‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 110 sur 398 · DEN · texte numérisé non relu

DEN

DÉS

pondit : a Rendez donc à César ce qui est à César el à Dieu ce qui est à Dieu, » Mallh. 22, 19. Marc 12, 16. Le denier équivalait a la drachme attique, Plin. SI, 109. (environ 83 centimes). C'était l'impôt par tète que les Juifs étaient obligés de payer aux Romains.

DÉNOMBREMENT, Acl. 5, 37., ou Description, Luc 2,2., v. ce que nous avons dit à l'article Cyrénius. Ces deux dénombrements furent ordonnés par des païens, maîtres d'Israël. Un dénombrement plus célèbre dans l'histoire de ce pays est celui qui fut fait par David et puni d'une mortalité qui emporta 70,000 hommes. L'ambition, sans doute, et peut-être cette inquiétude vague qui accompagne dans la paix et l'oisivelé celui qui a vécu jusque-là dans l'activité la plus prodigieuse, au milieu des combats et des guerres, ce besoin de faire quelque, chose quand on n'a rien à faire, ce besoin que l'on éprouve dans le moment de la transition entre une activité extérieure et une activité intérieure, lorsqu'on est assez calmé pour renoncer a l'agitation el pas assez pour se livrer a des travaux tranquilles, tout cela contribua à pousser à cette mesure le malheureux roi qui oubliait que jamais jusqu'alors, aucun dénombrement n'avait été fait que sur l'ordre exprès du grand et vrai Roi d'Israël. On trouva dans les deux royaumes 1 ,300,000 hommes de guerre, sans compter les infirmes, les femmes et les enfants. Ce péché d'orgueil fut puni; un ange vint de la part de l'Eternel dénoncer a David la destruction d'une partie de ce peuple dont il était lier, et lui donna le choix entre sept années de famine, trois mois de défaites à la guerre, ou trois jours de mortalité: ce dernier moyen fut celui (pie David préféra, aimant mieux tomber entre les mains de l'Eternel qu'entre les mains des hommes, 2 Sam. 24. 1 Chr. 21 .

D'autres dénombrements eurent lieu, à la sortie d'Egypte, pendant le voyage du désert, lors de l'établissement d'Israël en Canaan, et après le retour de la captivité, Ex. 12, 37. 30, 12. 38, 26. 2 Chr. 17, 14. Esd. 2. Néh. 7.

DEM, r. Léhi.

DENYS, Act. 17, 3i. L'n des membres de l'Aréopage, qui fut converti par la prédication de saint Paul à Athènes: nous ne savons que cela de lui, mais l'on a ajouté beaucoup de détails à son histoire ; on l'a fait mari de Damaris qui fut convertie en même temps que lui ; on l'a fait premier évéque d'Athènes et martyr; on l'a fait enfin premier évéque de Paris, en le confondant avec c< lui qui plus tard, en effet, devint evêque de cette ville. Les écrits qui nous estent sous son nom ne sont certainement pas authentiques. Ils furent écrits, selon Daillé, vers l'an 420, selon Pcarson vers les derniers temps d'Eusèbe de Cé>arée ; ils sont mentionnés

pour la première fois eu 332, lors de la discussion qui eut lieu dans le palais de Justinien entre les catholiques et les sévériens, secte eutychienne. L'auteur de ces écrits, tout empreints d'une philosophie mystique est. à ce (pie l'on croit, Apollinaire, évéque de Laodicée au IVe siècle, ou plutôt son fils, qui portait le même nom.

DÉPOTS. Les conventions écrites n'étant guère en usage aux temps anciens, la loi avait dû s'occuper d'une manière spéciale de garantir les dépOts à leurs propriétaires, contre la négligence et surtout contre la mauvaise foi des dépositaires. Suivant les cas, le serment intervenait comme garantie de la véracité des parties intéressées, Ex. 22,7-13.; le dépositaire n'était tenu qu'A la restitution du dépôt si c'était luimême qui l'avait détourné; si un larron l'avait dérobé de chez lui sans sa complicité, le propriétaire devait se contenter du serment; c'était lui qui était volé et qui perdait.

DERBE, petite ville de Lycaonie près des monts Isauricns, au sud d'Icouie, au sud est de Lystre. C'est A Derbc que Paul et Barnabas se retirèrent après avoir été chassés d'Icouie, Act. 14. 6. Gaius, l'ami de saint Paul, était Derbien, 20, 4. La tradition porte que Timoihée était aussi natif de cette ville.

DÉSERT. Ce nom, qui dans notre esprit, revêt ordinairement des images d'horreur ou de majesté, qui ne marche qu'avec les épilhètes de sauvage ou de terrible, qui rappelle des sables, des tourbillons et des tombeaux, ce nom cependant (midbar en hébreu) doit se prendre dans une signification beaucoup plus étendue, s'appliquant non seulement à ces mers de sable que l'on trouve en Orient et particulièrement en Arabie, mais encore et surtout à ces paisibles solitudes qui forment comme la banlieue des villes de bergers, solitudes de plaines et de montagnes, quelquefois rocheuses, rarement boisées, presque toujours riches en pâturages abondants, et fréquemment baignées par les eaux d'un torrent. Esaïe, Jéréniie, Joël, et presque tous les prophètes, nous parlent en quelques endroits de déserts inhabitables, sauvages asiles des bêtes féroces, lieux de deuil et de cris lugubres; mais ailleurs, el dans la plupart des cas, il ne s'agit que de pacages solitaires que parcourent les troupeaux, et ou l'on rencontre encore les ambulantes cabanes des bergers qui font ressortir la solitude en voulant rappeler les hommes, Ps. 63, 12. .lér. 9, 2. 10. Joël 1, 20. Luc 13, 4. Les villes de la Judée avaient presque toutes, el suivant leur grandeur, des steppes fertiles pour l'alimentation de leurs troupeaux ; et c'est ain>i que nous devons nous représenter les déserts nombreux dont il est parlé dans l'Ecriture. Nous n'en indiquerons que les principaux.

DÉS

DES

Le désert de Juda, Jos. 45, 20. 61. Jug. 1,46. ou désert de la Judée, Matin. 3, 1., cf. 44, 7.; district rocailleux dans la partie orientale de la tribu de ce nom, et s'étendant de la rive droite du Cédron, jusque vers la ville de Ben- Guédi, et le long des bords de la mer Morte. De nos jours encore on remarque, près du couvent de Sabas, un désert nu, plein de cavernes, de crevasses et de roebers, et dont le caractère sauvage augmente en avançant vers le Nord. — Au sud-ouest du désert de Juda, mais y attenant, le désert de Tékoah, 2 Chr. 20, 20. ; au sud-est le désert de Hen-Guédi, 4 Sam. 24, 2., le désert de Ziph, 23, 14., celui de Mabon, 23, 25., et au sud celui de Béer-Sébah, Gen. 2t, 44. C'est dans le désert de Juda que Jean- Baptiste prêcha la repentance, et vit accourir à ses paroles sévères tant d'âmes pieuses, et tant de curieux indifférents, cf. Es. 40, 3.; si la tradition nous montre encore à deux lieues de Bethléem un endroit connu sous le nom de désert de sainl Jean, ce ne peut être la solitude qui fut le théâtre de son activité, et s'il y a quelque fondement a la tradition on doit admettre plutôt que c'est le désert dans lequel il se prépara, par le Jeûne et la prière, à la vie publique à laquelle il allait êtee appelé.

Le désert de Jéricho, Jos. 40, 4., se trouvait compris entre la ville de Jéricho et la montagne des Oliviers ou le village de Béthanie, à 8 ou 40 kilom. de Jérusalem, dans une contrée aride et crevassée, où la tradition place la scène du Samaritain miséricordieux, Luc 40, 30. Cet endroit porte encore le nom de Kan du Samaritain. Après une rapide descente, on arrive dans les plaines de Jéricho, et l'on voit vers le nord s'élever une montagne calcaire fort escarpée, la Quarantauia, dans les cavernes et les solitudes de laquelle on veut que Jésus ait passé les quarante jours de son jeûne, Matth. 4.

Au nord de Jérusalem, le désert de Gabaon, 2 Sam. 2, 24.

Très de là, sur la frontière nord-ouest de la tribu de Benjamin, et adossé à la tribu d'Ephraïm, le désert de Beih-Aven, Jos. 48,12. — Celui des Hubénites, dans le plat pays, Deut. 4, 43. C'est là que se trouvait Betser, la ville de refuge. — Le désert de Belhsaïda, Luc 9, 40.

Eu dehors des limites de la terre promise, plusieurs autres solitudes sont eneore mentionnées dans l'Ei riture. — Le désert de Sur dans lequel s'enfuit Agar, chassée de la maison d'Abraham, Gen. 46, 7., et qui fut nue des premières stations des Israélites dans le désert, Ex. 45, 22. On l'appelait aussi désert d'Elham, 43, 20. — Celui de Paran dans l'Arabie Pétrée, près de Kadès-Barné; Ismaél y demeura, Gen. 21, 21. Les Hébreux y voyagèrent et y passèrent quelque temps, Nomb. 40, 42. 43, 4.

On l'appelait aussi désert de Tsin, 20, 4. — Le désert de Sin (différent de Tsin), entre Elim et le mont Sinaï, Ex. 46, 4. — Le désert de Sinaî, dans le voisinage de la montagne de ce nom, Ex. 49, 2., célèbre par la promulgation de la loi. — Celui de l'Arnon, Nomb. 24, 13., sur les frontières de Galaad et de l'Arabie Déserte, une des dernières stations des Israélites avant la traversée du Jourdain. — Celui d'Edom. î R. 3, 8. dont on ne peut déterminer exactement l'étendue et la position. — Celui de Tadmor on Paimyre, 2 Chr. 8, 4., entre l'Euphrate, l'Oront* et le Chrysorrhoas.— Le désert de Diblathajim, Nomb. 33, 46., dans le pays de Moab, Ez. 6, 44. Jér. 48. 22. — Enfin le désert d'Egypte, Ez. 20, 36., autrement dit encore le désert d'Arabie, ou le graBd désert, le lieu hideux, Deut. 32, 40., qui comprend sous un nom général la plupart des solitudes que nous venons de nommer, celles que traversèrent les Israélites pour se rendre d'Egypte en Canaan, et qui tirent donner à cette longue marche le nom de Voyage du désert. On trouvera la suite et le narré de ce voyage, Ex. 44 à 49, a 32, depuis la sortie d'Egypte jusqu i la promulgation de la loi; et Nomb. 40, 41. à 22, 1. jusqu'à l'arrivée d'Israël aux bords du Jourdain vis-àvis de Jéricho. La partie du voyage comprise entre le mont Horcb (Sinaï) et l'arrivée des Israélites dans le pays des Amorrhéeus, est ra- (Onlée Deut. 1, 2. 19. 2, 1. 40, 6. sq. Enfin le 33e chap. des Nombres, 5-50., offre la liste des stations parcourues depuis Rabmésès jusque près du Jourdain de Jéricho; il nomme enir Hatsérolh et le désert de Paran (Nomb. 44, 35. 42, 45. 4 3, 4.) dix-huit stations ou campements dont il n'est pas parlé dans le récit plus détaillé de l'Exode et des Nombres; en revanche, on n'y trouve pas les endroits mentionnés Nomb. 14, 4. 24 , 46. 49. On peut remarquer encore d'autres petites variantes, cf. Nomb. 33, 30. avec Deut. 40, 6. et Nomb. 20, 22; mais ces différences s'expliquent tout naturellement par le fait que le chap. 33e des Nombres est, en quelque sorte, une carie routière, une liste de routes qui indique la marche générale, tandis que les autres chapitres ne mentionnent que les faits remarquables, sans rien dire, par conséquent, des lieux où il n'y avait rien à dire, où aucun événement digne d'être raconté n'a eu lieu. v. Campements.

Quarante années furent consacrées à celte expédition, pour laquelle quarante jours auraient suffi, Nomb. 4 4, 33. 33, 38. Deut. 8, i- 2, 4 4. L'Ecriture nous en donne la raison, Nomb. 44, 23. 30., cf. 26, 65.; après de longues rébellions, de longues incrédulité-, le peuple de la promesse, arrivé à Kadès-Barné, à la vue du pays promis, avait refuse encore de

DKT

croire à la parole de son Dieu : douze espions pnvoyés n'avaient pu, malgré le tableau brillant qu'ils avaient fait de cette contrée, vaincre la résistance du peuple. Dieu, ennuyé de cette génération, avait juré dans sa colère qu'ils n'entreraient jamais dans son repos, Ps. 95, 10. Ils durent errer de nouveau dans cet affreux désert pendant quarante années, jusqu'à ce que tous les hommes âgés de plus de vingt ans y eussent laissé tomber leurs corps en poussière. On pourrait facilement, sans l'intervention divine, comprendre encore ces longs errements : il ne s'agissait, après tout, que de mener une vie nomade, et les Israélites ne voulant ni essayer la conquête de la Palestine, ni rentrer en Egypte, n'avaient de ressource que dans les pâturages du désert ; ils allaient d'une station à l'autre, s'étendani sur un assez long espace de pays, et donnant à leur campement le nom de l'endroit où se trouvait le tabernacle de l'Eternel. On pourrait croire aussi que le chef terrestre de ce peuple, désespérant de réussir avec la génération vivante, eût résolu de la laisser s'éteindre, et d'attendre une race neuve, qui n'eût goûté ni la servitude, ni les concombres de l'Egypte, et qui, plus forte, plus dure et moins efféminée, devait lui promettre davantage l'obéissance et le courage nécessaires au succès de son entreprise. Ceux qui ne comprennent pas comment les Hébreux ont pu être nourris au désert pendant quarante ans, au nombre d'environ trois millions d'âmes, ne comprennent pas non plus que le Sauveur ait pu nourrir cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons; il faut naturellement regarder toutes ces histoires comme des mythes, ou croire que Dieu voulut user de sa puissance créatrice : le chrétien le croit, il accepte le miracle; l'incrédule ne le croit pas; il dit en son cœur : 11 n'y a point de Dieu; la manne et le rocher d'eau vive ne lui suffisent pas.

Mentionnons encore comme une dernière acception du mot désert, celle dans laquelle ce mot est pris Ex. 23, 31., cf. Dent. 11, 24. Jos. 1 , 4. Dieu promet aux Israélites d'étendre leurs frontières depuis le désert jusqu'au fleuve (l'Eupbrate); le désert comprend alors toutes les contrées situées entre le Jourdain, les montagnes de tialaad et l'Euphrate.

DESTRUCTION (ville de). Es. 19, 18. v. Hérès.

DETTE. Les lois juives sur les dettes étaient, comme presque toutes les autres, favorables au pauvre, au malheureux, au débiteur. La loi du jubilé s'opposait à ce que, parmi les Hébreux, les uns devinssent trop riches et les autres trop pauvres; cependant une pauvreté momentanée pouvait tomber sur l'agriculteur;

ses champs pouvaient être sans moisson , sa vigne sans vendange; les accidents ou les maladies pouvaient lui détruire son bétail, sa demeure pouvait avoir besoin de réparations; il était dans la gêne et il lui fallait de l'argent. Moïse, pour le soulager, avait deux choses à faire : lui procurer d'abord cet argent nécessaire, puis empêcher que ce prêt ne lui devint onéreux ; ce dernier but fut atteint par la simple défense que le législateur (it aux riches de recevoir aucun intérêt sous aucune forme, Ex. 22, 25. Lév. 25, 35-38. Deut. 23. 19. 20. (excepté des étrangers commerçants, Deut. 23, 20.). D'un autre côté, puisque le riche ne trouvait aucun intérêt à prêter son argent, et qu'il eût pu ne pas le faire, le législateur l'y engage, le lui commande, au nom de la fraternité universelle, de la conscience et de Dieu lui-même, Lév. 25, 35. Deut. 15, 7. 8. 1t. Maintenant un juste équilibre entre les droits du prêteur et ceux de l'emprunteur, le riche pourra demander un gage, mais le pauvre choisira ce qu'il lui conviendra de donner, Deut. 24, 6. 10-12. 17. Si enfin l'emprunteur se trouvait décidément hors d'état de payer, le capital n'était pas perdu pour celui qui avait prêté : il était hypothéqué sur le champ du débiteur, sur ses meubles, sur sa personne même qui entrait en servage; mais en l'année bénie du jubilé, i'égalité des fortunes venait effacer de nouveau la créance du riche et la dette du pauvre. — De prisons pour dettes, il n'en est jamais question.

DEUIL. Les Hébreux, comme en général les Orientaux, exprimaient leur douleur d'une manière plus vive, plus bruyante, plus extérieure que ne font les peuples de l'Occident : quel que fût le sujet de leur affliction, que ce fût le déshonneur, la misère, l'exil, ou la mort d'un proche et d'un ami, ils criaient et gesticulaient avec violence jusqu'à ce que le premier paroxisme de leur peine fût passé : ils mettaient la main sur la tête, 2 Sam. 13, 19.; ils se frappaient la poitrine ou les reins, Nab. 2, 7. Luc 18, 13. Jér. 31, 19. (cf. Virg., iEn., 4, 673.); ils s'arrachaient ou se rasaient les cheveux de la tête et le poil de la barbe, Esd. 9, 3. Job 1,20. (cf. iKn., 12. 870.); ils se versaient des cendres sur la tête, 1 Sam. 4, 12. 2 Sam. I, 2. 13, 19. 15, 32. Néh. 9, 1. Ez. 27, 30. Lam. 2, 10. Job 2, 12; ou s'asseyaient et se roulaient dans la cendre et dans la poussière, Ez. 27, 30. 2 Sam. 12, 16. 13, 31. Es. 47, 1. Néh. 1, 4. Job 2, 8. 10,15. Matth.1t, 21.; ils déchiraient leurs vêlements sur ta poitrine, Gen. 37, 29. 44, 13. Jug. 11, 35. 1 Sam. 4, 12. 2 Sam. 1.2. 11. 13, 31. 3, 31. (ordonnance royale pour honorer la mémoire et le convoi d'Abner : ce passage prouve combien celte pratique était en usage), 1 R. 21, 27. 2 R. 5, 8. 6, 3U. 11, 14.

Page 1