ruiner tout le système (o., p. ex., un art. de Kayser, Rev. de Théol., t. 7, 4833, p. 452. sq.). Les orthodoxes expliquent la place donnée à Daniel parmi les Ketubim, ou écrits non prophétiques, par le fait que Daniel, tout en ayant prophétisé, n'a pas exercé sous ce rapport uo ministère public parmi ceux de sa nation.

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