DOR
même le Rhône, Rbodanus; mais c'est aller un peu loin ; d'ailleurs il y a tout lieu de croire que la leçon conservée* dans la Genèse est la primitive; le copiste du livre des Chroniques pouvait facilement confondre les deux initiales, qui en hébreu ont en effet la plus grande ressemblance.
DOEG (soucieux), Iduméen qui était l'inspecteur en chef des troupeaux de Saûl ; il était à Nob lorsque David y vint auprès d'Ahimélech lui demander des vivres et des armes. David, qui l'aperçut et qui sans doute le connaissait, craignit une trahison et s'enfuit sans avoir dit à Ahimélech quels étaient ses rapports avec le roi ; il feignit même d'être en course pour une mission spéciale, et fut bien éloigné de vouloir l'entraîner dans une révolte ou dans un complot. Mais Doëg, sur les instances de Saûl qui cherchait partout des témoins contre David, raconta en la dénaturant la conversation qui avait eu lieu à Nob, et chercha à la représenter comme une conjuration politique. Saûl, qui ne pouvait atteindre David, voulut se venger au moins sur les sacrificateurs; il fit comparaître Ahimélech avec toute sa famille, les condamna à mort sans forme ni procès, et chargea ses archers d'exécuter la sentence : sur leur refus il donna le même ordre à Doëg, qui de délateur devint sans peine bourreau, et s'acquitta de sa commission avec cruauté ; il mit à mort quatrevingt-cinq sacrificateurs, et passa au fil de l'épée tous les habitants de Nob, 1 Sam. 21, 7. 22, 9-23. David a rappelé cette trahison Ps. 52, 1 .
DOIGT. Il est parlé plusieurs fois dans l'Ecriture du doigt de Dieu pour désigner sa puissance, Ex. 8, 49. 34, 48. Ps. 8, 3. Es. 58, 9. Luc 44, 20. — Le mot doigt exprime souvent aussi une mesure naturelle prise de l'homme comme la coudée, et équivalant à un peu plus de 2 ceniim. Jér. 52, 24.
DONS, ou présents. Les dons ont, dès les temps les plus anciens, été considérés comme une inarque d'honneur, et comme un témoignage d'estime ou d'amitié, Gen. 32. Ils consistaient soit en argent, 2 Sam. 4 8, 41., soit en armes ou vêtements précieux, 4 R. 40, 25 , soit enfin en fruits, fourrage, ou provisions de toutes espèces, 4 R. 10, 25. 14, 3. Gen. 24, 53. 32, 13. 43, 44. 4 Sam. 9, 7. 16, 20. 2 Chr. 47, 14.; mais comme ils étaient toujours proportionnés a la fortune des donateurs, ils se trouvaient être parfois de très peu de valeur, I Sam. 9, 8. 4 G, 20. Des amis se faisaient des présents lorsqu'ils se visitaient ou à certains jours de fêles, Est. 9, 19., les inférieurs quand ils recevaient leurs supérieurs, 4 Sam. u, 7. Gen. 43, 41. Matth. 2, 41., surtout les sujets à leur souverain, 4 R. 4, 24. 40, 25. 2 Chr. 47, 5.; ce
dernief cas paraît même être devenu une coutume obligatoire, tellement que ceux qui à l'avénement d'un roi ne lui apportaient pas de présents, pouvaient être regardés comme de méchants hommes, 4 Sam. 40, 27. Les Hébreux appelèrent aussi présents les tributs qu'ils devaient payer à des monarques étrangers, pour déguiser sans doute par la douceur de l'expression ce que la chose avait de pénible pour tout véritable Israélite, Jug. 3, 45. 47. 2 Sam. 8, 2. 2 R. 47, 3. 4. 2 Chr. 47, 14. 26, 8. Ps. 45, 43. 68, 30. 72, 10., etc. Les rois faisaient de même quelquefois des présents à leurs favoris, 2 Sam. 11 , 8., à des étrangers, a des ambassadeurs, ou à leurs propres employés civils et militaires, Est. 2, 47.; ces cadeaux consistaient ordinairement en vêtements précieux, 2 R. 5, 22. Est. 6, 8. 8, 45. Dan. 5, 46. 29. cf. 4 Sam. 48, 4. Dans les jours de fêtes on faisait au peuple des distributions de vivres, 2 Sam. 6, 49. Les rois s'envoyaient mutuellement des cadeaux lorsqu'ils voulaient contracter des alliances, 4 R. 45, 49. 2 R. 46, 8. 20, 12. Es. 39, 4.
C'est dans tout l'Orient une espèce de cérémonie que le fait même de la présentation des cadeaux, et elle se fait toujours avec une pompe proportionnée à la grandeur des présents : on va jusqu'à prendre un grand nombre de bêles de somme pour porter un présent qu'un seul homme eût pu présenter : quelquefois on les fait porter par des esclaves, et aucun des porteurs ne doit être chargé de manière à en être gêné.
Il était défendu de faire des présents aux juges et aux témoins: cette honteuse corruption, flétrie Ex. 23, 8. Deut. 46, 49. 27, 25., cf. 4 Sam. 12, 3. Ps. 45, 5. Prov. 15,27. Es. 33, 45., n'en a pas moins été souvent pratiquée, et l'on trouve des magistrats qui y ont été accessibles, 4 Sam. 8, 3. : aussi les livres sacrés sont-ils remplis de plaintes et de reproches à cet égard, Job 45, 34. l's. 26, 40. Prov. 47, 23. 48, 46. Es. 4, 23. 5, 23. Ez. 22, 42. >lich. 3, 44.
Cadeaux de noces, v. Mariage.
DOPHKA. L'un des campements des Israélites dans le désert, Nomb. 33, 42. Inconnu.
DOR (demeure). Ville cananéenne située au bord de la Méditerranée, non loin du Carmel; lors de la conquête, elle fut donnée à la tribu deManassé, Jos. H, 2. 12, 23. 47, 11. Jug. 1, 27. 4 R. 4, 11. 1 Chr. 7, 29. On trouve de nos jours, dans cet endroit, une bourgade sous le nom de Tortura ou Tantûra. D'après saint Jérôme, elle était à 9 milles romains au nord de Césarée. Buckingham en donne une description assez détaillée; le port est petit, étroit, entouré de rochers.
DORCAS ou Tabitha (chevreuil, en grec et