‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 114 sur 398 · DIS · texte numérisé non relu

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les bons, et son amour de la prééminence n'ont eu que trop d'imitateurs dans l'Eglise chrétienne.

DISPERSION. L'épître de Jacques, et la f de Pierre sont adressées aux juifs de la dispersion, c'est-à-dire aux tribus qui sont dispersées dans les pays voisins de la Palestine, dans le Pont, en Galatie, en Cappadoce, en Asie, en Bithynie, etc. On doit entendre par le mot général de dispersion , tout l'ensemble des juifs qui demeuraient en dehors des limites de leur pays, parmi les nations étrangères. 11 n'y avait, au temps de Jésus, aucun pays de l'ancien monde dans lequel ne se trouvassent des juifs expatriés, volontairement, ou par le fait de circonstances indépendantes de leur volonté. On peut grouper en cinq classes les juifs appartenant à la dispersion.

4° Ceux de l'Assyrie, de la Médie, de la Babylonie et de la Mésopotamie, demeurant nu delà de l'Euphrate, descendants des juifs emmenés en captivité et qui avaient refusé, lors de l'édit de Cyrus, de rentrer dans leur patrie. Ils se comptaient par milliers et vivaient dans le bien-être, continuant d'entretenir avec Jérusalem des relations religieuses, et fidèles à payer annuellement les tributs, les prémices et les dîmes.

2° Les Juifs d'Egypte. Alexandre le Grand les établit en grand nombre dans la ville à laquelle il avait donné son nom, et leur accorda les mêmes droits qu'aux Grecs. Ptolèmée Lagus en envoya une colonie à Cyrène, et fortifia la colonie égyptienne par de nouvelles émigrations de la Judée, 320 av. C. Ptolémée Philadelphe favorisa la traduction en grec , du code sacré des Hébreux, 284 av. C. Puis vint le cruel Ptolémée Philopator qui persécuta, par des mesures barbares, ceux que ses prédécesseurs avaient favorisés. Sous Ptolémée Philométor (1 80 av. C), les Juifs d'Egypte sont de nouveau en grande faveur; ils remplissent des charges à la cour, et sont revêtus des principales dignités militaires; sous la domination romaine et sous les premiers empereurs, ils jouissent d'une paix entière, et Auguste les protégea Cyrène contre la malveillance des populations grecques. Ils ont de magnifiques synagogues, et occupent à eux seuls presque les trois cinquièmes d'Alexandrie ; leurs rapports avec la métropole juive ne sont pas interrompus; quoiqu'ils aient à Jérusalejn un culte à part, de même que les Cyrénéens, Act. 6, 9., ils continuent de payer le tribut pour le temple. Leur cher temporel et le juge de leurs différends est un elhnarque, assisté d'un conseil, espèce de sanhédrin.

3° Les Juifs de la Syrie : ils avaient émigré sousSéleucus Nicator, et par lui, avaient obtenu à Antioclie et ailleurs des privilèges égaux à ceux

des Macédoniens. Les rois suivants, à l'exception d'Antiochus Ephiphanes, leur furent également favorables, et les Juifs furent libres jusque dans le prosélytisme : cependant le peuple les haïssait, et cette haine longtemps comprimée éclata sous Néron, et plus encore sous Vespasien. Titus leur rendit le repos. C'est de Syrie qu'ils prirent le chemin de l'Asie Mineure, \ Pierre \ , 4 . ; ils obtinrent la bourgeoisie en Ionie.

4° La dispersion parmi les Grecs. Jean 7, 35. De l'Asie Mineure, un grand nombre de Juifs se rendirent en Grèce et en Macédoine, où ils eurent la permission d'établir, dans les principales villes et dans les ports les plus commerçants, des synagogues et des maisons de prières, Act. 46-20.

5° Enfin, les Juifs de Rome et d'Italie; plusieurs étaient esclaves, d'autres étaient venus s'y établir librement et en vue de spéculations commerciales; ils étaient généralement riches, et occupaient tout un quartier au delà du Tibre: leur prosélytisme n'avait pas été sans fruit. Ils furent chassés de Rome sous Tibère et sous Claude César. Rome leur fut longtemps fatale, et les murailles du Ghetto ne tomberont que sous le souffle du dix- neuvième siècle.

DIVINATION , Devins. Désireux de connaître, ambitieux d'avenir, supportant avec impatience un corps qui le retient à la terre et au moment présent, qui le gène, qui le rapetisse, l'homme qui par sa nature se précipite vers les choses qui étaient le privilège de celui qui n'avait pas péché, a dans tous les temps cherché à se soustraire à la matière, à s'émanciper du corps, à sonder l'avenir, à voir dans les ténèbres, à marcher sûrement dans l'incertitude, à découvrir ce qui lui est caché. De là, ces efforts inouïs, gigantesques; ces recherches de tous les temps, cet amour du merveilleux, cette croyance à la divination, à la magie; travaux de jongleurs, travaux de chimistes, travaux de rêveurs; imposteurs, mystiques, oracles, prophètes, charmes, enchanteurs et devins : de là celte passion des hommes pour ce qui parait les faire avancer dans les sciences occultes, espèce de succès chez les uns, complaisance à croire chez les autres.

Sans s'arrêter à la question dogmatique de savoir si l'homme peut, en dehors de l'adresse, de la physique et de la chimie, obtenir des résultats merveilleux ; sans entrer dans un examen quelconque relatif aux moyens par lesquels l'homme peut arriver au surnaturel, s'il le peut par lui-même , ou par des forces latentes qu'il développe, ou enfin par l'intervention des esprits qui sont dans l'air, bons ou mauvais ; sans même approfondir tout ce qu'il peut y avoir do. vrai dans certains faits que rapporte l'histoire,

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ou que l'expérience vient chaque jour démontrer de nouveau contre l'esprit fort moderne, on doit cependant convenir de certains faits que nous nous bornons à enregistrer, et qui sont de nature à jeter du jour en les simplifiant, sur les questions passablement graves, malgré qu'on en ait, qui viennent d'être posées.

On avoue généralement que toutes les croyances populaires, quelles qu elles soient, exagérées ou dénaturées, reposent sur un fondement vrai : en les dépouillant de leur entourage, de leurs adjonctions, de leur écorce, on arrive à un noyau substantiel, solide, historique; or, de toutes les croyances populaires, la plus invétérée, la plus entêtée, c'est ia foi aux sorciers, à la magie, à la divination : ne serait-ce absolument qu'une chimère ?

Chacun croit aux pressentiments; chacun en a, chacun s'y fie, même sans le vouloir : c'est la une espèce de divination, générale sans doute, mais sûre.

Niera-t-on que les songes ne soient un degré de pressentiment plus avancé que le pressentiment de la veille? « Le Dieu Fort, dit Elihu à Job (33, 4 4. 15.), parle par des songes, par des visions de nuit, quand un profond sommeil tombe sur les hommes et lorsqu'ils dorment dans leur lit; alors il ouvre l'oreille aux hommes, et scelle leur instruction. »

Le magnétisme avec ses merveilles, si longtemps réfuté par de l'esprit et des plaisanteries, n'en est pas moins acquis maintenant à la science comme un fait ; ceux qui en doutent appartiennent à la classe la moins éclairée , et ceux qui s'en sont occupés ont vu et vérifié des prodiges que (oui l'art et le génie de l'homme ne sauraient accomplir; ces prodiges touchent par plusieurs points à la divination.

Enfin, une considération tout à fait générale, mais qui ne laisse pas d'avoir son application dans le cas particulier, c'est qu'une réaction va toujours beaucoup plus loin qu'elle m doit et qu'elle ne veut allVr, comme celui qui veut éviter le précipice tombe sur le rocher de la montagne ; c'est plus .sur, mais ce n'est pas toujours sans quelques inconvénients. Longtemps on a trop cru aux merveilles des arts occultes et de la divination ; pour un fait effectif, le charlatanisme en a forgé des milliers de faux, de mensongers, de stupides, et, pour le dire en passant, les clergés de toutes sectes n'y ont pas mal nui dans le moyen âge, jusqu'à l'illustre siècle de Léon X : quand une fois on a voulu rompre avec ces fables, on a tout rejeté, le bon et le mauvais, le vrai et le faux, parce qu'on se souciait peu de la chance, même infiniment petite, d'être abusé de nouveau. Le pays où les réactions se font toujours le moins vivement ressentir, l'Allemagne a su se tenir beaucoup

plus que d'autres peuples dans un sage milieu, quoiqu'on y trouve aussi l'un et l'autre extrême représentés, notamment celui de l'imagination.

Ces choses étant dites, il ne sera pas nécessaire de les rappeler à propos de chaque cas spécial , et nous raconterons les croyances de l'Orient sans penser devoir les critiquer à chaque fois, sans les donner pour vraies, sans les rejeter toujours absolument comme fausses. Chez les Israélites, d'ailleurs, il faudra toujours distinguer les révélations divines, et les moyens illicites par lesquels ils pouvaient essayer de satisfaire leur curiosité ou leur intérêt particulier.

Les Israélites paraissaient en effet avoir eu plus que d'autres peuples le besoin intérieur de connaître l'avenir; peut-être l'avaient-ils apporté de l'Egypte, peut-être aussi les prophéties anciennes et glorieuses qu'ils n'ignoraient pas, mais dont ils n'avaient pas non plus une intelligence bien claire, leur faisaient-elles désirer d'en connaître davantage, et de pénétrer plus avant dans un mystère pour eux plein d'espérances et de charmes. Quoi qu'il en soit, le mal existait : Moïse, en leur donnant la loi qui devait en faire un peuple à part, leur annonça d'un côté que l'esprit de prophétie ne sortirait pas du milieu d'eux (v. Urim et Thummim), mais il leur défendit de l'autre, sous des peines extrêmement sévères, d'user de divination, de pronostiquer le temps, de rechercher ceux qui ont l'esprit de Python, les devins, les sorciers, les enchanteurs, ceux qui disent la bonne aventure et ceux qui consultent les morts, Lév. 4 9, 26. 34 . 20, 6. Deut. 18, 40. Ces lois étaient si rigoureuses que les malheureux animés de l'esprit de Python , ou qui faisaient seulement profession de l'être, étaient condamnés à mort et lapidés vifs. Lév. 20, 27.

Malgré ces lois, ou plutôt parce qu'une loi qui contrarie un penchant l'excite au lieu de le réprimer (cf. Hom. 5. 20.), les Israélites se montrèrent dans toutes les périodes de leur histoire, et surtout sous les rois idolâtres, adonnés aux mages, aux sortilèges et aux superstitions de toutes espèces, cf. 4 Sam. 28, 3. 9. 2 R. 24, 6. 23, 24. Es. 8, 49. Jér. 29, 8. Mich. 3, 14. Zaeh. 40, 2. : ils allèrent même consulter tes oracles des païens, 2 H. 4 , 2. Le culte de Bahal avait son cortège de prophètes divinateurs, 4 R. 18, 49., les Philistins fournissaient leur contingent, 4 Sam. 6, 2., et les Juifs eux-mêmes virent dans leur propre sein surgir de ces industrielsauxquels le peuple, comme partout, s'empressait d'apporter de l'argent, Mich. 3, 41., cf. Act. 46, 16.

Il y avait diverses sortes de divinations et de devins; les uns se bornaient à l'examen de certaines circonstances, ou accidents naturels, c'est I ce qu'on a appelé magie naturelle; d'autres em-

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prunlaient tout simplement le secours de Tari, c'était la magie artificielle; d'autres consultaient les morts ou les mauvais esprits (magie noire ou diabolique): d'autres enfin devinaient d'inspiration, de pressentiment, de seconde vue. A la première classe appartenaient, parmi les exemples qui nous sont conservés dans l'Ecriture : — o) l'interprétation des songes, q. v. — b) l'examen des mouvements des serpents : c'est même cette espèce de divination que semble indiquer le terme hébreu, Lév. 19, 26. Deut. 18, 10. 2 R. 47, 17. 21, 6. (nichesh deviner, nachash serpent). Bochart a recueilli quelques faits a l'appui de cette idée; les Egyptiens avaient des serpents qu'ils appelaient de bons génies, et dont ils aimaient à placer la figure sur leurs abraxas ou talismans : beaucoup de peuplades orientales ont encore leurs serpents sacrés que consultent les jongleurs, et l'on se rappelle les serpents de Pallas (Virg., JRn.. 2). Les mots grecs et latins par lesquels les Septante et la Vuigale ont traduit l'hébreu, font entrer dans leur composition les oiseaux (augures), au lieu de serpents; mais il est clair que, soit dans le texte, soit dans les traductions, il convient de s'en tenir à l'idée générale de divination, sans égard aux moyens employés.— c) Les baguettes, ou bâtons divinatoires; on croit en trouver la trace, Ez. 24 , 26. (il a secoué les flèches), et Os. 4, 42. (mon peuple demande avis à son bois, et son bâton lui répond). Le premier de ces passages contiendrait une allusion à l'ancien usage des Caldéens, d'écrire sur des flèches ou sur des baguettes le nom des villes où ils voulaient se rendre, ou des choses qu'ils voulaient entreprendre, de mêler ensuite ces baguettes dans un carquois, de tirer au hasard et de se décider suivant celle qui sortait la première. La plupart des peuples ont connu ce moyen de deviner, qui est peu malin, et que les enfants remplacent chez nous par le jeu d'épingle. Cette interprétation est possible; le prophète dirait alors que le roi de Babylone, incertain par quel innemi commencer, a jeté snr les villes le sort «les flèches, et qu'il marchera d'abord contre Jérusalem : on peut le comprendre cependant autrement encore. Quant au passage d'Osée, il supporte également cette explication, mais d'autres aussi sont permises; ou bien : il consulte ses idoles de bois, et elles lui répondent (par le moyen de leurs prêtres); ou bien : ce peuple aveugle, qui ne peut se diriger par la lumière, se dirige au moyen de son bâton, en lAtonnant. « il me semble, dit Calvin, que le plus simple est d'y voir une condamnation contre les Israélites, qui se sont adressés à des idoles mortes au lieu de s'adresser au Dieu vivant « (ad Uos. i, 42.). — d) L'examen des entrailles sacriliées était chez les peuples païens un grand moyen

de divination; si les entrailles étaient sèches, dures ou lâches, c'était un présage fâcheux : si au contraire elles étaient saines et rouges, c'était un bon signe : on pent croire que le passage, Ez. 24, 26. (il a regardé au foie), se rapporte à la divination par les intestins; mais c'est la seule trace qu'on en trouve dans l'Ecriture. — e) La divination, d'après le cours des nuages, Deut. 18, 10. (pronostiqueurs de temps) 2 R. 2t , 6., ou d'après les signes des eicux, Jér. 10, 2., c'est l'hébreu meonen; v. cependant l'art. Enchanteur.—/*) Enfin, par l'eau ou par la coupe; v. Coupe.

Quant à la divination par inspiration, qui se distingue des précédentes par l'absence d'art, « quod arle careret, » dit Cicéron, voici comment ce même auteur païen la caractérise, Divin. 4,18.: « Garent autem arte, qui non ratione aut conjectura, observatis ac notatis signls, sedj concitatione quadam animi aut soluto liberoque motufutura prcesentiunt, quod et somniantibus saepe contingit et nonnunquam vaticinantibus per furorem, « etc. Souvent chez les païens (et les oracles reposaient presque tous sur celte théorie), on cherchait à produire une excitation factice et purement physique sur les nerfs des pauvres prêtres et prêtresses, qui faisaient de gré ou de force, le triste métier d'annoncer les choses futures ; cette excitation se traduisait en gestes violents et en convulsions que l'on donnait pour les signes de la présence de la divinité (cf. jEn., 6, 46. sq.) : on recueillait les paroles de leur délire, et quelques habiles arrangeaient ces paroles à leur guise, et leur donnaient telle forme obscure et ridicule qu'ils jugeaient convenable. C'était lâ ce qu'on appelait insanire, être fou ; il y avait folie en effet, et chez le malheureux patient, et chez ce prêlre qui, avec une gravite majestueuse, cherchait tant bien que mal la raison dans la déraison, la clarté de l'avenir dans l'obscurité du présent. Cependant il y avait aussi une inspiration plus calme, plus naturelle, soit dans le sommeil, soit dnns la veille; elle se trouvait dans un état nerveux habituel que l'on peut rattacher à un développement considérable du système ganglionnaire, et qui produisait chez ceux qui étaient atteints de cette intirmilé, un penchant très fort au sommeil magnétique, au somnambulisme, et et â la seconde vue. Il faut peut-être du courage pour mettre en avant de telles idées, quand on ne peut ni les développer, ni les expliquer, ni les appuyer ; mais tout cela trouvera sa place ailleurs, et nous ne pouvons entrer ici dans des détails psychologiques qui demanderaient, pour être traités convenablement, un ouvrage tout spécial. Du reste, dans cette ligne d'idées ce qui est le plus singulier, ce n'est pas tant l'explication du fait, que le fait lui-même; eteomme

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tous les efforts pour nier les faits ont toujours été inutiles, et qu'il faut bien finir par les accepter, la seule chose à faire c'est de tâcher de les comprendre, autant dn moins qu'ils peuvent être compris. Le passage Act. 46, 46. aq., cf. 49, 13. sq., parait expliquer cette vertu divinatoire par la possession d'un démon. — t>. Enchanteur, Possession, Pyluon, etc. (Michelet, la Sorcière ; Gasparin, les Tables tourn.)

DIVORCE. La dissolubiiilé des liens du mariage, le divorce, toujours en honneur partout ou le mariage ne l'est pas, où la femme est méprisée, celte coutume des peuples païens, et que les patriarches eux-mêmes ont connue, Gen. 24, 44., fut régularisée par la loi de Moïse; il fut permis, sauf les deux cas où l'homme aurait, avant sou mariage, déshonoré une jeune fille par des paroles flétrissantes ou par une conduite brutale, Deul. 22, 49. 39. 11 fut permis, et voici comment Moïse s'exprime à cet égard, Deut. 24, 4-4. : « Quand quelqu'un aura pris une femme et se sera marié avec elle, s'il arrive qu'elle ne trouve pas grâce devant ses yeux, à cause qu'il aura trouvé en elle quelque chose de malhonnête, il lui donnera par écrit la lettre de divorce, et la lui ayant mise entre les mains, il la renverra hors de sa maison. » La femme divorcée et remariée ne pouvait plus retourner auprès de son premier mari, même après la mort du second. Quelque étendue que paraisse au premier abord cette facilité d'obtenir le divorce , elle est limitée par deux restrictions ou difficultés, l'une intérieure, l'autre extérieure; il fallait donner a la femme, par écrit, une lettre de divorce; c*tte gène, petite en apparence , était pourtant une gène à celte époque où l'art d'écrire était si peu répandu; et quelquefois des obligaiions de ce genre amenant des longueurs peuvent aussi donner le temps de réfléchir. L'autre condition du divorce, beaucoup plus législative et morale, c'est que pour l'obtenir il fallait plus qu'un caprice, il fallait un motif suffisant, il fallait que le mari eût trouvé en sa femme quelque chose de malhonnête. Les termes sont bien vagues, il est vrai, et pouvaient étendre par leur élasticité ce que la loi avait voulu restreindre; les deux célèbres écoles juives de Hillel et de Schamaï se disputaient a l'époque de notre Sauveur sur l'interprétation qu'on pouvait donner a ces paroles; la première pensait qu'un homme pouvait répudier sa femme pour les plus légers motifs, par exemple si elle faisait mal la cuisine, s'il trouvait une autre femme qui lui convfnt davantage, ou enfin, s'il découvrait en elle quelque légère difformité. Schamaî soutenait au contraire que la loi ne donnait à l'homme le droit de répudiation, que lorsqu'il avaiten effet trouvé dans sa femme des inclinations ou des

actions réellement déshonnêtes et honteuses. Jésus, dont la doctrine était l'accomplissement de la loi, distingue positivement sa doctrine de celle de Moïse ; il déclare que le divorce a élé permis à cause de la dureté du cœur naturel, mais lui ne le permet que pour le cas d'adultère, puisque alors les liens sont déjà dissous de fait : en appuyant ainsi de son autorité les enseignements de Schamaî comme plus saints, il semble indiquer que l'interprétation de flilleï était en effet celle qu'on devait donner à la loi de Moïse. Toutefois, malgré cette facilité du divorce, il est à remarquer que l'A. T. ne cite pas un seul exemple de ce cas, depuis la promulgation de la loi : on voit même David garder jusqu'à sa mort les femmes qu'Absalon son fils avait déshonorées; il les enferme, mais ne les répudie pas; et les rabbins écrivent que l'on ne permit pas à David de répudier aucune de ses femmes pour épouser Abisag, et qu'il dut se contenter de la prendre a litre de concubine parce qu'il avait déjà le nombre de dix-huit femmes permis par les coutumes. Plusieurs passages prouvent cependant que les Juifs n'usaient que trop souvent de la facilité que la loi leur accordait à cet égard; v. Jug. 45, 2. 49, 2. 3. Prov. 2, 46. 47. Midi. 2, 9. Mal. 2, 46. Esdr. 40, 2. 3. Néh. 43, 23-30. — Trop facile en plusieurs contrées de l'Allemagne et de la Suisse, le divorce n'est pas permis en Prance. La question théorique ne peut pas être tranchée d'une manière absolue; on peut croire cependant que les déclarations de Jésus, s'appliquant aux chrétiens comme tels, ne concernent point la société civile. L'interdiction du divorce est une concession faite au clergé, et Ton s'étonne de la rencontrer encore dans un pays où toutes les questions relatives au mariage sont du ressort de l'état civil.

DIZAHAR, Dent. 1,4., ville ou bourg dans le désert d'Arabie, bâtie peut-être dans une localité riche en palmiers, que Burkhardt a retrouvée sur les bords du golfe arabique, sous le nom de Dahab.

DOBERATH , nom que porte dans quelques mss. la ville de Dabrath, q. v.

DODAINIM (amours). Cette peuplade japhétique étant nommée Gen. 40, 4. avec d'autres qui ont habité la Grèce, on a rapproché avec assez de vraisemblance son nom de celui de Dodone en Epire. Bochart cite un Targuru qui rend Dodanim par Dardanim; on sait que ce nom se trouve dans les anciennes fables des Grées : selon eux Dardanus émigra en Asie Mineure où il fonda la ville de Troie. Dans le passage parallèle, 4 Cbr. 4,7. de môme que dans le Pentaleuque samaritain et dans les Septante, nous trouvons Rodanim qui signifierait scion les uns l'île de Rhodes, selon les autres

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