‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 113 sur 398 · DIM · texte numérisé non relu

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écrivains sacrés se servent alternativement, suivant qu'ils veulent parler de Dieu dans ses rapports avec l'univers, ou de Dieu dans ses rapports avec son Eglise, v. art. Genèse, et Nœvermck, Einl. in die Bb. des A. T. L'épitbète de vivant est souvent ajoutée au nom d'Elobira dans les écrivains postérieurs, Jér. 40, 40. Dan. 6, 20. 26., etc.; cf. *Cor. 6, 16. Act. H, tîJ., probablement en opposition aux idoles muettes, Hab. 2, 48. Lév. 49, 4. 26, 4.

Moïse énumère en divers passages les attributs de Dieu, Ex. 34, 6. 7.; on trouve même chez lui plusieurs déclarations qui ont un rapport direct avec le dogme, telles que Gen. 4, 34. 6, 6. 8, 24., montrant que Dieu n'est pas l'auteur do péché, quoique l'homme y soit naturellement enclin. C'est surtout l'unité de Dieu que Moïse s'attache i mettre en relier toutes les fois qu'il en trouve l'occasion, Ex. 45, 4 4. Nomb. 46, 22, et 33; Deut. 6, 4. 10, 47., etc. Les prophètes sont plus positifs et plus complets dans l'idée qu'ils donnent de Jéhovah ; il est le premier et le dernier, immuable, permanent, présent partout, etc. Es. 44, 6. Hab. 3, 6. Ps. 40Î, 26. Prov. 45, 3. Job 34, 22. Mais c'est le N. T. qui développe surtout, et avec le plus de précision, les caractères et l'idée de Dieu ; cf. Apoc. 5, 12. 7, 42.

Sans empiéter sur ce qui est du ressort de la dogmatique, il reste a expliquer quelques expressions où se rencontre le nom de Dieu. — Voir Dieu, c'est faire l'expérience de son secours, Es. 38, 41. Job 42, 5. Gen. 32, 30.; quelquefois c'était aussi considéré comme le signe d'une mort prochaine, Jug. 6, 23. 43, 22. Es. 6, 5. — Enfants d'Elobim, ou du Souverain, désigne les rois, Ps. 2, 7. 82, 6., cf. Ex. 7, 1. en suite de l'idée ancienne que la dignité royale dérivait directement de Dieu (Homère emploie fréquemment cette image). — Les fils ou les enfants de Dieu : se dit quelquefois des anges, Job 1 , 6., quelquefois des hommes pieux, Deut. 14, 4. Ps. 73, 45.; douteux, Gen. 6, 2.— Homme de Dieu, se dit d'un ange, Jug. 43, 6. 8., d'un prophète, 4 Sam. 2, 27. 9, 6. 1 R. 13, 4. 17, 18., (lu chrétien consacré entièrement au service de son Maître, 1 Tint. 6, 44. — Le Dieu de ce siècle, 2 Cor. 4, 4., c'est Satan qui règne sur les esprits déchus, comme s'il était leur Dieu, et qui les régit d'après sa volonté, Epli. 2, 2. — v. encore Blasphème, Culte, Temple, etc.

DIKLA, Gen. »o, 27., nom d'une peuplade sémitique qui habitait l'Arabie, mais dont il est difficile de lixer exactement le territoire. On ne peut faire à cet égard que des conjectures; Bochart (Phaleg, 2. 22.) pense que c'est la même peuplade qui porta plus tard le nom de Minéens, parce que les Minéens habitaient une contrée

riche en palmiers, arbre qui se nomme en syriaque dùila. C'est assez vraisemblable.

DILHAN, ville de la tribu de Juda. Jos.

DIMANCHE, jour du Seigneur, Apoc. 4,40.

Les chrétiens ont dès le commencement honoré d'une façon particulière le jour de la résurrection du Sauveur, qui arriva le lendemain du sabbat, et les apôtres semblent avoir peu à peu transporté sur ce jour les obligations morales que la loi juive avait attachées au sabbat. « Il n'y a doute, dit Calvin, que ce qui estoit cérémonial en ce précepte, n'ait esté aboli par l'advènemenl du Christ... Néanmoins... combien que le sabbat soit abrogé, cela ne laisse point d'avoir lieu entre nous, que nous ayons certains jours pour nous assembler a ouïr les prédications, à faire les oraisons publiques, et célébrer les sacrements : secondement pour donner quelque relâche aux serviteurs et gens mécaniques. > Quelle que suit la manière de voir des chrétiens sur l'obligation de la sanctification du dimanche, il est de fait que l'observation de ce jour, non-seulement accompagne les réveils religieux, mais encore les prépare, les amène et les fortifie; il est de fait aussi que les personnes pieuses sanctifient le dimanche, et que celles qui ne sont pas converties ne le sanctifient pas. Ces deux faits étant reconnus, il sera facile a chacun de voir en quelle manière il peut se croire libéré de l'observance judaïque, et astreint a l'observance chrétienne, v. Sabbat. — Plusieurs ouvrages ont paru sur ce sujet dans les derniers temps ; celui de Liebetrut en allemand, et les travaux de Haldane et de Wilson en anglais, doivent élre cités en première ligne. On connaît aussi The Pearl of days, ce charmant ouvrage d'une servante anglaise, auquel a donné naissance, en 4848, la fondation du prix Henderson. En français un grand nombre de livres et de brochures semblent avoir épuisé la question ; outre un travail très remarquable, et trop peu connu, de M. Proudbon, fait au point de vue purement humanitaire et spcial, nous indiquerons les écrits de MM. V. Mellet^ Delhorbe, Lenoir, Martin, Demole, Briquet, Lombard, A. Bost, Merle, Fabre, Godet, Bersier, etc.

DIME (dixième nu décime). De tout temps, et presque chez tous les peuples, on a vu les dîmes établies comme coutumes, ou comme lois. Les Grecs et les Romains offraient à leurs dieux des dîmes soit temporaires, soit ordinaires, soit extraordinaires, et PI marque raconte que c'était la coutume des Romain-* d'offrir à Hercule la dixième partie des dépouilles qu'ils avaieju conquises sur l'ennemi. Xénophon rapporte la même chose des Perses, et Justin des Carthaginois. Les marchands arabes, qui faisaient le commerce d'enceus, n'en pouvaient vendre avaut

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d'en avoir payé la dîme à leur dieu Sabis : les Scythes envoyaient des dîmes à Apollon; les Carthaginois avaient coutume encore d'envoyer à la ville de Tyr, dont ils étaient une colonie, la dîme de tous leurs biens ; le vaisseau qui transportait ce tribut ordinaire arriva à Tyr peu de temps avant qu'Alexandre en fit le siège. Pisistrate, écrivant à Solon pour l'engager a revenir à Athènes, lui dit que chacun y paye la dîme de ses biens pour offrir des sacrifices aux dieux. Les Pélasges, qui s'étaient établis en Italie, reçurent commandement de l'oracle d'envoyer leurs dîmes à Apollon de Delphes, etc.

L'Ecriture sainte, qui nous transporte dans une antiquité beaucoup plus reculée que l'histoire profane, nous montre aussi les dîmes existant au moins de fait, longtemps avant la promulgation de la loi mosaïque. Le plus ancien exemple que nous en connaissions, est celui d'Abraham revenant de son expédition contre les cinq rois alliés, et payant à Melcbisédec, roi de Salem, la dîme de tout ce qu'il avait pris sur l'ennemi, Gen. 44, 20. Hébr. 7, 2. Jacob voua de même à l'Eternel la dime de tout ce qu'il pourrait acquérir en Mésopotamie, Gen. 28, 83. Enfin Moïse ordonne et régularise le payement des dîmes, Lév. 27, 30-33. Nomb. 48, 31-24. Deut. 12, 6. 14, 22. Chaque Israélite, considéré comme fermier de Jébovah, devait pa>er chaque année à son seigneur et maître la dixième partie des produits de ses champs et de ses troupeaux, « les dîmes du froment, du vin et de l'huile, » Neh. 13, 5. 12. Ce revenu sacré était affecté par la loi a l'entretien des Lévites, Néh. 10, 37., à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, Deut. 26, 13. On pouvait cependant racheter les dîmes (des fruits) en en déposant la valeur, plus le cinquième du prix. Les passages Deut. 12. 17. 18. 14, 23. 23. mentionnent un repas général qui devait se faire tous les trois ans avec les produits des dîmes (cf. 36, 42.), espèce de festin qui n'était pas sans quelque rapport avec les agapes des premiers chrétiens. — • Les Lévites devaient mettre à part, pour les prêtres, la dîme de leurs dîmes, Nomb. 18, 26. Néh. 10, 38. Des percepteurs particuliers furent établis plus lard pour le prélèvement de cet impôt; ils eurent leurs commis, et formèrent comme des bureaux de contributions, 2 Cbr. 31, 13. Néh. 12, 44. 13, 10. Mal. 3, 10. Tous ces impôts furent exclusivement religieux ; il est cependant parié, 1 Sam. 8, 15. d'une dîme temporelle que les rois devaient imposer à leurs sujets : nous ne voyons pas qu'elle ait en effet existe sous la royauté, mais la manière dont parle Samuel indique assez clairement qu'elle était en usage dans les royaumes de l'Orient, et d'ailleurs une imposition de ce genre (puisqu'il faut des impôts en tout cas) devait bien être des moins

onéreuses d*m un pays agricole ; c'était un impôt à la fois proportionnel à la quotité du revenu, facile à payer, et fixe dans sa proportion, autant de qualités qui devaient le rendre plus supportable que tels autres modes qu'on aurait pu imaginer.

Le système théocratique des dîmes, quoique simple en apparence et dans la théorie, ne Tétait point dans l'application ; la comparaison des dispositions du Deutéronome entre elles et avec celles des Nombres le prouve, et les interprètes juifs et chrétiens , anciens et modernes, sont peu d'accord dans son exposition et dans l'interprétation des passages de la Loi. On se demande, par exemple, si chaque année il y avait une double dîme sur les troupeaux, s'il n'y avait une double dime que tous les trois ans, ou si tous les trois ans la dime des Lévites était remplacée par une dime des pauvres : autant de questions qui ne sont pas susceptibles d'une solution bien claire d'après les livres sacrés.

DIMON, Es. 45, 9.» et Dimona, Jos. 15, 22. v. Dibon.

DINA (jugement), fille de Jacob et de Léa, Gen. 30, 21 -, probablement la fille unique du patriarche. Son nom rappelle un événement qui fut pour la famille patriarcale un grand malheur. Par une légèreté coupable, elle se laissa entraîner à former des relations avec les jeunes filles cananéennes qui habitaient Sichem , puis elle tut séduite et enlevée par le fils du prince de cette ville. Les frères de Dina ne crurent pouvoir venger cet affront que dans le sang des Sicbémites ; dans ce carnage ils égorgèrent celui qui devait être l'époux de leur sœur ; celte action perfide et cruelle, celle slupide vengeance qui empêchait la seule réparation possible, fut pour leur père un continuel sujet d'inquiétudes et d'affliction, Gen. 34. On ignore ce que devint Dina; mais elle continua de vivre, et accompagna plus lard son père en Egypte, Gen. 46, 15.

DINHABA, ville de lïdumée, Gen. 36, 33. 1 Chr. 1, 43. Il est possible que ce soit celle qu'Eusèbe indique sous le nom de bourg de Dannéa, et Jérôme sous celui de Damnaba, comme ayant été située à 8 milles d'Aréopolis, du côté de l'A mon.

DIOTRÈPHES, pasteur ou diacre d'une Eglise inconnue, 3 Jean 9. On ne sait de lui que ce qu'en dit l'apôtre, c'est qu'il était jaloux d'être le premier, orgueilleux , médisant et inho^)ilalier. Quelques-uns en font un hérétique (OEcumenius, Beda); d'autres le font judaïsant, d'autres enfin prétendent au contraire qu'il ne voulait recevoir que les chrétiens convertis d'entre les gentils. Il appartenait a la même Eglise que Gaïus (v. 1.), probablement à l une des sept Eglises de l'Apocalypse. Son intolérance envers

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