‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 111 sur 398 · Est · texte numérisé non relu

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19, i. 22, 11. 19. Esd. 9, faisaient des incisions ou des égrati visage ou sur le corps, Jér. 1(>, G. 4t,5. 47, 5. et 48, 37., quoique cei usage païen (/En., 4, 673. 12, 871.) fût expressément défendu par la loi de Moïse, Lév. 19, 28. Deut. 1i, 1., comme il Pelait aussi par l:> Loi des douzes tables (Cicer.. De Legib., 2. 23.). Ils jeûnaient (v. Jeûne) lorsqu'ils menaient deuil sur un mort, revêtaient certains habits de deuil (v. Sac), négligeaient leurs vêtements et les soins mêmes de la propreté, ne se lavaient point, n'oignaient pas leurs corps, 2 Sam. 42, 20. 14,2. 19, 24., cf. Matin. 6, 17. ; ils dépouillaient tous leurs ornements en bijoux et en broderies, Ez. 26, 16. et, comme ou l'a dit, ils se coupaient la barbe qu'ils ne regardaient pascomme un de leurs moindres ornements; ils se couvraient le bas du visage, Ez. 24, 17. 2*. Midi. 3, 7., ou même la tête tout entière. 2 Sam. 45, 30. 49, 4. Est. 7, 8. Jér. 14,3.; ils se tenaient courbés et marchaient lentement, 1 K. 24, 27. ; enfui ils montaient sur les plates-formes de leurs maisons pour y pleurer, Es. 45, 3. 22, 4.

Le temps du deuil pour les morts était en général de 7 jours, 1 Sam. 34 , 4 3. 4 Chr. 4 0, 4*.; dans des cas extraordinaires, il était plus long : Aai ou et Moïse furent, chacun, pleures pendant trente jours, Nomb. 20, 29. Deut. 34, 8., et Jacob pendant soixante et dix jours par les Egyptiens, pendant sept autres jours par Joseph, Gen. 50, 3. 40.

Pendant le deuil, leurs amis venaient les visiter, soit pour les consoler, soit pour leur apprêter de la nourriture, Trov. 31, 6.; mais tout < e qu'ils mangeaient était souillé. Os. 9, 4.

DfcliTÉRONOME. Ce nom donné par les Septante au cinquième livrede Moïse signifie en grec seconde loi, ou répétition, récapitulation de la Le Deutéronome est ce qu'indique sou titre, mais il est une récapitulation générale et non minutieuse, d'idées et non de paroles, d'histoire et non de détails : il est grand, noble, sérieux, tendre, plein d'onction, plein d'une sublime poésie; c'est presque un chant épique. Les aspérités de la loi abstraite semblent emoussées par la subjectivité plus s.:illaute du législateur; son individualité apparaît davantage, elle est plus paternelle, plus expérimentale. Moï^e avait cent vingt ans lorsqu'il le composa ; c'était la dernière année de sa vie; il était dans les plaines de Moab (1, 5., cl. 34, 1.) : vieillard deux fois aussi àgè que tous ceux qui l'entourent (sauf C ileb et Josue), il a bien des conseils de sage expérience à donner; législateur envoyé de Dieu, il doit à sa mission de lui rendre témoignage encore avai t de mourir, il maintiendra jusqu'à la lin, verbalement et par écrit, I , 5. 28, 58., les lois qu'il a données, les vérités,

qu'il a prêchées, et il les maintiendra comme justes et saintes, comme imposées de Dieu, comme étant par là même la seule source de bonheur pour les Israélites qui voudront y obéir ; il les sanctionnera de son dernier souffle.

La période comprise dans le livre du Deutéronome est de deux mois environ ; elle s'étend depuis le premier jour du onzième mois de la 40e (Deut. 1, 3., plusieurs éditions portent par erreur if) année de la sortie d'Egypte jusqu'au onzième jour du douzième mois de la même année.

On peut diviser ce livre en quatre parties principales : 1° Récapitulation de l'histoire des Hébreux contenue dans les livres précédents; l'incrédulité sera punie; l'Eternel demeure fidèle; ch. 1-4; 2° répétition des lois morales, cérémonielles et judiciaires, 5-26. Le ch. 5 reproduit le Décalogue, et y ajoute des développements qui le spiritualisenl; 3° confirmalion de la loi, 27-30 ; 4° derniers jours de Moïse; il annonce au peuple que Josué lui succédera dans le gouvernement général et dans l'autorité; puis il écrit les choses qu'il vient de dire, confie aux lévites et aux anciens le livre qui contient ses paroles, et ordonne que lecture en soit faite tous les sept ans dans l'assemblée générale, à la fêle des Tabernacles : il termine par un cantique de bénédictions, mais il annonce en même temps aux Hébreux leurs infidélités futures, et veut que ses dernières paroles soient copiées et méditées de tous; il monte enfin sur le mont Nébo, où Dieu recueille son esprit et rend à son corps les derniers devoirs.

Quelques auteurs ont pensé que le Deulei onome n'était pas de Moïse, puisqu'il allait jusqu'à ta mort de ce législateur; mais rien ne justifie une pareille supposition; et l'on peut eu détacher le dernier chapitre seulemeut, comme un supplément postérieur que I on croit avoir été, dans l'origine, le commencement du livre de Josué. Quant à ceux qui pensent que le Pentateuque dans son ensemble est un simple recueil de morceaux déUchés, ils ont plus de peine à justifier leur système pour le Deutéronome, et plusieurs en effet, de >Velte entre autres, reconnaissent qu'au moins ce livre, à très peu d'exceptions près, forme un tout homogène. v. Pentateuque; cf. aussi le commentaire de Calvin, et Ha-vernick, Ein). in das A. T. DEVIN, v. Divination.

DI ABLE, mot dérivé du grec, et employé dans le M. T. comme nom du prince des ténèbres, du tentateur, de l'esprit malin, Malin. 4, l.sq. Apoe. 12, 9. 20, 2 1 Jean 3, 8. Le nom grec c'.ifsXcz, de c'.xéiXAU), que l'on traduit ordinairement par adversaire, accusateur, ou calomniateur, serait peut être mieux rendu par le vieux mot français traversier, celui qui tra-

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verse. Il y aurait pour cette traduction l'analogie du serpent traversant de nos versions. Le plus grand des anges dècbus, grandeur sublime tombée, Jean 8, li. Jud. 6., il s'est séparé de Dieu par un premier essai d'indépendance, qui a été d'autant plus efticace que sa nature était plus relevée; il ne pouvait être médiocre en s'isolant, mais par là même il s'est perdu : dans sa chute il a cherché et réussi à entraîner un grand nombre d'autres, qui Tout suivi dans son péché et dans sa ruine; il a de même séduit el assujetti a la condamnation les hommes que Dieu avait d'abord créés droits. — Différents noms lui sout donnés : Satan, Job 2, 1 . ; Babal-Zébub,2R. 1 , 2. ou Béelzébut, Matth. 1 2, 24. ; tentateur, Matth. 4, 3, ; Anticbrist, 1 Jean 2, 18. 22. 2 Jean 7.; démon, Jean 10, 20,; serpent ancien el dragon, Apoc. 12, 9. 20, 2.; meurtrier et menteur dès le commencement, Jean 8, 41. ; il est appelé encore le prince des ténèbres, un lion rugissant, le Dieu de ce monde, le prince de l'air; enfin dans les livres apocryphes, Asmodée, Tobie 3, 8. G, 15., démon voluptueux qui tuait les maris dont il était jaloux.

Le nom de démon était une épithète générale qui, chez les païens, se prenait plutôt d;ins un sens favorable, signitiant un génie, une diviuité : dans l'Ecriture, il se prend toujours en mauvaise part, tantôt en parlant des esprits infernaux, tantôt pour désigner les esprits des morts, bons ou mauvais, réels ou imaginaires, Matth. 9, 32. Luc 11, 14. 13, 16. 1 Chr. 21, I. 1 R. 22, 21. Eph. 6, 16. 1 Pierre 5, 8.

Mille questions surgissent autour de cet ennemi du genre humain ; l'on se demande comuieut il est fait ; où il habite, quelle est son action sur l'humanité, quels sont ses moyens de séduction, quels sont ses rapports avec Dieu, quel sera son sort final : on s'est demandé enfin si même il existait ! Plusieurs de ces questions sont permises, mais insolubles : d'autres sout une simple affaire de curiosité, et l'on ue doit pas y répondre. Comme on ne peut se représenter aucune créature sans une forme finie, il est probable que le prince des ténèbres a un corps, non terrestre, mais éthéré, subtil, par lequel il peut quelquefois se manifester aux hommes ; il est remarquable que le don de l'ubiquité ne lui soit nulle part attribué; c'est par le grand nombre de ses serviteurs, c'est parce qu'ils sont Légion, qu'il peut agir sur le monde entier, el non, comme Dieu, par l'effet de sa toute-présence.

De tous les moyens de séduction, le plus habile qu'il puisse » mployer, c'est certainement d'empêcher de croire à son existence : avec personne il ne revêtira sa forme naturelle el repoussante; aux âmes pieuses il se présentera déguise en ange de lumière; a ceux que son

existence pourrait gêner, il tachera de persuader qu'il n'est qu'une chimère, qu'il n'existe réellement pas, qu'il n'est pas question «le lui daus la Bible, que les anciens pères et les anciens orthodoxes ont pris des fictions pour des réalités, que depuis qu'on ne croit plus aux revenants on ne doit plus croire au diable non plus.

On s'est, en effet, donné beaucoup de peine ces derniers temps pour prouver que le mal est une abstraction, et que le diable n'existe pas plus que les mauvais esprits; mais les raisons qu'on allègue pour soutenir cette thèse moderne qui tue d'un même coup et le péché qui n'a plus d'origine, et l'enfer qui n'a plus ni prince ni but, reviennent toutes à de simples assertions. On commence par dire qu'il n'est pas parlé du diable dans l'Ancien Testament, et par tourner en poésie les passages les plus historiques oU il en est fait mention, Gcn. 3, Job 2, 1. 1 Chr. 21, 1. Zacb. 3, 1., etc. Puis l'on applique au IN. T. le même système d'interprétation, en le modifiant au moyen de la méthode d'accommodation que notre Seigneur était censé employer lorsqu'il parlait aux Juifs, adoptant leurs idées afin de leur mieux inculquer les siennes; de cette manière, les passages Matth. 4, 1. Luc 4, 1. Jean 13, i. I Jean 3, 8. 1 Pierre i>, 8. Apoc. 12, 9. 20, 2. et cent autres ne prouvent, en effet, absolument rien ; mais avant d'admettre ce système, nous attendrons qu'il soit lui-même prouvé, el l'on peut poser en fait qu'il n'est pas un lecteur sérieux de la Bible qui ne voie l'existence du diable clairement établie par nos saints livres. S'il eu est parlé plus clairement dans le N. T. que dans l'A., c'est que les Hébreux n'étaient pas encore assez forts pour supporter la vue du mystère d'iniquité dans toute sa profondeur, et qu'ils étaient trop portés à l'idolâtrie, cf. Ps. 100, 37. pour qu'il n'y eût pas du danger à leur présenter l'image d'une personnalité si redoutable.

Quant à la tonne de cet être malfaisant, il est clair que l'on n'en peut rien savoir, mais de toutes les imaginations de l'homme, la plus belle conception est sans contredit celle de ce peintre hardi, plein de génie, dont le pinceau a tracé une ligure qui de loin, par le jeu des couleurs, paraît pleine de grâce, de fraiciieur, de beauté, mau qui, lorsqu'on s'en approche, c>t pâle, maigre, décharnée, ne inspirant que la malice et le fiel, et rongeant line chaîne : c'est le séducteur; il charme de loin, de près il repousse.

Bunyan, l'auteur du Voyage du Chrétien, a é< rit un second ouvrage du même genre, intitulé Diabolos ou la Sainte Guerre (trad. franç.), dans lequel il représente l'histoire de l ame et l'histoire de l'humanité, sous la parabole d'une

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guerre entre Salan et l'Eternel, guerre qui se termine par la victoire du fils Emmanuel. C'est bien d'une luile qu'il s'agit, en effet; elle dure depuis que l'orgueil a entraîné dans la rébellion l'ange déchu. Banni du ciel, charge de chaînes et précipité dnns l'abîme, 2 Pierre 2. 4., le diable voit sa puissance brisée peu à peu, quoique avec des alternatives de succès et de revers. La création «lu premier homme, puis la révélation de Dieu dans l'A. T., l'incarnation de Jésus-Christ, sa résurrection, sont autant de coups portés à son autorité; il sera finalement vaincu au second retour de Christ, et anéanti par le souffle de son avènement, Apoc. 20, 1-10. 2Thess.2,8. — v. Adam, Satan, Béelzébuh, etc.

DIACRE (serviteur), ministre de l'Eglise chrétienne, dont les fonctions rappelaient à certains égards celles des officiants de la synagogue, dont il est parlé Luc 4, 20. Jean 7, 32-, espèces de sergents, d'huissiers, de ministres, d'administrateurs. Le diaconat fut institué par les apôtres, et l'on se rappelle en quelle occasion, Act. 6. Le nombre des disciples s'accroissant chaque jour, les chrétiens d'entre les Grecs se plaignirent hautement, à tort ou à raison, de ce que leurs veuves étaient négligées dans les distributions ordinaires, tandis que les veuves des Hébreux recevaient des soins plus réguliers et des secours plus abondants. Là-dessus, les apôtres qui ne pouvaient songer à tous les détails, et qui devaient s'occuper avant tout de la prédication, consultèrent l'assemblée et proposèrent que l'on choisit sept hommes ayant un bon témoignage, pleins du Saint-Esprit et de sagesse, à qui l'on confierait le service des tables, le soin des pauvres et la distribution de la cène. Leur avis fut goûté de l'assemblée, qui élut à ces fonctions importantes Etienne. Philippe, Prochore, Nicanor. Timon, Parménas et Nicolas; ces sept diacres furent installés dans leur charge par la prière et l'imposition des mains. Des femmes furent aussi appelées aux mêmes fondions, sous le titre de servantes ou diaconesses, Rom. 16, 1. Les devoirs des diacres sont exposés 1 ïim. 3, 8-13. : ils pouvaient se marier au^si bien que les pasteurs. Longtemps leur nombre fut réduit à sept par Eglise, et Rome même n'en avait pas davantage. Voici comment l'abbé Flenry parle de leurs fonctions : « Ils étaient chargés de recevoir tout ce qui était offert pour les besoins communs de l'Eglise, de le mettre en réserve, de le garder sûrement, et de le distribuer suivant les ordres de l'évéque, qui en ordonnait sur le rapport qu'ils lui faisaient des nécessités particulières. Il était donc de leur devoir de s'informer de ces nécessités, d'avoir des listes exactes, tant des clercs que des vierges, des veuves et des autres pauvres que l'Eglise nourrissait. Celait à

eux d'examiner ceux qui se présentaient de nouveau, et à veiller sur la conduite de ceux qui étaient déjà reçus, pour voir s'ils étaient dignes d'être assistés. C'était à eux de pourvoir au logement des étrangers, et de savoir

par qui et comment ils seraient défrayés

Ainsi leur vie était fort active. 11 fallait aller et venir souvent par la ville, et quelquefois même faire des voyages au dehors. » — Ajoutons qu'ils avaient encore quelquefois des fonctions ecclésiastiques proprement dites, celles de donner la communion aux fidèles, de lire l'Ecriture, soit en particulier, soit en public, et de l'expliquer en l'absence des pasteurs; même en bien des lieux, des paroisses trop petites pour avoir un pasteur, leur étaient confiées, et les diaconats sont restés une charge importante. On trouve des diacres-pasteurs en plusieurs pays, et Rome compte ses 18 diacres par excellence, qui ne peuvent être pris que d'entre les cardinaux.

DIAMANT (bébr. shamir). Le péché de Juda est écrit avec une pointe de diamant, dit Jérémie, 17, 1. J'ai renforcé ta face contre les ennemis, dit l'Eternel, et j'ai rendu ton front semblable à un diamant, Ex. 3, 9. Ils ont rendu leur coeur dur comme le diamant, pour ne point écouter la loi, Zacb. 7, 42. Le diamant, cette pierre si précieuse, si belle, et si dure, n'est considérée dans la Bible que sous ce dernier rapport : on sait que le diamant ne peut être travaillé que par lui-même; on l'emploie nonseulement comme parure, mais comme instrument tranchant, comme poinçon pour couper le verre ou pour graver. Quelques auteurs ont pensé qu'il s'agissait plutôt de l'émeri, substance composée de terre sigillée et de chaux de fer, dont le nom grec smyris a de l'analogie avec l'hébreu shamir; mais ces analogies accidentelles sont si fréquentes (par exemple, en hébreu péshah, péché; soumphoniay symphonie, etc.), que l'on ne peut les regarder comme preuves, et la traduction des Septante, adoptée par la Vulgate, est une autorité plus forte. — On a voulu traduire encore par diamant te molyahalom, Ex. 28, 18. 39, 11. Ez. 28, 13. que nos versions ont rendu par jaspe, q. v.

DIANE, divinité du paganisme, que les poètes font tille de Jupiter et de Latone, et qu'ils comptent au nombre îles douze grands dieux. On l'adorait sous trois formes, et son caractère variait selon ces différents points de vue. Comme déesse des forêts, elle était chaste, mais tière, hautaine et vindicative ; comme déesse des enfers, et sous le nom d'Hécate, elle est cruelle, sanguinaire, impitoyable; comme déesse de la lune et des cieux, elle est quinleuse, capricieuse, amoureuse : c'est Phœbé. L'aventure d'Actéoo appartient donc à la Diane des bois;

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